11.04.2008

Premier exemple de tradition religieuse africaine en Amérique du Nord mise au jour à Annapolis

A force d'exploration dans les vieilles maisons d'Annapolis, dans l'état du Maryland, les archéologues ont découvert un véritable petit trésor de la culture des esclaves américains. Des restes modestes, certes, mais qui témoignent de pratiques religieuses héritées des esclaves venus d'Afrique de l'Ouest.

Au début du 18ème siècle, alors qu'ils ont été baptisés, les Afro-Américains s'accrochent aux pratiques sprituelles dans les rituels de guérison et dans l'invocation de puissances ancestrales et surnaturelles.
Parfois appelé magie noire, ces rites occultes persisteront plus tard dans l'Amérique sous une forme modifiée: le vaudou et la guigne.

Les archéologues de l'Université du Maryland ont donc découvert à Annapolis ce qu'ils disent être l'un des premiers exemples de tradition religieuse africaine en Amérique du Nord:



Il s'agit d'une sorte de petit paquet en argile rempli avec environ 300 pièces de métal et une hache de pierre, dont le manche sort de l'argile pointant vers le ciel.
L'ensemble, daté de 1700, semble être un implant de la religion africaine dans ce qui est maintenant les États-Unis, a déclaré Mark Leone, professeur d'anthropologie à l'université de Maryland et directeur des fouilles. "L'ensemble est africain dans la conception et non pas afro-américain" ajoute-t-il. Cependant ni l'origine ethnique ni la religion n'ont pu être déterminé.

Frederick Lamp, conservateur d'art africain à la gallerie d'art de l'université de Yale, non impliqué dans la découverte, y voit une «extraordinaire puissance spirituelle utilisée par de nombreuses et différentes cultures en Afrique."
Lamp a noté que les rayons X sur le paquet ont révélé une abondance de grenaille de plomb, de clous de fer et des épingles de cuivre.

Les rayons X montrent les pièces en métal à l'intérieur du paquet

"Le métal travaillé au feu était considéré comme ayant des pouvoirs spéciaux", ajoute-t-il et "en combinant ces matériaux avec de l'argile cela devait accroître le pouvoir de ces objets."
Cette pratique est connue à ce jour parmi les groupes Mandingue (principalement au Sierra Leone, en Guinée et au Mali), et le peuple Yoruba du Nigeria et du Bénin. Il est posible d'y inclure aussi le peuple Kongo comme source de ces pratiques religieuses.
Cette culture, vivant dans les terres autour de la rivière Congo et en Angola et Cabinda, a été une des sources majeures d'esclaves africains.

L'élément le plus frappant de l'ensemble reste la hache de pierre; pour Lamp, elle fait référence à l'esprit; chez les Yoruba et le peuple Fon du Bénin la lame de la hache est un symbole de Shango, dieu du tonnerre et de la foudre.

Autre chose curieuse: un examen attentif a montré que le module a probablement été placé dans le caniveau près de la rue, en plein air et au vu de tous; ce qui est contraire aux pratiques: généralement ces objets se trouvent bien cachés dans des arrières cours par exemple.
Pour Leone cela dénote "un niveau inattendu de tolérance" envers la religion africaine dans l'Annapolis coloniale.
"Cela a changé après 1750 avec l'influence croissante du siècle des Lumières."

Source:

Liens:

A propos des différentes cultures africaines citées:

1 commentaire:

jacker a dit…

It seems different countries, different cultures, we really can decide things in the same understanding of the difference!
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