11.16.2018

Des fortifications remontant à 1693 mises au jour dans la ville de Québec

Construit par les colons européens il y a plus de 300 ans, l'un des plus anciens murs de protection a été découvert à Québec.

Des fortifications remontant à 1693 mises au jour dans la ville de Québec
Les fortifications ont été découvertes dans le quartier Vieux-Québec de la ville de Québec. (Ministère de la Culture du Québec)

Des ouvriers du bâtiment sont tombés sur la base d'une palissade construite en 1693 lors de la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Le rempart de Beaucours fut le dernier d'une série de murs, de redoutes et de batteries mise en place sur plusieurs années. Tout cela fut construit à la hâte après que les troupes britanniques eurent envahi la capitale de l'Acadie, Port Royal, dans l'actuelle Nouvelle-Écosse, en 1690.

Nommée d'après l'ingénieur qui a supervisé la construction, le rempart de Beaucours comprend les premières versions des portes de Saint Louis et Saint Jean, ainsi que deux forts en pierre pour augmenter les points de tir du côté ouest de Québec.


On estime que jusqu'à 500 personnes ont travaillé sur le mur qui protégeait les 800 colons vivant à Québec.


Jean-Yves Pintal, directeur des archéologues pour ce projet, rapporte que ce fut un investissement considérable: "Ils ont décidé d'investir beaucoup d'argent pour protéger Québec en tant que cité européenne. Aussi, presque 15% du budget du Nouveau Front a été consacré à la construction de ce mur, qui fut le premier vrai rempart à protéger le flanc ouest de la ville de Québec à cette époque."

La construction de murs en pierre a commencé environ dix ans plus tard, ce qui fait que l'emplacement originel du mur en bois a été oublié pendant des siècles jusqu'à ce qu'une poutre de 20 mètres de long soit découverte à la fin du mois d'octobre 2018.

Les équipages travaillant dans la rue Sainte Ursule ont immédiatement compris qu'ils avaient trouvé quelque chose d'ancien, mais ne savaient pas exactement à quoi elles faisaient face.

Pintal s'est dit surpris de constater que le bois était particulièrement bien conservé sous les couches d'argile. Des fouilles minutieuses ont révélé d’épaisses poutres en bois, renforcées par des planches transversales allant jusqu'à environ deux mètres, ainsi qu'un autre mur plus mince. Les espaces devaient être remplis de terre afin d'absorber les impacts de balles et de boulets de canon.

Le défi que Pintal et son équipe doivent maintenant relever consiste à retirer le bois saturé d’eau de l’argile avant qu’il ne gèle et ne soit endommagé. Si nécessaire, ils installeront des chauffages et des abris temporaires sur le site pour enlever les fortifications. Une fois que le bois sera séché, processus qui prendra deux ans, le mur sera reconstruit et exposé.


Merci à Yann pour l'info !

Sources:

Plus d'images de la découverte:


 La palissade est toujours en excellent état parce qu'elle se trouvait dans la glaise. Il faut toutefois l'excaver rapidement pour éviter le gel. Photo : Courtoisie/Michel Élie

 Une vue aérienne des fortifications de 1693.

 La découverte fait 20 mètres de longueur.
 


11.13.2018

Un système de rampe vieux de 4 500 ans a peut-être été utilisé pour construire la pyramide de Khéops

Les archéologues se sont longtemps demandés comment exactement les anciens égyptiens avaient construit la plus grande pyramide au monde, à savoir Khéops.

Aujourd'hui, ils ont peut-être découvert le système utilisé pour transporter des blocs de pierre massifs pour les mettre en place il y a 4500 ans.

Ce système de rampe datant de 4 500 ans a peut-être été utilisé pour construire la grande pyramide d'Égypte
La Grande Pyramide de Gizeh construite pour le pharaon Khéops. Photo: Mikhail Nekrasov/Shutterstock

Ils ont trouvé les restes de ce système sur le site d'Hatnub, une ancienne carrière dans le désert égyptien. L'engin aurait été utilisé pour transporter de lourdes pierres d'albâtre sur une rampe raide, d'après les archéologues de l'Institut Français d'Archéologie Orientale (IFAO) du Caire et de l'Université de Liverpool en Angleterre, travaillant sur le site. Et c'est peut-être ainsi que les Égyptiens ont construit la grande pyramide, au nom du pharaon Khéops.

"Ce système se compose d'une rampe centrale flanquée de deux escaliers avec de nombreux trous de poteaux" rapporte Yannis Gourdon, co-directeur de la mission commune à Hatnub, "En utilisant un traîneau qui portait un bloc de pierre et qui était attaché avec des cordes à ces poteaux en bois, les anciens Égyptiens étaient capables de tirer les blocs d'albâtre de la carrière sur des pentes très raides de 20% ou plus."

Les cordes attachées au traîneau agissaient comme un "multiplicateur de force", facilitant le glissement du traineau sur la rampe, explique Roland Emmarch, l'autre co-directeur de la mission Hatnub.

Ce système de rampe datant de 4 500 ans a peut-être été utilisé pour construire la grande pyramide d'Égypte
Ce système vieux de 4 500 ans, utilisé pour tirer des pierres d'albâtre sur une pente raide, a été découvert à Hatnub, une ancienne carrière située dans le désert oriental de l'Égypte. Deux escaliers avec de nombreux trous de poteaux sont situés à côté de cette rampe. Un bloc d'albâtre aurait été placé sur un traîneau, attaché par des cordes aux poteaux en bois. Photot: Yannis Gourdon/Ifao

"Ce type de système n'a jamais été trouvé nulle part ailleurs" dit Gourdon, "l'étude des traces d'outils et la présence de deux inscriptions de Khéops nous a amené à la conclusion que ce système remontait à l'époque du règne de Khéops, constructeur de la Grande Pyramide de Gizeh. Comme ce système remonte au moins à son règne, cela signifie que pendant la période de Khéops, les anciens égyptiens savaient comment déplacer d’énormes blocs de pierre sur des pentes très abruptes. Par conséquent, ils ont pu l'utiliser pour la construction de sa pyramide".

Bien que les archéologues s'accordent généralement pour dire que les ouvriers de cette pyramide utilisaient un système de rampe pour déplacer des blocs de pierre, cette technologie a longtemps été un mystère, et cette découverte pourrait aider à le résoudre.

Merci à Audric pour l'info !

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11.11.2018

Des têtes embaumées, âgées de 2 000 ans, montrent comment les anciens celtes célébraient leur victoire

Les anciens celtes menaient leurs conquêtes à l'extrême: en effet, ils suspendaient les têtes coupées de leurs victimes au cou des chevaux et défilaient avec ces trophées sanglants.

Les archéologues en ont aujourd'hui les preuves: ils ont trouvé des têtes embaumées et coupées datant de plus de 2 000 ans.

Des têtes embaumées, âgées de 2 000 ans, montrent comment les anciens celtes célébraient leur victoire
Restes humains trouvés sur le site Le Cailar dans le sud de la France. Photo: copyright Fouille Programmée Le Cailar-UMR5140-ASM

D'anciens textes grecs et romains suggéraient que les celtes de Gaule, coupaient les têtes de leurs ennemis après la bataille et les suspendaient au cou de leurs chevaux alors qu'ils rapportaient chez eux ces trophées.

Des sculptures, dépeignant ces pratiques, trouvées sur un site de l'âge du fer à Entremont en Provence corroborent ces histoires.

D'anciennes données suggèrent aussi que les celtes embaumaient ces têtes décapitées pour les exposer devant leurs habitats "comme des trophées augmentant leur statut et leur pouvoir, et pour effrayer leurs ennemis" rapporte l'auteure principale de l'étude Réjane Roure, archéologue à l'Université Paul Valéry de Montpellier.


Aujourd'hui, les chercheurs ont la preuve que ces histoires sont réelles. 


Les scientifiques ont analysé plusieurs crânes provenant du site gaulois Le Cailar dans le sud de la France qui avait été découvert par les archéologues en 2000.

Le village fortifié de l'âge du fer, situé sur une petite colline près d'une grande lagune reliée au Rhône, était un port pour les commerçant méditerranéens.

Entre 2003 et 2013, les scientifiques ont mis au jour sur le site près de 50 crânes, brisés en 2500 morceaux. Les crânes ont été trouvés avec des armes et près de ce qui était probablement une des entrées du village.

Des têtes embaumées, âgées de 2 000 ans, montrent comment les anciens celtes célébraient leur victoire
Les têtes embaumées ont été trouvées dans un village fortifié de l'âge du fer à Le Cailar. Photo: copyright Fouille Programmée Le Cailar-UMR5140-ASM

Le placement des têtes et des armes suggère qu'elles étaient, il y a bien longtemps, exposées dans un grand espace ouvert à l'intérieur du site. Le lieu fut occupé du sixième siècle avant JC jusqu'au premier siècle après JC, après la conquête de la Gaule par les romains.


Les crânes datent du troisième siècle avant JC, période connue pour ses nombreuses batailles et guerres à travers presque toute l'Europe occidentale.


Les scientifiques ont fait une analyse chimique de 11 fragments de crânes pour voir s'ils contenaient des traces d'embaumement. Six fragments avaient des traces de résine de conifère, ainsi que des molécules que l'on ne retrouve que dans la résine de pin lorsqu'elle est chauffée à haute température.

C'est la première fois que analyses chimiques mettent en évidence que les gaulois embaumaient des têtes au cours de l'âge du fer.

De prochaines recherches doivent essayer de voir si les têtes ont été embaumées pendant tout le troisième siècle avant JC, ou si la pratique n'a eu lieu que sur une courte période de temps pendant ce siècle.

D'après Roure, "il y a beaucoup d'autres têtes coupées dans l'âge de fer en Europe, et il serait très intéressant de savoir si elles étaient toutes embaumées".


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11.07.2018

Cinq squelettes découverts lors de nouvelles fouilles à Pompéi


De nouvelles fouilles dans l'ancienne cité de Pompéi ont permis de mettre au jour des squelettes intacts de personnes qui s'étaient protégées de l'éruption du Vésuve en 79 après JC.

Cinq squelettes découverts lors de nouvelles fouilles à Pompéi
Les restes de squelettes découverts sur le site de Pompéi. Photo: Ciro Fusco/ANSA via AP)

Le directeur du site archéologique de Pompéi, Massimo Osanna, a rapporté que les squelettes étaient encore intacts, et n'ont pas été dérangés par les multiples pillages sur le site il y a plusieurs siècles.

Il a qualifié la découverte de "marquante, mais aussi de très importante pour l'histoire". Les ossements, qui seraient ceux de deux femmes et trois enfants, ont été découverts à l'intérieur d'une maison contenant une inscription au fusain qui, d'après les historiens, date l'éruption meurtrière en octobre, soit deux mois plus tard que ce que l'on estimait jusqu'à présent.

Cinq squelettes découverts lors de nouvelles fouilles à Pompéi

Les archéologues pensent que les habitants ont cherché à se mettre en sécurité dans une petite pièce mais ont été écrasés lorsque le toit s'est effondré ou ont brûlé.

Cinq squelettes découverts lors de nouvelles fouilles à Pompéi



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10.30.2018

La plus ancienne épave intacte au monde découverte dans la Mer Noire

A l'aide des dernières technologies, auparavant uniquement mises à la disposition des sociétés pétrolières, gazières et des énergies renouvelables, le projet archéologique Black Sea Maritime (Black Sea MAP) a étudié plus de 2000 km2 de fonds marins.

Tout au long de ce projet, plus de 60 épaves d’âge variés ont été trouvées, depuis une flotte de raids cosaques du XVIIe siècle à des navires de commerce romains munis d’amphores, mais aussi un navire complet de la période classique.

C'est au cours de la dernière phase, fin 2017, que l'équipe a découvert ce qui a été confirmé comme étant la plus ancienne épave intacte au monde:  une forme de navire marchand grec que l’on n'a vu auparavant que sur d'anciennes poteries grecques comme le "Vase Siren" du British Museum.

La plus ancienne épave intacte au monde découverte dans la Mer Noire
Le Vase Siren représentant le bateau retrouvé par l'équipe du Black Sea MAP. Photo: British Museum

Le bateau repose à 2000 mètres au fond de l'eau dans le Mer Noire où l'eau est anoxique (sans oxygène); cela a permis de préserver les matières organiques pendant des milliers d'années.

Un petit morceau du navire a été daté au carbone, et a ainsi confirmé qu'il s'agit de la plus ancienne épave de navire intacte connue de l’humanité. "Un navire intact du monde classique, baignant sous plus de 2 km d’eau, je n'aurai jamais cru cela possible" rapporte Jon Adams, professeur à l'université de Southampton et chercheur principal du projet Black Sea MAP,  "cela va changer notre compréhension de la construction navale et de la navigation dans le monde antique".

L'équipe du projet Black Sea MAP est sous la direction de l'Université de Southampton et des professeurs Jon Adams, Lyudmil Vagalinsky de l'Institut National d'Archéologie avec le Musée des Sciences Académiques Bulgares, et le Dr Kalin Dimitrov du Centre d'Archéologie Sous-marine de Sozopol en Bulgarie.

La plus ancienne épave intacte au monde découverte dans la Mer Noire
Le navire a été étudié et cartographié numériquement par deux véhicules sous-marins à distance. Image:BLACK SEA MAP/EEF EXPEDITIONS

En 2015, le projet Black Sea MAP a entrepris d’examiner les changements survenus dans l’ancien environnement de la région au large des côtes bulgares, dont l'impact du changement du niveau de la mer après le dernier cycle glaciaire.

Les études de terrain ont été menées sur trois saisons, dont la dernière en septembre 2017, avec une équipe de scientifiques maritimes de renommée mondiale revenant de son dernier voyage et qui a fait des découvertes étonnantes, dont une collection d'amphores et d'autres objets fascinants.

En plus de la découverte des épaves, les scientifiques ont mis au jour les vestiges d'un village de l'âge du bronze à Ropotamo en Bulgarie, près de l'ancien rivage lorsque le niveau de la mer était beaucoup plus bas qu'aujourd'hui. Au fur et à mesure de la montée des eaux, le village fut abandonné et les restes de bois de construction, de foyers et de céramiques gisent maintenant à 2,5 mètres sous le fond marin.

La vallée dans laquelle se trouvait le village était devenue une baie abritée visitée par les colons grecs de la période archaïque, puis un port pour les anciens marins byzantins et enfin un mouillage utilisé par les Ottomans.

Des étudiants spécialement sélectionnés dans des écoles défavorisées, se trouvaient également à bord des navires. Le projet Black Sea MAP a été conçu par Hans K Rausing qui a créé la fondation Expedition and Education pour commander le projet.


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10.25.2018

Teotihuacan s'appelait peut-être Teohuacan

Des chroniqueurs espagnols auraient altéré le nom de la cité pré-hispanique Teotihuacan pour minimiser son importance en tant que lieu de gouvernance.

Les aztèques auraient appelé leur cité "Teohuacan", littéralement, la cité du soleil. Cela contraste avec "la cité des dieux" ou "le lieu où les hommes sont devenus des dieux"comme est traduit Teotihuacan.

Teotihuacan.

Veronica Ortega, archéologue au National Institute of Anthropology and History, rapporte qu'un document aztèque peu connu contient un pictogramme se référent à la cité, qui est une combinaison du soleil, d'un temple et de signes de dirigeants. Dans le Codex Xolotol, qui est en France, le mot "Teohuacan" est écrit en-dessous.

Mais les codices, documents pictographiques aztèques établis pour informer les espagnols de la terre qu'ils avaient conquis, ont continué de l'épeler "Toetihuacan".

Ortega pense que les espagnols étaient mal à l'aise avec "Teohuacan" car le soleil était un symbole de puissance et ils voulaient concentrer tout le pouvoir dans la cité de Mexico toute proche, la capitale qu'ils ont conquis en 1521.

D'après elle, "Ils voulaient que les gens perçoivent Teotihuacan comme un lieu de culte, non pas comme un lieu où les dirigeants ont été oints, car ils voulaient garder le centre politique à Tenochtitlan", le nom aztèque de la cité de Mexico.

Le débat peut sembler quelque peu académique, car personne ne sait comment s'appelaient les habitants de la ville lors de son apogée, entre 100 avant JC et 750 après JC;  il y avait alors 100000 personnes.

La cité a été abandonnée bien avant l'arrivée des aztèques au 14ème siècle. Teotihuacan et Teohuacan sont des mots de la langue aztèque, le nahuatl, et personne ne sait quelle langue parlaient ceux qui habitaient Teotihuacan.

Bien qu'elle ne veuille pas changer les panneaux de signalisation, ni le nom officiel des ruines, Ortega estime que les implications du nom sont importantes car les dirigeants aztèques continuaient d'aller dans cette cité légendaire pour légitimer leur pouvoir.

Elle rapporte que Montezuma, le dernier dirigeant aztèque, "a mené des processions à Teotihuacan tous les 20 jours", soit la durée d'un mois civil aztèque.


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10.18.2018

Des habitats utilisés sur plus de 1000 ans au cours de l'âge de pierre en Norvège

De simples petites cabanes en terre de l'âge de pierre semblent avoir été utilisées pendant près de 1000 ans. Elles sont peut-être restées vides pendant 40 à 50 ans, en tout, avant d'être entretenues et réutilisées.

L'archéologue Silje Fretheim, du département d'archéologie et d'histoire culturelle de l'Université norvégienne de sciences et de technologie (NTNU), a trouvé cela incroyable: "Peu de constructions de nos jours ont duré pendant 1000 ans. Leur utilisation sur une aussi longue durée nous montre l'importance pour eux d'entretenir les maisons"

Fouille du site d'une tente réutilisée à Mohalsen dans la municipalité de Vega. Le site remonterait environ à 8300 avant notre ère.  (Photo: Hein B. Bjerck)

Elle a récemment discuté de sa thèse de doctorat sur le logement et les traditions d'implantation en Norvège au cours de la période mésolithique. Ses recherches révèlent une image différente des peuples de l'âge de pierre de celle enseignée à l'école de nos jours. "J'ai moi-même des enfants en âge d'aller à l'école et j'ai découvert que la plupart des écoles enseignent encore que les habitants de l'âge de pierre vivaient principalement dans des grottes. Mais ce n'était absolument pas le cas" dit-elle.

La période mésolithique en Norvège couvre environ 5500 ans, commençant vers 9500 avant l'ère commune, lorsque les peuples étaient nomades et chasseurs-cueilleurs. Au début de cette période, les gens vivaient dans des tentes dont on pense qu'elles étaient faites en peaux d'animaux, bien qu'aucune couverture de tente de cette époque n'ait été trouvé. Puis, finalement, les habitats sont devenus plus permanents.


Unique pour la Norvège


Fretheim a analysé les informations de 150 habitats de l'âge de pierre, s'étendant du comté le plus au nord du Finnmark jusqu'au sud de la Norvège.

Plus de la moitié d'entre eux ont été fouillés au cours de ces 15 dernières années, et c'est la première fois que quelqu'un compare les informations basées sur ces fouilles.

Le nombre d'habitations mésolithiques relativement bien préservées en Norvège est unique en Europe du Nord, et la thèse de Fretheim donne ainsi une nouvelle image de la population de l’âge de pierre qui dépasse également les frontières de la Norvège.

Dans d'autres parties du monde, les restes d'habitats et les traces des individus de l'âge de pierre sont enfouis sous les terres agricoles actuelles, ou bien sont sous l'eau parce que les terres le long des côtes ont été englouties après la dernière période glaciaire.

"En Norvège, cependant, les restes de l'âge de pierre ont été préservés car les endroits le long des côtes se sont élevés avec la diminution du poids des glaces de la dernière période glaciaire. Une autre raison, est que l'agriculture en Norvège a été moins extensive, et n'a donc pas recouvert les traces de l'âge de pierre. Dans le Finnmark, où les terres cultivées sont le moins répandues, il est possible de voir de nombreuses traces des anciens habitats" rapporte Fretheim.


Des tentes aux maisons semi-enfouies


Il n’est pas surprenant de constater que les traces d'habitats datant de 10000 à 11500 ans pendant la période mésolithique restent limitées

Fretheim dit que les archéologues ont trouvé des cercles de tente, qui sont des pierres placées sur les rabats de la tente. Ils ont aussi trouvé des surfaces nettoyées, avec des concentrations clairement définies de restes d'outils. Produire des outils en pierre à laissé de nombreux débris.

Les habitats les plus anciens étaient petits. La surface de ces anciennes maisons "est presque toujours entre 5 et 10 mètres carrés" ajoute Fretheim, "ce qui indique que des familles nucléaires se déplaçaient dans les alentours avec des tentes démontables. Je pense que les tentes faisaient probablement partie du style de vie mobile de ces gens qui voyageaient avec."

Les restes d'une maison semi-enfouie en Norvège (projet Ormen-Lange) à Nyhamna. Cet habitat a été utilisé pendant 1100 ans, entre 5200 et 4100 avant notre ère. La phot montre. La photo montre la surface arrondie du plancher enfoncé, avec une cheminée centrale en pierre et des trous pour les poteaux le long des murs. Credit: NTNU University Museum

Plusieurs choses se sont passées il y a 9500 ans et ont impacté les schémas d'implantation et d'habitat en Norvège: la forêt s'est étendue vers de nouvelles zones, le niveau de la mer le long de la côte s'est stabilisé et les dernières couches de glace de la dernière période glaciaire se sont retirées de l'intérieur.

Les habitations sont devenues plus grandes. Au lieu de planter une tente sur le sol, le sol a été partiellement creusé dans ce qu’on appelle des maisons semi-enfouies. Le reste de la maison était construit avec un ouvrage en bois et gazon. Les plus grandes de ces maisons pouvaient atteindre ainsi les 40 mètres carrés. "Plusieurs familles devaient vivre ensemble, ou peut-être des équipes de chasse qui partageaient la maison" ajoute Fretheim.


Des points de repère attractifs


Alors que le niveau de la mer s'est stabilisé, Fretheim pense qu'il est devenu possible pour ces peuples de construire leur propre connaissance des ressources naturelles de la région, comme les bons endroits où pêcher. Cela a diminué le besoin de suivre un animal, comme les rennes ou les phoques, sur son trajet migratoire.

Les gens ont commencé à préférer vivre dans des endroits avec des conditions de pêche et de chasses plus stables et variées.

Les maisons semi-enfouies étaient conservées et réutilisées à grande échelle, dont les plus utilisées ont été maintenues plus de 1000 ans.

"Les objets physiques fabriqués par des individus continuent à affecter les habitants et les paysages longtemps après. J'imagine que les fosses visibles dans le paysage à l'époque ont contribué à créer le premier paysage culturel. C'étaient les premières traces visibles laissées derrière, aussi les gens ont reconnu ces endroits et ont choisi de les reconstruire plutôt que de choisir de nouveaux emplacements. Les gens sont devenus plus sédentaires et liés à certains sites car ils les considéraient comme de bons endroits" explique Fretheim.

Relecture par Marion Juglin (Archeow.fr)
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10.08.2018

Des textes égyptiens non publiés révèlent de nouvelles connaissances sur la médecine ancienne

L’université de Copenhague au Danemark abrite une collection unique de manuscrits en papyrus de l'Egypte ancienne.

Une grande partie de la collection n'a pas encore été traduite, laissant les chercheurs dans le noir quant à leur contenu. "Une grande partie de ces textes ne sont toujours pas publiés. Des textes sur la médecine, la botanique, l'astronomie, l'astrologie, et d'autres sciences pratiquées dans l'Egypte ancienne", rapporte l'égyptologue Kim Ryholt, directeur du Carlsberg Papyrus Collection à l'Université de Copenhague.

Des textes égyptiens non publiés révèlent de nouvelles connaissances sur la médecine ancienne
Instructions pour un test de grossesse, il y a 3500 ans. (Photo: Carlsberg Papyrus Collection / University of Copenhagen) 

Aussi, une équipe internationale de chercheurs s'est mise à traduire ces textes inexplorés, qui d'après l'un des chercheurs, contiennent de nouvelles connaissances sur l'ancienne Egypte. "C'est totalement nouveau pour moi de pouvoir travailler sur du matériel non publié. Cela n'arrive pas dans beaucoup d'endroits dans le monde." ajoute la doctorante Amber Jacob de l'Institut pour l'Etude de l'Ancien Monde à l'Université de New-York. Elle est l'une des 4 doctorants travaillant sur ces manuscrits conservés à Copenhague.


Les égyptiens connaissaient les reins.


Les recherches de Jacob portent sur les textes médicaux de la bibliothèque du temple de Tebtunis, qui existait bien avant la célèbre bibliothèque d'Alexandrie, jusqu'à 200 avant notre ère.

Dans un des textes, elle a découvert des preuves montrant que les anciens égyptiens connaissaient l'existence des reins.  "C'est le plus ancien texte connu parlant des reins. Jusqu'à présent, certains chercheurs pensaient que les égyptiens ne connaissaient pas les reins, mais ce texte montre clairement que si." dit Jacob.

Les papyri ont aussi révélé des connaissances sur la vision égyptienne de l'astrologie. "Aujourd'hui, l'astrologie est perçue comme une pseudo-science, mais dans l'antiquité c'était différent. C'était un outil important pour prédire l'avenir et elle était considérée comme une science centrale" dit Ryholt, "par exemple, un roi devait vérifier quel jour était bon pour aller à la guerre". L'astrologie leur permettait d'éviter de partir en guerre un mauvais jour, lorsque les corps célestes étaient alignés dans une configuration particulière.


La contribution des égyptiens à la science


Les manuscrits non publiés fournissent un apport unique à l’histoire de la science, dit Ryholt: "Lorsque l'on parle d'histoire de la science, on se concentre souvent sur des documents grecs et romains. Mais nous avons des documents égyptiens qui remontent beaucoup plus loin. L'un de nos textes médicaux a été écrit il y a 3500 ans, lorsqu'il n'y avait pas encore de documents écrits sur le continent européen."

L'analyse de ce texte vieux de 3500 ans fait partie du travail de l'étudiante en doctorat, Sofie Schiødt, de l'Université de Copenhague.
Un côté du manuscrit décrit des traitements inhabituels pour des maladies des yeux, rapporte-t-elle. L'autre côté, décrit  l'équivalent chez les anciens égyptiens du test de grossesse: "le texte dit que la femme enceinte doit uriner dans un sac d'orge et un sac de blé. Selon le sac qui germe en premier,cela révèle le sexe de son enfant. Et si aucun des sacs ne germe, alors elle n'est pas enceinte."

Sofie Schiødt devant un payrus médical vieux de 3500 ans. (Photo: Mikkel Andreas Beck)

Son étude révèle que les idées enregistrées dans les textes médicaux des anciens égyptiens ont été diffusées bien au-delà du continent africain. "De nombreuses idées dans les textes médicaux de l'ancienne Egypte apparaissent aussi plus tard dans des textes grecs et romains. A partir de là, elles se sont répandues plus loin dans les textes médiévaux du Moyen Orient, et on peut trouver des traces jusque dans la médecine prémoderne"dit-elle.

Le même test de grossesse utilisé par les égyptiens est mentionné dans une collection du folklore allemand de 1699. "Cela met réellement les choses en perspective, car cela montre que les idées égyptiennes ont laissé des traces sur des milliers d'années" explique Schiødt.


"Chaque contribution est importante"


La traduction de ces textes non publiés est un travail important, d'après l'égyptologue Hans-Werner Fisher-Elfert du Département d'Egyptologie de l'Université de Leipzig en Allemagne: "nous n'avons encore qu'une connaissance fragmentée des sciences naturelles de l'ancienne Egypte. Par conséquent, chaque contribution est importante. Aujourd'hui, il existe encore un certain nombre de sources théoriquement connues des scientifiques mais toujours en sommeil dans diverses collections du monde entier sans que personne ne les voie en détail. Le moment est venu de les reconnaître".

Relecture par Marion Juglin (Archeow.fr)

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