Affichage des articles dont le libellé est Etats-unis. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Etats-unis. Afficher tous les articles

3.24.2015

Une chaussée cérémonielle centrale découverte à Cahokia

Après 85 années d'études et de spéculations, de récentes fouilles ont confirmé la présence d'une route cérémonielle traversant le cœur de Cahokia, la plus grande cité préhistorique au nord du Mexique.

Cette large route surélevée, qui devait être une chaussée, s'étend au moins sur un kilomètre à travers le centre de l'ancienne cité qui se situe juste à l'est de la ville actuelle de Saint-Louis.

Vue d'artiste du centre de Cahokia à son apogée (Painting by L. K. Townsend/Cahokia Mounds State Historic Site)

Alors que l'existence d'une telle route a fait l'objet de débats et conjectures depuis les années 1920, les fouilles ont finalement confirmé sa présence. Pour le Dr Sarah Baires, de l'Université de l'Illinois, cela pourrait changer notre compréhension de cette métropole Mississippienne: "c'est une recherche passionnante car j'ai documenté et confirmé l'existence d'une construction en terre d'un kilomètre de long, ce qui n'a jamais été fait auparavant. C'est un nouveau monument à Cahokia et il oriente l'ensemble du plan urbain."

La route, surnommée "Rattlesnake Causeway" (chaussée serpent à sonnette), est un remblai surélevé d'environ 18 mètres de large qui s'étend du Grand Plaza de Cahokia sud à travers le centre de la ville, et finit au milieu de la structure funéraire connue sous le nom Rattlesnake Mound.

Les archéologues avaient bien détecté des traces de cette structure en 1927, mais des enquêtes ultérieures avaient soulevé des questions, à savoir s'il cela était d'origine humaine ou naturelle.

Mais, en été 2011, un chantier école de l'Université de l'Illinois, sous la direction de Baires et du Dr Timothy Pauketat, ont repris l'étude de la structure. Et, l'année suivante, Baires commença à creuser et fouiller des sections de plus de 8 mètres de large et 2 mètres de profondeurs aux extrémités nord et sud.

Plan de Cahokia fait en 2011 avec l'utilisation de Lidar. On voit les traces de la chaussée reliant le nord depuis Rattlesnake Mound (LiDAR imaging courtesy of the Illinois State Archaeological Survey)

Les fouilles à l'extrémité sud ont révélé des couches distinctes de remblais de terre, déposées avec une technique vue dans de nombreux autres monuments de terre de Cahokia. D'après Baires: "cette méthode de construction est visible dans les autres monticules bâtis pas les Cahokiens. Ils utilisaient de nombreuses manières différentes pour transporter la terre, mais une en particulier consistait à prendre des paniers, les remplir de terre et les déverser les uns au-dessus des autres jusqu'à créer la structure."

Les fouilles ont aussi révélé quelques fragments importants de matériel datable: poterie et charbon.
Les tessons de poterie portent les signes d'une technique de trempe qui était courante entre le milieu du 11ème siècle jusqu'à environ 1100 après l'Ere Commune, rapporte Baires, et un échantillon de charbon a donné une datation remontant à peu près à la même période.
Cela place la construction de la chaussée Rattlesnake à environ la même époque que la période "Big Bang": une période commençant aux alentours de 1500, lorsque Cahokia était soudain en plein développement, se transformant d'un simple village en une métropole bourgeonnante jusqu'à 10000 personnes, en quelques décennies.

"En se basant sur le contexte de la structure en terre et la présence de "shell-tempered" (coquilles trempées ?), une ancienne forme de poterie, je pense que la date de construction est plutôt plus ancienne que tardive" ajoute Baires, "pourquoi, sinon, les Cahokiens auraient construit cette structure en terre d'un kilomètre de long après avoir bâti tout le reste ? Pour moi, cela est plus logique qu'il s'agisse d'une partie fondamentale dans le paysage de Cahokia"

Un élément confortant  la thèse que la route était une pièce centrale, symboliquement et littéralement, de la cité est, selon Blaires, qu'elle est alignée de 5° à l'est du nord. Cela forme ainsi un axe central autour duquel semble avoir été construit tout le reste.

Depuis les années 1950, les archéologues ont remarqué que les plus grands monticules, places et habitations de la cité sont tous orientés sur cet alignement de 5°. Mais la découverte de la route semble indiquer qu'elle marquait cet axe central.

Une précédente étude avait suggéré que les constructions de Cahokia étaient alignées sur les évènements célestes, comme la position lunaire lorsque celle-ci est à son point le plus méridional dans le ciel. Cet évènement survient tous les 18.6 ans, et, depuis la Grand Plaza de Cahokia, cela est visible au-dessus des falaises de Rattlesnake Mound, où se termine la route.

Bien que la signification de cet évènement astronomique, pour les anciens Cahokiens, reste incertaine, Baires fait remarquer que le lien étroit entre la route et les principaux monticules funéraires de la cité, est une clé pour comprendre son but.

Rattlesnake Mound, par exemple, est l'un des deux seuls monticules situés au sommet d'une crête, dans le centre de Cahokia, et est le second plus grand tertre funéraire. Les fouilles de 1930 avaient révélé plus de 140 inhumations.

Et, à mi-chemin le long de la route se trouve le monticule 72, lieu de centaines inhumations, dont des fosses communes de victimes sacrificielles et les restes d'un homme orné de coquilles (la Tombe Perlée).

Ces relations spatiales suggèrent que la chaussée Rattlesnake avait servi comme sorte de conduit entre le domaine des vivants et celui des morts. D'après Baires: "cette chaussée relie le second plus grand tertre funéraire du site avec l'enceinte centrale de la cité, et oriente l'organisation de l'ensemble de Cahokia. Elle est aussi liée aux monticules funéraires, soulignant l'importance de la mort et du funéraire à Cahokia".

Mais, il reste encore beaucoup de questions sur la forme et la fonction de cette structure nouvellement découverte et Baires entend retourner sur le site lors des prochaines saisons de fouilles pour approfondir son étude.

Relecture par Marion Juglin
Source:

Derniers articles sur Cahokia:

9.29.2014

Noé, squelette vieux de 6500 ans redécouvert dans le sous sol du Penn Museum

Quelle coïncidence !

Il y a quelques semaines, le 22 juillet dernier, je publiais un article sur des objets d'une ancienne cité sumérienne retrouvés dans un placard, en Angleterre à l'Université de Bristol.
Il  s'agissait d'une boite contenant des matériaux d'une fouille de 1930 de l'archéologue Sir Leonard Woolley dans la cité sumérienne d'Ur.

Le squelette qui avait été revêtu de cire sur le site puis extrait avec la terre environnante. Credit: Penn Museum, 2014.

Or, cette fois, ce sont les scientifiques du Penn Museum à Philadelphie, lors d'un grand ménage, qui ont redécouvert le squelette d'un homme remontant à 6500 ans. Il avait été mis dans une boite au sous-sol il y a 85 ans.

Niché dans la réserve, la boîte en bois n'avait pas de numéro d'identification et n'était pas cataloguée.
Mais un effort récent pour numériser une partie des vieux dossiers du musée a apporté de nouveaux renseignements sur l'histoire de la mystérieuse boîte et de son squelette, surnommé "Noé", à l'intérieur.

Et devinez....la provenance du squelette ...


Encore une fois, l'expédition de Sir Leonard Woolley

Ces restes humains avaient été mis au jour entre 1929 et 1930 sur le site d'Ur, en Irak de nos jours, par Sir Leonard Woolley et son équipe d'archéologues des Penn et British Museum.

Les fouilles de Woolley sont surtout connues pour la découverte du célèbre "cimetière royal" mésopotamien qui comprenait des centaines de tombes dont 16 tombes royales.

Mais l'archéologue et son équipe avaient aussi découvert des tombes remontant à 2000 ans avant le cimetière royal d'Ur. Dans une plaine inondable, à près de 15m sous le site d'Ur, l'équipe avait trouvé 48 tombes datant de la période Ubaïde, entre  5500 et 4000 avant JC.
Bien que les restes de cette période étaient extrêmement rare, même en 1929, Woolley avait décidé de ne mettre au jour qu'un seul squelette sur le site.

Il enduisit les os et le sol environnant de cire, mit le tout en boîte qu'il expédia à Londres, puis à Philadelphie.

Un ensemble de listes décrit la destination des artéfacts, provenant des fouilles menées en 1929-1930: alors que la moitié d'entre eux sont restés en Irak, les autres ont été partagés entre Londres et Philadelphie.


Le squelette manquant du Penn Museum

L'une des listes mentionne que le Penn Museum a reçu un "plateau de boue" des fouilles, ainsi que deux squelettes.
Mais, lorsque William Hafford, le chef de projet pour la numérisation des pièces du musée, a vu la liste, il est resté perplexe: l'un des deux squelettes de la liste était introuvable...

De plus amples recherches dans la base de données du musée ont révélé que le squelette non identifié avait été enregistré comme "non pris en compte" à partir de 1990.

Pour aller au fond de ce mystère, Hafford a commencé à explorer les nombreux documents laissés par Woolley lui-même. Après avoir trouvé des informations supplémentaires, dont des images du squelette manquant, Hafford a consulté Janet Monge, conservatrice en anthropologie physique du Penn Museum.

Mais Monge, comme Hafford, n'avait jamais vu ce squelette... C'est alors qu'elle s'est souvenue de la mystérieuse boîte au sous-sol.

Lorsque Monge ouvrit la boîte un peu plus tard, il était clair que les restes humains à l'intérieur étaient les mêmes que ceux répertoriés, emballés et expédiés par Woolley.

Le squelette était probablement celui d'un mâle d'une cinquantaine d'années qui devait mesurer entre 1.73m et 1.78m.

Les ouvriers portant le squelette complet sur des escaliers creusés jusqu'à 15m de profondeur. Penn Museum Archival Photo #191488.

Les chercheurs du Penn Museum l'on surnommé "Noé" parce qu'il est censé avoir vécu après ce que les données archéologiques suggèrent comme étant une inondation massive sur le site d'Ur.

 De nouvelles techniques scientifiques, qui n'existaient pas à l'époque de Woolley, pourraient aider les scientifiques du Penn Museum à en savoir plus sur la période à laquelle appartiennent ces restes: le régime alimentaire, les origines ancestrales, les traumatismes, stress et maladies...

Relecture par Marion Juglin

Source:
Penn Museum:

Derniers articles sur les Etats-Unis:

6.16.2014

Une structure de chasse au caribou vieille de 9000 ans découverte dans le lac Huron

D'après les résultats d'une investigation archéologique sous-marine menée par une équipe multidisciplinaire de chercheurs, les structures rocheuses situées sur une crête sous le lac Huron seraient les restes d'une chasse saisonnière au caribou organisée il y a plus de 9000 ans.

Un affut de chasse en forme de V sous le lac Huron. Credit: Image courtesy of John O’Shea/ UMMAA.

Connue sous le nom de Crête submergée Alpena-Amberley (Alpena-Amberley Ridge - AAR), c'était une bande de terre sèche entre le Michigan et l'Ontario il y a 9000 ans.

L'étude a été faite à l'aide d'un sonar, d'investigations par un véhicule télécommandé (ROV) et par des archéologues sous-marins.
Le chef d'équipe John O'Shea, du Musée d'Anthropologie Archéologique à l'Université du Michigan, et ses collègues ont ainsi pu identifier ces anciennes structures faites par l'homme.

Le site, appelé Drop 45 Drive Lane, se compose de deux voies rocheuses alignées et parallèles, suggérant aux chercheurs qu'elles furent utilisées pour canaliser le caribou dans une voie de 8 mètres de large.

Ils ont aussi identifié ce qu'ils appellent des affuts de chasses en forme de V, placés au-dessus de la voie sur une colline.

Les archéologues sous-marins ont retrouvé des éclats de chert, sous-produits typiques de réparation d'outils de pierre.
Plan du site Drop 45 Drive Lane (A) révélé par le sonar (B). La zone circulaire noire et l'unité scanner et les cercles rouges montrent l'agrandissement des rayons tous les 15 mètres. Crédit: Image courtesy of John O’Shea/ UMMAA.

Les scientifiques ont longtemps théorisé que les paléoindiens et les chasseurs indiens archaïques poursuivaient et attrapaient leur proie en utilisant des techniques de coopération et d'organisation demandant un niveau sophistiqué d’interactions sociales et de planification.

 Dans leur rapport, O'Shea et ses collègues écrivent que "les hommes et les caribous ont une longue histoire d’interactions, remontant au moins au Paléolithique Moyen.
Au fil du temps, les chasseurs de caribou et les éleveurs ont pris conscience de la tendance du caribou, comme beaucoup d'ongulés, à suivre les éléments linéaires.
Ainsi, la construction de structures linéaires en pierre fournissait un moyen efficace de canaliser les mouvements des animaux vers des zones d'abattage prédéterminées.
De nombreux exemples historiques et ethnographiques de ces structures de chasses existent en Arctique. Dans les régions du globe plus tempérées, les traces de telles structures sont rarement intactes."

Ces découvertes montrent un complexe de voies de circulation interdépendantes, de multiples caches et des structures auxiliaires qui servaient, ensemble, de système permettant de conduire la proie dans une zone d'abattage.

Selon les chercheurs, cela a des implications pour la compréhension de l'organisation sociale et économique des anciens chasseurs qui utilisaient la Crête d'Alpena-Amberley, car ces structures requièrent de grands groupes de chasseurs coopérant ensemble et de plus petits groupes pour faire fonctionner le système.

Le plus significatif, d'après les auteurs de l'étude, est que cette découverte offre un aperçu unique sur l'organisation de la chasse préhistorique sur une période très pauvre en sites terrestres dans la région des Grands Lacs.
Cela démontre aussi que les sites archéologiques très anciens sont préservés sous l'eau et qu'ils peuvent potentiellement combler des lacunes dans notre compréhension du passé de l'homme.

Le lien vers l'étude détaillée:
Relecture par Marion Juglin
Source:

Derniers articles sur les Etats-Unis:

5.19.2014

Un cas d'acromégalie il y a 3800 ans en Californie

Les restes d'un homme enterré il y a 3800 ans, dans une tombe richement décorée en Californie, portent des caractéristiques inhabituelles...

En effet, il a le front saillant, les joues creuses, les os des jambes et des bras épais et les dents tellement entassées qu'à un certain endroit elles sont sur trois rangées.

Le crâne de l'homme trouvé sur le site. La flèche noire indique l'endroit ou a poussé une dent juste sous son nez. (Photo by Eric Bartelink/Phoebe Hearst Museum)

D'après une nouvelle étude de cet ancien squelette, ces caractéristiques sont le signe d'acromégalie, une maladie rarissime du système endocrinien similaire au gigantisme.

Cet homme est parmi les très rares exemples d'acromégalie jamais recensés en archéologie, et le plus ancien identifié, selon le Dr Eric Bartelink, anthropologue physique à l'Université d'Etat de Californie, Chico: "c'est la plus ancienne preuve de ce cas chez les hommes, le seul documenté dans la préhistoire de la Californie. C'est aussi l'un des squelettes les plus complets"

L'acromégalie n'a été identifiée de manière certaine que sur deux autres sites archéologiques en Amérique du Nord: dans les restes d'un homme enterré à New Mexico il y a 600 ans et sur un crâne vieux de 1100 ans dans l'Illinois.

La récente découverte en Californie est un apport aux rares documents sur cette maladie, et peut potentiellement améliorer la façon dont l'acromégalie peut être diagnostiquée dans d'autres restes.

L'homme devait avoir dans la trentaine au moment de sa mort; il a été trouvé dans un tertre funéraire (Blossom Mound)  avec 176 autres corps près de la ville d'Elk Grove dans la Vallée Centrale de Californie.

Nommé "Burial 37" (enterrement 37), la tombe a été mise au jour, à l'origine, en 1937; et elle remonte de 3750 à 3950 ans.
 L'homme fait partie d'une société de chasseurs-cueilleurs, les Windmillers, une des plus anciennes sociétés sédentarisées dans la Vallée Centrale. Ils sont généralement identifiés par leur pratique funéraire distincte.

Les Windmillers enterrent leur mort à plat face vers le bas, plutôt que dans une position fléchie, avec la tête pointant vers l'ouest. De nombreux biens funéraires accompagnaient souvent les morts.
"Les assemblages mortuaires sont riches avec des pointes de projectiles, des perles de coquillage, des cristaux, suggérant une société plus ou moins égalitaire comparé à des groupes plus récents" ajoute Bartelink.

Dans le cas de la tombe 37, le corps a été barbouillé d'ocre rouge sur la tête, la poitrine, le pelvis, le coude gauche et les mains et les pieds. La tombe a été décorée de 48 perles faites de coquilles d'escargots de mer et de 7 autres ornements fabriqués à partir d'ormeau.
 Mais de tels artéfacts n'étaient pas spécifiques à cette tombe, et les restes donnent peu d'indices quant à la cause du décès.

"On ne sait pas si son état l'a conduit à la mort, mais ce n'est pas impossible" selon Bartelink, "les acromégaliques ont une espérance de vie plus courte et ont beaucoup plus de problèmes respiratoires et cardiaques que la moyenne."

 Contrairement au véritable gigantisme, où la glande pituitaire commence à libérer un excès d'hormone dès l'enfance, l'acromégalie ne commence pas avant l'âge adulte, après que tous les os longs aient fini de pousser.
En général, une tumeur sur la glande pituitaire déclenche un déluge d'hormones, entrainant une croissance exagérée où le développement des os est encore possible; souvent ceux du visage, des mains et des pieds.

 Ainsi, bien que l'homme de la tombe 37 ne fût pas exceptionnellement grand pour son époque (environ 1.70m), ses restes portent plusieurs signes d'hyper croissance à l'âge adulte.

En comparant le crâne avec 14 autres crânes mâles du même tertre, Bartelink a pu constater qu'il était plus grand et plus large que la moyenne. Et les analyses aux rayons X ont révélé plusieurs zones de formation osseuse excessive dans le visage, dont un grand front proéminent, des processus osseux autour des côtés des yeux, un menton allongé et un nez prononcé donnant un aspect en "forme de bec".

 Le plus important, ajoute Bartelink, est la poche osseuse contenant l’hypophyse (la selle turcique) montre des signes importants d'élargissement: "C'est la découverte d'un cas classique d'acromégalie, résultant de l'extension de la tumeur de l'hypophyse."

Et, dans ce qui semble résulter d'une autre maladie, la canine droite de cet homme a poussé à l'envers, à travers l'os de son visage juste sous son nez.

La façon dont les autres Windmillers se comportaient  face à tel individu est une grande question: "je suppose qu'il a dû être traité différemment, mais cela est difficile à dire" ajoute Bartelink, "l'expression physique de sa maladie a dû apparaitre au bout d'une dizaine d'années. Cela a donc dû prendre un peu de temps pour que les autres membres de la société s'en aperçoivent".

Si les ornements de la tombe 37 ne donnent pas d'indication, il semble n'avoir été ni honoré ni répudié. Quelques aspects de la tombe sont intéressants, en effet, l'homme a été enterré le visage vers le haut, contrairement à l'usage, et avec la tête orientée au nord plutôt qu'à l'ouest comme la plupart des autres corps.

 La tête semble aussi avoir été perturbée après la mort et déplacée vers le bas près de la cheville gauche: "il peut s'agir d'un rite mortuaire mais cela peut venir de ce que quelqu'un a creusé une tombe à côté de celle-ci et a déplacé les ossements" ajoute Bartelink.

Relecture par Marion Juglin

Source:

Derniers articles sur les Etats-Unis:

4.28.2014

Le réseau de turquoise des indiens Pueblos serait beaucoup plus important qu'on ne le pensait


Auparavant, les chercheurs pensaient que les turquoises Pueblos provenaient de mines environnantes, mais des preuves montrent que ces mines étaient éparpillées entre le Colorado, Le Nouveau Mexique, La Californie et le Nevada... Leur réseau serait donc bien plus conséquent...

Carte du réseau commercial de la turquoise dans le Sud-ouest des Etats-Unis. Credit: Hull et al., Elsevier.

Pour le peuple Pueblos, la turquoise avait une grande valeur équivalente au diamant dans notre société.

Plus de 200000 pièces ont été trouvées à Chaco Canyon, un ensemble de quelques 3 600 sites archéologiques appartenant à la culture Anasazi. Elles étaient utilisées comme des souvenirs précieux ou à usage décoratif.


La turquoise au centre de la culture Pueblos.

Les bijoux en turquoise, les incrustations en turquoise et les figurines en turquoise définissent la culture Pueblos.

Pour les chercheurs, la confirmation que les sources des turquoises Pueblos étaient beaucoup plus éloignées entraine de nombreuses implications.

Le commerce, l'exploitation minière et le voyage se faisaient donc sur une bien plus grande distance qu'on ne le croyait auparavant.  "On croit généralement que Chaco Canyon est le principal centre (pour la turquoise)" explique l'auteur principal de l'étude Sharon Hull., anthropologue à l'Université de Manitoba à Winnipeg, au Canada, "mais nous montrons que ce peuple transportait des turquoises entre les sites Est et Ouest"

Et, ce qui renforce les déclarations de l'équipe d'Hull, les exemples de turquoises provenant de sites de la Vallée de Moapa ont des caractéristiques similaires à celles de sites lointains dans le Colorado et le Nouveau Mexique.


Les théories précédentes concernant le réseau de la turquoise n'étaient, au mieux, basées que sur des preuves circonstancielles.

Hull et son équipe ont pu obtenir des résultats définitifs en comparant les chevauchements d'isotope qui définissent les objets en turquoise et les relient à des sites spécifiques. "Les isotopes de cuivre ne donnent rien, pas plus que les isotopes d'hydrogène. Mais, entre les deux, il y a un chevauchement d'isotope qui est assez distinct pour chaque source" écrit Hull.

Sur les 74 artéfacts en turquoise de sites Pueblos du bassin de San Juan, du sud de l'Utah et de la Vallée de Moapa dans le Névada, 42 ont été identifiés avec précision et l'on connait leur source géologique précise.
Les autres sources pour le reste des artéfacts devraient être identifiées dès que de nouvelles mines seront recensées.

Cette étude montre à quel point le peuple Pueblos était plein de ressource et interrelié au cours de son histoire.

L'équipe d'Hull projette de cartographier les mouvements de la turquoise à travers le sud-ouest des Etats-Unis. Avec ces nouvelles informations, on devrait en apprendre plus sur les différents groupes d'indiens Pueblos.

L'équipe veut aussi utiliser sa nouvelle technique pour étudier la turquoise et les sources géologiques en Amérique du Sud.

Relecture par Marion Juglin.

Source:

Derniers articles sur les Etats-Unis:

4.03.2014

Des restes du passé colonial français refont surface à Saint-Louis


Les archéologues de Saint- Louis ont fait une découverte étonnante dans un endroit des plus improbables...
Sous un pont de l'autoroute, au sud de la célèbre arche de la ville, les chercheurs ont découvert la première preuve de la présence française il y a 250 ans.

 Les archéologues fouillent un site juste au sud de la célèbre Arche de Saint-Louis, Gateway Arch. Les artéfacts qui s'y trouvent datent du 18ème siècle.

Les résultats des fouilles devraient apporter un nouvel éclairage sur la façon dont les colons vivaient dans la ville à l'époque.

"Ce que nous avons découvert est ce qui semble être un des fondements d'une maison en bois", explique Michael Meyer, un archéologue et chercheur principal au ministère des Transports du Missouri, "ce sont des techniques de construction couramment utilisées par les créoles français pendant la période coloniale, à la fin du 18ème siècle."

Meyer pointe vers un sombre carré de terre dans un large trou qui se trouve à environ 1.5 mètre de profondeur: c'est l'endroit exact où certains poteaux de bois verticaux formaient le mur d'une maison française qui a été construite vers 1769.
Il y a deux autres couches visibles dans le trou, avec du béton sur le dessus et des brique au milieu, une méthode de construction qui selon Meyer n'est pas surprenante: "quand les gens construisaient de nouveaux bâtiments, ils n'enlevaient pas nécessairement les anciennes constructions. Ils les démolissaient, remettaient un peu de terre, puis des remblais, avant de reconstruire par-dessus."

L'équipe a aussi découvert ce qui semble être une céramique en étain émaillé, de la période coloniale, peut-être une faïence polychrome.



La pièce faisait probablement partie d'un bol. Il est blanc, a deux rayures bleues, et une partie de ce qui semble être un motif floral jaune.

Les gens ont vécu dans la région de Saint-Louis sur une longue période. Juste en face de la rivière Mississippi, dans l'Illinois, il y a le site de Cahokia, une ancienne ville des natifs d'Amérique du Nord.  Elle aurait été la plus grande ville au nord du Mexique il y a 900 ans.

Retrouver des traces du passé européen de Saint-Louis est important pour Meyer, car beaucoup du vieux Saint-Louis a disparu. Dans les années 1930, près de 40 blocs où se trouvait autrefois la colonie française ont été rasés pour faire place à la Gateway Arch.

 Gateway Arch de Saint-Louis



Selon Fred Fausz,  enseignant en histoire à l'Université de Missouri-St. Louis, la découverte archéologique est important car elle confirme les documents écrits selon lesquels Saint-Louis était un important centre de commerce et que beaucoup de ses habitants étaient aisés: ici, quelqu'un a vécu dans une maison qui faisait seulement 4,5m sur 5,5m; néanmoins, il avait accès à la poterie française onéreuse. Peut-être grâce au commerce international de la fourrure.

Relecture par Marion Juglin

Source:

Derniers articles sur les Etats-Unis:

3.27.2014

Des pétroglyphes découverts par un drone dans l'Utah

Une vidéo réalisée par Bill Clary, vendeurs de drones d'affaires, révèle des pétroglyphes filmés en haut d'un mur de canyon dans le sud de l'Utah (vidéo sur Youtube).

 Image courtesy Jonathan Bailey

Jerry Spangler qui dirige l'Alliance Archéologique du Plateau du Colorado (Colorado Plateau Archeological Alliance - cparch.org) a examiné cette vidéo: "Ce que vous m'avez montré est ce que nous appelons le Style vannier de San Juan. De larges épaules et de fines jambes. C'est un style très classique faite par le peuple vannier (basketmaker) entre 500 et 8600 avant JC ".

Spangler pense qu'il est fort possible que les pétroglyphes vus dans la vidéo soient passés inaperçus pendant des siècles, voire plus. Il a ajouté qu'il y a encore probablement des milliers de sites archéologiques à découvrir dans l'Utah. Et il y a des centaines de sites connus, qui n'ont pas encore été entièrement documentés.

"Certains de ces sites sont si difficiles d'accès, que, pour des raisons de sécurité, nous ne pouvons pas les étudier", ajoute-t-il.

Spangler estime que les drones pourraient devenir un outil de recherche précieux, mais il pense aussi qu'il pourrait être difficile pour des organisations comme le Bureau of Land Management, le National Park Service, et des organisations comme la sienne de suivre les découvertes, comme celle que Clary aurait faite.

Spangler ajoute que le pillage et le vandalisme des sites archéologiques a longtemps été un problème, et craint que le partage d'informations en ligne n'amplifie de tels comportements.

Il espère que Clary, et d'autres, restent discrets au sujet des informations concernant les lieux et les accès; car chaque découverte est unique, et les découvertes futures pourraient apporter des indices sur l'histoire humaine.

Pour Spangler "plus on le garde éloigné de la vue, plus il est susceptible de rester intact".

Relecture par Marion Juglin

Source:
Derniers articles sur les pétroglyphes:

1.13.2014

Un casque de guerre amérindien rarissime découvert dans un musée américain

Entreposé sur une étagère pendant plus de cent ans, un trésor anthropologique rare a été découvert récemment dans les collections permanentes du Musée des Sciences de Springfield (Springfield Science Museum).

Le directeur du Musée, David Stier, qui a travaillé dans les collections des musées pendant près de 30 ans, décrit la découverte comme celle que l'on ne fait qu'une fois dans sa vie...

 Il existe moins de 100 casques de guerre Tlingit. Image: Springfield Science Museum

Le mystère a commencé lorsque le personnel du Musée s'est mis à sélectionner des objets parmi plus de 200.000 d'entre eux, dans les collections du Musée pour une nouvelle exposition intitulée "Les gens de la côte nord-ouest."

Le Dr Ellen Savulis, conservateur en anthropologie du Musée des Sciences, a été intriguée par un des objets décrit dans les dossiers des collections comme un simple "chapeau Aléoutien". L'objet était relativement important, richement sculpté, et fait d'un seul morceau de bois dense.

Bien que la zone d'expertise principale du Dr Savulis est l'archéologie du nord-est des États-Unis, elle a eu la prévoyance de se demander si les chapeaux faits par les Aléoutes (Unangax), les habitants des îles Aléoutiennes, étaient fabriqués avec du bois aussi dense.

Après une étude approfondie, le Dr Savulis a constaté que le seul type de chapeau en bois fabriqué dans les iles Aléoutiennes, sans arbre, est le chapeau de chasse ou visière, fait d'une mince planche de bois flotté plié en cône asymétrique. Aucunes de ces informations ne correspondaient à l'objet qu'elle avait en face d'elle.

Le Dr Savulis soupçonnait que c'était une sorte de casque, et elle a demandé l'aide de Steve Henrikson, conservateur des collections au Musée d'Etat de l'Alaska à Juneau. Après avoir entendu la description et obtenu différentes images de l'artéfact, M. Henrikson a répondu avec enthousiasme: "C'est un casque de guerre Tlingit, sans aucun doute !".
Il a poursuivi en disant que "c'est très rare - il y a moins de 100 casques de guerre Tlingit dont nous connaissons l'existence. Je les étudie depuis plus de 20 ans, et je suis sûr que j'ai vu la plupart d'entre eux ".


Le style  de la sculpture et décoration sur le casque est daté du milieu du 19ème siècle. Image: Springfield Science Museum

Attendant d'être retrouvé.

Les dossiers du Musée montrent que l'artéfact est arrivé dans les collections en 1899, l'année où le Musée des Sciences de Springfield (anciennement le Musée d'Histoire Naturelle) a emménagé dans son propre bâtiment.
L'origine de l'artéfact n'est pas connue, et il portait la simple étiquette "chapeau Aléoutien." Ayant une expérience limitée avec les matériaux culturels, le spécialiste du musée de l'époque, Albert Lovejoy Dakin, avait accepté l’énoncé de l'étiquette de l'objet et l'avait entré en tant que tel dans les dossiers des collections.
L'objet est ainsi resté à sa place dans les collections permanentes, soigneusement préservé et attendant d'être trouvé.

Grâce à M. Henrikson, nous savons maintenant que l'objet est en effet un casque de guerre Tlingit du sud-est de l'Alaska. Le style de la sculpture et de la décoration sur le casque (probablement l'emblème d'un clan) date du milieu du 19e siècle ou avant.
Avec l'importation massive d'armes à feu dans la région au milieu des années 1800, ce genre de "gilet pare-balles" est devenu à usage cérémoniel.

Aujourd'hui, quelques casques sont encore mis en évidence lors de rassemblements cérémoniels, tels que le potlatch, pour commémorer des événements importants et honorer les anciens chefs de clan.

Comme ils sont associés aux combats, les casques ne sont pas réellement portés sur la tête lors de ces rassemblements pacifiques, mais sont plutôt tenus à la main ou peut-être posés sur la tête de quelqu'un qui a besoin d'un soutien spirituel.


Recueilli par des explorateurs russes 

Henrikson estime qu'il y a environ 95 casques de guerre qui existent aujourd'hui, surtout dans les grandes collections des musées. Beaucoup d'entre eux ont été recueillis par les explorateurs russes sur les champs de bataille après des affrontements avec les Tlingit.
La plus grande collection d'armures Tlingit est au Musée d'anthropologie Pierre le Grand à Saint-Pétersbourg.
Servant à l'origine de protection pour les guerriers Tlingit pendant la bataille, les casques de guerre d'aujourd'hui leur servent à se rappeler leur histoire riche et ancienne.

Relecture par Marion Juglin
Source:
  • Past Horizons:"Rare Tlingit war helmet uncovered in museum store"

Derniers articles sur les Amérindiens:

7.25.2013

L'art rupestre des Appalaches révèle une véritable carte cosmologique

Des fragments d'art rupestre parsèment les montagnes des Appalaches, et Jan Simek, professeur d'anthropologie à l'Université du Tennessee, Knoxville,  s'est attaché à les étudier.
Il a remarqué que chaque gravure ou dessin est placé stratégiquement, révélant un puzzle cosmologique.

Il se pourrait que ce soit l'art le plus ancien et le plus répandu.

Ici, est représenté un oiseau tenant des masses cérémonielles, et une hache monolithique cérémonielle, se métamorphosant en visage humain. Credit: Jan Simek, Alan Cressler, Nicholas Herrmann and Sarah Sherwood/Antiquity Publications Ltd.

Récemment, les découvertes d'arts rupestres préhistoriques sont devenues plus fréquentes dans la région.
Leur nombre forme en quelque sorte un art rupestre géant: tous ces dessins et gravures dressent une carte du monde cosmologique des peuples préhistoriques.

Simek a publié un article,  co-écrit avec Nick Herrmann de l'Université d'Etat du Mississippi, Alan Cressler de l'US Geological Survey et Sarah Sherwood de l'Université du Sud.


Un univers en trois dimensions.

Les chercheurs expliquent que l'art rupestre a changé le paysage naturel afin de refléter un univers en trois dimensions au cœur de la religion de la période préhistorique du Mississippi.

"Nos découvertes ouvrent une fenêtre sur ce qu'étaient les sociétés amérindiennes il y a plus de 6000 ans", explique Simek, "elles nous apprennent que les peuples préhistoriques du plateau de Cumberland, une partie de la chaîne des Appalaches, utilisaient l'environnement assez particulier des hauteurs  pour cartographier leur univers conceptuel sur le monde naturel dans lequel ils vivaient."

Simek et son équipe ont analysé 44 sites de plein air où l'art est exposée à la lumière et 50 sites d'art rupestre du Plateau de Cumberland, en utilisant des outils high tech non destructifs, comme un scanner laser haute résolution.

Grâce à l'analyse des peintures, des couleurs, et de leur organisation spatiale, ils ont constaté que les sites reflètent les principes cosmologiques des peuples du sud-est. «Les divisions cosmologiques de l'univers ont été cartographiées sur le paysage physique en utilisant le relief du plateau de Cumberland comme une toile topographique», explique Simek.

L'image dessinée dans ce pictogramme fait au charbon de bois, dans une grotte du Tennessee, se retrouve également sur des objets religieux préhistoriques.Credit: Jan Simek, Alan Cressler, Nicholas Herrmann and Sarah Sherwood / Antiquity Publications LTD.

Les différents mondes.

Le «monde supérieur» comprend les corps célestes et les forces météorologiques personnifiées en personnages mythiques qui ont exercé des influences sur la situation humaine. Cela concerne principalement les sites d'art rupestre de plein air situés dans les hautes altitudes touchées par le soleil et les étoiles.
Beaucoup de ces images sont dessinées en rouge, couleur qui était associée à la vie.

Le «monde intermédiaire» représentait le monde naturel.
Un mélange de sites d'art rupestre en plein air et d'autres dans des grottes parsèment et représentent des gens, des plantes et des animaux.

Le "monde inférieur" était caractérisé par l'obscurité et le danger, il était associée à la mort, à la  transformation et le renouvellement.
Ces sites d'art rupestre, principalement trouvés dans les grottes, présentent des personnages surnaturels, des serpents surnaturels et des chiens qui accompagnaient les hommes morts sur le chemin des âmes.
L'inclusion de créatures telles que les oiseaux et les poissons qui pouvaient traverser les trois couches représente la croyance que les frontières étaient perméables.
Beaucoup de ces images sont représentées dans la couleur noire, qui était associée à la mort.


Héros, monstres et créatures.

"Cet univers en couches était une étape pour une variété d'acteurs comme les héros, les monstres et les créatures qui pouvaient traverser les niveaux", selon Simek.

Fait intéressant, les armes sont rarement représentées dans les sites d'art rupestre.

Selon Simek, le plateau de Cumberland était un cadre sacré, couvrant des centaines de miles, dans lequel les sites individuels n'étaient que des parties d'un ensemble conceptuel beaucoup plus vaste.


Source:
  • Past Horizons: "Appalachian rock art reveals a conceptual universe"

Derniers articles sur les Etats-Unis:

6.11.2013

Cahokia: de nouveaux indices sur la civilisation du Mississippi

À son apogée, Cahokia était l'épicentre de l'ancienne civilisation du Mississippi dans l'Illinois.

Avec une population de 20.000 habitants en 1250, Cahokia était plus grande que Londres à la même époque.

 Le tumulus des Moines à Cahokia. Credit wikimedia commons

Aujourd'hui, un groupe d'archéologues de l'Université de Bologne en Italie fouille les monticules, en essayant de comprendre comment les civilisations développent leur complexité politique.

"Je me suis toujours posé des questions sur ce lieu étrange qu'est Cahokia", a déclaré Davide Domenici, professeur à l'Université de Bologne. Il a étudié les monticules pendant ces trois dernières années.

"Habituellement, nous, archéologues, pensons que dans l'ancienne Amérique du Nord, il n'y avait que des sociétés relativement simples, mais Cahokia possédait une véritable complexité politique." ajoute-t-il.

***
(j'ouvre une parenthèse dans cet article: c'est la deuxième fois que l'on s'étonne de l'avancement de ces sociétés amérindiennes; il a quelques semaine je publiais un article sur Poverty Point où de grands monticules avaient été construits en moins de 90 jours par les amérindiens; les archéologues parlaient "d'un accomplissement incroyable pour ce que l’on croyait être une société mal organisée, composée de petites bandes dispersées d'amérindiens... ")
***


Les archéologues font attention à la façon dont ils parlent du contexte social de Cahokia.
Peu d'indications sur le site permettent aux chercheurs de classer la structure politique et sociale de la ville avec un quelconque degré de certitude: "Pouvons-nous appeler cela un Etat, ou une chefferie ? Nous ne savons pas comment l'appeler, nous ne savons pas ce que c'était", explique Domenici, "mais l'idée est d'étudier cette complexité, et peut-être les chemins menant à celle-ci car ils devaient être très différents de ceux que nous sommes habitués à voir dans d'autres parties du monde."

C'est à Cahokia que l'on retrouve les plus grands exemples de terrassement au nord du Mexique, où Domenici a déjà fait beaucoup de ses recherches.

A sa base, le tumulus des Moines, haut de 100 mètres, occupe plus de 14 hectares; il est plus grand que la Grande Pyramide de Gizeh, en Egypte.

En 2012, les archéologues italiens ont trouvé ce qu'ils croyaient être des bâtiments publics sur la place ouest du tumulus des Moines.

Cette année, les trous de poteaux qu'ils ont trouvé leur ont donné raison. Les élèves ont fait des découvertes sur un site que les chercheurs avaient délaissés dans les années 1960. Les poteaux qu'ils ont découvert sont les traces d'un mur ouest qui fermait une palissade.

Chaque structure identifiée est un nouvel élément permettant aux archéologues de cartographier et décrypter la construction de la civilisation de Cahokia...

Une vue d'artiste de ce à quoi pouvait ressembler Cahokia. Source: Université de Bologne

Source:

Derniers articles sur les Etats-Unis: 

5.24.2013

Poverty Point: de grands monticules construits en moins de 90 jours par les amérindiens


Le site de Poverty Point, en Louisiane, a été nominé en ce début d'année pour figurer sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESO.

Il est décrit comme l’un des plus grands exploits de construction, au monde, par une civilisation archaïque de chasseurs-cueilleurs.

De nouvelles recherches ont apporté des preuves irréfutables que l’un des massifs monticules de terre de Poverty Point a été construit en moins de 90 jours, voir peut-être en seulement 30 jours.

Il s'agit d'un accomplissement incroyable pour ce que l’on croyait être une société mal organisée, composée de petites bandes dispersées d'amérindiens...

Les co-auteurs de l'étude, Anthony Ortmann (debout) et T.R. Kidder (au centre) évaluent les fouilles du tertre A à Poverty Point. Photo: WUSTL


"Ce qui est extraordinaire dans cette étude c'est qu’elle montre que les premiers chasseurs-cueilleurs américains n’étaient pas aussi simplistes que nous avons tendance à l'imaginer", explique le co-auteur TR Kidder, professeur et directeur de l’Anthropologie des Arts et des Sciences à l’Université Washington à St. Louis, "nos résultats vont à l’encontre de ce qui a longtemps été considéré comme le consensus académique sur les sociétés de chasseurs-cueilleurs, à savoir qu’ils n’ont pas l’organisation politique nécessaire pour rassembler autant de gens afin de réaliser un projet de main-d’œuvre dans un délai aussi court. ”

Co-écrit par Anthony Ortmann, professeur adjoint des sciences de la terre à Murray State University, l’étude propose une analyse détaillée de la façon dont l'énorme monticule a été construit il y a quelques 3200 ans le long d’un bayou du Mississippi.

Sur la base de plus d’une décennie de fouilles, de carottages et d'analyses sédimentaires sophistiquées, l’apport clé de l’étude est que le monticule A de Poverty Point a été construit en un temps très court.
En effet, un examen exhaustif ne révèle aucun signe de pluie ou d’érosion au cours de sa construction.

"Nous parlons d’une région du nord de Louisiane qui a tendance à être très pluvieuse", explique Kidder. "Même dans une année très sèche, il semble très peu probable que cette situation puisse durer plus de 90 jours sans recevoir un certain niveau significatif de précipitations. Pourtant, le sol de ces monticules ne montre aucun signe d’érosion ayant eu lieu pendant la période de construction. De plus, rien n'indique une sécheresse dans la région à ce moment là."


Une partie de Poverty Point, le monticule A, est considéré comme la touche finale de ce site tentaculaire de 283 hectares.


Le site comprend cinq tertres plus petits et une série de six formes concentriques, comme des digues en forme de C, qui s’élèvent en formation parallèle autour d’une petite place le long de la rivière.

Au moment de sa construction, Poverty Point était un des plus grands chantiers de terrassement en Amérique du Nord.

Construit sur le bord ouest du complexe, le Monticule A couvre environ 50.000 mètres carrés à sa base et s’élève à 22 mètres au-dessus de la rivière. Sa construction a nécessité 238.500 mètres cubes (environ huit millions de paniers boisseau) de terre rapportée de différents endroits à proximité du site.

Il faudrait aujourd'hui, un gros camion benne et 31.217 chargements pour déplacer le même volume. "Les monticules de Poverty Point ont été construits par des gens qui n’avaient pas d'animaux de trait, ni de brouettes ou outils sophistiqués pour déplacer la terre", explique Kidder, "Il est probable que ces monticules ont été construits en utilisant le système de chaîne humaine, avec des milliers de gens se passant la terre mise dans une certaine forme de conteneur brut, comme un panier tressé, un sac de cuir ou un plateau en bois."

Pour compléter cette tâche en 90 jours, l’étude estime qu’il a du falloir l'équivalent de quelque 3.000 travailleurs.
En supposant que chacun d'entre eux été accompagné d’au moins deux autres membres de sa famille, une femme et un enfant, la communauté rassemblée pour la construction devait comprendre presque 9.000 personnes, suggère l’étude.

"Étant donné qu'une bande de 25-30 personnes est considérée comme très importante pour la plupart des chasseurs-cueilleurs, il est vraiment étonnant que cette ancienne société puisse avoir réuni un groupe de près de 10.000 personnes, tout en trouvant un moyen de les nourrir et de construire ce monticule en quelques mois", a dit Kidder.


Les tests confirment que le site a d’abord été défriché pour la construction par la combustion et rapidement recouvert d’une fine couche de limon argileux.
Un mélange de terres plus lourdes a ensuite été amené et déchargé en petits tas adjacents, construisant peu à peu le monticule couche après couche.

Comme le fait remarquer Kidder, les théories antérieures sur la construction de la plupart des monticules de terre dans le monde antique ont laissé entendre qu’ils ont été montés lentement sur une période de plusieurs centaines d’années. Cela impliquait de petites contributions de différentes personnes d'une société sur plusieurs générations.

Bien que cela puisse être le cas pour d’autres structures en terre, à Poverty Point, l'étude du Monticule A contredit cette théorie.

Kidder explique qu'à Saint-Louis, juste en face de la rivière Mississippi, repose l’une des anciennes structures de terre les plus connues d'Amérique, le tumulus des Moines à Cahokia.
Il note que le monticule a été construit de nombreux siècles après ceux de Poverty point par une civilisation qui était davantage tributaire de l’agriculture, bien loin du groupe de chasseurs-cueilleurs qui a construit Poverty Point.

Et pourtant, le Monticule A est beaucoup plus grand que n’importe quel autre tertre trouvé en Amérique du Nord. Seul le tumulus des Moines le dépasse.

«Nous avons pris conscience que le tissu social de ces sociétés devait être beaucoup plus fort et plus complexe que nous ne le supposions. Ces résultats contredisent la croyance populaire selon laquelle les personnes pré-agricoles étaient socialement, politiquement et économiquement simples et incapables de s’organiser en grands groupes pour créer une architecture complexe ou se livrer à ce qu’on appelle un comportement social complexe», explique Kidder, «le modèle dominant du chasseur-cueilleur ayant une vie désagréable, brutale et courte est en contradiction avec notre travail. Ces personnes pratiquaient un rituel ou une religion sophistiquée qui impliquait la construction de ces monticules monumentaux».


Source:


Derniers articles sur les Etats-Unis:

1.31.2013

Des traces de chocolat retrouvés dans des bols vieux de 1200 ans en Amérique du Nord

Le chocolat est apprécié dans le monde entier de nos jours, mais les anthropologues pensaient, qu'au VIIIème siècle, les seules personnes qui avaient accès à cette "douceur" était le peuple méso-américain dans les tropiques, où la plante était cultivée.

Cependant, les archéologues pensent avoir trouvé les premières traces de consommation de chocolat bien plus au Nord: en Utah; il y a 1.200 ans.

Cela voudrait dire que beaucoup de gens se sont déplacés vers le nord ou bien qu'il y aurait eu beaucoup plus d'échanges commerciaux qu'on ne le croyait au cours de cette période.

Sans surprise, de nombreux anthropologues restent sceptiques....

 (Photo : The Journal of Archaeological Science). Dans presque tous les débris de bol provenant du site 13, ils ont trouvé de la théobromine et de la caféine, qui sont tous deux présents dans le cacao.

Des chercheurs de l'Université de Pennsylvanie, Bristol-Myers Squibb ont testé des restes de coupes qui avaient été mises au jour dans les années 1930 à partir du site 13 en Utah.

Après agitation de l'eau dans les bols, ils ont testé les composés trouvés dans cette eau à l'aide d'un chromatographe spectromètre de masse, qui pèse séparément la masse de chaque composé dans une substance.

Dans presque tous les débris de bol provenant du site 13, ils ont trouvé de la théobromine et de la caféine, qui sont tous deux présents dans le cacao, la plante qui constitue chocolat.
La conclusion signifierait que le site 13 serait le plus ancien témoignage connu de consommation de chocolat en Amérique du Nord.

En Méso-Amérique, le chocolat était consommé uniquement lors des fêtes de l'élite. Cependant, la petite société de l'Utah n'avait pas de classes, le chocolat devait donc être consommé par tout le monde.

Les chercheurs imaginent que le chocolat était consommé pour sa valeur nutritive ou les voyages de chasse.


Mais tous ne sont pas convaincus par les résultats. 

Ben Nelson, de l'Arizona State University, Tempe a fait valoir que, si le chocolat était aussi commun que les éléments de preuve l'indiquent, il y aurait eu des références visuelles ou des histoires faisant référence à la substance que les archéologues n'ont pas encore trouvé.

L'archéologue Michael Blake note également que le chocolat devait être relativement rare, et ne devait donc pas être pas consommé à la maison ou sur la route. "Je peut me servir du caviar et du champagne au festin de noces de ma fille, mais je ne suis pas susceptible de l'emporter dans mon sac à lunch lorsque je pars en camping," a déclaré Blake, de l'Université de la Colombie-Britannique.

Les hommes consomment du chocolat depuis au moins 1900 avant notre ère, date à laquelle le peuple mexicain Mokoya a commencé à consommer un breuvage au chocolat.

Source:

Derniers articles sur les Etats-Unis:

8.15.2012

A-t-on découvert la cité perdue maya de Yupaha ?


Les Mayas ont construit des temples étonnants au Mexique, au Guatemala et au Honduras... Aujorud'hui, certains pensent que cet ancien peuple a fui la dissolution de sa civilisation pour finir en Géorgie...

Emplacement de la cité: cette image 3D virtuelle a été faite à partir des ruines trouvées dans les montagnes Brasstown Bald.

L'historien et architecte Richard Thornton est persuadé qu'un site archéologique, vieux de 1100 ans, est la trace des réfugiés mayas qui ont fui l'Amérique centrale et se sont retrouvés dans les montagnes du Nord en Géorgie près de Blairsville.

Sa théorie étonnante est basé sur la découverte de 300 à 500 terrasses rocheuses et monticules sur un côté de la montagne Brasstown Bald et datant de 900 après JC... à l'époque où les Mayas ont commencé à disparaitre.

La théorie de M. Thornton suppose que la zone de Brasstown Bald pourrait être la "ville légendaire de Yupaha, que l'explorateur espagnol Hernando de Soto n'a pas réussi à trouver en 1540". Il la décrit comme "certainement l'une des découvertes archéologiques les plus importants de ces derniers temps".

Les Mayas ont disparu autour de 900 après JC pour des raisons encore débattues par les chercheurs (bien que la sécheresse, la surpopulation et la guerre soient les théories les plus populaires).


Une découverte remontant aux années 90.

Ces restes ont été découverts par l'ingénieur à la retraite Waldrip Carey au cours d'une balade dans les années 1990.

L'Archéologue Johannes Loubser a fouillé une partie du site et a rédigé un rapport à ce sujet en 2010, mais il ne pense pas que les terrasses rocheuses soient mayas: "Je pense que (M. Thornton) présente les éléments de façon sélective. Mais il est meilleur vendeur que moi et que d'autres archéologues." M. Loubser, qui a fouillé une paroi rocheuse et un petit monticule, a ajouté que les allégations de ce genre doivent être étayées par des "preuves tangibles" en raison des diverses opinions en conflit dans le monde archéologique.
Il estime que les structures pourraient avoir été construites par les indiens Cherokee ou une ancienne tribu entre 800 et 1100 après JC.  
M. Loubster s'est arrêté de creuser, car il a réalisé que le site pouvait être un lieu funéraire.

Cependant, M. Thornton affirme que d'anciennes cartes concernant cet emplacement nomment deux village 'Itsate', terme qui est aussi une façon de désigner les Mayas (Mayas Itza). Les structures en terrasse et la datatation l'ont aidé à parvenir à sa conclusion: "C'était une pratique courante pour les Mayas Itza de sculpter une colline dans un monticule de forme pentagonale. Il y a des douzaines de ces structures en Amérique centrale".

Mais tout le monde n'est pas impressionné par la théorie de M. Thornton. Selon le professeur Williams Mark, de l'Université de la Géorgie: "Il n'existe aucune preuve de Maya en Géorgie. Les sites sont certainement celles des Amérindiens de la préhistoire de la Géorgie."

M. Thornton n'a pas été gêné par le débat qui a suivi, en fait, c'est exactement ce qu'il voulait. «Je ne suis pas un archéologue. Je suis un homme de vue d'ensemble», a-t-il déclaré à l'Atlanta Journal Constitution, "nous espérons que cet article suscite un certain intérêt. Je voulais simplement essayer d'attirer l'attention des archéologues afin qu'ils fouillent un peu plus le site(..)"

Thornton travaille avec la société Histoire Revealed media qui a créé des cartes tridimensionnelles du site; lorsqu'il a comparé sa carte du site de Géorgie, cela lui a rappelé d'autres œuvres mayas: "elle est identique à des sites au Belize".

En attendant, il serait intéressant que les archéologues se penchent sur cette découverte afin de pouvoir confirmer ou infirmer les suppositions de Thornton.


Source:

Derniers articles sur les Mayas:

2.29.2012

Les chasseurs de l'Age de Pierre auraient découvert l'Amerique !


De nouvelles preuves archéologiques suggèrent que l'Amérique a d'abord été découverte par des hommes de l'âge de pierre venant d'Europe; soit 10.000 ans avant que les ancêtres des Indiens d'Amérique, originaires de Sibérie, ne mettent les pieds dans le Nouveau Monde.


Une série remarquable de plusieurs dizaines d'outils de pierre de style européen, datant entre 19.000 et 26.000 ans, ont été découverts à six endroits différents le long de la côte Est américaine.
Trois de ces sites sont sur la péninsule de Delmarva, dans le Maryland, et ont été découverts par l'archéologue Darrin Lowery de l'Université du Delaware. Un autre se trouve en Pennsylvanie et un autre en Virginie.
Un sixième a été découvert par des pêcheurs draguant des pétoncles à 60 miles des côtes de Virginie sur ce qui, à l'époque préhistorique, était la terre ferme.

Ces nouvelles découvertes sont parmi les avancées les plus importantes en archéologie depuis plusieurs décennies; elles devraient nous permettre de mieux comprendre la dispersion de l'homme dans le monde. 

La similitude des outils de l'âge de pierre entre les côtes Est américaine et européennes avait déjà été remarquée. Mais tous ceux mis au jour, précédemment aux Etats-Unis, étaient âgés d'environ 15.000 ans; soit bien longtemps après l'âge de pierre en Europe (les cultures solutréennes de France et d'Iberie) où la fabrication de tels objets avait cessée.
La plupart des archéologues avait donc rejeté toute possibilité d'une connexion.

Comment les européens ont atteint l'Amérique (Source: Daily Mail)

Mais ces récentes découvertes ont donné des datations comprises en 26.000 et 19.000 ans; ces artéfacts sont donc contemporains avec le matériel pratiquement identique d'Europe occidentale.
Qui plus est, l'analyse chimique réalisée l'an dernier sur un couteau de pierre de style européen trouvé en Virginie en 1971 a révélé qu'il a été fait à partir de silex provenant de Françe.

Le Professeur Dennis Stanford, du Smithsonian Institution à Washington, DC, et le professeur Bruce Bradley, de l'Université d'Exeter, qui ont analysé l'ensemble des artéfacts, pensent que les gens de l'âge de pierre d'Europe occidentale ont migré vers l'Amérique du Nord, lors de la période glaciaire, en se déplaçant (sur la glace et/ou en bateau) le long de la partie gelée du Nord de l'Atlantique.

À l'apogée de l'ère glaciaire, environ cinq millions de kilomètres carrés de l'Atlantique Nord étaient recouverts de glace tout ou partie de l'année. Toutefois, de façon saisonnière, la zone où prenaient fin les glaces étaient extrêmement riches en ressources alimentaires: des phoques migrateurs, des oiseaux marins, des poissons et des pingouins de l'hémisphère Nord...
Stanford et Bradley ont longtemps soutenu que les hommes de l'âge de pierre étaient tout à fait capable de faire 2400 km sur la glace de l'Atlantique; mais jusqu'à présent il y avait relativement peu de preuves pour appuyer leur réflexion.
Mais les nouveaux indices provenant du Maryland, de Virginie et d'autres endroits de la côte Est américaine, ainsi que les tests chimiques sur le couteau en silex de Virginie, ont commencé à changer la vison des choses. Aujourd'hui, les archéologues commencent à enquêter sur une demi-douzaine de nouveaux sites dans le Tennessee, le Maryland et même au Texas.


Une petite fenêtre migratoire de 4500 ans pour les européens...

Un autre argument clé pour la théorie de Stanford et Bradley est l'absence totale de toute activité humaine dans le nord-est de la Sibérie et l'Alaska avant 15500 ans. Si des habitants du Maryland et de la côte Est étaient présents de 26.000 à 19.000 ans et venaient d'Asie, et non d'Europe, les artéfacts datant d'avant 19.000 ans, auraient dû aussi se retrouver dans les deux régions du Nord. Ce qui n'a pas été le cas.

Bien que les Européens Solutréens peuvent très bien avoir été les premiers Américains, ils avaient un inconvénient majeur par rapport aux Indiens originaires d'Asie qui sont arrivés dans le Nouveau Monde via le détroit de Béring ou le long de la chaîne des îles Aléoutiennes, après 15.500 ans.
En effet, les Solutréens ont eu seulement une fenêtre de 4500 années de période glaciaire pour mener à bien leur activité migratoire; les Indiens originaires d'Asie ont eu environ 15.000 ans pour le faire...

En raison de ces facteurs, les natifs américains d'origine européenne ont été soit partiellement absorbés par les nouveaux arrivants ou ont disparu progressivement en raison de la compétition pour les ressources.


La génétique pour confirmer la théorie.

Certains marqueurs génétiques des Européens occidentaux de l'âge de pierre n'existent tout simplement pas dans le nord-est de l'Asie; or, ils le sont en très petites quantités dans certains groupes indiens de l'Amérique du nord.
Des tests scientifiques sur de l'ancien ADN extrait de 8000 squelettes en Floride ont révélé un niveau élevé d'une clé d'un marqueur génétique probablement d'origine européenne.

Qui plus est, il existe un petit nombre de groupes amérindiens isolés dont les langues ne semblent être liées en aucune façon à des indiens d'Amérique originaires d'Asie.

Mais les preuves les plus tangibles sont susceptibles de venir de l'océan: la plupart des zones où les Solutréens auraient accosté sont maintenant jusqu'à 160 kilomètres au large. Le seul site sous-marin qui a été identifié (grâce à la pêches des pétoncles) est prêt à être examiné plus minutieusement cet été.


Source:

Derniers articles sur les Etats-Unis:



12.05.2011

Méga-sécheresse dans le Colorado au 2ème siècle


Il y a environ 900 ans, au milieu du 12ème siècle, le sud des États-Unis était au milieu d'une grande sécheresse de plusieurs décennies. Ce fut la période la plus récente de sécheresse prolongée connue pour cette région. Mais une étude récente montre que cela n'a pas été la première...

La dendrochronologie, une fenêtre sur le climat passé...

Au deuxième siècle après JC une longue période sèche, de plus de 100 ans, a sévi dans la région; il y a même eu une période de sécheresse de près de 50 ans, d'après une nouvelle étude des chercheurs de l'Université de l'Arizona.

Les géo-scientifiques de l'université, Cody Routson, Connie Woodhouse et Jonathan Overpeck ont mené une étude sur le sud des montagnes de San Juan dans le centre-sud du Colorado. La région sert de site de drainage primaire pour les rivières Rio Grande et San Juan.
"Ces montagnes sont très importantes autant pour le fleuve San Juan que le Rio Grande", a déclaré Routson, doctorant au laboratoire d'études environnementales du département des géosciences de l'université et auteur principal de l'étude (étude qui doit paraitre dans Geophysical Research Lettres).

Le fleuve San Juan est un affluent de la rivière Colorado; aussi, tout changement climatique qui affecterait le drainage du San Juan aurait probablement aussi une incidence sur le fleuve Colorado et son bassin hydrographique. Routson explique ainsi: "Nous voulions obtenir un enregistrement des données aussi long que possible pour cette région."


La dendrochronologie pour comprendre les climats du passé

La dendrochronologie est une science exacte qui étudie les anneaux de croissance annuelle des arbres pour comprendre le climat du passé. Les arbres ajoutent un anneau de croissance autour de leur tronc chaque année; aussi, en comptant les anneaux d'un arbre, les scientifiques peuvent déterminer non seulement l'âge de l'arbre, mais aussi découvrir les années qui ont été bonnes à sa croissance et celles qui ont été plus difficiles. "Si c'est une année humide, il pousse un large anneau, et si c'est une année sèche, ils pousse un anneau étroit", ajoute Routson, "si vous faites la moyenne du modèle obtenu à travers l'ensemble des arbres d'une région, vous pouvez établir une chronologie qui montre quelles furent les années sèches ou celles plus humides dans cette région."
Le bois final est la partie de l'anneau qui se développe dans la dernière partie de l'année à la fin de la saison de croissance, cela forme généralement une frontière distincte avec l'anneau suivant. Ce bois final est plus sombre parce que la croissance en fin de saison s'est ralentie et les cellules sont plus compactes.


Sur la piste du pin Bristlecone

Afin de développer leur chronologie, les chercheurs ont cherché les informations sur le climat passé dans les anneaux de croissance des arbres les plus anciens au sud de la région de San Juan. "Nous avons roulé et cherché des vieux arbres", ajoute Routson.
Rien n'est plus vieux qu'un pin Bristlecone: ils sont parmi les espèces les plus anciennes et à la plus grande longévité sur la planète; on trouve généralement ces pins accrochés aux paysages rocheux des versants alpins ou quasi-alpins.
Ces arbres, dont les plus anciens ont plus de 4.000 ans, sont capables de supporter des conditions de sécheresse extrême. "Nous avons fait beaucoup de randonnées et avons trouvé deux sites de pins Bristlecone, dont un particulier que nous avons étudié de plus près", a déclaré Routson.


Génération d'une chronologie du site

Pour échantillonner les arbres sans les abîmer, les dendrochronologues ont utilisé un outil ressemblant à une vis en métal: cela permet de forer un trou minuscule dans le tronc de l'arbre et d'en extraire un échantillon, appelé noyau (photo ci-dessous).

"Nous extrayons un morceau de bois, de la taille et de la forme d'un crayon", explique Routson, "Nous avons aussi échantillonné le bois mort qui reposait par terre. Nous avons emmené nos échantillons au laboratoire, où nous avons utilisé une technique graphique permettant de faire correspondre les schémas de croissance annuelle des arbres vivants avec les modèles provenant des bois morts. Une fois que nous avons adapté le modèle nous avons mesuré les anneaux et obtenu une moyenne de ces valeurs pour générer une chronologie du site."

"Dans notre chronologie concernant les montagnes au sud de San Juan nous avons remonter jusqu'à 2200 années", ajoute-t-il.
La chronologie remonte à de nombreuses années avant la période médiévale, au cours de laquelle deux événements de grande sécheresse dans cette région étaient déjà connus de chronologies antérieures.
"La période médiévale s'étend à peu près de 800 à 1300 après JC", précise Routson. "Concernant cette période, des études antérieures avaient établis des preuves d'aridité accrue, en particulier deux grandes sécheresses: une au milieu du 12ème siècle, et une à la fin du 13ème siècle. Très peu d'enregistrements remontent suffisamment loin pour évaluer les conditions globales associées à ces deux périodes d'aridité du sud-ouest", explique Routson.


Une période de sécheresse encore plus ancienne...

Cependant la chronologie des pins Bristlecone de San Juan a montré quelque chose de complètement nouveau: il y a eu une autre période d'aridité accrue encore plus tôt. Ce nouvel enregistrement montre que, en plus des sécheresses connues de l'époque médiévale, il y a aussi des preuves d'une méga-sécheresse au cours du IIe siècle après JC.
"Ce que nous pouvons voir dans notre enregistrement, c'est qu'il y a eu une période de 50 années consécutives de croissance inférieure à la moyenne", a déclaré Routson. "et c'est dans une période beaucoup plus large qui s'étend de environ 124 à 210 après JC. Soit une période de conditions d'aridité sévère d'environ 100 ans."

"Ces méga-sècheresse ont duré pendant des décennies, ce qui est beaucoup plus long que notre sécheresse actuelle. Et les événements climatiques derrière ces périodes antérieures à sec sont vraiment similaire à ce que nous vivons aujourd'hui. "
La sécheresse prolongée au cours du 12ème siècle et celle nouvellement découverte au cours du deuxième siècle après JC pourraient avoir été générées par des températures de l'hémisphère Nord plus chaudes. Selon Routson: "Les enregistrements indiquent des conditions au cours des deux périodes qui ont pu être semblable à La Nina, connue pour influencer les sécheresses modernes, dans l'océan Pacifique tropical."

Bien que la variation naturelle du climat a conduit à de longues périodes de sécheresse dans le sud-ouest des Etats-Unis dans le passé, il y a des raisons de croire que le changement climatique d'origine humaine va augmenter la fréquence des sécheresses extrêmes dans l'avenir.

Source: