2.26.2017

Le culte de Mithra était présent en Corse

Un sanctuaire dédié au dieu d'un ancien culte mystérieux, le culte de Mithra ou mithraïsme, a été découvert pour la première fois en Corse.

Ce mithraeum, situé dans la cité romaine de Mariana, fut construit aux alentours de 100 avant l'ère commune.

Le culte de Mithra était présent en Corse
 Vue du mithraeum  et de ses annexes. Photo: Inrap

Les autorités locales planifiaient des travaux routiers à proximité de ce site majeur, c'est pourquoi elles ont fait appel à l'Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) pour mener des fouilles et vérifier qu'il n'y avait aucun vestige archéologique significatif.

Une équipe menée par l'archéologue Philippe Chapon, a commencé à travailler à Mariana en Novembre 2016. On suppose que cette petite ville romaine était à son apogée au 3ème et 4ème siècle et qu'elle puisait sa force de son port commercial, qui devait être un point de contact pour les échanges maritimes avec l'ensemble de la Méditerranée.

Après des mois de travail sur le site, les archéologues viennent de révéler qu'ils ont identifié une salle de culte et son antichambre. Ils feraient parti d'un sanctuaire religieux dédié au dieu Indo-iranien Mithra. "C'est une découverte rarissime et passionnante. C'est la première fois que nous trouvons des preuves que le mithraïsme était pratiqué en Corse. Il n'y a qu'une dizaine de sites similaires connus dans toute la France, dont le dernier a été découvert près de la ville d'Angers en 2010" rapporte Chapon.

Le culte de Mithra était présent en Corse
 Un morceau de la structure en marbre dépeignant la scène mythologique. Photo:   © Denis Gliksman, Inrap

Lui et ses collègues ont mis au jour un certain nombre de reliques comprenant trois lampes à huile, et trois pièces brisées d'une structure en marbre dépeignant une scène mythologique de la religion: le sacrifice d'un taureau par Mithra. Sur l'une de ces pièces, les archéologues ont pu distinguer un chien et un serpent buvant le sang du taureau, tandis qu'un scorpion pince ses testicules.

D'autres artéfacts comprennent une tête de femme en marbre, des cloches en bronze et des poteries.


Des tensions avec le christianisme


Le mithraïsme fut probablement introduit en occident à peu près au même moment que le christianisme, et a fini par rivaliser avec elle concernant les adeptes. On sait que le mithraïsme fut apporté dans l'Empire Romain par les marchands venant de l'Orient et les soldats romains.

On sait très peu de choses sur cette religion monothéiste primitive, car il n'y a pas de sources écrites qui la décrivent. La plus grande partie des connaissances que les archéologues ont rassemblé avec les années provient de l'examen des sanctuaires dédiés à Mithra, des représentations des rituels sur les murs et des reliques laissées par les adorateurs.

 Clochette en bronze utilisée pour le culte de Mithra. Photo: © Denis Gliksman, Inrap

   Lampe à huiler destinée à l’éclairage du mithraeum, découverte dans les niches voûtés. Photo  © Denis Gliksman, Inrap

Cette religion n'était probablement accessible que pour les hommes, et elle a commencé à se répandre parmi les élites avant de toucher toutes les couches sociales.

L'empereur romain Théodose 1er, qui proclama le christianisme comme religion officielle de l'Empire en 392, combattit le mithraïsme et en interdit sa pratique.

Certains des artéfacts découverts dans le sanctuaire corse portent des traces de dommage faites dans l'Antiquité. L'autel, par exemple, a été brisé. Bien que l'on ne sache pas exactement ce qui a causé la destruction, les archéologues font remarquer qu'une grande structure chrétienne a été construite à Mariana aux alentours de 400. C'est l'une des plus anciennes traces de christianisme sur l'île et cela suggère qu'il a pu y avoir des tensions entre les deux religions.

Vous découvrirez davantage de photos sur le site de l'INRAP.

Merci à Mr Morellet et Audric pour l'Info !


Sources:

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2.22.2017

La plus longue épée de l'ancien Japon découverte dans une tombe du 6ème siècle

Des découvertes qui changeront les manuels d'histoire ont été faites après que des artéfacts d'une ancienne tombe du 6ème siècle dans le district de Shimauchi, dans l'île de Kyūshū, aient été examinés.

Les experts ont confirmé en octobre 2016 que deux épées trouvées dans la tombe à couloir, N°139, d'un site funéraire fouillé entre 2014 et 2015, sont des découvertes historiques.

L'une est la plus longue épée jamais mise au jour dans une ancienne tombe au Japon, tandis que la poignée de l'autre est recouverte d'une peau de raie.

La plus longue épée de l'ancien Japon découverte dans une tombe du 6ème siècle
Décoration sur la poignée d'une épée découverte dans un ancien tombeau à Ebino, dans la préfecture de Miyazaki; il s'agit du plus ancien artisanat en peau de raie découvert en Asie de l'est (Provided by Ebino city government)

Les épées avaient été placées près de restes humains dans la tombe N°139, et les deux portent les signes d'un statut social élevé. "Les épées suggèrent qu'il y avait un puissant individu dans le sud de Kyūshū, qui devait directement servir une personne de haut rang dans l'entourage du roi Yamato, et qui serait allé à l'étranger en charge de la politique étrangère", explique Tatsuya Hashimoto, professeur associé d'archéologie au musée de l'université de Kagoshima, et collaborateur de la recherche.

L'ancien royaume de Yamato a gouverné la plus grande partie de l'archipel japonais au cours la période Kofun (du 3ème au 7ème siècle). La tombe à couloir N°139 est dans un style unique aux préfectures Miyazaki et Kagoshima et à la période Kofun.

De nombreux accessoires funéraires précieux tels que des armures, des armes, et des harnais pour chevaux ont été mis au jour en plus des deux épées, en 2014 et 2015.

L'Institut Gangojipour pour la recherche de biens culturels, à Nara, a mené les travaux de conservation ainsi que les analyses scientifiques.

La plus longue épée de l'ancien Japon découverte dans une tombe du 6ème siècle
Une épée et un fourreau découverts à Ebino, préfecture de Miyazaki; elle devait faire près de 150cm de long (Shunsuke Nakamura)

Le travail de nettoyage a révélé environ 142cm de l'épée avec un pommeau en bois encore en place. Selon les chercheurs, si elle était reconstruite elle devrait faire environ 150cm dans son état d'origine, ce qui en fait la plus longue épée découverte jusqu'ici dans un ancien tombeau au Japon.

Au sommet de celle-ci, un textile précieux appelé "tatenishiki" ou un brocard en chaîne, était utilisé pour recouvrir le tour de l'ouverture du fourreau. Il n'y a que quatre exemplaires d'un tel textile luxueux de la même période qui ont découvert jusqu'ici au Japon. Cette épée est considérée comme étant un cadeau du royaume Yamato.

Une autre analyse a montré que l'une des épées plus longues enterrée dans la tombe, faisant environ 85cm avec un pommeau rond en argent décoré, avait sa poignée recouverte d'une peau granulaire de raie. Il s'agit du plus ancien artisanat en peau de raie découvert dans l'est de l'Asie. On suppose que l'épée a été faite dans l'ancien royaume Paekche dans la péninsule coréenne.


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2.16.2017

Des centaines de géoglyphes sous la forêt amazonienne

La forêt tropicale amazonienne a été transformée il y a plus de deux mille ans par les anciennes populations qui ont construit des centaines de grands et mystérieux ouvrages en terre.

Découverts par des experts brésiliens et anglais, ils apportent de nouveaux éléments sur la façon dont les peuples indigènes vivaient an Amazonie avant l'arrivée des européens dans la région.

Des centaines de géoglyphes sous la forêt amazonienne
Credit: Jenny Watling

Les enceintes abandonnées, dans l'état d'Acre dans l'ouest brésilien de l'Amazonie, étaient masquées depuis des siècles par les arbres. C'est la déforestation moderne qui a permis de découvrir plus de 450 de ces grands géoglyphes géométriques.

La fonction de ces mystérieux sites reste encore très peu comprise; il y a peu de chances qu'ils aient pu être des villages car les archéologues n'ont découvert que très peu d'artéfacts lors des fouilles. De plus, leur disposition suggère qu'ils n'ont pas été construits à des fins défensives.

On pense qu'ils étaient utilisés uniquement de façon sporadique, peut-être comme lieux de rassemblement rituel.


Les structures sont des enceintes fermées qui occupent environ 13000km².


Leur découverte conteste les hypothèses selon lesquelles l'écosystème de la forêt tropicale n'a pas été perturbé par les hommes.

L'étude a été menée par Jennifer Watling, chercheuse postdoctorale au Musée d'Archéologie et d'Ethnographie de l'Université de São Paulo, alors qu'elle étudiait pour un doctorat à l'Université d'Exeter: "le fait que ces sites soient restés cachés pendant des siècles sous la forêt tropical mature remet en question l'idée que les forêts amazonienne sont des écosystèmes vierges. Nous avons immédiatement voulu savoir si la région était déjà boisée lorsque les géoglyphes ont été construits, et jusqu'à quel point les hommes ont pu avoir un impact sur le paysage en bâtissant les ouvrages en terre".
Des centaines de géoglyphes sous la forêt amazonienne
Credit: Jenny Watling

A l'aide de techniques de pointe, les membres de l'équipe on pu reconstruire 6000 ans d'histoire concernant la végétation et le feu autour des sites de géoglyphes. Ils ont découvert que les hommes ont modifié fortement les forêts de bambou depuis des millénaires et qu'ils ont aménagé de petites clairières provisoires pour construire les géoglyphes.

Au lieu de brûler de grandes étendues de forêt, que ce soit pour la construction de géoglyphes ou pour les pratiques agricoles, ils ont transformé leur environnement en se concentrant sur des arbres économiquement utile, comme le palmier, créant une sorte de "supermarché préhistorique" des produits forestiers utiles.


L'équipe a aussi trouvé des indices laissant penser que la biodiversité de certaines forêts de l'Acre pourraient avoir un important héritage de ces anciennes pratiques d'agroforesterie.


D'après le Dr Watling, "malgré le grand nombre et la densité des sites de géoglyphes dans la région, nous sommes certains que les forêts de l'Acre n'ont jamais été défrichées de façon aussi extensive qu'elles ne l'ont été ces dernières années. Notre preuve que les forêts amazoniennes ont été gérées par des peuples autochtones bien avant l'arrivée des européens ne doit pas servir de justification pour l'utilisation destructrice et non durable du sol pratiqué aujourd'hui. Cela devrait plutôt servir à mettre en évidence l'ingéniosité des anciens régimes de subsistance qui n'ont pas conduit à la dégradation des forêts, et l'importance de la connaissance des peuples indigènes pour trouver des alternatives plus durables pour l'utilisation des terres".

L'étude a impliquée des chercheurs des universités d'Exeter, Reading et Swansea, São Paulo, Belémet Acre. La recherche a été financée par l'Arts and Humanities Research Council, le National Geographic et le NERC Radiocarbon Facility.

Pour mener à bien l'étude, l'équipe a extrait des échantillons de sol d'une série de fosses creusées à l'intérieur et à l'extérieur des géoglyphes. A partir de ces échantillons, ils ont analysé les phytolithes (des microfossiles micrométriques de cellules végétales) afin de reconstruire l'ancienne végétation; des charbons pour évaluer la quantité de forêt ancienne brûlée et des isotopes stables de carbone pour connaitre l'ouverture de la végétation dans le passé.

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2.09.2017

Une tombe vieille de 2 500 ans révèle un usage ancien du cannabis

D'après une nouvelle étude, il y a environ 2500 ans, des proches ont enterrés un homme dans une tombe élaborée, et l'ont recouvert d'un linceul fait de 13 plantes de cannabis.

Une tombe vieille de 2 500 ans révèle une ancienne utilisation du cannabis
La tombe Jiayi M231, contenait un squelette avec des objets funéraires et des plantes de cannabis posées sur le corps. Credit: Hongen Jiang et al. Economic Botany. 2016.

La tombe dans laquelle les archéologues ont découvert du cannabis.est l'une des quelques sépultures anciennes découvertes en Eurasie centrale.

Située dans le nord-ouest de la Chine, elle apporte un nouvel éclairage sur la façon dont les hommes préhistoriques de la région utilisaient les plantes lors des rituels. C'est "une remarquable découverte archéobotanique à part entière" qui survient après que les habitants de la région moderne aient décidé de construire un nouveau cimetière à côté d'une oasis pittoresque, précisent les chercheurs. C'est ainsi que des ouvriers ont découvert cet ancien cimetière.

Les archéologues sont arrivés sur le site et ont rapidement découvert une abondance d'artéfacts enfouis dans les tombes: des arcs, des flèches et les restes d'animaux domestiques, dont des chèvres, des moutons et un crâne de cheval; tout cela indique que ces anciens habitants vivaient à la fois de la chasse et de l'élevage.

Localisation de l'ancien cimetière Jiayi. Credit: Hongen Jiang et al. Economic Botany. 2016.

Un cimetière Subeixi


L'ancien cimetière de Jiayi appartenait probablement à la culture Subeixi, d'après les analyses d'anciens pots en terre cuite trouvés dans certaines des tombes. Les Subeixi ont été les premiers hommes connus à avoir vécu dans le bassin aride de Tourpan, il y a environ 3000 ans.

En tout, les archéologues ont découvert 240 anciennes tombes, dont celle de l'homme avec le linceul de cannabis (tombe M231). Les restes du défunt, un caucasien d'environ 35 ans, reposaient sur un cadre de lit en lattes de bois. Sa tête reposait sur un oreiller fait de roseaux communs et la tombe était remplie de pots en terre cuite.

Mais, plus étonnant, "13 plantes de cannabis presque entières étaient disposées en diagonale sur le corps du défunt comme un linceul, avec les racines et les parties basses des plantes rassemblées et placées sous le pelvis" ont écrit les chercheurs.

La tombe Jiayi, M231 (a). Vue rapprochée du cannabis dans la tombe (b). Un dessin montrant le contenu de la tombe, dont des pots de terre cuite intacts (1 à 4); des pots brisés (5 à 7), les plantes de cannabis (8); des fragments d'oreiller (9); et des herbes sauvages (10) (c). La couche inférieure de la tombe avait un cadre de lit en bois et un oreiller en roseau (d). Credit: Hongen Jiang et al. Economic Botany. 2016.

Les plantes étaient longues d'environ 49 à 90cm et arrivaient juste en-dessous du menton de l'homme sur la gauche de son visage. Des fruits non matures sur les plantes de cannabis suggèrent qu'elles ont été déracinées à la fin de l'été, ce qui indique que le défunt a été enterré en fin août ou début septembre.

Bien que la tombe date entre 2400 et 2800 ans, d'après les analyses au radiocarbone, le cannabis est resté intact en raison de la sècheresse de la région. Il peut s'écouler des années avant qu'il ne pleuve.

Les dépôts fluviaux, comme le sable et les cailloux, ainsi que les restes anciens de plantes aquatiques, dont des prêles et roseaux, indiquent que l'ancien cimetière de Jiayi se trouvait près d'une rivière.


La tombe M231 est la seule ancienne sépulture contenant du cannabis. 


Il existe un autre cimetière Subeixi dans le bassin de Tourpan, appelé cimetière Yangha; il remonte aussi au premier millénaire avant JC selon une étude datant de 2006. L'une de ses sépultures avait une grande quantité de fleurs de cannabis traitées dans deux récipients: un panier en cuir enroulé et un bol en bois. Ils reposaient près du corps d'un homme.

La tombe ne contenait aucune trace de vêtements de chanvre ou de corde, qui était faits en plantes de cannabis. Au contraire, les grosses graines de la plante et la forte présence de cannabinol (un produit dégradé du tétrahydrocannabinol psychoactif de la plante, ou THC) suggèrent que le cannabis était utilisé comme substance psychoactive.

Une autre ancien tombe du cimetière de Yanghai contenait des têtes de fleur de cannabis, indiquant que les habitants devaient les utiliser à fin médicinale.

Les archéologues ont aussi trouvé du cannabis dans des tombes de la culture Pazyryk dans le sud de la Sibérie, où il y a aussi des traces de plantes à "usage rituel si ce n'est psychoactif"

Les spécialistes ont aussi découvert la plante dans la tombe tombe d'une femme de la culture Pazyryk dans l'Altaï; elle était morte d'un cancer du sein et utilisait probablement le cannabis pour faire face aux symptômes.

D'après les chercheurs, il semble que "l'usage du cannabis à titre médicinal, et probablement spirituel, ou du moins rituel, était une coutume répandue parmi les habitants de l'Eurasie Centrale au cours du premier millénaire avant l'ère chrétienne".

Source:
Live Science: "2,500-Year-Old Burial Hints at Ancient Cannabis Use"

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1.30.2017

Le butin de chaussures romaines de Vindolanda

À Vindolanda, une petite garnison, composée de quelques centaines de soldats et de leurs familles, s'était abritée derrière une série de grands fossés et remparts, alors qu'à l'extérieur des murs une guerre faisait rage entre les tribus britanniques du nord et les forces romaines.

Lorsque la guerre prit fin (en 212 après JC), les troupes et les civils sortirent du fort, et tout ce qu'ils ne purent prendre avec eux sur la route fut jeté dans les fosses défensives. Les ordures ont été rapidement enfouies lorsqu'une nouvelle cité romaine et un fort furent construits sur le site; du coup cela les a conservés dans un environnement privé d'oxygène empêchant les ravages du temps, de la rouille et de la pourriture.

En 2016, les archéologues de Vindolanda ont fouillé la fosse et découvert une incroyable capsule temporelle de vie et de conflit. Parmi les débris il y avait les squelettes d'un chien et d'un chat, des poteries, du cuir et 421 chaussures romaines.

Le butin de chaussures romaines de Vindolanda

Le butin de chaussures romaines de Vindolanda
Sandale romaine. Photo Credit : Vindolanda Trust

Les visiteurs qui ont eu la chance de venir sur le site de Vindolanda l'été dernier ont pu voir avec émerveillement comment les chaussures étaient mises au jour, une par une, dans la fosse; chacune étant une fenêtre sur la vie de la personne qui l'avait portée à un moment donné:  des bottes pour bébés, des petites chaussures d'enfants, d'adolescents, des bottes de femmes et d'hommes, des sabots de bain, des chaussures d'intérieur ou d'extérieur...

 Ce qui a été découvert représente peut-être plus d'une chaussure pour chaque personne qui a vécu dans le fort de Vindolanda à cette époque. Le Dr Andrew Birley, directeur général du Vindolanda Trust et directeur des fouilles, est ravi de ce qu'il appelle "un recensement démographique incroyable et sans précédent d'une communauté en conflit il y a deux millénaires. Le nombre de chaussures est fantastique tout comme leur diversité, même pour un site comme Vindolanda qui a produit plus de chaussures romaines que dans n'importe quel autre site de l'Empire Romain"

Cette découverte donne aussi une indication de la mode et de l'affluence des occupants en 212 après JC avec certaines des chaussures très élégantes et bien faites, aussi bien pour adultes que pour enfants.

Le butin de chaussures romaines de Vindolanda

Une chaussure mise au jour. Photo Credit : Vindolanda Trust

Les chaussures sont conservées sur place avec un bâtiment spécifiquement adapté pour faire face à la quantité découverte. La conservatrice du site, Barbara Birley, fait remarquer que "le volume de chaussures a été un défi pour le laboratoire, mais avec l'aide de volontaires, nous avons créé un espace spécifique pour la conservation des chaussures et le processus est maintenant bien avancé. Le Vindolanda Trust est engagé dans les fouilles, la préservation et l'exposition publique de ses découvertes, bien que chaque chaussure coûte 80 à 100 livres (90 à 120€) en conservation. Trouver autant de chaussures cette année a entraîné des coûts supplémentaires significatifs pour le laboratoire".



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1.24.2017

Des tombes chrétiennes mégalithiques en Pologne

Dix tombes monumentales remontant à plus de mille ans ont été mises au jour par des archéologues dans le village de Sasiny (voïvodie de Podlachie) en Pologne.

Bien que, par leurs formes, elles ressemblent à des tombes néolithiques, ce sont des chrétiens qui y sont enterrés, rapporte l'archéologue Dr Michał Dzik.

Des tombes chrétiennes mégalithiques en Pologne
Reconstruction de la tombe sur le site de sa découverte. Photo by M. Dzik

Le cimetière de Sasiny est situé dans l'est de la Pologne, sur les hauteurs de Drohiczyn. Lors des XIème à XIIIème siècle, lorsque les morts étaient enterrés à cet endroit, la région, qui était frontalière, passait de main en main: à certains moments elle était sous l'autorité des princes de Piast, à d'autres moments, sous celle des princes Rous.

"Tous les membres de la communauté locale ont été enterrés dans le cimetière étudié; aussi bien les pauvres que les riches, et même l'élite. Les rites funéraires étaient les mêmes pour tous. Chacun des défunts était placé dans une grande structure funéraire, dont les bords étaient marqués par de gros rochers" explique le Dr. Michał Dzik, de l'Institut d'Archéologie de l'Université de Rzeszów et chef des fouilles à Sasiny.

Les tombes examinées par les archéologues ont des contours presque rectangulaires. L'espace entouré de rochers, dont certains pèsent une demi-tonne, a été rempli de plusieurs couches de pavés, qui recouvraient le défunt placé dans un cercueil en bois, ou recouvert d'un linceul.

Ces structures ont une dimension importante: en moyenne 5 x 3.5 mètres.

Selon l'archéologue, le cimetière servait à la communauté locale et les tombes inhabituelles sont le résultat de l'évolution des coutumes funéraires locales. D'après d'autres hypothèses, la forme de ces tombes a pu être introduite dans la région par des colons de Mazovie, ou par des guerriers d'origine scandinave.

"La plupart des tombes que nous avons découvertes étaient partiellement détruites, mais les résultats des recherches se sont avérés être très intéressants. Les corps dans les tombes n'ont pas été perturbés" explique le Dr Dzik.


Des tombes chrétiennes mégalithiques en Pologne
Fouilles dans le cimetière de Sasiny. Photo by M. Dzik

Le cimetière est unique car il y a très peu de sites similaires qui ont survécu jusqu'à notre époque. En effet, en Mazovie et Podlasie, la population locale a récupéré les pierres comme matériau de construction.

"Il est aussi surprenant que des Chrétiens aient été enterrés ici (...), alors que prédominaient des cimetières plats avec des fosses communes en voïvodie de Grande-Pologne et de Petite-Pologne à cette époque" ajoute le Dr Dzik. D'après le chercheur, bien qu'au XI-XIII siècle le christianisme était déjà introduit à la frontière de la Pologne et de la Rous' de Kiev, de nombreuses coutumes païennes anciennes ont continué de persister. L'une d'elles pourrait être à l'origine de la forme des tombes.

"Dans la seconde moitié du XIème siècle, la crémation est devenue de moins en moins courante. A la même époque, les tumulus avec des structures en pierre en-dessous n'étaient plus construits. Nous pensons que la raison provenait des interdictions introduites avec la diffusion du christianisme. A la même période, les tombes avec des enceintes en pierre sont devenues très populaires, mais sans tertre funéraire" ajoute le chercheur.

Lors des examens des tombes individuelles, les archéologues ont découvert des traces de coutumes funéraires remontant aux époques pré-chrétiennes, comme les feux faits à l'intérieur des tombes avant de les remblayer, ou des fragments de vaisselle brisées placés près du défunt, peut-être celle utilisée pendant les veilles.

Le Dr Dzik doute de la présence de prêtres chrétiens lors des cérémonies funéraires dans des nécropoles similaires, ce qui a pu contribuer au fait que les anciennes coutumes ont persisté.

De nombreux ornements découverts près des défunts ont attiré l'attention des archéologues, dont des dizaines de perles en verre, des anneaux de tempe en argent ou plaqué en argent, des pendentifs en forme de croissant de lune avec une croix... Les objets découvertes indiquent qu'au moins certains des défunts ont été enterrés dans des tenues riches, probablement festives.

Des tombes chrétiennes mégalithiques en Pologne
Sélection d'ornements découverts dans l'une des tombes de femme. Photo by M. Dzik

"Certains des ornements ont été faits avec beaucoup de précision, à l'aide de techniques de bijouterie complexes. On pourrait trouver cela surprenant qu'une communauté que l'on considérait vivre en marge du monde avait une culture matérielle aussi élevée" note le chercheur.

Le cimetière de Sasiny a été découvert deux fois: la première fois, c'était dans les années 1960. A cette époque, il avait été étudié par les amoureux des antiquités. Puis il fut oublié jusqu'en 2009.

Les premières fouilles officielles ont eu lieu en été 2016 seulement.

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1.19.2017

Un archéologue pense avoir découvert la cité de Trellech

Le premier indice a été fourni par les taupes: alors qu'elles creusaient sous le champ d'un agriculteur près de la frontière entre l'Angleterre et le pays de Galles, elles ont fait remonter des fragments de ce qui était une poterie médiévale. 

Un archéologue pense avoir découvert la cité de Trellech
Aperçu des fouilles. Photo: Wales News Service

Quelque temps plus tard, Stuart Wilson, diplômé en archéologie et travaillant dans une cabine à péage, fit le pari d'acheter le terrain. Au cours des 15 années qui ont suivi, lui et un groupe de volontaires ont soigneusement déterré ce qu'ils pensent être les restes d'une grande cité médiévale.

Lorsque le temps s'améliorera, lui et ses collègues continueront leur travail sur le site, en se concentrant plus particulièrement sur ce qu'il dit être le squelette d'une maison de maître.

Il a demandé une autorisation pour planifier un centre d'interprétation afin de raconter aux visiteurs l'histoire de la cite perdue de Trellech, ainsi que pour un camping pour les touristes et les bénévoles.

Après avoir fait face pendant des années au scepticisme de certains membres de la communauté archéologique, il est maintenant écouté avec attention. En fin d'année dernière, il a été invité par la Société Archéologique de Cardiff pour faire un discours à l'Université de Cardiff.

Wilson a expliqué que sa décision d'acheter la propriété était justifiée: "les gens pensaient que j'étais fou et que j'aurai vraiment dû acheter une maison plutôt qu'un champ. Mais il s'est avéré que cela a été la meilleure décision de ma vie. Je ne regrette rien du tout."

Au début du siècle, des archéologues professionnels bien équipés ont essayé de découvrir les restes de la cité mais en se concentrant sur le village moderne de Trellech, du côté gallois de la frontière entre Tintern et Monmouth.

En 2002, cependant, un fermier rapporta à la Société Archéologique de Monmouth avoir découvert une poterie dans une taupinière sur ses terres à l'extérieur du village. "J'y suis allé pour jeter un œil" a expliqué Wilson. Il a étudié le site et en quelques minutes a trouvé ce qu'il pensait était les restes d'un mur. Deux ans plus tard, les deux hectares de terrain ont été mis en vente et Wilson l'acheta.

"Des personnes plus expérimentées disaient que la cité n'était pas à cet endroit, mais j'étais jeune et confiant" continu-t-il, "Si j'avais vu juste, la rue principale était directement là dans le champ. C'était une opportunité magnifique."

Wilson quitta son travail afin de se concentrer sur les fouilles. Au cours des années qui suivirent, il estime qu'environ un millier de personnes l'on rejoint, depuis des étudiants en archéologie jusqu'aux personnes intriguées des environs.

Il dit avoir repéré jusqu'ici huit bâtiments, ajoutant: "nous découvrons, bâtiment après bâtiment après bâtiment...". Un manoir, qui devait avoir deux salles et une cour, et peut-être la découverte la plus spectaculaire, mais Wilson est quant à lui enthousiasmé par un puits qui a été déterré contenant des morceaux de bois, des ossements et du cuir.

D'autres restes découverts comprennent des morceaux d'une cruche, de plats à cuisson, des foyers et des égouts.
Un archéologue pense avoir découvert la cité de Trellech
Un des artéfacts mis au jour sur le site. Photo: Wales News Service

L'une des plus belles découvertes l'année dernière était plus ancienne: un ensemble d'outils pour la taille de silex remontant probablement à la période néolithique.

D'après Wilson, la cité devait abriter environ 10000 personnes, peut-être un quart de la population de Londres à la même époque. Il précise que l'implantation a été fondée par la famille De Clare, au 13ème siècle, pour fabriquer des armes, armures et autres équipements militaires.

Les ouvriers agricoles ont été tentés par la ville et la perspective d'un emploi plus lucratif. "Ceux qui travaillaient dans les champs vivaient au jour le jour, c'était une vie très difficile" ajoute-t-il, "et soudain, une grande ville industrielle s'installait là, c'était alors une grande opportunité."

 La plupart des bâtiments, selon Wilson, semblent dater de la période où la ville a été réorganisée et construite en pierre, suite aux attaques des forces anglaises et galloises. Des traces de l'ancienne ville ont été trouvées en-dessous de certains des bâtiments, et l'occupation du site aurait débuté une centaine d'année avant ce renouveau.


La cité n'est pas restée longtemps un centre important. 


Elle a été attaquée par les ennemis des De Clare et ravagée par la maladie. Au cours des siècles suivants, des combattants menés par le chef gallois Owain Glyndŵr ont frappé Trellech qui est alors tombée en ruines.

Le projet de Wilson a été onéreux. Il estime que cela a dû coûter environ 230000€ sur 15 ans. Il a été financé par des donations individuelles, ainsi que par des activités commerciales comme les "journée découvertes" et une boutique en ligne vendant des documents historiques.

Pour Wilson, la mise au jour de la cité de Trellech sera le travail de sa vie. "Je pense que nous n'avons découvert que 0.1% du site" estime-t-il.

Cette année, la saison de fouilles commencera au printemps, et les étudiants et volontaires sont invités à s'inscrire pour participer, sachant que des fouilles importantes auront lieu en Juillet et Août.

Voici une vidéo sur le site et les fouilles:
 

Merci à Audric pour l'info !


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1.16.2017

Une carte sur une pierre, vieille de 5000 ans, découverte au Danemark

MAJ 21/01/17
Une mystérieuse pierre découverte dans un fossé sur l'île de Bornholm par des étudiants archéologues au cours de l'été dernier, s'est révélée être une carte vielle de 5000 ans.

La pierre a été mise au jour lors des fouilles archéologiques du tombeau du néolithique de Vasagård.

Une carte sur une pierre, vieille de 5000 ans, découverte au Danemark
La pierre a été trouvée brisée en deux avec une petite partie manquante. Photo: Skalk


La pierre a été étudiée par les chercheurs du Musée National du Danemark. Contrairement à d'autres découvertes similaires, Flemming Kaul, archéologue et chercheur principal du Musée National, est presque certain que la pierre ne montre pas le soleil et ses rayons, mais affiche les détails topographiques d'une coin de nature de l'île telle que c'était entre 2700 et 2900 avant JC.


Des pierres rituelles


Pour Kaul, la pierre n'a aucun parallèle connu. Au cours des dernières années, les fouilles à Vasagård ont révélé plusieurs pierres portant des inscriptions avec des motifs rectangulaires remplis avec différentes rangées de lignes et ombrages. "Certaines des lignes peuvent être la reproduction d'épis de blé ou de plantes à feuilles" ajoute Kaul, "ce ne sont pas des rayures accidentelles; les pierres sont comme des cartes montrant les différentes sortes de champs".

La récente pierre découverte n'est pas complète; elle est en deux parties et l'une d'elles reste manquante.

Les archéologues supposent que les pierres étaient utilisées lors de rituels à l'âge de pierre.


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