5.25.2017

Out of Europe ? L'homme serait originaire d'Europe et non d'Afrique

L'histoire de l'évolution de l'homme pourrait bien être réécrite... en effet des scientifiques auraient découvert que l'Europe est le berceau de l'humanité, et non l'Afrique.

À l'heure actuelle, la plupart des experts estiment que notre lignée humaine s'est séparée des singes il y a environ sept millions d'années en Afrique centrale, où les hominidés sont restés pendant cinq millions d'années avant de s'aventurer plus loin.

Out of Europe ? L'homme serait originaire d'Europe et non d'Afrique
Vue d'artiste de Graecopithecus. Credit: National Museum of Natural History - Sofia, Assen Ignatov 

Cependant, deux fossiles d'une créature semblable à un singe qui avait des dents humaines ont été trouvés en Bulgarie et en Grèce, ils datent de 7.2 millions d'années.

La découverte de la créature, appelée Graecopithecus freybergi, et surnommée "el Graeco" par les scientifiques, prouve que nos ancêtres commençaient déjà à évoluer en Europe 200 000 ans avant le premier hominidé africain.

Une équipe internationale de chercheurs rapporte que les découvertes changent entièrement le commencement de l'histoire de l'homme et replace le dernier ancêtre commun, à la fois des chimpanzés et des hommes (le fameux chainon manquant), dans la région méditerranéenne.


À cette époque, le changement climatique transformait l'est de l'Europe en pleine savane ce qui a forcé les singes à trouver de nouvelles ressources, déclenchant, selon les chercheurs, un changement vers la bipédie.

"Cette étude change les idées liées à la connaissance sur l'époque et le lieu des premiers pas de l'humanité" estime le professeur Nikolai Spassov de l'Académie Bulgare des Sciences, "Graecopithecus n'est pas un singe. Il fait partie de la branche des hominidés et est l'ancêtre direct d'homo".
La dent de Graecopithecus Credit: University of Tubingen 

La mâchoire de Graecopithecus Credit: University of Tubingen 

La nourriture de Graecopithecus  était liée à la végétation de savane plutôt sèche et dure, contrairement à celui des derniers grands singes qui vivent dans les forêts. Par conséquent, comme les hommes, il a des molaires larges et un émail épais. Dans une certaine mesure, il s'agit d'un lien manquant nouvellement découvert.

Le visage d'El Graeco ressemble probablement à un grand singe, avec des canines plus courtes.

L'équipe a analysé les deux spécimens découverts de Graecopithecus freybergi: une mâchoire inférieure trouvée en Grèce et une dent prémolaire supérieure provenant de Bulgarie.

A l'aide de la tomographie, ils ont pu visualiser les structures internes des fossiles et voir que les racines de la prémolaire avaient largement fusionné. "Alors que les grands singes ont typiquement deux ou trois racines séparées et divergentes, les racines de Graecopithecus convergent et sont partiellement fusionnées, une caractéristique propre à l'homme moderne, aux anciens hommes et plusieurs pré-humains", rapporte la chercheuse principale le Professeur Madelaine Böhmede de l'Université de Tübingen.

La mâchoire inférieure a d'autres caractéristiques suggérant que l'espèce était un hominidé. Elle se trouve être plus ancienne de plusieurs milliers d'années que le plus ancien hominidé africain, Sahelanthropus tchadensis qui fut découvert au Tchad.

"Nous avons été surpris par nos résultats, étant donné que les pré-humains n'étaient connus qu'en Afrique subsaharienne," ajoute le doctorant Jochen Fuss, qui a mené cette partie de l'étude.

D'après le professeur David Begun, paléoanthropologue à l'Université de Toronto et co-auteur de cette étude, "Cette datation nous permet de déplacer la séparation homme-chimpanzé dans la région méditerranéenne".

Au cours de cette période la mer méditerranée a traversé de fréquentes périodes d’assèchement, formant un pont entre l'Europe et l'Afrique et permettant aux singes et anciens hominidés de circuler entre les continents. L'équipe pense que l'évolution des hominidés a pu être causée par des changements environnementaux importants qui ont déclenché la formation du Sahara de l'Afrique du Nord, il y a plus de sept millions d'années, ce qui poussa l'espèce plus au nord. Ils ont trouvé un grand nombre de couches de sable du Sahara remontant à cette période, ce qui suggère qu'il était situé beaucoup plus au nord qu'actuellement.

Selon le professeur Böhm: "nos découvertes pourraient changer nos idées concernant l'origine de l'humanité. Personnellement, je ne pense pas que les descendants de Graecopithecusont ont disparu, ils ont dû se disperser plus tard en Afrique. La séparation des chimpanzés et des hommes ne s'est faite qu'une fois. Nos données supportent l'idée que la séparation s'est produite dans l'est de la méditerranée, et non en Afrique. Si elle est acceptée, cette théorie modifiera le début même de l'histoire humaine".

Cependant, des experts se montrent sceptiques sur ces découvertes. Pour l'auteur et anthropologue retraité, le Dr Peter Andrews, qui fut au Musée d'Histoire Naturelle à Londres: "il est possible que la  lignée humaine soit originaire d'Europe, mais d'importantes preuves fossiles placent l'origine en Afrique, dont plusieurs squelettes partiels et crânes. J'hésiterais à utiliser une seule caractéristique d'un fossile isolé pour lutter contre les preuves venant d'Afrique."

Cette nouvelle étude a été publiée dans le journal PLOS One: Potential hominin affinities of Graecopithecus from the Late Miocene of Europe



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Merci à Audric pour l'info !

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5.22.2017

Des découvertes inattendues renforcent le mystère autour de Tiahuanaco et de Puma Punku

MAJ 01/03/18
Plusieurs découvertes archéologiques inattendues ont été faites sur le site de Tiahuanaco (ou Tiwanaku) au cours d'un projet financé par l'Unesco et mené par l'archéologue espagnol Jose Ignacio Gallegos.

Cela améliore la recherche, mais renforce aussi le mystère entourant cette culture bolivienne depuis longtemps disparue.

Des découvertes inattendues renforcent le mystère autour de la citadelle de Tiahuanaco et de Puma Punku
Temple de Kalasasay, Tiahuanaco

Les travaux de préservation et de conservation en cours sur le site, situé à 70km de La Paz, ont pris un tour surprenant lorsque des études utilisant l'imagerie topographique, la technologie satellite et un drone, ont découvert que le complexe archéologique était bien plus grand qu'on ne le pensait.

Tiahuanaco, qui apparut avant la civilisation Inca, a commencé comme village vers 1580 avant JC, mais est devenu un empire andin qui s'est étalé vers 724 après JC, avant de décliner vers 1187 après JC selon les historiens.

"Le but du projet n'était pas de faire des découvertes scientifiques. Le but est de fournir un ensemble d'outils qui nous permettrons plus tard de créer des politiques appropriées pour travailler sur le site" rapporte Gallagos. Néanmoins, huit vols de drone au-dessus du complexe pour recueillir des images ont montré que le site englobe au moins 650 hectares, dont 411 hectares sont inclus dans l'étude topographique.

Parmi les découvertes majeures, il s'avère que la zone de Puma Punku, l'une des parties les moins étudiées et les plus énigmatiques du complexe car ce sont des ruines et un monticule en terre cuite avec des blocs de pierre, s'étend sur au moins 14 hectares.

Le site de Puma Punku.

Les archéologues ont aussi découvert qu'il y a une grande place souterraine et deux plateformes qui feraient partie d'une pyramide, que les autorités boliviennes veulent fouiller.

Ces découvertes peuvent changer la vision que l'on a du site archéologique d'après le directeur du  CIAAAT (Centro de Investigaciones Arqueológicas, Antropológicas y Administración de Tiwanaku) à Tiahuanaco, Julio Condori: "Cela va changer l'orientation et de nombreuses théories seront enrichies ou complétées, mais surtout cela va nous permettre de faire une réinterprétation de ce qu'était Tiahuanaco"

Le travail en cours conduit également les chercheurs à croire que près du temple Kalasasaya, il y aurait une autre construction en pierre enfouie, probablement un autre temple. Les chercheurs ont aussi trouvé des signes révélant un réseau de canaux pour l'eau. Ils ont aussi détecté environ 100 "unités domestiques" circulaires (ou quartiers de vie) souterraines sur le site.

Les fouilles archéologiques seront probablement lancées en septembre pour vérifier les données topographiques.

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5.18.2017

Une maison incendiée de l'âge du fer découverte au Danemark

Les archéologues ne savent pas si l'incendie de la maison était un accident ou bien si c'était intentionnel. Mais peu importe comment cela a commencé, cela a dû être impressionnant..
"Pratiquement rien n'a survécu" rapporte Mikkel Kieldsen, archéologue du Musée danois Viborg, "ils ont dû laisser tout derrière eux tel quel. Nous ne savons pas précisément ce qui s'est passé, mais il ne fait aucun doute que ce fut une catastrophe pour la famille qui vivait là".

Kieldsen est celui qui mène les fouilles de cette maison incendiée de l'âge du fer, sur une colline près de Vilborg dans l'ouest du Danemark.

Une maison incendiée de l'âge du fer découverte au Danemark
Une maison en feu vers l'année 100 de l'Erc Commune, nous donne un aperçu d'une vie familiale à l'âge du fer. (illustration basée sur un croquis de Jørgen Andersen du Museum Sønderjylland, dépeignant une maison typique de l'âge du fer)

Une enquête déclenchée par des éclats de poterie


Le musée est tombé sur les traces de cette tragédie familiale vieille de 2000 ans par accident. "Il y a six mois, un garçon est venu avec des tessons de poterie datant de l'âge du fer. Mais il n'y avait pas de trace de feu dessus, aussi, nous avions pensé que c'était une tombe dans un champ qui avait été pillée." explique Kieldsen, "mais l'année dernière, certains tessons avaient des traces de brûlé. Du coup, nous avons pensé qu'il pouvait s'agir des restes d'une maison".

Les archéologues du musée ont fait des fouilles préventives et découvert qu'ils avaient raison. En octobre dernier, ils ont ainsi commencé des fouilles à grande échelle sur la maison incendiée.

Une maison incendiée de l'âge du fer découverte au Danemark
Vue du site. (Photo: Ida Westh Hansen, Museum Viborg).

La maison était plus grande que celles typiques de l'âge du fer, avec 18 mètres de long et 5.5 mètres de large. "C'était probablement une famille normale qui vivait là. La taille de la maison indique qu'il y avait entre sept et dix personnes avec des quartiers de vie à l'ouest et des animaux à l'est. La longueur de la maison peut indiquer qu'ils avaient plus d'animaux que d'ordinaire" ajoute Kieldsen.


Habitants et animaux ont pu s'échapper.


La maison a probablement brûlée au cours de l'été, et les animaux ont été les seules choses qu'ils ont pu sauver. "Il n'y a pas de traces d'animaux ou habitants brûlés dans la maison, et nous l'aurions vu si c'était le cas. Si cela avait été en hiver, alors peut-être les avaient-ils sortis"

Des restes de vieux étals d'animaux on été trouvés dans l'est de la maison. "les étals étaient larges de 80 à 90cm, pour de petits animaux, probablement des chèvres ou des cochons".

Les habitants se sont rapidement échappés d'après les archéologues. "En faisant les fouilles ici, nous nous rapprochons très près des gens qui ont vécu dans cette maison" ajoute l'archéologue, "on peut voir précisément où se trouvaient les poteries avec leur contenu. Près du mortier en pierre, il y a un récipient, aujourd'hui brisé. Ils ont broyé des ingrédients sur la pierre avant de les mettre dans le récipient qui était alors placé sur le foyer.".

Le mortier en pierre laissé tel quel lorsque le feu s'est déclaré. (Photo: Ida Westh Hansen, Viborg Museum).

Si l'incendie a été une tragédie pour la famille qui a vécu à cet endroit, c'est en revanche un véritable cadeau pur les archéologues. Les couches de terre brûlées ont protégé le site pendant presque 2000 ans. "Sans cet incendie, nous n'aurions pas pu voir les détails. Cela a préservé la maison exactement telle qu'elle était utilisée à l'âge du fer. Les détails nous rapprochent de l'intérieur de l'habitat et de l'architecture de l'âge du fer." conclu Kieldsen.

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5.12.2017

Plus de 1000 statuettes et 10 sarcophages découverts dans une tombe de l'ère pharaonique à Louxor

Les autorités égyptiennes ont annoncé une importante découverte après la mise au jour par des archéologues de momies, de 10 sarcophages en bois colorés et plus de 1000 statuettes funéraires dans un tombeau vieux de 3500 ans près de Louxor.

Plus de 1000 statuettes et 10 sarcophages découverts dans une tombe de l'ère pharaonique à Louxor
L'entrée de la tombe. Photo:  Reuters Staff / Reuters

La tombe de la 18ème Dynastie, découverte dans la nécropole de Dra Abou el-Naga près de la célèbre Vallée des Rois, appartenait à un noble appelé Ouserhat qui travaillait en tant que juge de la ville, selon le Ministre des Antiquités Egyptiennes.

"Il y a 10 cercueils et 8 momies. Les fouilles sont en cours", a dit le chef de la mission archéologique, Mostafa Waziri.

La tombe a été rouverte pour ajouter des momies sous la 21ème dynastie, il y a environ 3000 ans, pour les protéger dans une période où le pillage des tombes était courant. "Cela a été une surprise de voir tout ce qu'il y avait à l'intérieur" de la tombe, rapporte le ministre des antiquités Khaled el-Enany, "nous avons trouvé un grand nombre d'ouchebtis (de petites figurines sculptées), plus de 1000. C'est une importante découverte".
 
Plus de 1000 statuettes et 10 sarcophages découverts dans une tombe de l'ère pharaonique à Louxor
Vue d'un sarcophage en bois peint. Photo:  Reuters Staff / Reuters

Les ouchebtis étaient souvent placées avec le défunt dans les anciennes tombes égyptiennes afin de les aider dans leur vie après la mort. A l'intérieur du tombeau, les archéologues portant des masques blancs et des gants en latex ont inspecté les sarcophages, qui étaient couverts de dessins complexes en rouge, bleu, noir, vert et jaune, et avec la représentation sculptée du visage du mort. Les cercueils sont globalement bien préservés, bien que certains se soient détériorés et brisés avec le temps.

Les archéologues ont aussi examiné une momie enveloppée de lin à l'intérieur de l'un des cercueils. Des pots blancs, orange, verts et à motifs ont également été trouvés dans les tombeaux. "C'est un tombeau en forme de T; il y a une cour ouverte menant à une salle rectangulaire, un couloir et une chambre intérieure" ajoute le ministre.

Plus de 1000 statuettes et 10 sarcophages découverts dans une tombe de l'ère pharaonique à Louxor
 Les ouchebtis découverts dans le tombeau. photo: Reuters: Ahmed Taranh/EPA

Un puis de 9 mètres à l'intérieur du tombeau contenait les ouchebtis, ainsi que des masques en bois et la poignée d'un couvercle de sarcophage.

Une autre pièce a aussi été découverte, bien qu'elle n'a pas encore été complétement fouillée. Il y a cependant des possibilités que de nouvelles momies puissent être découvertes.


Sources:

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