1.18.2019

Les anciens égyptiens ont découvert la variabilité de l'étoile Algol 3000 ans avant les astronomes occidentaux

Un ancien papyrus égyptien, appelé "Calendrier du Caire", contiendrait la plus vieille mention historique sur la luminosité d'une étoile. Cette découverte fournit une nouvelle perspective sur le développement du système à triple étoiles Algol sur plusieurs milliers d'années.

Les anciens égyptiens ont découvert la variabilité de l'étoile Algol 3000 ans avant les astronomes occidentaux
Texte d'une page du calendrier du Caire; à l'intérieur du rectangle se trouve l'écriture hiératique du mot Horus. Un passage de ce document le date du règne de Ramsès II sous la dix-neuvième dynastie. Photo:  Jetsu L. / Porceddu S., doi: 10.1371/journal.pone.0144140.s001.

Connu comme le calendrier des jours fastes et néfaste, le Calendrier du Caire, date de 1244 à 1163 avant JC, et il donne des prévisions et pronostics pour chaque jour de l'année égyptienne. Cela indique si le jour, ou une partie du jour, est considérée comme "bonne" ou "mauvaise".

Le calendrier contient aussi des informations concernant des observations astronomiques de la journée, telles que le comportement d'objets astronomiques, et plus particulièrement Algol.

Aujourd'hui, les chercheurs rapportent que le symbole astronomique découvert dans les deux plus anciens mythes égyptiens suggèrent que des indices pourraient aussi être trouvés dans d'autres textes égyptiens.

L'article, "Algol, en tant qu'Horus dans le Calendrier du Caire: significations possibles et motifs des observations" de Sebastian Porceddu, Lauri Jetsu, Tapio Markkanen, Joonas Lyytinen, Perttu Kajatkari, Jyri Lehtinen et Jaana Toivari-Viitala, a été publié dans le journal Open Astronomy. Il se penche sur les légendes liées aux déités égyptiennes, Horus et Set, et leur utilisation dans le calendrier.


Les déités décrivent le comportement d'objets astronomiques, et plus spécifiquement, les observations à l'œil nu du système variable à trois étoiles Algol.


Cependant, on ne sait quasiment rien sur celui qui a noté la période d'Algol dans le calendrier du Caire. Les auteurs montrent comment les anciens scribes égyptiens présentent les phénomènes célestes comme des activités des dieux, ce qui explique pourquoi Algol a reçu le titre d'Horus.

L'étude présente dix arguments qui montrent que les anciens scribes égyptiens, connus sous le nom d' "observateurs de l'heure", avaient les moyens et les motivations possibles pour noter la période d'Algol dans le Calendrier du Caire.

"La découverte de la variabilité d'Algol va devoir être datée des milliers d'années plus tôt que ce que l'on pensait auparavant. L'étoile faisait partie de la mythologie égyptienne antique sous la forme du dieu Horus" ajoute l'auteur de l'étude Sebastian Porceddu de l'Université d'c.



Source:
Physorg: "Ancient Egyptians discovered Algol's variability 3,000 years before western astronomers"

1.14.2019

Une maison à glace découverte sous une rue de Londres

Pour les habitants aisés du Londres géorgien, servir des boissons fraîches lors d'une fête était un processus plus compliqué qu'aujourd'hui. En l'absence d'électricité pour fabriquer des glaçons et les maintenir gelés, ils devaient s'approvisionner en glace ailleurs.

Pour les hôtes les plus avisés, cela impliquait l’utilisation de blocs gelés les plus purs de fjords norvégiens, qui étaient expédiés sur les quais de Londres, puis soigneusement entreposés jusqu’à ce qu’ils soient mis dans des verres.

Une maison à glace découverte sous une rue de Londres
L'intérieur de la maison à glace redécouverte près de Regent’s Park dans le centre de Londes. Photo: Graeme Robertson/Guardian 

Les archéologues ont ainsi découvert un lien avec l'ancien commerce de glace de la capitale avec la redécouverte, sous l’une des adresses les plus prestigieuses de Londres, d’un immense dépôt à glace du XVIIIe siècle, dont l’existence avait été presque entièrement oubliée.

La structure souterraine caverneuse a été construite dans les années 1780,  juste au sud de Regent’s Park. C'est le plus ancien magasin de glace à grande échelle connu à ce jour, ce qui lui a valu d'être classé monument historique par l'Historic England. Il est prévu de le rendre accessible au public, une fois le développement terminé, dans le courant de l'année.

Le magasin, parfois appelé puits à glace ou maison à glace, a été fouillé cet été par des archéologues travaillant sur un nouveau développement de Park Crescent West.
La grande terrasse en stuc fut construite sur le site par John Nash, l'architecte du palais de Buckingham, 40 ans après la construction du dépôt de glace. "On a toujours su qu’il y avait une maison à glace quelque part, mais on ne savait pas trop où," rapporte David Sorapure, directeur du patrimoine bâti au Museum of London Archaeology (Mola) et qui a travaillé sur le site, "Même après que nous ayons découvert où se trouvait l’entrée, nous ne savions pas trop quelle était sa taille ni comment y aller."

 Photo: Graeme Robertson for the Guardian 

La caverne en forme d’œuf, profonde de 9.5m et large de 7.5m, avait été remplie de décombres après le bombardement de la terrasse pendant la guerre, ce qui a demandé trois mois d'excavation minutieuse avant que la structure puisse être pleinement visible.

Une fois nettoyé, cela a révélé un vide en briques merveilleusement conservé, construit à un degré beaucoup plus élevé que les terrasses en stuc majestueuses qui l'entourent, d'après Sorapure, et toujours sécurisé structurellement, même si la ligne de métro gronde à moins de 10 mètres en dessous.

L'homme derrière cette structure en brique avait une famille liée à l'industrie de brasserie, et les archéologues estiment sa construction originale au début des années 1780. Le magasin a réellement pris son envol dans les années 1820, lorsque William Leftwich, pionnier en glaces et confiseur, importa pour la première fois de la glace de qualité de Norvège.

En 1822, il a envoyé un navire qui a rapporté 300 tonnes de glace, qu’il a transporté le long du nouveau canal du Régent pour être descendu dans la réserve de glace par une petite ouverture au-dessus. Les travailleurs descendaient ensuite dans le vide depuis un petit couloir situé près du sommet, afin de retirer des blocs lorsque c'était nécessaire.

Isolés avec du foin, ceux-ci étaient ensuite expédiés par charrette à des restaurants et à des adresses privées, ainsi que, parfois, à certains établissements médicaux à proximité, selon Danny Harrison, archéologue expérimenté du Mol: "Nous savons qu'ils utilisaient de la glace pour engourdir des choses, pour faire de la dentisterie, et nous avons Harley Street et Wimpole Street près d'ici… Il y a de fortes chances qu'ils aient obtenu de la glace pure de cet endroit. En vidant et en explorant ce merveilleux espace, cela a conduit à de nouvelles questions de recherche, et c’est là que nous allons passer notre temps maintenant."

Un archéologue balaie l'extérieur de la maison à glace. Photo: MOLA / Museum of London Archaeology

Pour Sorapure, l’importance du magasin réside en un lien avec un commerce jadis lucratif mais maintenant presque entièrement oublié. À un moment donné, il y avait probablement quelques milliers de puits à glace à Londres, mais la plupart d'entre eux devaient être assez petits.

Celui découvert est important, car il semble combler le fossé entre l'époque où la glacière n'était réservée qu'aux très riches jusqu'à ce moment où une de masse de glace était disponible dans les années 1830 et 40. Et cela occupe cet espace de 50 ans. C’était de la glace pour tout le monde, finalement.
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Source:

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1.06.2019

De rarissimes scarabées momifiés découverts dans une tombe à Saqqarah

Des archéologues ont découvert une collection exceptionnelle de scarabées momifiés ainsi qu'une tombe vierge de la cinquième Dynastie (voir à ce sujet l'article du Point: "Égypte : une tombe de plus de 4 400 ans découverte à Saqqarah").

De rarissimes scarabées momifiés découverts dans une tombe à saqqarah

Les coléoptères momifiés figuraient parmi les artéfacts trouvés dans sept tombes découvertes au cours des six derniers mois au bord du complexe de la pyramide du souverain Ouserkaf dans l'ancienne nécropole de Saqqarah, au sud du Caire.

La cinquième dynastie a dirigé l’Égypte de 2 500 à 2 350 av. J.-C. peu de temps après la construction de la grande pyramide de Gizeh.

Les tombes se trouvent enterrées sous une crête qui n’a été que partiellement fouillée et qui pourraient offrir de nombreuses autres découvertes similaires. Les fouilles dans la zone s'étaient arrêtées en 2013 avant de reprendre au cours de l'année 2018.

Saqqarah a servi de nécropole à Memphis, capitale de l'Égypte ancienne pendant plus de deux millénaires. Les anciens Égyptiens momifiaient les hommes pour préserver leur corps pour la vie après la mort, tandis que les momies animales étaient utilisées comme offrandes religieuses.

Deux grands scarabées enveloppés de lin et en très bon état ont été découverts dans un sarcophage en calcaire avec un couvercle voûté et décoré, a annoncé le ministère des Antiquités.

Une autre collection de momies de scarabées a été trouvée à l'intérieur d'un sarcophage plus petit.

"Le scarabée momifié est quelque chose de vraiment unique et de rare," d'après l'archéologue Waziri, "Il y a quelques jours, lorsque nous avons découvert ces cercueils, il s'agissait de cercueils scellés avec des dessins de scarabées. Je n'en avais jamais entendu parler auparavant."

Des dizaines de momies et de statues dorées de chats ont été découvertes, notamment une statue en bronze dédiée à la déesse à tête de chat Bastet, déesse égyptienne de la joie du foyer, de la chaleur du soleil, de la maternité et, aussi la déesse protectrice des femmes enceintes et des enfants.






L’équipe a également découvert des sarcophages peints en bois en forme de cobra et de crocodile, une collection de statues dorées avec des caractéristiques animales, ainsi que des objets comme des amulettes, des vases canopes, des outils pour écrire et des paniers en papyri.

Merci à Frédéric pour l'info !

Sources:

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1.03.2019

Des trésors cachés découverts en Hongrie dans le Danube asséché

Des trésors perdus ont été trouvés par des archéologues sur le lit du Danube en Hongrie. Ceci a été possible en raison d'une sécheresse qui a provoqué une baisse record du niveau de l’eau en octobre dernier.
Des trésors cachés découverts en Hongrie dans le Danube asséché
Photo Credit: Ferenc Isza/AFP/Getty Images

"Environ 2000 pièces, en or et en argent, ont ainsi été mises au jour, ainsi que des armes, des piques, des boulets de canon et des épées" rapporte Katalin Kovacs, archéologue du Ferenczy Museum Center. La découverte a été faite là où la rivière passe par la ville d’Erd, au sud de Budapest.

De longues périodes de temps sec provoquent régulièrement une baisse importante des rivières européennes, et le Danube ne fait pas exception. En Octobre 2018, le niveau du Danube a été mesuré à 0.49 en dessous du précédent record en 1947.

Selon l'autorité nationale hongroise de l’eau la sécheresse a fortement affecté les transports maritimes.

Les archéologues, assistés de plongeurs et de drones, ont travaillé à extraire ce qu'ils pouvaient du site avant que le niveau de l'eau ne remonte.


Les pièces n'ont pas été les seules trouvailles.


Les ducats et les sous ont été trouvés parmi d'autres objets provenant d'une épave d'un bateau de commerce dont l'origine n'est pas encore connue, ont déclaré les archéologues.

"Les pièces sont étrangères à 90% et sont datées entre 1630 et 1743" rapporte l'archéologue Balaz Nagy. Certaines des pièces découvertes sont liées au Vatican, du pape Clément XII, à Zurich et à la Hollande.
Les archéologues hongrois inspectent le site où ils ont trouvé des pièces de monnaie des XVIe au XVIIe siècles et des armes sur les rives du Danube. Photo Credit: Ferenc Isza/AFP/Getty Images

Il y a des pièces d'or hongroises de 22 carats du 17ème et 18ème siècle, des pièces en argent et des pièces françaises de Louis XIV.

Des objets en fer, des armes, des cloches, des morceaux de bateau, des poignards et des boulets de canon ont aussi été mis au jour.

Lors d'une conférence de presse, Gábor Gulyás, directeur du Musée Ferencsy, rapporte qu'un archéologue amateur a découvert les trésors avec un détecteur de métaux. Le musée prévoit d'exposer les découvertes plus tard, une fois que les objets seront restaurés.

Plus tôt au cours de mois d'octobre, les faibles niveaux d’eau ont également fait resurgir les vestiges de l’ancien pont Franz Josef de Budapest, détruit pendant la Seconde Guerre mondiale.

Une bombe américaine de la même période a également été découverte.

Merci à Audric pour l'info !

Source:
Geek: "Hidden Treasures Uncovered in Hungary as Danube Water Levels Fall to Record Low"

Liens:
Ferenczy Museum Center

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12.31.2018

Le top des découvertes archéologiques en 2018


Voici quelques une des découvertes archéologiques à retenir pour cette année 2018.


Découverte du plus ancien dessin connu à ce jour en Afrique du Sud:

Le top des découvertes archéologiques en 2018
Vieux de 73000 ans, un dessin sur un morceau de silcrète trouvé dans la grotte de Blombos, en Afrique du Sud, est antérieur aux dessins précédemment réalisés par l'homme d'au moins 30 000 ans.
Plus d'information:


La plus ancienne épave intacte au monde découvert dans la mer Noire:

Le top des découvertes archéologiques en 2018

A l'aide des dernières technologies le projet archéologique Black Sea Maritime (Black Sea MAP) a étudié plus de 2000 km2 de fonds marins. En 2017, l'équipe a découvert ce qui a été confirmé comme étant la plus ancienne épave intacte au monde:  une forme de navire marchand grec que l’on n'a vu auparavant que sur d'anciennes poteries grecques comme le "Vase Siren" du British Museum.
Plus d'informations:


De nouvelles lignes de Nazca découvertes au Pérou:


Grâce aux dernières avancées en matière d'archéologie spatiale et des relevés aériens par drones, les archéologues ont découvert 50 nouveaux exemplaires de lignes de Nasca et de Paracas au Pérou.
Plus d'informations:


Des chercheurs découvrent un masque de momie dorée:

Le top des découvertes archéologiques en 2018

Des chercheurs de l'université de Tübingen ont découvert un masque doré sur la momie d'un prêtre à Saqqarah, en Égypte. Il date de la période saïte perse (664-404 AEC).
Plus d'informations:



Une tombe peinte découverte à Cumes en Italie: un banquet figé dans le temps


Le top des découvertes archéologiques en 2018

C'est au pied de la butte sur laquelle est juchée la cité antique de Cumes, dans la région de Naples, que Priscilla Munzi, chercheuse CNRS au Centre Jean Bérard (CNRS/École française de Rome) et Jean-Pierre Brun, professeur au Collège de France, fouillent une nécropole de l'époque romaine. Dirigeant la campagne de fouilles archéologiques depuis 2001, ils révèlent aujourd'hui leur dernière découverte: une tombe peinte du IIe siècle avant notre ère. Dans un très bon état de conservation, la tombe immortalise une scène de banquet figée par les pigments.
Plus d'informations:
 

Les archéologues découvrent un pain cuit 4000 ans avant la naissance de l'agriculture:

Le top des découvertes archéologiques en 2018

Une équipe d'archéologues de l'Université de Copenhague, de l'Université College de Londres et de l'Université de Cambridge, ont analysé des restes de nourriture carbonisée provenant d'un site de chasseurs-cueilleurs du natoufien, vieux de 14400 ans. Connu sous le nom de Shubayqa 1, il est située dans le désert noir du nord-est de la Jordanie. Les résultats fournissent les premières preuves empiriques pour la production de pain.
Plus d'informations:


Un tremblement de terre révèle les vestiges d'un temple à l'intérieur d'une pyramide aztèque


Les archéologues ont fait une découverte sensationnelle au Mexique quand ils ont mis au jour un ancien temple niché à l'intérieur d'une pyramide de l'ère aztèque. Cette dernière avait été endommagée lors du tremblement de terre de septembre 2017.
Plus d'informations:


Un romain décapité et écrasé par un bloc de pierre alors qu'il fuyait l'éruption du mont Vésuve à Pompéi:

Les premières études suggèrent que l'individu a survécu à la première phase éruptive du volcan et a ensuite cherché le salut le long de la ruelle, recouverte aujourd'hui d'une épaisse couche de lapilli.
Lors des éruptions pyroclastiques qui ont suivi, le thorax de la victime a été écrasé par un gros bloc de pierre violemment projeté par le nuage volcanique.

Plus d'informations:


Un U-boat allemand rarissime retrouvé dans le passage maritime Skagerrak:

Une expédition maritime danoise a découvert un U-boat disparu depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, mettant fin à un mystère vieux de 73 ans.
Plus d'informations:


Des tablettes cunéiformes de Bassetki révèlent l'emplacement de l'ancienne ville royale de Mardaman:

Des tablettes d'argile assyrienne du 2e millénaire av. J.-C. ont permis de relier le site de fouille à une ville commerciale importante.
Plus d'informations:


Une main en bronze vieille de 3 500  découverte en Suisse:

Actuellement exposée au Nouveau Musée Bienne, une main de bronze datée de 3 500 ans retrouvée en Suisse pourrait être « la plus ancienne figurant une partie du corps humain. » La tombe d'un homme lui étant lié a également été découverte.
Plus d'informations:

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12.28.2018

Une pièce manquante de la machine d'Anticythère retrouvée sur le fond de la mer Égée

Une pièce qui pourrait être une partie manquante du mécanisme d'Anticythère, vieux de 2200 ans, a été trouvé sur le fond de la mer Egée. Considéré comme le plus ancien calculateur analogique au monde, cet "ordinateur" fut inventé pour aider les anciens grecs à calculer différentes positions astronomiques, et a réussi à survivre en mer malgré le grand nombre de pilleurs.

Une pièce manquante de la machine d'Anticythère retrouvée sur le fond de la mer Égée
La machine d'Anticythère

La machine d'Anticythère a tout d'abord disparue il y a 2200 ans, après avoir coulé avec le bateau qui le transportait, près de l'île d'Anticythère. L'histoire l'oublie jusqu'à l'année 1901, lorsque des plongeurs chercheurs d'éponge trouvèrent une étrange masse verte sur le fond marin. Curieux au sujet de leur découverte, ils la rapportèrent à la surface. L'archéologue Valerios Stais, du Musée National d'Archéologie à Athènes, l'examina.

Au cours des décennies qui ont suivi la découverte de cet ancien ordinateur, le site où la machine d'Anticythère a été découvert a été exploré de manière approfondie, et a fait l'objet d'un pillage intensif.
Mais le pire était à venir en 1976, lorsque Jean-Jacques Cousteau abima accidentellement la coque du navire, l’effondrant presque totalement.

Les scientifiques savent maintenant que le mécanisme d'Anticythère est capable d'effectuer des fonctions mathématiques basiques, ainsi que de suivre avec précision les mouvements de nombreux corps célestes comme le soleil, la lune, les planètes et les constellations.


Cet appareil est même capable de calculer le timing des équinoxes et des éclipses.


Après le désastre de la visite de Cousteau, cette partie de la mer Égée est restée calme jusqu'en 2012,  lorsque des archéologues sous marins sont retournés sur le site pour examiner l'ancienne épave. Ce fut une mission profondément enrichissante, car les archéologues ont réussi à trouver des statues en bronze et en marbre, des pièces de monnaie, un couvercle de sarcophage et même des meubles sur le fond marin de la mer Égée.
Cependant, l’année dernière a été le plus grand opus de l’opération: les archéologues ont découvert un disque corrodé de 8 centimètres, qui s'est avéré être une partie du Mécanisme d'Anticythère, vieux de 2 200 ans.

Une pièce manquante de la machine d'Anticythère retrouvée sur le fond de la mer Égée
La pièce manquante du mécanisme d'Anticythère, trouvée sur le fond de la mer Egée. Photo: Brett Seymour / EUA / ARGO

Bien que le fait qu’il s’agisse du plus ancien ordinateur analogique au monde est exceptionnel en soi, Sarah Bond, professeure associée en lettres classiques à l'Université d'Iowa, explique que cela nous permet de mieux comprendre le processus du travail archéologique: "Le Mécanisme d'Anticythère est un objet important dans les données historiques des anciennes technologies, mais c'est aussi un prisme pour suivre l'évolution de l'archéologie en tant que domaine professionnel. Il nous révèle les instruments astrologiques avancés créés et utilisés par les anciens ingénieurs, mais la nature prolongée de la fouille sous-marine montre les avancées archéologiques en matière de numérisation, de modélisation 3D et de nombreuses autres approches sophistiquées de reconstruction et d'analyse numérique".

Avec cette nouvelle découverte sur le fond de la mer Égée, les archéologues vont poursuivre leur examen de ce qui pourrait être une autre pièce manquante de cet ancien artéfact.


Source:

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12.12.2018

Des pièces d'or rarissimes découvertes dans la ville de Césarée

La trésor, exceptionnel, a été trouvé, avec une boucle d'oreille en or, dans un pot en bronze. Ces 24 pièces semblent avoir été cachées par quelqu'un qui espérait les retrouver plus tard.

Des pièces d'or rairissimes découvertes dans la ville de Césarée
Le trésor est associé à "l'un des événements les plus dramatiques de l'histoire de Césarée". Photo: Yaniv Berman

D'après les archéologues, le propriétaire a pu mourir lorsque les habitants furent massacrés par une armée de croisés en 1101.

Cette découverte a été faite dans le cadre d'un projet de fouille et de conservation du site de Césarée classé Patrimoine Mondial.

Ces pièces du 11ème siècle ont été trouvées entre deux pierres d'un puits près d'une maison d'un quartier datant des périodes abbassides et fatimides.

Des pièces d'or rairissimes découvertes dans la ville de Césarée
Le site où a été découvert le trésor. Photo: Yaakov Shimdov

Ce trésor est un témoignage silencieux de l'un des évènements les plus dramatiques dans l'histoire de Césarée: la violente conquête de la cité par les croisés. D'après des documents écrits, la plupart des habitants furent massacrés par l'armée de Baudouin Ier, qui régna sur le Royaume de Jérusalem entre les années 1100 et 1118.

"Il est raisonnable d'avancer que le propriétaire du trésor et sa famille ont péri dans le massacre ou bien furent vendus comme esclave, et n'ont donc pas pu récupérer leur or" rapporte les directeurs des fouilles, le Dr Peter Gendeman et Mohammed Hatar.

Cette récente découverte a été faite dans les environs de deux autres trésors de la même période: un pot de bijoux en or et argent trouvé dans les années 1960 et une collection de plats en bronze mis au jour dans les années 1990.

Ces trésors sont exposés au Musée d'Israël à Jérusalem.

Des pièces d'or rairissimes découvertes dans la ville de Césarée
Photo: AFP

En 2015, des plongeurs ont découvert par inadvertance la plus grande collection de pièces d'or jamais trouvée au large de la côte méditerranéenne d'Israël. Environ 2 000 pièces datant de plus de 1 000 ans ont été repérées sur le fond marin par les membres d'un club de plongée. (Voir l'article à ce sujet du 25 Mai 2015: Un trésor de pièces d'or découvert au large des côtes d'Israël)

Merci à Daniel pour l'info !
 Relecture par Marion Juglin (Archeow.fr)

Sources:


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12.03.2018

Drone et imagerie satellite révèlent un ancien réseau d'irrigation en Chine

Les archéologues ont trouvé un ancien système d'irrigation dans le nord-ouest de la Chine. Cela expliquerait comment les communautés d'éleveurs de la région ont pu cultiver dans l’un des climats les plus secs du monde. Par ailleurs, cette découverte apporte une réponse supplémentaire à cet article publié il y a quelques jours dans Agroécologie: "Comment les populations se sont adaptées par le passé au changement climatique ?" en Chine.

Drone et imagerie satellite révèlent un ancien réseau d'irrigation en Chine
Vue aérienne d'un ancien système d'irrigation dans une vallée du Xinjiang, Chen Chine. Washington University in St. Louis/Archaeological Research in Asia 

Le système remonte aux environs du 3ème ou 4ème siècle après JC et fut oublié pendant des décennies, reposant au pied des monts Tian Shan qui font partie du couloir central de la Route de la Soie préhistorique.


Canaux, citernes et barrages


Une équipe d'archéologues de L'Université de Washington à Saint Louis a fait la découverte grâce à l'utilisation d'un drone et d'imagerie satellite. Ils ont trouvé des "contours indéniables" de canaux d'irrigation, ainsi que des citernes et des barrages de fortune. Ils estiment qu'il est possible que les connaissances nécessaires pour bâtir de tels systèmes d'irrigation proviennent d'anciennes communautés comme celles voyageant le long du couloir de la province du Xinjiang

L'équipe a analysé les images satellites du laboratoire d'Exploration et d'Interprétation des Analyses Spatiales de l'université, et elle a étudié une région appelée MGK (d'après le nom de la vallée voisine Mohuchahan). Ils ont ensuite cartographié le site en détail à l'aide d'un drone quadricoptère, ainsi que d'un logiciel de photogrammétrie permettant de créer un modèle 3D complet du site en assemblant environ 2 000 photos aériennes géolocalisées.

Un article décrivant l'étude a été publié dans le journal Archaeological Research in Asia.

"Il y a de nombreuses études sur les cultures qui se sont propagées le long de la Route de la Soie ainsi que sur sa version préhistorique" rapporte Yuqi Li, étudiant diplômé en archéologie au Département d'Anthropologie de l'Université, "Le blé, le millet et le sorgho étaient probablement les cultures les plus importantes permettant de comprendre le commerce et les échanges le long de la Route de la Soie préhistorique. Toutes ces céréales sont des cultures de base, elles ont donc eu un impact important sur le régime alimentaire des gens."
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Un système d'irrigation plus petit mais plus efficace que celui de la dynastie Han


Des recherches récentes ont conduit les archéologues, étudiant les communautés d'Asie centrale, à considérer que les éleveurs ou nomades pratiquaient aussi l'agriculture, ce qui a conduit Li et ses collègues à choisir le terme plus précis "d'agropastoralisme".

Le système d'irrigation découvert est plus petit que les autres systèmes de la dynastie Han dans la région. D'après Li, la plus grande idée qu'il a pu retirer de ses recherches est que les anciennes sociétés agropastorales d'Asie centrale ont peut-être eu un mode de vie plus durable que les colons de la dynastie Han, et que leurs technologies d'irrigation étaient plus adaptées que celles que les troupes han ont introduites dans le Xinjiang.

"Les systèmes construits pas les sociétés agropastorales locales étaient orientées vers la conservation et l'efficacité" écrit-il, "ils ont été conçus de manière conservatrice énergétiquement et ont mis l'accent sur le stockage de l'eau plutôt que sur l'approvisionnement constant en eau. Les systèmes de la dynastie des Han étaient toutefois orientés vers la maximisation de l’approvisionnement en eau en tenant beaucoup moins compte du coût de la main-d’œuvre et de l’efficacité de l’utilisation de l’eau."




 Relecture par Marion Juglin (Archeow.fr)