11.13.2007

Pérou: Les treize tours de Chankillo seraient le plus ancien observatoire solaire du continent














Des archéologues ont établi que les treize tours de Chankillo au Pérou, datant d'au moins 23 siècles, étaient le plus ancien observatoire solaire des Amériques.

Les ruines de ces constructions situées sur une colline près de la côte péruvienne sont longtemps restées mystérieuses, scientifiques et historiens s'interrogeant sur leur signification.

Bâties au milieu d'un complexe de cérémonies rituelles dans la vallée Casma-Sechin, avec une orientation nord-sud, ces tours sont en fait positionnées pour marquer les dates des solstices, des équinoxes et des mois.
Ce calendrier est d'une assez grande précision puisqu'il ne varie que de quelques jours sur un an.

Selon les deux chercheurs, Ivan Ghessi de l'université catholique du Pérou (PUCP) et l'archéo-astronome Clive Ruggles de l'université britannique de Leicester, ces tours témoignent d'un culte solaire sophistiqué bien antérieur à la civilisation des Incas.
"Cela paraît extraordinaire qu’un complexe astronomique aussi évident que celui ci ai pu rester inexpliqué aussi longtemps", a déclaré Clive Ruggles.

Au départ, les archéologues pensaient que les tours formaient une fortification ou les reliques d’un édifice religieux. La mise au jour de postes d’observation a révélé la véritable utilité de l’alignement: connaître avec précision la période de l’année.

L’observatoire est composé de trois parties : treize tours alignées et deux bâtiments d’observation. Les monticules mesurent de 2 à 6 mètres et sont espacés de 5 mètres de distance, formant des créneaux réguliers. Chaque tour possède une paire d'escaliers –aux faces nord et sud- menant à son sommet. L’alignement est cerné par des fortifications comportant murs, portes et larges parapets.

Les deux bâtiments d’observation, en miroir à l’ouest et à l’est de l’alignement, permettent de suivre la course du Soleil. Depuis le bâtiment occidental, les créneaux coïncident avec les solstices d’été et d’hiver et les équinoxes au levant tandis que le bâtiment oriental permet la détermination des mêmes événements au couchant.

Les chercheurs pensent que le calendrier avait une grande importance cultuelle. En effet, des offrandes ont été découvertes dans les bâtiments d’observation : poteries, coquillages, statuettes… Les prêtres devaient les déposer pendant l’observation des périodes clefs de l’année.

Des rituels et des fêtes, directement liées au cycle solaire, avaient lieu dans le complexe religieux voisin. Cependant, l’observation du soleil lui-même semblait être réservé aux notables et aux chefs de guerre. En effet, de nombreuses figurines de guerriers ont été trouvées sur le site, marquant la suprématie d’une élite. Comme dans l’empire Inca, 2.000 ans plus tard, les cycles solaires et l’astronomie auraient servi à légitimer l’autorité des seigneurs.


Sources:

1 commentaire:

Elwin a dit…

Alors, pas d'article sur le Lupercale? ;)