9.28.2010

Norvège: De nouvelles facons de tracer et protéger le passé maritime

En combinant la météorologie et l'archéologie, les scientifiques peuvent désormais découvrir les anciennes routes maritimes ainsi que des sites d'amarrage afin d'approfondir notre connaissance de la culture maritime du passé.

«L'archéologie a une longue tradition dans la protection des zones archéologique sur la terre. Mais malheureusement, il y a peu d'attention aux monuments culturels en bord de mer et sous l'eau», explique la météorologue Marianne Nitter du Musée d'archéologie de l'Université de Stavanger en Norvège.
"Cela peut inclure des sites d'amarrage et d'atterrissage, des jetées, des bateaux-maisons, des menhirs, des restes d'habitats: des objets qui peuvent nous renseigner sur la préhistoire de la culture maritime, sur la mobilité de nos ancêtres et leurs routes de voyages ", ajoute-t-elle.

Avec ses collègues, Lotte Selsing, géologue, et Endre Elvestad, archéologue sous-marin, Nitter a étudié la protection des monuments culturels maritimes.

Ces objets sont très vulnérables, car ils sont exposés à l'augmentation du niveau mers, l'augmentation du trafic maritime et les conditions météorologiques extrêmes. Les hautes vagues et les tempêtes plus fréquentes peuvent les effacer complètement.

"Le processus d'enregistrement des biens archéologiques sous-marin et à proximité des côtes a été lancé relativement tard en Norvège, de sorte que nous ne savons pas combien d'entre eux y sont encore. Et nous ne pouvons pas protéger les monuments qui ne sont ni enregistrées, ni localisés," explique-t-elle.

Pour aider à la localisation de ces objets, Nitter a introduit la notion d' «espace climatique». Inspiré du terme 'landscape room', ce concept permet à l'archéologue de transmettre et d'intégrer des phénomènes météorologiques abstraits dans le domaine de l'archéologie.
Un "espace climatique" est une zone homogène en température, précipitation,  direction et force du vent. Vallées, bocages, montagnes, lacs, fjords sont tous des exemples d'espace climatique locaux.



La zone est définie par la topographie et la végétation, ce qui limite la fréquence des phénomènes météorologiques variables. En outre, un espace climatique est définie par le calcul d'une échelle temporelle des phénomènes météorologiques, en relation avec les lignes topographiques du paysage. Ces trois paramètres sont interdépendants.

«L'espace climatique peut changer rapidement, et en corrélation avec l'évolution des paramètres. La direction du vent peut changer en quelques minutes, et la végétation sur quelques saisons», précise Nitter.

Les navires de l'âge du fer pouvaient être débarqués dans des eaux peu profondes, qui sont maintenant accessibles uniquement par canots. Comme les navires sont devenus plus grands et plus profonds, un certain nombre de sites de débarquement de la période Viking et du début du Moyen Age ont été abandonnés au cours des 14ème et 15ème siècles.

Le concept d'espace climatique est particulièrement utile pour trouver les plus anciennes routes maritimes et les lieux de débarquement.

En utilisant cette méthode, les chercheurs peuvent estimer les conditions de vent et de houle dans un fjord.

Ils peuvent aussi évaluer la distance sur laquelle le vent souffle à une certaine vitesse, et donc déterminer la hauteur des vagues. En calculant le vent et les vagues, les scientifiques sont capables de situer des sites de débarquement qui ne sont plus en usage.

D'après Nitter: "En appliquant le calcul de l'espace climatique à un site de débarquement précis, on s'aperçoit  que l'emplacement du port est adapté à la direction des vents dominants et aux vagues les plus favorables".

Après avoir localisé ces lieux préhistoriques, les archéologues peuvent ensuite trouver des monuments culturels.

Pour la géologue Lotte Selsing: "La Direction du patrimoine culturel norvégien devrait préparer des analyses de vulnérabilité des monuments culturels maritimes les plus fortement exposés" à l'érosion et montée des eaux.

Il y a deux façons de protéger le patrimoine maritime: la première consiste à mettre au jour les artefacts, l'autre est de les laisser in situ - où ils sont. Certains objets seront conservés naturellement, car ils sont scellés par des sédiments plus jeunes. L'étanchéité artificielle est moins fréquente, mais devrait être considérée comme une stratégie de protection pour le patrimoine maritime.

Une autre mesure de précaution consiste à installer un absorbeur de vagues, dans les endroits où la montée des eaux menace le patrimoine.

Elvestad, Selsing et Nitter poursuivent leur travail sur des plans de protection et des stratégies.

Ils ont maintenant déplacé leur attention sur l'âge du bronze - une époque où les tumulus majestueux servaient de repères de navigation pour les marins.

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