3.31.2015

Des perles en verre Danoises de l'Age du Bronze proviendraient d'Egypte

Une collaboration internationale entre le Musée Moesgaard d'Aarhus, le Musée National du Danemark à Copenhague et l'Institut de Recherche sur les Archéomatériaux (IRAMAT) d'Orléans, a permis une découverte sensationnelle: des routes commerciales entre le Danemark et les anciennes civilisations en Egypte et Mésopotamie au cours de l'âge du Bronze il y a 3400 ans.



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(A droite, la femme du site Ølby mis au jour en 1880 par Sophus Müller. Près du bras gauche de la femme, une perle de verre bleu (d'Egypte), deux perles d'ambre, et deux petites spirales en bronze. )


Cette découverte nous apporte aussi une nouvelle compréhension concernant le culte du soleil Nordique à l'Age du Bronze.

Les archéologues, Jeanette Varberg, du Musée Moesgaard, Flemming Kaul du Musée National et Bernard Gratuze, directeur de l'IRAMAT, ont analysé la composition de perles de verre bleu trouvées dans la sépulture d'une femme, datant de l'Âge du Bronze au Danemark.

Les analyses ont révélé que le verre était originaire des mêmes ateliers, en Egypte, qui avaient fourni le verre pour la tombe du Pharaon Toutankhamon en 1323 avant JC !


La globalisation à l'Age du Bronze

Vingt-trois perles en verre du Danemark ont ainsi été analysées avec un spectromètre à plasma . Sans avoir à détruire ses perles fragiles, cette technique permet de comparer la composition chimique des traces d'éléments dans les perles avec des matériaux de référence d'Amarna en Egypte et de Nippur en Mésopotamie (à environ 50km au sud de Bagdad en Irak).

La comparaison a montré que les compositions chimiques des deux ensembles de traces d'éléments correspondaient.

Le premier objet étudié par les chercheurs était une perle provenant de la tombe d'une femme fortunée à Ølby, à environ 40km au sud de Copenhague. La femme avait été enterrée d'une façon assez extravagante, reposant dans le tronc évidé d'un chêne et portant une remarquable boucle de ceinture, une jupe de cordelettes avec des petits tubes de bronze brillant et tintant, un bracelet en perles d'ambre, et une seule bille de verre bleue.

La bille en verre s'est avéré être égyptienne. C'est la première fois que du verre de cobalt Egyptien est trouvé en dehors de la région Méditerranéenne.

Les archéologues peuvent ainsi confirmer l'existence d'un lien entre les perles d'ambre et celles en verre. En effet, on sait depuis longtemps que l'ambre était exporté, à l'Âge du Bronze, des latitudes Nordiques vers le sud. Toutankhamon et d'autres pharaons Egyptiens avaient de grandes chaines en ambre dans des boites dans leur chambre funéraire.

 Les chercheurs sont entrain de relier l'ambre et le verre d'une manière inattendue: les cultes du soleil Nordiques et Egyptiens échangeaient donc des marchandises...

Une des propriétés commune au verre et à l'ambre est le fait que la lumière du soleil puisse les traverser. Il apparait que les perles de verre et d'ambre ont été trouvées ensemble sur des sites au Moyen Orient, en Turquie, en Grèce, en Italie et en Allemagne et ce jusqu'aux latitudes Nordiques.

Les archéologues pensent que cela serait la preuve d'un lien entre le culte du soleil Egyptien et le culte du soleil Nordique.
Lorsqu'une femme Danoise de l'Age du Bronze emporte un bijou fait en ambre et en verre bleu avec elle dans sa tombe, c'est comme une prière faite au soleil pour être réunie avec lui et partager son destin avec le voyage éternel du soleil.

L'ancienne route de l'ambre vers les pays de la Méditerranée a donc une contrepartie: la route du verre vers le Nord.

Jusqu'à présent, les chercheurs ont montré qu'il y avait des relations commerciales vers l'Egypte et la Mésopotamie entre 1400 et 1100 avant JC. Savoir si cette route a continué à l'Age du Bronze tardif est la prochaine étape pour cette équipe Franco-Danoise.

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3.30.2015

Un "bateau fantôme" intact découvert aux large des côtes d'Hawaï

Des chercheurs de la Mānoa’s School of Ocean and Earth Sciences and Technology de l'université d'Hawaï, ainsi que du National Oceanic and Atmospheric Administration’s Office du National Marine Sanctuaries, ont découvert un "bateau fantôme" intact à 610m de profondeur et 32km des côtes d'O'ahu.

Posé sur le fond, son mât solitaire est encore debout et la barre encore en place. La carcasse de l'ancien navire câblier Dickenson, plus tard l'USS Kailua, a été trouvé sur le fond marin l'année dernière lors d'une mission sous-marine du patrimoine maritime.

La barre du Dickenson étonnamment intacte.  (credit: UH HURL)

La mission a été effectuée par Terry Kerby (Laboratoire de recherche sous-marine d'Hawaï), James Delgado et Hans Van Tilburg (programme du patrimoine maritime de l'Office des Sanctuaires Marins Nationaux de la NOAA).

L'histoire du Dickenson commence à Chester, en Pennsylvanie et 1923, avec la compagnie Commercial Pacific Cable. Il a participé à la réalisation du réseau de câblage sous-marin permettant les télécommunications dans le monde entier.

Le bateau arrive à Hawaï et commence son travail au mois de juillet de cette année 1923. Réparant les câbles et transportant des fournitures, il desservait les stations éloignées des Iles Midway et Fanning entre 1923 et ce jusqu'à 1941.

Le Dickenson est aussi célèbre pour avoir été affrété par la compagnie Cable and Wireless, une société de télécommunications Britannique, qui opéra dans le Pacifique l'évacuation des employés de la société de l'ile Fanning. Avec la Grande-Bretagne en guerre contre l'Allemagne et ses partenaires de l'Axe, on craignait que la station ne soit une cible potentielle.

 L'USS Kailua, 1943 (credit: Naval History and Heritage Command)

Le bateau est arrivé à Pearl Harbourg avec les évacués de Fanning le matin du 7 Décembre 1941, naviguant dans un port en guerre. Certains des évacués sur le Dickenson avaient remarqué un sous-marin qui les suivait jusqu'à ce que les forces US l'attaquent et qu'il prenne le large.

Encore plus tard, il est affrété par l'US Navy et entre en service en tant qu'USS Kailua (IX-71) au service du câble et réseaux sous-marin dans le Pacifique Sud; puis il retourne à Pearl Harbor à la fin de la guerre.

N'ayant plus d'intérêt pour la Navy, l'ancien USS Kailu est coulé par une torpille sous-marine le 7 février 1946. La localisation exacte n'avait pas été enregistrée, et le dernier lieu de repos du bateau est resté un mystère.


"Cela donne toujours un frisson lorsque vous identifiez une grande cible sur le sonar du submersible Pisces et que vous ne savez pas quelle grande pièce historique est entrain de surgir de l'ombre" rapporte Kerby, le pilote  du submersible de l'HURL (Hawaii Undersea Research Laboratory), "Une de nos premières vues de l'USS Kailua fut la barre sur le pont. Le bateau était étonnamment intact pour un navire ayant été coulé par une torpille. Les structures du pont supérieur, de la proue à la poupe, ont été bien préservées et ne montraient aucun signe de dommage."

"Depuis son service inter-îles jusqu'à son rôle dans les communications du Pacifique puis dans la seconde Guerre Mondiale, le Dickenson est aujourd'hui un peu comme un musée reposant dans l'obscurité, nous rappelant ces éléments spécifiques de l'histoire du Pacifique" conclut Van Tilburg.


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3.26.2015

Une salle des festins Viking découverte en Suède

Les archéologues de l'université de Stockholm et de l'université d'Umeå ont ont localisé et cartographié les fondations d'une maison grâce à la technologie radar à pénétration de sol ou géoradar.

Reconstruction d'une longère Viking à Lofotr (Source: Wikipédia)

Le tumulus d'Aska, où a été découverte la salle, a longtemps été considéré comme étant un tertre funéraire. Mais les archéologues viennent de révéler qu'il s'agissait des fondations d'une plateforme pour une grande construction, très probablement de la période Viking.

La salle était probablement la résidence d'une famille royale, dont les tombes, richissimes, ont été découvertes auparavant non loin de là.

"On connait plusieurs autres exemples de sites d'élite de l'époque, comme Fornsigtuna près Stockholm et Lejre près de Roskilde. De plus grandes similarités ont cependant été constatées dans une récente salle des festins mise au jour à Old Uppsala près de Stockholm. Ces ressemblances suggèrent une intense communication entre les deux sites" estime Martin Rundkvist de l'université de d'Umeå.

La construction faisait environ 50 mètres de long sur 14 mètres de large et était équipée de doubles murs. Elle avait quatre entrées. Les données indiquent aussi qu'il y avait un grand foyer au centre de l'habitat.

Image credit: © Andreas Viberg / Martin Rundkvist.

"Nos investigations démontrent que les mesures géophysiques non invasives peuvent être de puissants outils pour étudier les fondations de bâtiments similaires. Cela permet même aux experts d'estimer la date de construction sans faire de fouilles coûteuses." ajoute Andreas Viberg, du laboratoire de recherche archéologique à l'université de Stockholm et directeur des recherches.

Relecture par Marion Juglin
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3.24.2015

Une chaussée cérémonielle centrale découverte à Cahokia

Après 85 années d'études et de spéculations, de récentes fouilles ont confirmé la présence d'une route cérémonielle traversant le cœur de Cahokia, la plus grande cité préhistorique au nord du Mexique.

Cette large route surélevée, qui devait être une chaussée, s'étend au moins sur un kilomètre à travers le centre de l'ancienne cité qui se situe juste à l'est de la ville actuelle de Saint-Louis.

Vue d'artiste du centre de Cahokia à son apogée (Painting by L. K. Townsend/Cahokia Mounds State Historic Site)

Alors que l'existence d'une telle route a fait l'objet de débats et conjectures depuis les années 1920, les fouilles ont finalement confirmé sa présence. Pour le Dr Sarah Baires, de l'Université de l'Illinois, cela pourrait changer notre compréhension de cette métropole Mississippienne: "c'est une recherche passionnante car j'ai documenté et confirmé l'existence d'une construction en terre d'un kilomètre de long, ce qui n'a jamais été fait auparavant. C'est un nouveau monument à Cahokia et il oriente l'ensemble du plan urbain."

La route, surnommée "Rattlesnake Causeway" (chaussée serpent à sonnette), est un remblai surélevé d'environ 18 mètres de large qui s'étend du Grand Plaza de Cahokia sud à travers le centre de la ville, et finit au milieu de la structure funéraire connue sous le nom Rattlesnake Mound.

Les archéologues avaient bien détecté des traces de cette structure en 1927, mais des enquêtes ultérieures avaient soulevé des questions, à savoir s'il cela était d'origine humaine ou naturelle.

Mais, en été 2011, un chantier école de l'Université de l'Illinois, sous la direction de Baires et du Dr Timothy Pauketat, ont repris l'étude de la structure. Et, l'année suivante, Baires commença à creuser et fouiller des sections de plus de 8 mètres de large et 2 mètres de profondeurs aux extrémités nord et sud.

Plan de Cahokia fait en 2011 avec l'utilisation de Lidar. On voit les traces de la chaussée reliant le nord depuis Rattlesnake Mound (LiDAR imaging courtesy of the Illinois State Archaeological Survey)

Les fouilles à l'extrémité sud ont révélé des couches distinctes de remblais de terre, déposées avec une technique vue dans de nombreux autres monuments de terre de Cahokia. D'après Baires: "cette méthode de construction est visible dans les autres monticules bâtis pas les Cahokiens. Ils utilisaient de nombreuses manières différentes pour transporter la terre, mais une en particulier consistait à prendre des paniers, les remplir de terre et les déverser les uns au-dessus des autres jusqu'à créer la structure."

Les fouilles ont aussi révélé quelques fragments importants de matériel datable: poterie et charbon.
Les tessons de poterie portent les signes d'une technique de trempe qui était courante entre le milieu du 11ème siècle jusqu'à environ 1100 après l'Ere Commune, rapporte Baires, et un échantillon de charbon a donné une datation remontant à peu près à la même période.
Cela place la construction de la chaussée Rattlesnake à environ la même époque que la période "Big Bang": une période commençant aux alentours de 1500, lorsque Cahokia était soudain en plein développement, se transformant d'un simple village en une métropole bourgeonnante jusqu'à 10000 personnes, en quelques décennies.

"En se basant sur le contexte de la structure en terre et la présence de "shell-tempered" (coquilles trempées ?), une ancienne forme de poterie, je pense que la date de construction est plutôt plus ancienne que tardive" ajoute Baires, "pourquoi, sinon, les Cahokiens auraient construit cette structure en terre d'un kilomètre de long après avoir bâti tout le reste ? Pour moi, cela est plus logique qu'il s'agisse d'une partie fondamentale dans le paysage de Cahokia"

Un élément confortant  la thèse que la route était une pièce centrale, symboliquement et littéralement, de la cité est, selon Blaires, qu'elle est alignée de 5° à l'est du nord. Cela forme ainsi un axe central autour duquel semble avoir été construit tout le reste.

Depuis les années 1950, les archéologues ont remarqué que les plus grands monticules, places et habitations de la cité sont tous orientés sur cet alignement de 5°. Mais la découverte de la route semble indiquer qu'elle marquait cet axe central.

Une précédente étude avait suggéré que les constructions de Cahokia étaient alignées sur les évènements célestes, comme la position lunaire lorsque celle-ci est à son point le plus méridional dans le ciel. Cet évènement survient tous les 18.6 ans, et, depuis la Grand Plaza de Cahokia, cela est visible au-dessus des falaises de Rattlesnake Mound, où se termine la route.

Bien que la signification de cet évènement astronomique, pour les anciens Cahokiens, reste incertaine, Baires fait remarquer que le lien étroit entre la route et les principaux monticules funéraires de la cité, est une clé pour comprendre son but.

Rattlesnake Mound, par exemple, est l'un des deux seuls monticules situés au sommet d'une crête, dans le centre de Cahokia, et est le second plus grand tertre funéraire. Les fouilles de 1930 avaient révélé plus de 140 inhumations.

Et, à mi-chemin le long de la route se trouve le monticule 72, lieu de centaines inhumations, dont des fosses communes de victimes sacrificielles et les restes d'un homme orné de coquilles (la Tombe Perlée).

Ces relations spatiales suggèrent que la chaussée Rattlesnake avait servi comme sorte de conduit entre le domaine des vivants et celui des morts. D'après Baires: "cette chaussée relie le second plus grand tertre funéraire du site avec l'enceinte centrale de la cité, et oriente l'organisation de l'ensemble de Cahokia. Elle est aussi liée aux monticules funéraires, soulignant l'importance de la mort et du funéraire à Cahokia".

Mais, il reste encore beaucoup de questions sur la forme et la fonction de cette structure nouvellement découverte et Baires entend retourner sur le site lors des prochaines saisons de fouilles pour approfondir son étude.

Relecture par Marion Juglin
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3.19.2015

Les archéologues révèlent l'aménagement de la ville médiévale à Old Sarum

Une équipe d'étudiants chercheurs et d'universitaires ont effectué une étude géophysique de l'ancien monument Old Sarum. Ils ont scanné le sol avec des équipements de pointe afin de cartographier les restes de structures enterrées.

Old Sarum : Credit – English Heritageaphie

Ils ont concentré leurs recherches autour des murs d'enceinte, à l'intérieur et à l'extérieur, de ce qui fut une fortification dont les origines remontent à l'Âge du Fer et à la conquête Romaine.

Leurs investigations ont révélé la disposition d'un village comprenant des structures de la fin du 11ème siècle, contemporaines de la construction de la cathédrale et du château.

La cité fut habitée pendant 300 ans, mais déclina au 13ème siècle avec l'émergence de New Sarum (Salisbury).

Les résultats du projet se concentrent principalement sur la période médiévale et mettent en valeur:
  • Une série de structures massives le long de la muraille défensive de la basse-cour, suggérant probablement de grands bâtiments de nature défensive.
  • Un espace ouvert derrière ces larges structures, peut-être pour rassembler des gens ou des ressources, ou pour une route circulaire traversant la cité.
  • Des zones résidentielles au sud-est et au sud-ouest de la basse-cour longeant le fossé de la cour intérieure.
  • Des preuves de dépôts indiquant des caractéristiques industrielles, comme des fourneaux.
  • Des éléments montrant que le site fut utilisé comme carrière après les années 1300 et faisant suite au déclin de la cité
Image en niveaux de gris de la magnétométrie du sud de la basse-cour avec les interprétations des données du lidar superposées.(© LiDAR data Environment Agency copyright and/or database right 2014. All rights reserved.)

D'après l'archéologue Kristian Strutt, agent expérimental et directeur du service de prospection archéologique à l'Université de Southhampton: "Les archéologues et historiens savent depuis des siècles qu'il y avait une cité médiévale à Old Sarum, mais jusqu'à présent, il n'y avait aucun plan du site. Notre étude montre où se situaient les bâtiments individuels et, à partir de là, nous pouvons obtenir une image détaillée du plan urbain à l'intérieur des murs de la cité."

L'équipe a utilisé différentes techniques pour étudier la haute-cour et basse-cour du site: l'étude topographique, des techniques d'étude géophysique, dont la magnétométrie, le radar à pénétration de sol et la tomographie de la résistivité électrique.

Recréation d'Old Sarum à l'époque médiévale

Pour Kristian Strutt, il est clair qu'il y a encore du travail non intrusif à faire pour mieux comprendre le site. L'équipe espère retourner sur le site pour terminer l'étude de la haute-cour et basse-cour et se pencher sur l'implantation Romano-Britannique du sud d'Old Sarum, à Pacques 2015.

Relecture par Marion Juglin
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3.15.2015

Ciudad Blanca, la cité du Dieu Singe aurait été découverte au Honduras

Une équipe d'archéologues américains et honduriens, aidés des compétences en survie des anciens soldats britanniques SAS, ont émergé d'une des zones les plus reculées sur Terre avec les nouvelles de leur découverte: les restes d'une cité perdue, masquée par la jungle, dans les forêts tropicales du Honduras.

La jungle du Honduras. Photo: Dave Yoder/National Geographic 

Ces vestiges auraient été abandonnés par une civilisation mystérieuse, il y a plusieurs siècles. Selon la légende, les maisons étaient en or et ils avaient des "enfants singes".

L'expédition était partie à la recherche de "Ciudad Blanca" ou "Cité du Dieu Singe", que les explorateurs occidentaux tentent de localiser depuis les premiers jours de la conquête espagnole au 16ème siècle.

La cité serait l'une des nombreuses villes perdues dans la jungle Mosquitia, et elle abritait un peuple inconnu qui a prospéré il y a un millier d'années puis qui a disparu sans laisser de traces.

Contrairement aux Mayas, on sait très peu de chose sur cette culture pré-Colombienne qui n'a même pas de nom.

Les archéologues ont étudié et cartographié de vastes places, des monticules et une pyramide en terre. Ils ont aussi découvert une cache contenant des sculptures en pierre. Ils n'ont cependant pas fait de fouilles.

"Cela nous montre, que même au 21ème siècle, il reste beaucoup à découvrir dans notre monde" a dit l'archéologue Christopher Fisher, "la nature préservée du site est unique et, s'il est correctement étudié et préservé, il peut nous en apprendre beaucoup sur ce peuple..."

La Mosquitia est une vaste région de marécages, rivières et montagnes, pratiquement inhabitée. L'équipe a été guidée par Steve Sullivan et Andrew Wood, anciens soldats SAS et experts en techniques de survie en forêt.

Accompagnés par des troupes Honduriennes, ils ont installé leur base dans une petite ville et ont été transportés par hélicoptère dans une zone défrichée pour l’atterrissage. L'inaccessibilité du terrain en avait fait une route de transit importante pour les cartels trafiquant de drogue.

L'expédition a fait suite à un travail de relevé aérien en 2012 qui avait utilisé la technologie radar pour cartographier le plancher de la jungle à travers l'épaisse canopée; ils avaient ainsi identifié ce qui ressemblait à une grande structure architecturale enterrée (voir l'article à ce sujet: A-t-on découvert la Cité d'Or perdue, Ciudad Blanca, au Honduras ?).

Modélisation numérique des élévations de terrain relevées par le Lidar dans la région de Mosquitia. On aperçoit un ensemble de monticules et des fondations après avoir enlevé la végétation dans l'image du dessus. Source: UTL

L'équipe a trouvé 52 objets émergeant de terre, ainsi que beaucoup d'autres se trouvant sous terre, y compris de probables sépultures.
Ils ont découvert des sièges de cérémonie en pierre et des récipients finement sculptés ornés de serpents et de vautours.

D'après Mr Fisher, la découverte la plus frappante était une tête de ce qui semblait être un "porteur de jaguar", dépeignant probablement un shaman en transe.

Une effigie de "porteur de jaguar", représentant un mélange d'esprit humain et animal. Il s'agit d'un morceau d'un siège de cérémonie encore enterré... Dave Yoder / National Geographic

Tous ces artéfacts dateraient de 1000 à 1400 après JC.

Les chercheurs de trésor et explorateurs se sont aventurés dans la jungle pendant ces derniers siècles après des rumeurs de ruines blanches dans la forêt. Certains folklores locaux parlent d'un paradis mystique, alors que d'autres décrivent une cité en or.

Theodore Morde, aventurier Américain, aurait déjà trouvé ce site lors d'une expédition en 1940, mais il mourut sans révéler la localisation. Il avait décrit une cité où, selon la légende, un singe géant déifié aurait été adoré, et où vivaient des enfants moitié hommes et moitié singes.

Mr Fisher et ses collègues ont gardé la localisation du site secret afin de le protéger du pillage. Cependant, ils craignent devoir faire face à une plus grande menace: les éleveurs qui abattent la forêt tropicale à moins de 20km, pour la production de viande bovine.

"Perdre ce patrimoine écologique et culturel pour des fast food est une perspective que je trouve difficile à envisager" s'inquiète Fisher.

Merci à Audric pour l'info !

Relecture par Marion Juglin
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3.10.2015

Découverte du plus grand bloc de pierre taillé datant de l'Antiquité

Des archéologues allemands ont découvert le plus grand bloc de pierre taillé par l'homme, probablement il y a plus de 2000 ans

Encore partiellement enterré, le monolithe mesure 19.6m de long, 6 mètres de largeur et au moins 5.5mètres de haut. Son poids est estimé à 1650 tonnes, ce qui en ferait le plus gros bloc de pierre de l'Antiquité.


 L'immense bloc de pierre partiellement enterré (à droite sur la photo ci-dessus). A gauche, le bloc "Hajjar al-Hibla". Credit: Deutsches Archäologisches Institut.

Il a été découvert par une équipe de l'Institut Archéologique Allemand dans une carrière de pierre à Baalbek au Liban.

Connue sous le nom d'Héliopolos, "La cité du soleil", au cours de la période Romaine, Baalbek abritait un des plus grands sanctuaires de l'empire.

La carrière de calcaire était située à environ 400m du complexe du temple où se trouve deux autres blocs massifs de pierre taillé, l'un pesant 1240 tonnes et l'autre, surnommé "Hajjar al-Hibla" (La Pierre de la Femme Enceinte), environ 1000 tonnes.

Juste à côté de la pierre Hajjar al-Hibla, et en-dessous, les archéologues ont trouvé ce troisième bloc. "Le niveau de finesse indique que le bloc a été conçu pour être transporté et utilisé sans être coupé," estime l'Institut Archéologique Allemand, "c'est donc le plus grand bloc de roche taillé connu depuis l'antiquité".

L'équipe a travaillé sous la supervision locale de Jeanine Abdul Massih, partenaire du projet  Baalbek du département d'Orient de l'Institut Archéologique Allemand.

Le but principal était de trouver de nouvelles informations sur les techniques minières et le transport des mégalithes.

Les archéologues supposent que les blocs de calcaire remontent au moins à 27 avant JC, alors que Baalbek était une colonie Romaine et que commençait la construction  de trois grands temples ainsi que de plusieurs autres plus petits; ce qui dura jusqu'au second siècle après JC.
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 "Les blocs de pierre massifs de 20m de long ont été utilisés pour le podium de l'immense Temple de Jupiter dans le sanctuaire", rapportent les archéologues. Seules quelques portions du temples sont encore visibles, dont les 6 immenses colonnes et les 27 gigantesques blocs de calcaire à leur base. Trois d'entre eux pèsent environ 1000 tonnes chacun: le trilithon.

La façon dont ces monolithes ont été transportés et méticuleusement positionnés lors de la construction du temple reste un mystère.

Certains même avancent que le bloc a été transporté par une culture plus ancienne inconnue, remontant à avant Alexandre le Grand, qui avait fondé Heliopolis en 334 avant JC.

Le bloc de pierre qui vient d'être découvert fut probablement taillé pour être utilisé dans le temple, mais fut peut-être abandonné en raison de son transport impossible.

En effet, le bloc de pierre "Hajjar al-Hibla", à proximité, fournit quelques indices: il fut probablement laissé dans la carrière car la qualité de la pierre sur l'un des côtés était mauvaise. "Cela aurait probablement craqué lors du transport" estiment les archéologues.

D'avantages de fouilles sont attendues afin de savoir si cet énorme bloc de pierre avait le même problème.

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