7.25.2016

Une figurine sculptée âgée de près de 20000 ans découverte dans la grotte de Foissac


Sébastien du Fayet de la Tour, gestionnaire du site de la Grotte de Foissac dans l'Aveyron, a découvert une statuette en os sculptée et incisée dans une phalange de grand bovidé, probablement un auroch ou un bison.

Elle pourrait remonter jusqu'à 20.000 ans (une datation au carbone 14 a permis de déterminer que la salle d'où elle provient avait 20.000 ans).

Source photo: Centre Presse Aveyron

L'artéfact qui fait une dizaine de centimètres a dû être taillé avec un silex; il représente un objet anthropomorphe dont la forme rappelle celle d'un corps humain. On perçoit le visage, les yeux, et des traits qui pourraient être des scarifications. Le personnage semble porter un animal ou un nourrisson.

Les grottes ornées sont déjà rarissimes, mais celles contenant de tels artéfacts le sont encore plus: il y a la Laugerie Basse en Dordogne ou le Mas d'Azil en Ariège.

La découverte a été possible grâce à la rivière qui lessive le sol de la grotte et met régulièrement au jour des vestiges présents dans la cavité depuis des milliers d'années. Aussi, les chercheurs sont constamment à l'affut de ces trésors. Des squelettes humains, des poteries, ou des peintures ont déjà été découverts alors que seulement 10 km de cavités ont été explorées jusqu'ici, soit environ la moitié.

Dans le cas de cette figurine, ce n'est qu'après nettoyage que sont apparus les marques faites par l'homme.

Des relevés 3-D de l'objet sont prévus afin de mieux cerner les intentions de l'artiste. Une datation plus précise est aussi envisagée afin de savoir à quel groupe appartenait le sculpteur; en effet, cette période a vu se succéder aussi bien Solutréens que Gravettiens, Magdaléniens, Aurignaciens...

Merci à Audric pour l'info !

Sources:


Derniers articles sur la France:

7.22.2016

Les anciens mayas auraient eu un profond impact sur l'environnement

Il y a quelques mois, je publiais un article sur Les forêts nourricières: clés du succès de la civilisation Maya, où selon l'archéologue Anabel Ford, les anciens mayas savaient très bien gérer l'environnement de leur forêt tropicale à leur avantage... Voici aujourd'hui une théorie pratiquement opposée mise en avant par des chercheurs américains.


Des indices relevés dans les terres basses tropicales d'Amérique Centrale montreraient comment l'activité maya, il y a plus de 2000 ans, n'a pas seulement contribué au déclin de leur environnement mais continue d'influencer les conditions environnementales actuelles, d'après des chercheurs de l'Université du Texas à Austin.

Synthétisant d'anciennes et nouvelles données, les chercheurs ont été les premiers à montrer la pleine mesure du "Mayacène" comme microcosme du début de l'anthropocène, une période ou l'activité humaine a commencé à affecter considérablement les conditions environnementales.

Transects topographiques des basses terres mayas.

"La plupart des sources populaires parlent de l'anthropocène et des impacts humains sur le climat depuis la révolution industrielle, mais nous nous penchons plus profondément dans l'histoire" explique l'auteur principal, Tim Beach, professeur de géographie et d'Environnement au C.B. Smith Sr. Centennial, "Bien qu'il n'y ait pas de doute que cela ce soit accéléré au cours des derniers siècles, l'impact humain sur l'environnement dure depuis bien plus longtemps".

En regardant les impacts mayas sur le climat, la végétation, l'hydrologie et la lithosphère, il y a entre 3000 et 1000 ans, les chercheurs estiment que l'urbanisation avancée des mayas et l'infrastructure rurale ont altéré les écosystèmes dans les forêts tropicales à l'échelle mondiale. Les chercheurs ont identifié six marqueurs stratigraphiques qui indiquent une période de changement à grande échelle, comprenant: des rochers "d'argile maya", des séquences spécifiques du sol, des rapports isotopiques du carbone, de l'enrichissement chimique généralisé, des restes de constructions et des modifications du paysage, et des signes de changement climatique induit par les mayas.

"Ces marqueurs nous ont donné un aperçu sur la façon dont les mayas interagissaient avec leur environnement, ainsi que sur la portée de leur activité" ajoute Sheryl Luzzadder-Beach, co-auteur et présidente du Département de Géographie et de l'Environnement.

L'argile maya et les séquences de sol ont révélé de l'érosion, des changements dans l'utilisation des terres par l'homme et des périodes d'instabilité.

Les profils du sol près des zones humides ont montré des taux élevés d'isotopes de carbone dus à l'agriculture et à la production de maïs. Les chercheurs ont noté trois à quatre fois plus de phosphore dans les sédiments de l'ère maya.

Cependant, l'indication la plus visible de l'impact humain a été trouvé dans les restes de matériel de construction et dans les modifications du paysage. Les chercheurs pensent que ces indices révèlent comment les mayas utilisaient la gestion de l'eau pour s'adapter au changement climatique.

"En étudiant les systèmes de zones humides, nous avons été surpris de trouver une combinaison de contributions humaines et naturelles" explique Luzzadder-Beach, "les changements géochimiques indiquent que certaines zones humides étaient naturelles, alors que d'autres ont été construites pour faire pousser les cultures loin de l'importante population".

Les changements sont à la fois bons et mauvais, disent les chercheurs. "Historiquement, il est fréquent de dire ce qui est arrivé de négatif suite aux changements environnementaux passés, comme l'érosion et le changement climatique suite à la déforestation" dit Beach, "mais nous pouvons apprendre beaucoup sur la façon dont les mayas ont altéré leur environnement pour créer de vastes systèmes de champs pour avoir plus de récoltes et répondre à la hausse du niveau des mers".

Alors que certaines études suggèrent que la déforestation et d'autres utilisations des terres ont contribué au réchauffement et assèchement du climat régional lors de la Période Classique (il y a 1700 à 1100 ans), de nombreuses forêts existantes sont toujours influencées par les activités mayas, avec de nombreuses structures, des terrasses et zones humides qui existent encore de nos jours.

"Ce travail parle de l'histoire profonde et de la complexité des interactions humaines avec la nature, et ce, dans une partie du monde où nous avons encore peu de connaissances sur l'environnement naturel" continue Beach.

L'étude "Ancient Maya impacts on the Earth's surface: An Early Anthropocene analog?" était une collaboration entre des chercheurs en anthropologie, en environnement et en géographie.

Source:

Derniers articles sur les Mayas:

7.15.2016

Les premiers agriculteurs: il y avait deux groupes distincts à l'origine

Une récente étude, coordonnée conjointement par des paléo-généticiens de l’Université Johannes Gutenberg de Mayence, des archéozoologues du CNRS et du Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN) et des chercheurs du Musée National d’Iran, vient de démontrer que les agriculteurs et les éleveurs du Néolithique résidant il y a 10 000 ans dans les monts Zagros formaient un groupe génétiquement distinct des premiers éleveurs pionniers d’Anatolie occidentale et de l’Europe.

Cette carte montre les deux génomes “néolithiques” en provenance de la grotte Wezmeh et de Tepe Abdol Hosein dans le Zagros  (Iran). La zone orange représente le croissant Fertile. Crédits : Université Johannes Gutenberg de Mainz

Les scientifiques rapportent que ce groupe d'agriculteurs de l'âge du fer, inconnu jusqu'ici, aurait introduit l'agriculture dans le sud de l'Asie.

Les scientifiques qui ont analysé d'anciens restes humains trouvés dans les monts Zagros, aujourd'hui en Iran, rapportent qu'ils appartenaient à une population complètement distincte et qui semble avoir commencer l'agriculture à peu près au même moment que leurs cousins plus à l'ouest en Anatolie, aujourd'hui en Turquie.


"On pensait qu'il y avait un groupe d'inventeurs géniaux qui avaient développé l'agriculture" dit Joachim Burger, l'un des auteurs de l'étude, "maintenant, nous pouvons voir qu'il y avait plusieurs groupes génétiques".

Les scientifiques ont examiné l'ADN de fragments d'os vieux de 9000 à 10000 ans découverts dans une grotte près d'Islmabad, à 600km au sud-ouest de Téhéran. Ils ont découvert qu'ils appartenaient à un homme au cheveux noirs, yeux marrons et peau sombre. Curieusement, le régime alimentaire de l'homme comprenait des céréales, signe qu'il avait appris à cultiver.

Avec trois autres génomes anciens des monts Zagros, les chercheurs ont pu obtenir une image de la population dont les parents les plus proches ont été trouvés en Afghanistan et au Pakistan, et parmi les membres de la communauté religieuse zoroastrienne d'Iran.

Le peuple de Zagros avait des gênes très différents des européens modernes ou de leurs ancêtres agriculteurs de l'ouest de l'Anatolie et de Grèce, rapporte Burger, anthropologue et généticien des populations à l'Université Johannes Gutenberg de Mayence en Allemagne. Il précise que les auteurs de l'étude ont calculé que les deux populations se sont probablement scindées il y a au moins 50000 ans, peu après que les premiers hommes soient sortis d'Afrique.


Selon Burger, même si ces deux anciennes populations d'agriculteurs ne se sont pas mélangées, il est probable qu'elles se connaissaient, voire échangeaient des connaissances. Ainsi le développement de l'agriculture est très complexe et donc peu susceptible d'avoir spontanément eu lieu deux fois dans la même période de temps. "Il faut construire des maisons, raser les forêts, cultiver plusieurs plantes et assurer un approvisionnement en eau abondant" ajoute t-il "c'est immense processus qui prend plusieurs milliers d'années".

Pour Burger, ces découvertes pourraient aider à mieux comprendre une partie importante du développement de l'histoire humaine, négligée jusqu'ici par les chercheurs qui se concentraient sur les anciens mouvements migratoires vers l'Europe.

Source:

Derniers articles sur l'Iran:

7.14.2016

Des femmes de haut rang inhumées à Stonehenge

Les restes de 14 femmes qui semblent avoir eu un statut élevé ou important ont été trouvés à Stonehenge.

La découverte, accompagnée d'autres trouvailles, supporte la théorie selon laquelle Stonehenge fonctionnait, au moins au cours d'une partie de sa longue histoire, comme un cimetière de crémation pour les dirigeants et autres personnes importantes. C'est ce que rapporte une étude publiée dans British Archaeology.

Le trou d'Aubrey N°7 a été fouillé dans les années 1920 par l'archéologue William Hawley qui le reboucha pour le préserver. Il décrivit alors une "masse indifférenciée". En conséquence, les fragments se sont amalgamés ou mélangés. Au total, l'équipe a trouvé 45kg d'ossements incinérés dans ce trou.

Lors de récentes fouilles, plus de femmes que d'hommes ont été trouvés inhumées à Stonehenge, un fait qui pourrait changer son image actuelle.

"Dans presque toutes les représentations de Stonehenge par les artistes, et reconstituteurs TV, nous voyons beaucoup d'hommes et peu ou pas de femmes" dit l'archéologue Mike Pitts, auteur du livre "Hengeworld", "l'archéologie nous montre maintenant (...) que les femmes étaient ici aussi importantes que les hommes. Cela contraste avec les anciens tertres funéraires où les hommes semblent avoir plus d'importance. Par définition, les cimetières étant rares, Stonehenge est ainsi exceptionnel; toute personne enterrée à Stonehenge est susceptible d'avoir été spéciale: familles de haut rang, détenteurs de compétences ou connaissances particulières, chefs politiques ou rituels".

Les récentes fouilles se sont concentrées sur ce que l'on appelle aujourd'hui le trou d'Aubrey 7, l'une des 56 fosses en craie creusées juste à l'extérieur du cercle de pierre et remontant aux premières phases de Stonehenge à la fin du 4ème et début du 3ème millénaire avant JC.

Christie Willis de l'Institut d'Archéologie de l'UCL (University College de Londres) a travaillé sur le projet et confirmé que les restes d'au moins quatorze femmes et neuf hommes, tous de jeunes adultes ou plus vieux, ont été trouvés sur le site.

Un ensemble d'analyses techniques high tech, comme la tomodensitométrie, ont été nécessaires pour étudier les restes, étant donné que les personnes avaient été incinérées.
La datation au radiocarbone et d'autres analyses de toutes les sépultures connues à Stonehenge ont révélé des dates réparties entre 3100 et 2140 avant JC.

De longues broches en os, probablement des broches à cheveux, ainsi que des têtes de masse en gneiss (une pierre rayée associée à la transformation) ont aussi été mis au jour sur le site.

Une tête de masse en pierre (gneiss) et des broches en os ont été trouvées avec les restes humaines incinérés dans le trou d'Aubrey. Photo: © English Heritage, with permission from Salisbury Museum

Cependant aucun reste d'enfant n'a été trouvé lors des fouilles: d'après Willis et Pitts de tels corps devaient être traités différemment. Pitts suppose que les bébés et enfants étaient aussi incinérés, mais que leurs cendres étaient dispersées au alentours de la rivière Avon.

"Il y a une association courante entre les centres religieux du néolithique tardif et les sources ou parties supérieures des rivières importantes" explique-t-il. La situation de Stonehenge est aussi importante car les lieux de sépultures antérieurs de Grande-Bretagne, qui étaient souvent de grands tertres contenant des chambres en pierres et en bois, étaient plutôt installés au sommet des collines ou autres hauteurs, loin des endroits où vivaient les gens. Ce qui n'est pas le cas de Stonehenge dont le site a aussi servi d'habitat. Le lieu et d'autres cimetières crématoires plus tardifs ont plutôt tendance à être sur des terrains plus bas et près des rivières fréquentées par les locaux.

Willis rappelle que le monument a été construit environ 1000 ans après que l'agriculture soit arrivée du Moyen Orient. Les gens avaient du blé, de l'orge; des bovins, des cochons, des moutons et des chèvres, mais pas encore de chevaux.

Ils n'utilisaient pas encore la roue, mais avaient des outils en pierre bien conçus. Le travail du métal s'est propagé en Grande-Bretagne aux alentours de 2400 avant JC, ce qui était bien après les premières étapes de construction de Stonehenge.

Il semblerait que le statut des femmes à Stonehenge ait été éphémère. Selon Willis, le rôle des femmes dans la société "a probablement décliné à nouveau vers le 3ème millénaire avant JC... les preuves archéologies et historiques ont montré que le statut des femmes a augmenté et diminué assez sensiblement à différents moments dans le passé".

Source:

Derniers articles sur Stonehenge:

7.11.2016

Fouille sous-marine des ruines des anciennes bases navales du Pirée

En 2010, un pêcheur local a guidé un groupe d'archéologues vers son lieu de pêche préféré qu'il fréquentait lorsqu'il était enfant.

Il avait l'habitude de s'asseoir sur d'antiques colonnes dépassant furtivement de la mer dans la partie nord de Mounichia dans le Pirée. Ces colonnes faisaient partie des ruines d'une ancienne base navale remontant à 480 avant JC. 

Plongeur fouillant les restes d'un hangar à navire dans le port de Mounichia (Université de Copenhague)

Les anciennes bases navales grecques ont joué un rôle essentiel dans la défaite de l'Empire Perse au cours de la bataille historique de Salamine. Et, depuis 2010, de nombreuses découvertes autour de ces ruines ont été faites.

L'exploration du port en partie submergé a permis la mise au jour de hangars à navires. Le projet Zea Harbor se déroule à la fois sur les sites terrestres et sous-marins des anciens ports de Zea et Mounichia, juste au sud d'Athènes.

Dessin de l'un des hangars à bateaux athéniens construit dans les ports du Pirée (Université de Copenhague)

Au cours d'une interview, Bjørn Lovén, directeur du projet Zea Harbor, a rapporté que les découvertes des bases navales et des fortifications du Pirée sont si significatives historiquement qu'on peut comparer leur importance archéologique à celle de l'Acropole, du Parthénon ou de l'Agora d'Athènes.

"Nous avons identifié, pour la première fois, des bases navales au Pirée du 5ème siècle avant JC, comprenant des hangars à bateaux, des cales et les fortifications du port" rapporte Lovén.

Le projet n'est cependant pas sans difficultés car les eaux du port du Pirée sont très actives avec la circulation des navires qui entrent et sortent du port en permanence, ce qui rend les eaux fortement polluées.

Des points d'entrée et de sortie appropriés sont importants pour minimiser la quantité de temps passé à la surface par des plongeurs entièrement équipés. (Photo: Zea Harbour Project)

Les archéologues doivent ainsi porter des combinaisons étanches résistantes aux produits chimiques et des masques complets avec des valves à pression positive pour éviter les contacts avec l'eau.

Sources:

  • Vidéos:
Archéologues sous-marins explorant les anciens ports d'Athènes:




La Bataille de Salamine (45mn - National Geographic):

 



Derniers articles sur la Grèce:

6.29.2016

Imagerie satellite et drone révèlent un nouveau bâtiment massif à Petra

L'ancienne cité de Petra, l'un des sites archéologiques les plus connus au monde, semble encore avoir des secrets à nous livrer.

Une plate-forme monumentale a été découverte à l'intérieur du site du Patrimoine Mondial de l'UNESCO, dans le sud de la Jordanie.


Une façade à Petra. Photo: Martin Keene/PA


Les archéologues Sarah Parcak, du National Geographic, et Christopher Tuttle, directeur exécutif du Conseil des Centres de Recherche Américain à l'Etranger (CAORC), ont utilisé l'imagerie satellite, des drones et des études de terrain pour trouver la structure et documenter son emplacement.

La plate-forme qui a été découverte, mesure environ 56 sur 49 mètres, et apparaît avoir une caractéristique unique qui "n'a aucun parallèle avec Petra ou avec l'arrière-pays jusqu'à présent".

Une image aérienne du nouveau monument de Petra photographié depuis un drone (à gauche) et une superposition des caractéristiques de la surface; à droite l'image a été pivotée de 90 degrés. 

"Lorsque Sarah Parcak a partagé les résultats de sa dernière recherche avec nous, nous savions que cela intéresserait le monde étant donné la signification historique de ce site important" rapporte Kristin Romey, rédactrice archéologue pour le National Geographic, "C'est une découverte vraiment remarquable pour la communauté archéologique".

Près d'un demi million de touristes ont déjà visité l'ancienne cité et ses environs, et des milliers de monuments et structures ont déjà été documentés dans le site.

Occupée depuis les temps préhistoriques, la civilisation perdue nabatéenne fit de cette cité, en partie construite et en partie taillée, leur capitale et un important centre caravanier commercial, du 4ème siècle avant JC au 1er siècle après JC.

La combinaison d'architecture hellénistique avec les tombes et les temples nabatéens découpés dans la roche peuvent être observés dans le Deir (monastère) de la cité, la tombe de l'urne, la tombe palais et la tombe corinthienne.


La plate-forme découverte a probablement était construite au cours du 2nd siècle près du centre de la cité lorsque la civilisation nabatéenne prospérait, et il semble très probable "que la plate-forme et les structures furent initialement construites à des fins cérémonielles".

Ce centre cérémoniel a pu permettre la reconversion du site en une chapelle chrétienne au cours de la période byzantine.

Lors des périodes islamiques survenues plus tard, il a dû servir plus probablement à des utilisations pour les activités quotidiennes.

De précédentes études du site étaient passées à côté de cette structure. Photo: G al Faqeer

Une plate-forme plus petite, de 46m sur 44m a été construite à l'intérieure de la grande plate-forme, avec un côté bordé par une rangée de colonnes.

"La rangée de colonnes encadrait un escalier monumental qui faisait toute la largeur de la petite plate-forme" précise l'étude.

Le centre de la cité fait partie du Jordan's Petra Archaeological Park qui couvre 264000 mètres carrés à Wadi Moussa.

Les travaux ont été publiés dans le Bulletin of the American Schools of Oriental Research: Hiding in Plain Sight: The Discovery of a New Monumental Structure at Petra, Jordan, Using WorldView-1 and WorldView-2 Satellite Imagery

Source:

Derniers articles sur la Jordanie:

6.27.2016

La télédétection par laser révèle des routes romaines oubliées en Angleterre

Depuis 1988, l'Agence Environnementale d'Angleterre (Environment Agency) utilise des lasers pour scanner et cartographier les paysages anglais; cela permet d'aider à des travaux comme la modélisation des inondations ou le suivi de l'évolution des côtes.

Mais les données LIDAR (Light Detection and Ranging) sont aussi disponibles au public et elles ont été utilisées dans de nombreux cas: depuis la construction de mondes virtuels jusqu'à la gestion des forêts.

Le fort romain de Vindolanda mis en image avec l'utilisation des données LIDAR. Source: Gov.uk

Ces mines de données fournies par le LIDAR se sont avérées particulièrement utiles pour les archéologues cherchant à cartographier les routes romaines "perdues", depuis des milliers d'années pour certaines d'entre elles.

Leurs découvertes donnent des indices à l'un des chapitres négligés de l'histoire de la Grande-Bretagne Romaine: les routes construites pour aider les légions de Rome à conquérir et contrôler le nord de l'Angleterre.

Pendant des décennies après l'invasion de 43 après JC, une grande partie de la région du Nord (comprenant le Lancashire, Yorkshire et Cumbria) était contrôlée par une tribu Celte appelée Brigantes.

L'historien et sénateur romain Tacite écrivit que l'échec du mariage entre la Reine Cartimandua des Brigantes, alliée romaine, et son mari Venutios, a conduit à une épreuve de force avec Rome. En effet, à la suite de leur divorce, Venutios organisa une révolte en 69 après JC alors que Cartimandua prit la fuite.

L'empereur Vespasien envoya alors des forces sous l'autorité du nouveau gouverneur de Grande-Bretagne, Quintus Petilius Cerialis, pour écraser la rébellion et conquérir le nord de l'Angleterre.

Les constructions des routes pour relier les forts et les implantations à travers le paysage accidenté était une partie vitale de cette conquête du Nord qui dura plusieurs décennies.


David Ratledge recherche les routes romaines dans le Lancashire depuis plus de 45 ans; récemment, il a utilisé les données LIDAR de l'Agence Environnementale et a découvert 17km d'une route romaine "perdue" entre Ribchester et Lancaster: "C'étaient les sites romains les plus importantes du comté, aussi de bonnes communications entre eux devaient êtres essentielles (...). Auparavant, dans le Lancashire, nous n'avions que des photos aériennes datant des années 1940 aux années 1960; mais les caractéristiques du paysage sur ces photographies n'étaient visibles qu'après une période de sécheresse et nous n'en avons pas eu beaucoup ! Avec le LIDAR, une fois que l'on sait ce que l'on cherche, c'est parfaitement évident: on sait que l'on a trouvé une route... C'est révolutionnaire.

Les données LIDAR ont joué un rôle clé dans la recherche des routes romaines dans le Lancashire: cette parcelle a aidé à révélé la partie d'une route entre Ribchester et Catterall (entre les pointillés rouges). Source: Gov.uk

Les routes romaines étaient de grandes structures, mesurant généralement 5 à 7 mètres de large et pouvant s'élever de 50cm au centre. Cependant, près de deux mille ans d'érosion font qu'il est souvent très difficile de les localiser au niveau du sol.

David Ratledge ajoute que: "La préservation des restes varie de manière importante. Des parties de la route peuvent encore avoir 50cm de haut et être facilement repérables, et d'autres parties sont si subtiles qu'on ne peut que les manquer."

Les spécialistes Hugh Toller et Bryn Gethin ont trouvé au moins 4 routes romaines "perdues" dans le pays grâce au LIDAR, et beaucoup d'autres découvertes potentielles attendent d'être confirmées par des fouilles sur le terrain.

Dans le Comté de Cumbria, Hugh a utilisé les données LIDAR pour vérifier le trajet d'une route entre le fort Romain de Low Borrowbridge, près de Penrith, jusqu'à Kirkby Thore, le site d'un camp romain de cavalerie.

C'est une partie manquante d'une route connue, appelée Voie Maiden, et qui continue vers le Château Whitley et le Fort romain de Carvoran, en Northumbrie (près du Mur d'Hadrien).


Selon Hugh Toller: "Souvent, il y a de vagues indications d'une route mais pas assez d'éléments pour être sûr. Avec le LIDAR, nous pouvons localiser chaque agger (levée de terre ou fortification autour d'un camp romain); et si l'on trouve 2 ou 3 km de ces lignes à travers le paysage, cela ne peut être rien d'autre qu'une route romaine."

Souvent les routes romaines sont très difficiles à localiser au niveau du sol, comme on peut le voir sur ces photos. Source: Gov.uk

Hugh travaille actuellement sur quatre autres route romaines dans le nord de l'Angleterre découvertes grâce au LIDAR. Cela devrait permettre d'en savoir plus sur l'histoire de la Grande-Bretagne romaine.

Ces routes vont de Whitley Castle à Corbridge, de Bainbridge vers le nord de Wensleydale, d'Ambleside vers Papcastle et d'Ambleside vers Carlisle. Il y a plusieurs autres routes "perdues" qu'il prévoit de remettre sur la carte.

Prochainement, il pourrait y avoir de nombreuses autres découvertes sachant que l'Agence Environnementale est entrain de rendre en libre accès les 11 terabytes de données LIDAR dans le cadre de l'initiative #OpenDefra.

Ces données sont disponibles pour tout le monde sur le site Geostore.

Pour Martin Whitworth, directeur adjoint à l'Agence Environnementale: "Les archéologues ont été pionniers en nous montrant ce que l'on pouvait faire avec les données LIDAR. En laissant ces données en libre accès nous espérons non seulement obtenir de nouvelles informations sur le passé mais aussi aider les entrepreneurs, les porteurs de projet et les communautés à se tourner vers l'avenir et trouver une façon dont ces données pourraient être utilisées pour bénéficier à l'environnement et l'économie rurale."

Depuis la gestion des forêts aux applications pour les randonnées, des jeux de construction aux choix pour planter des cultures, les utilisations des données LIDAR sont sans fin.

Source:

Derniers articles sur l'Angleterre:

6.20.2016

Des archéologues marins découvrent des objets rarissimes sur le site d'un naufrage datant de 1503 près d'Oman

Une expédition archéologique dirigée par des britanniques a découvert le site d'une épave vieille de 500 ans. Ce serait le plus ancien bateau de l' "Âge des Découvertes" en Europe à être trouvé: il s'agit d'un vaisseau portugais dont le capitaine n'était autre que l'oncle du légendaire explorateur Vasco de Gama.

L'Esmeralda fut l'un des deux bateaux qui coula lors d'une tempête au large des côtes d'Oman en 1503; seulement cinq ans après que Vasco de Gama ne découvre la première route allant de l'Europe vers l'Inde.

L'Esmeralda était dirigée par l'oncle de Vasco de Gama. Photo: David Mearns/National Geographic Creative 

Après trois années de fouilles et de recherches historiques et scientifiques, les archéologues (composés d'équipes de l'Université de Bournemouth et du Ministère de la Culture d'Oman), ont annoncé qu'ils avaient trouve le site de l'épave, ainsi qu'une collection d'artéfacts comprenant une pièce de monnaie rarissime et ce qui pourrait faire partie d'un astrolabe maritime inconnu jusqu'ici.

David Mearns, directeur du Blue Water Recoveries et chef de l'expédition, a rapporté que le plus important dans cette découverte était la date du naufrage, très précoce, dans une période où une poignée de puissances maritimes européennes se concurrençaient pour découvrir et exploiter de nouvelles routes vers l'Est. "C'est le plus ancien bateau (de la période maritime européenne d'exploration de l'Asie) à avoir été trouvé sur une longue période", dit-il, "si l'on considère que cette période pré-coloniale a commencé sur une base élargie avec Colomb, en 1492, c'est à peine une décennie après". 
Le bateau a coulé dans au cours d'une tempête au large des côtes de ce qui est aujourd'hui la petite île d'Oman, Al-Hallaniyah, en 1503. Tout l'équipage fut perdu ainsi que son capitaine Vicente Sodre, oncle maternel de Vasco de Gama.

Comme il s'est rompu dans les eaux profondes, très peu de parties du bateau ont survécu, mais des milliers d'artéfacts ont été trouvés sur le sable de la baie peu profonde.

Il y avait entre autre une pièce en argent extrêmement rare, appelée Indio, dont il n'existe qu'un seul autre exemplaire. Ces pièces furent forgées en 1499, après le première voyage de Vasco De Gama en Inde; c'est ce qui a permis de dater le naufrage.

La pièce unique découverte sur le site du naufrage. Photograph: David Mearns/National Geographic Creative

Cependant, Mearns estime que la découverte la plus passionnante était un disque en métal portant les armoiries portugaises d'une sphère armillaire, une modélisation de globe céleste; c'était alors l’emblème personnel du roi du Portugal.

Des boulets de canon en pierre portant les initiales de Sodre ont aussi été trouvés.

Ce disque en alliage de cuivre porte les armoiries royales du Portugal (en haut) et une sphère armillaire (en bas) qui est l'emblème personnel de Manuel 1er. Photo: David Mearns, National Geographic Creative

Les archéologues ont supposé que cela pouvait être un élément d'un type d'astrolabe, un outil de navigation; ils n'en sont cependant pas certains: "Il n'y a pas de doute que c'était un objet très important.  Il est fait de matériaux précieux, il porte ces deux symboles emblématiques que l'on ne met pas sur tous les équipements d'un navire. C'était donc un objet très important, mais qu'est-ce que c'était ?" se demande Mearns.

Les découvertes de l'expédition ont été publiées dans  The International Journal of Nautical Archaeology 

Source:

Voici une vidéo publiée sur National Geographic à ce sujet:


Dernier article sur Oman: