5.24.2012

Les secrets de l'île de Pâques mis à nu

De récentes photographies révèlent ce qui se trouve sous la surface des 887 corps sculptés, les fameux gardien de l'île de Pâques.

La première étude méthodique des statues à Rapa Nui, dont beaucoup pensaient qu'il s'agissait de simples têtes, a permis de révélé le corps entier de ces figures enterrées au cours des siècles par les forces naturelles. 
(Easter Island Statue Project / Jo Anne Van Tilburg)

"La plupart des gens pensent, que sur cette île de 63 kilomètres carrés, les sentinelles de pierre silencieuses ne sont que de simples têtes. Mais toutes les têtes ont des corps qui commencent tout juste à être reconstitués" a expliqué Jo Anne Van Tilburg, directrice du Easter Island Statue Project, "ces statues (...) sont enterrées jusqu'à la moitié du torse. Il est donc compréhensible que le public en général ne se doute pas qu'elles avaient des corps".


Près de 1000 statues sur l'île.

Ces statues auraient été sculptées de 1100 après JC jusque dans les années 1800, quand un afflux d'occidentaux a transformé la culture.
Van Tilburg, avec l'Institut d'archéologie Cotsen à l'Université de Californie, Los Angeles, n'est venue à l'île de Pâques (appelée Rapa Nui) que pour faire des recherches depuis 1992.

Elle a d'abord inventorié les statues de l'île et celles qui ont été mises dans des musées; il y en aurait 887, même si elle affirme que le nombre est plus proche de 1000.
Ensuite, elle a commencé la phase suivante des travaux en révélant ce qui se trouvait sous le sol. Les statues n'ont pas été recouvertes intentionnellement par les hommes, cela s'est fait lentement tout au long des siècles par l'exposition aux éléments.
Cette étape a pris 12 ans jusqu'à ce jour, et pourrait durer encore toute une vie: "C'est la première fois que l'on a été creuser de façon aussi documentée et scientifique", a-t-elle déclaré.

D'autres groupes ont creusé par le passé, et notamment des pillards: les gens ont longtemps joué à la chasse au trésor...

Van Tilburg a procédé à un examen beaucoup plus approfondi, cependant, en collaboration avec une équipe de trois personnes en Californie et dix indigènes Rapa Nui qui font tous les travaux d'excavation.
Elle se prépare actuellement pour la sixième fouille prévue sur l'île, qui devrait commencer en Octobre jusqu'à Novembre 2012.


De nombreux outils découverts éclairent sur leur construction

Jusqu'à présent, les travaux ont révélé des preuves de cérémonies et de très grandes quantités de peintures. Les archéologues pensent que les statues étaient entièrement peintes. Des traces de sépultures humaines ont aussi été trouvées à proximité.

Des fouilles récentes ont révélé de quelle manière les têtes massives ont été sculptées (certaines ont près de 10 mètres de haut, de la base au sommet, et peuvent peser plus de 80 tonnes). "Nous avons trouvé plus de 500 outils de pierre. Les statues ont été sculptées avec différents types d'outils: de grands pics lourds et des outils plus fins en basalte et obsidienne pour les détails", a-t-elle expliqué.
D'autres outils ont été utilisés pour frotter les surfaces et polir les statues.

Van Tilburg a trouvé des traces de trous de poteaux, assez grands pour un tronc d'arbre, et des guides pour cordes sculptés dans quelques statues afin de les mettre en position debout.

Mais la raison d'être de ces sculptures géantes n'est pas encore tout à fait claire. "Pensez à la Chine, où ils ont enterré une armée de guerriers debout. Ce groupe était destiné à être ensemble dans le cadre d'une fonction funéraire. Ici, sur l'île de Pâques, chaque statue est individuellement construite par des groupes."

Une pierre signée, récemment découverte sous l'une des têtes, porte le pétroglyphe d'un canot de style polynésien. Cela pourrait être un indice: Il a été conçu pour signifier l'identité, comme l'explique Van Tilburg: "Elle a été conçue pour identifier cette statue soit à un groupe familial ou un sous-groupe, soit les sculpteurs ou l'unité de la famille d'où sont venus les sculpteurs, ou encore le chef". Les sculptures géantes étaient vraisemblablement plus des parents que des gardiens.

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5.23.2012

Une épave de 200 ans dans le Golfe du Mexique

MAJ 11/07/16
Une récente épave découverte dans le golfe du Mexique aurait sombré il  y a environ 200 ans. Le navire est plein de bouteilles en verre, d'assiettes en céramique et de caisses de mousquets.


Les restes d'un bateau, datant probablement du début des années 1800, trouvés dans le Golfe du Mexique par l'Okeanos Explorer. CREDIT: Image courtesy of the NOAA Okeanos Explorer Program. 

L'épave a été découverte à 320 kilomètres au large de la côte du Golfe à une profondeur de 1.219 mètres par une mission au Golfe du Mexique dirigée par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).
La coque en bois du navire est presque désintégrée, mais une coquille de cuivre verdâtre qui protégeait jadis le bois subsiste encore à l'arrière. "Les artefacts dans et autour de l'épave ainsi que la coque doublée de cuivre permettent de dater le navire entre le début et le milieu du 19e siècle,"  rapporte Jack Irion, archéologue maritime pour le Bureau of Ocean Energy Management (BOEM).

Le premier indice de l'épave date de 2011, lorsqu'une prospection au sonar par la Shell Oil Company a fait surgir un spot inconnu à l'écran.
La NOAA a alors lancé une exploration du site au cours d'une récente expédition à bord du navire Okeanos Explorer. Le navire est rentré le 29 Avril de ses 56 jours de mission d'exploration des zones inconnues du Golfe.

 Le navire Okeanos Explorer de la National Oceanic and Atmospheric Administration

L'équipe de recherche a également examiné quatre épaves sur le fond de l'océan.
L'une d'entre elles, explorée le 19 Avril, avait été découverte dans les années 1980. Elle n'avait cependant été étudiée par les archéologues qu'à deux reprises. Ce bateau à coque en bois date du milieu du 19e siècle voire du début du 20e siècle, mais son histoire est actuellement toujours un mystère.

L'exploration d'une autre épave, celle-ci près de l'embouchure de la rivière Mississippi, a révélé que ce qui était autrefois considéré comme le canon du navire était en fait une pompe de cale.

Mais le bateau le plus intéressant scientifiquement reste l'épave plaquée de cuivre trouvée à un peu plus de 300 kilomètres des côtes, selon Frank Cantelas, un archéologue maritime de la NOAA. Le navire était plein d'objets intéressants, une exploration avec un véhicule télécommandé a révélé que "certains des objets les plus datables comprennent ce qui semble être un type de plaque de céramique qui était populaire entre 1800 et 1830, et une grande variété de bouteilles en verre", a déclaré Irion.

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5.15.2012

Cambodge: sur la piste d'un peuple inconnu

Des chercheurs de l'Université d'Otago (en Nouvelle-Zélande), travaillant dans des régions éloignées des montagnes cambodgiens, sont entrain d'apporter un nouvel éclairage sur l'histoire perdue d'un peuple non identifié. En étudiant leurs rites funéraires énigmatiques, les chercheurs ont pu fournir les premières datations au radiocarbone d'urnes et cercueils en rondins inhabituels. Ils se trouvent sur des hauts rebords exposés dans les montagnes de Cardamome au sud du Cambodge.

(Plus de photos sur les Découvertes Archéologiques en Images:  
 Urnes funéraires à Phnom Pen

Depuis 2003, ils ont travaillé à géolocaliser et étudier 10 sites d'inhumation. Ils les ont dater grâce à des échantillons de bois de cercueil, d'émail des dents et d'os.

Avec des collègues en provenance du Cambodge, d'Australie, des Etats-Unis et d'Ecosse, les Drs Nancy Beavan et Sian Halcrow, du Département d'Anatomie de l'Université d'Otago,  viennent de publier la datation de quatre sites dans la revue Radiocarbon.

L'étude révèle que les mystérieux rituels funéraires, qui ne ressemblent à aucun autre connu au Cambodge, ont été pratiqués à partir de 1395 après JC à 1650 après JC.
Le Dr Beavan rapporte que cette période coïncide avec le déclin et la chute du puissant royaume d'Angkor, qui se trouvait dans les basses terres: "Les pratiques funéraires dans le Royaume d'Angkor et chez ses successeurs impliquaient la crémation et n'avaient rien à voir avec ce que l'on trouve sur les sites que nous étudions. Cette différence marquée suggère que, en termes culturels, ces montagnards non identifiés étaient un «monde à part» de leurs contemporains des plaines."
À ce jour, la majeure partie des recherches concernent l'histoire culturelle de la région Khmer; elle ont mis l'accent sur les basses terres, et Beavan ajoute: "Grâce à notre travail, nous espérons élargir la compréhension de cette histoire au-delà des héritages du seul grand royaume Khmer, aux autres cultures qui ont vécu sur son territoire".

Le Dr Sian Halcrow affirme que les découvertes archéologiques de l'un des 10 sites, dont elle et le Dr Beavan sont en train de préparer la publication, offrira de nouveaux indices importants au sujet de ce peuple: qui étaient ces gens mystérieux, leur culture, les relations commerciales et l'adaptation biologique à l'environnement.
Compte tenu des endroits accidentés et éloignés des sites, le travail de terrain n'a pas été sans difficultés, rapporte le Dr Beavan: "En 2010, l'un de nos campings a été envahi par un éléphant sauvage au milieu de la nuit et il a dû être repoussé par notre équipe en frappant sur des casseroles. Il s'est avéré que nous avions dressé le camp entre deux bananiers sauvages alléchants. Nous avons donc remballé et nous nous sommes installés un peu plus loin peu de temps après."

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5.11.2012

Le plus ancien calendrier Maya découvert au Guatemala


Pour la première fois, des archéologues procédant à des fouilles sur le site monumental Maya de Xultún  au Guatemala ont découvert une structure comportant des peintures murales du 9e siècle avec des chiffres et des calculs liés aux calendriers mayas. On y retrouve aussi des données numériques des cycles lunaires et peut-être planétaires.
Cette découverte est antérieure de plusieurs centaines d'années aux plus anciens calendriers connus à ce jour: ceux qui ont été trouvés dans les célèbres codex Maya.

 L'œuvre d'art sur les murs d'une habitation Maya est considérée par les archéologues comme la première découverte du genre. [Photo by Tyrone Turner © 2012 National Geographic]

Niché dans la végétation dense de la région forestière pluvieuse de Peten au Guatemala, la structure serait la maison d'un scribe lié aux rois Mayas ou bien avec la famille royale de Xultún.
"Pour la première fois nous pouvons voir ce que peuvent réellement être les enregistrements tenus par un scribe, dont le travail consistait à être le gardien officiel des compte rendus d'une communauté maya", a déclaré l'archéologue et chef de l'expédition William Saturno de l'Université de Boston.
Les peintures ont été trouvées dans une pièce de la structure de la maison. Elles représentent le premier art Maya se trouvant sur les murs d'une maison. Toutes les autres peintures Maya ornaient des édifices tels que des temples, des tombes royales et d'autres structures rituelles.

La maison a été découvert en 2010 par l'étudiant Max Chamberlain qui, en collaboration avec Saturno, enquêtait sur des tranchées faites par des pillards. Une fois qu'ils ont réalisé le potentiel de la découverte, Saturno et son équipe ont lancé une fouille officielle avec l'aide de subventions de la National Geographic Society.
Travaillant avec ferveur et contre la montre, ils ont dû fouiller avant la prochaine saison des pluies: en effet, ce qui a été mis au jour par le biais des fouilles pouvait être menacé par les chutes d'eau.

L'entrée de la structure d'habitat. [Photo by Tyrone Turner © 2012 National Geographic]


Trois murs ornés de peintures révélés.

Le mur est de la salle est illustré par une figure humaine peinte en noir ainsi que d'autres partiellement visibles.
On y trouve aussi une prolifération de petits glyphes rouges et noirs, certains apparemment représentant les différents cycles calendaires cartographiés par les Mayas, comme le calendrier cérémoniel de 260 jours , le calendrier solaire de 365 jours, le cycle de 584 jours de la planète Vénus et le cycle de 780 jours de Mars.
David Stuart, professeur au Centre d'art et d'écriture Mésoémaéricain à l'Université du Texas à Austin, a travaillé sur les glyphes: "Il y a des glyphes minuscules partout dans le mur; les barres et les points représentant des colonnes de chiffres. C'est le genre de chose que l'on ne retrouve que dans un seul endroit: le Codex de Dresde écrit par les Mayas plusieurs siècles plus tard. Nous avons jamais rien vu de tel".

Le mur nord comprend une peinture d'un roi assis portant des plumes bleues. Non loin se trouve une peinture bien conservée d'un homme en orange vif et tenant un stylet. Des glyphes mayas à proximité l'identifient comme «jeune frère Obsidien». Selon ce qui a été appris à partir d'autres sites mayas, Saturno suggère qu'il pourrait être le fils ou le plus jeune frère du roi, et peut-être l'artiste ou le scribe qui a vécu dans la maison.
Quatre longs numéros sur le mur représenteraient tous les cycles astronomiques, comme ceux de Mars, Vénus et les éclipses lunaires, s'étendant jusqu'à 7000 années dans le futur.


Quatre longs numéros sur le mur nord de la maison en ruine concernent le calendrier maya et les calculs sur la lune, le soleil et, probablement, Vénus et Mars. Les dates vont jusqu'à 7.000 ans dans le futur.  [Photo by Tyrone Turner © 2012 National Geographic]

Le mur ouest représente trois personnages assis, des hommes peints en noir avec un pagne blanc, portant des médaillons autour de leur cou et une coiffe avec une plume. Une des figures a été identifiée comme "le grand frère Obsidien".

"C'est bizarre que les découvertes de Xultún existent encore," s'étonne Saturno, "ces écrits et dessins sur les murs ne se conservent pas bien dans les basses terres mayas, surtout dans une maison enterrée à un mètre sous la surface."
 En ce qui concerne les caractéristiques calendaires, les chercheurs suggèrent que les symboles représentent la vision du monde Maya, qui est en réalité différente de la vision populaire d'aujourd'hui faisant prédire la fin du monde par les Mayas.
D'après Saturno, "les anciens Mayas ont prédit que le monde continuerait. 7000 ans après aujourd'hui, le monde sera identique. Les Mayas étaient à la recherche d'une garantie comme quoi rien ne changerait. C'est un état d'esprit totalement différent."

Xultún, l'ancien site maya sur lequel se trouve la structure de la maison, a été découvert il y a environ 100 ans par des travailleurs guatémaltèques, puis cartographié dans les années 1920 par Sylvanus Morley. Il a de nouveau été cartographié par une équipe de l'Université Harvard dans les années 1970.
On y  retrouve 56 structures, bien que des milliers d'autres restent non comptabilisées.

Les fouilles de Saturno ont révélé que la construction des grands monuments a commencé au cours de la Période Classique (premiers siècles avant JC), et que le centre a prospéré jusque vers la fin de cette même période (autour de la fin du 9e au 10e siècle de notre ère).

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5.08.2012

Un réseau d'anciennes rivières et d'anciens lacs dans le Désert d Arabie

Des images satellites ont révélé qu'un réseau d'anciennes rivières traversaient les sables du désert d'Arabie; cela conduit les scientifiques à penser que la région a connu des périodes plus humides par le passé.

Image satellite d'un ancien lac montrant l'emplacement de sites archéologiques. Le lac est en bleu et les sites archéologiques sont en rouge. Crédit Image: Nick Drake.

Ces images sont le point de départ d'un grand projet de recherche mené par l'Université d'Oxford. Ce projet est potentiellement révolutionnaire pour le patrimoine de l'humanité.
L'équipe de recherche se penchera sur la façon dont, à long terme, le changement climatique a influencé sur l'installation ou le déplacement des premiers hommes et des animaux; les réponses apportées devraient aussi permettre de voir dans quelle mesure ils ont pu survivre ou pas.

Jusqu'à présent, cette partie du monde a été largement ignorée par les chercheurs, malgré sa situation critique en tant que pont entre l'Afrique et l'Eurasie.
Dans un projet financé par l'ERC (European Research Council), une équipe multidisciplinaire de chercheurs étudieront les effets des changements environnementaux dans la péninsule arabique au cours des deux derniers millions d'années.
L'étude systématique du Pléistocène et de l'Holocène sera unique tant par sa longueur qu'au niveau du détail.
Pendant cinq ans, les chercheurs étudieront les caractéristiques du paysage et des sites ayant un potentiel archéologique; pour cela, le réseau des cours d'eau servira de carte.

Les dernières techniques de datation seront utilisées pour repérer l'âge des fossiles d'animaux, de plantes et des différents outils de pierre; les similitudes et différences seront comparées avec l'art rupestre de la région.
L'équipe se penchera essentiellement sur le désert d'Arabie, mais le travail portera également sur l'ensemble de la péninsule.


Une question clé

Ils tenteront de savoir quand les premiers premiers hommes modernes sont susceptibles d'être arrivés dans la péninsule arabique depuis l'Afrique, voire des régions avoisinantes. Ils examineront également des éléments de preuve suggérant la façon dont les premiers hommes modernes ont réussi à survivre, ou non, dans des conditions arides et extrêmes.

Le chef du projet, le professeur Michael Petraglia, Co-Directeur du Centre pour l'Archéologie Asiatique à l'Ecole d'Archéologie de l'Université d'Oxford, a déclaré: "A partir d'images de la NASA prises du désert d'Arabie, nous pouvons voir les caractéristiques physiques du paysage qui sont visibles depuis l'espace; elles dénotent tout un réseau de vallées fluviales et d'anciens bassins lacustres. Ces lignes et les creux dans le sable nous fournissent une carte de la région sur laquelle nous allons concentrer notre activité de recherche. La présence d'eau est un indicateur précis de l'endroit où les premiers hommes et animaux ont migré ou se sont installés.
La péninsule arabique a une richesse de sites archéologiques et un spectaculaire dépôt d'anciennes rivières et d'anciens lacs. Pourtant, en dépit de son importance en tant que pont entre deux continents, il y a très peu de connaissance sur ses débuts préhistoriques. Ce projet s'appuie sur de nombreuses disciplines: l'ensemble devrait révéler une histoire jusque-là indicible, mais très importante sur l'effet du changement climatique sur les premiers hommes".

Les chercheurs pourront identifier les sites archéologiques importants, y compris les sites qui ont déjà été fouillé et où des outils de pierre et des fossiles d'animaux ont été trouvés.
Les chercheurs vont également mener des études sur le terrain dans les anciens bassins lacustres, où des fossiles de poissons pouvant aller jusqu'à un mètre de long ont été découverts.

Une palette de techniques de datation sera utilisée par les chercheurs pour identifier l'âge des fossiles et des outils en pierre pour faire ressortir les chronologies des sites archéologiques.

La datations des fossiles d'animaux et de plantes devrait fournir de nouvelles informations sur les sources alimentaires éventuelles des premiers hommes, ainsi que l'évolution des changements environnementaux.
Le projet permettra d'examiner les zones marines, les grottes, les puits d'eau existants et des carrières pour étudier la stratigraphie.
Ils examineront également les dépôts entre 30 à 60 mètres de profondeur pour mesurer les effets des changements environnementaux. En observant tout changement des plantes fossiles, des roches et des couches, ils pourront voir les moments où le climat était plus humide ou plus sec.

Les scientifiques vont extraire l'ADN des animaux issus de la péninsule arabique. L'ADN agit comme une horloge moléculaire qui peut en dire plus aux chercheurs sur le descendant le plus récent de cet animal et quand l'ancêtre commun est susceptible d'être arrivé dans cette région.
Ils examineront l'ADN d'un certain nombre d'espèces à partir de collections de musées, tels que l'autruche, l'oryx, le bouquetin, la hyène, et le ratel. Ils pourront établir leur origine, leurs histoires démographiques, et les modèles de dispersion probables.

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5.03.2012

Mexique: des couteaux d'obsidiennes utilisés pour des sacrifices humains

Des archéologues mexicains rapportent avoir trouvé des preuves concluantes montrant que des couteaux ont été utilisés dans le sacrifice humain il y a 2.000 ans.

 Les couteaux tranchants en obsidienne trouvés à Cantona, dans l'état central mexicain Puebla.

Des cellules sanguines et des fragments de muscle, de tendon, de peau et de cheveux ont été identifiés sur les couteaux en obsidienne, une roche volcanique vitreuse.

Ces derniers proviennent de la cité peu connue de Cantona, qui a prospéré juste après la mytérieuse cité-état de Teotihuacan. Cantona est plus ancienne de 1000 ans que la plus célèbre culture où furent pratiqués les sacrifices humains: les Aztèques.

Il y a déjà 20 ans, des scientifiques de l'Institut National Mexicain d'Anthropologie et d'Histoire (INAH) avaient vu ce qu'ils pensaient être des tâches de sang fossilisées sur des couteaux de pierre. Mais ce ne fut qu'après un examen méthodique en utilisant un microscope à balayage électronique que les tissus humains sur les 31 couteaux provenant de Cantona, dans l'état de Puebla, on pu être positivement identifiés.

D'autres éléments matériels telles que des marques de coupe sur des os de squelettes humains avaient déjà apportés des preuves indirectes de la pratique.

Les comptes rendus historiques de la période aztèque, ainsi que des dessins et des peintures de cultures plus anciennes, ont depuis longtemps suggéré que les prêtres utilisaient des couteaux et autres instruments pour des rituels sanglants non mortels.

 Sang humain découvert sur le couteaux, vu au microscope.

Mais la présence de traces de muscle et de tendon sur les couteaux indique que les coupures étaient profondes et destinées à trancher des parties de corps de la victime. "Ces découvertes confirment que les couteaux ont été utilisés pour les sacrifices", a déclaré le chercheur Luisa Mainou.

Susan Gillespie, professeur agrégée d'anthropologie à l'Université de Floride, non impliquée dans le projet de recherche, estime que c'est la première fois que des restes de tissus de ce type sont identifiés sur des couteaux d'obsidienne: "il s'agit d'une démonstration convaincante montrant que ces couteaux ont été utilisés pour couper la chair humaine. La confirmation archéologique du sacrifice humain est importante, tant pour soutenir ou contester les nombreux comptes rendus historiques post-coloniaux que pour l'imagerie pré-coloniale du sacrifice."

Les pratiques de sacrifice humains, soit décrites par les conquérants espagnols ou bien dans des peintures pré-coloniales, comprennent l'enlèvement du cœur, la décapitation, le démembrement, l'éventration et le dépeçage des victimes.

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4.30.2012

Grèce: les 10 plus grandes découvertes archéologiques en 2011


Il y a suffisamment de découvertes archéologiques importantes faites chaque année en Grèce pour remplir des musées entier. Cela a également été le cas en 2011, malgré une baisse du financement de la recherche en raison de la crise économique.

Voici une liste des dix plus importantes découvertes archéologiques en 2011:

1 - Une petite statue vieille de 2500 ans, en bois, dans des conditions parfaites. Cette trouvaille exceptionnelle été faite dans le sanctuaire d'Artémis à Vravrona (Brauron) lors de travaux de construction sur le site archéologique. D'autres objets ont été trouvés aux côtés de la statuette, tous datant du 5ème siècle avant JC.



2 - Les plus anciens textes de la Crète minoenne sur un sceau de jaspe, de couleur rouge foncé portant des incisions hiéroglyphiques en Minoéen. La découverte des archéologues Iris Tsachili et Eleni Papadopoulou, a été faite au sommet du sanctuaire du mont Vrysinas à Rethymno, sur l'île de Crète.


3 - Les tombes d'hommes enterrés aux côtés de leurs animaux, ont été mises au jour dans le village de Mavropigi en Eordaia. Elles contiennent 11 hommes et 16 animaux (chevaux, chiens, bœufs et un cochon). Le directrice de l'office des antiquités, Georgia Karamitrou-Mentesidi, rapporte que le trait distinctif de la nécropole est le grand nombre d'animaux placés aux côtés des hommes morts.


4 - Une statue de marbre représentant le dieu Hermès, dans des dimensions légèrement plus grandes qu'habituellement, serait la copie d'une œuvre du 4ème siècle avant JC de l'atelier du grand sculpteur Polyclète à Argos. L'oeuvre a été trouvée dans un petit théâtre d'Epidaure, lors de fouilles près du monument, et a probablement été sculpté autour du 2ème siècle avant JC.


5 - L'épigraphe lisible la plus ancienne jamais découverte sur le sol européen. Le texte écrit sur une dalle en argile écrite en «linéaire B» a été gravé il y a environ 3500 ans et a été découvert dans la ville d'Iklaina en Messénie par l'archéologue Michalis Kosmopoulos.


6 - L'œil de Toutankhamon est un petit bijou en or représentant un oeil humain. D'après le professeur Nikos Stompolidis il remonte au 7ème ou 8ème siècle avant JC. Il est similaire au masque d'or funéraire du célèbre pharaon égyptien. L'objet a été trouvé dans un récipient dans l'une des tombes de la nécropole d'Eleutherne, le site archéologique le plus important autour de la ville de Réthymnon, sur l'île de Crète.


7 - Un certain nombre de tombeaux familiaux ont été découverts dans la ville d'Hlois, dans la zone centrale grecque de Velestinou. Les archéologues pensent qu'ils ont été utilisés pendant de nombreuses générations, à partir du 10ème  jusqu'au 7ème siècle avant JC. Un certain nombre d'objets votifs ont été retrouvés à l'intérieur des tombes (bêches, couteaux et vases de différentes formes).

8 - Une statuette en cuivre datant de 1600 avant JC a été trouvée lors de fouilles à Zominthos, dans les montagnes Psiloritis, le plus haut sommet de l'île de Crète. la statuette, appelée "Minoitis", est dans une position cérémonielle, avec une main couvrant ses yeux, comme pour éviter d'être éblouie par la vision de la Divinité.


9 - Des dizaines de fragments de Kouroi (statues d'adolescents), sculpté dans du marbre opalescent de Paros, ont été trouvés à proximité du sanctuaire d'Apollon sur la minuscule île déserte de Dispotikos, proche de celle d'Antiparos. Jusqu'à présent, seules 60 sculptures ont été découvertes, dont 5 têtes Kouroi, la tête d'une femme et dix autres torses. Ces derniers comprennent la statue d'un Kouros avec sa main repliée sur la poitrine, un modèle qui, selon l'architecte Giannos Kouragio, se trouve uniquement dans les ateliers de sculpture de Paros, au la 6ème siècle avant JC.


10 - Un sanctuaire dédié à Artémis, peut-être le plus important en Crète, long de 52 mètres et large de 19,6 mètres, a été découvert dans la ville de Kefala. Dans le temple, rapporte l'archéologue Nikos Panagiotakis, Artémis Skopelitida (de l'île de Skopelos) y était adoré. D'après l'architecture et les dimensions, le sanctuaire devait jouir à l'époque d'un grand prestige.

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4.25.2012

Les habitants de Madrid mangeaient des éléphants il y a 80000 ans


Les hommes qui peuplaient les rives de la rivière Manzanares, à Madrid en Espagne, au cours du Paléolithique moyen se nourrissaient de viande de pachyderme et de sa moelle osseuse. C'est ce que montre une étude espagnole qui a trouvé des marques de percussion et de découpe sur les restes d'un éléphant sur le site de Preresa.

 Les chercheurs ont constaté des entailles et des marques de percussion sur des os d'éléphants dans le site de Preresa. Credit: Joaquín Panera

Dans les temps préhistoriques, la chasse aux animaux impliquait des risques et exigeait une quantité considérable d'énergie. Par conséquent, lorsque les gens du Paléolithique moyen (entre 127.000 et 40.000 ans) avait un éléphant dans le garde-manger, ils n'en laissaient aucune miette...

Les hommes qui peuplaient la région de Madrid il y a 84.000 ans se nourrissaient sur ces proboscidiens (proboscidea) de viande et de moelle osseuse, selon cette nouvelle étude.
Jusqu'à présent, la communauté scientifique doutait que la consommation de viande d'éléphant était une pratique courante à cette époque en raison de l'absence de preuve directe sur les os. Il reste encore à déterminer si l'on est en présence des espèces Mammuthus (Mammouth) de la sous-espèce du Palaleoloxodon.


82 os d'un éléphant sur le site de Preresa

Les chercheurs ont trouvé des os avec des repères de coupe, faits pour consommer de la viande, et des traces de percussions pour l'obtention de la moelle osseuse. "Il existe de nombreux sites, mais très peu avec des restes fossiles ayant des marques qui démontrent des actions humaines" fait remarquer Jose Yravedra, chercheur à l'Université Complutense de Madrid (UCM) et auteur principal de l'étude publiée dans le  Journal of Archaeological Science.

C'est la première fois que des marques de percussion qui montrent une fracture osseuse intentionnelle pour en retirer la partie comestible interne sont documentées. Jusqu'à présent, ces marques avaient toujours été associées à la fabrication d'outils; mais dans les vestiges trouvés sur ce site, cette hypothèse a été écartée. Les outils trouvés dans la même zone ont été faits de silex et de quartzite.

L'équipe est composée d'archéologues, de géologues et de zooarchéologues de l'UCM, de l'Instituto de Evolución en África (IDEA) à Madrid et du Centre National Espagnol de Recherche pour l'Evolution Humaine (CENIEH).
Ils ont recueilli  82 os d'un éléphant, lié à 754 outils de pierre, dans une zone de 255 mètres carrés, dans le site de Preresa, sur les rives de la rivière Manzanares.
Dans le cas des marques de coupe sur les restes fossiles, celles-ci s'ajoutent à la «trace la plus ancienne d'exploitation d'éléphants» que l'on retrouve dans le site d'Áridos, à proximité de la rivière Jarama, selon une autre étude publiée par Yravedra dans le même journal. "Il y a peu de données sur l'exploitation des éléphants en Sibérie, en Amérique du Nord et en Europe centrale", explique l'archéozoologue.


Les risques de la chasse à l'éléphant

Les organes internes étaient ce que le prédateur mangeaient en premier, qu'ils soient humains ou tout autre type de carnivore. Les risques qu'engendraient la chasse d'un éléphant posent la question de savoir si les hommes étaient des chasseurs ou des charognards. "Ceci est le prochain mystère à résoudre", répond Yravedra, qui nous rappelle qu'il existe des preuves concernant la chasse d'autres petits animaux sur le même site. Toutefois, en raison de l'épaisseur des membranes fibreuses et d'autres tissus à base de viande de l'éléphant, l'homme n'a pas toujours laissé des marques sur les os. "Et pour cette raison, il est parfois difficile de déterminer si les hommes ont utilisé leur viande".


Le «Saint Graal» de l'alimentation du Paléolithique.

La graisse animale était très apprécié par les chasseurs et les cueilleurs qui bénéficiaient d'une alimentation riche en viande et pauvre en glucides. Quand il y avait peu de viande, d'autres ressources telles que la moelle osseuse devenaient une source de lipides.
D'après l'étude, cette pratique n'était pas très répandu en raison de la difficulté d'extraire la moelle des os. En outre, "l'exploitation de la matière grasse est quelque chose qui n'a pas été confirmé jusqu'à présent" ajoute le chercheur. D'autres sources de nourriture, telles que le cerveau, avaient les mêmes avantages nutritionnels.

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4.23.2012

Les fouilles d'une grotte Maya révèlent un réseau de citernes à Xcoch

Une cartographie minutieuse ainsi que les fouilles d'une ancienne grotte dans la péninsule du Yucatan ont révélé l'importance du site pour les anciens Mayas, à la fois pour les rites religieux mais aussi pour la survie.


La ville est située dans la région de Puuc dans le Yucatan au Mexique. La ville, comprenant une grande pyramide et d'autres architectures élaborées, a été construite au-dessus de l'un des rares réseaux de grottes de la région qui pénètrent la nappe phréatique permanente.
La cartographie et les fouilles de l'ancienne ville ont révélé un réseau de citernes et de réservoirs qui approvisionnaient en eau la communauté.

L'exploration de la grotte a permis la découverte de collines de poteries cassées et de sacrifices carbonisés, ce qui montre également que la grotte était un site clé religieux impliquant le culte des dieux de la pluie.

D'après le chercheur Nicolas Dunning, professeur de géographie à l'Université de Cincinnati, la grotte, située dans les anciennes ruines de la ville d'Xcoch, a été utilisée de façon continue depuis au moins l'an 800 avant JC jusqu'au 19ème siècle, où elle était encore utilisée pour des rituels.

Eric Tisserand, étudiant en géographie à l'Université de Cincinnati, a dirigé une équipe pour cartographier la grotte d'Xcoch.

"C'est dans une région qui n'a pas d'eau de surface", explique Dunning. "Il y a seulement une poignée de grottes qui vont assez profond pour aller jusqu'à la nappe phréatique permanente; aussi, pour un endroit qui est très sec pendant cinq mois de l'année, c'est un lieu très particulier."

Deux grands réservoirs sont situés dans le centre de la ville, près de l'architecture monumentale, et les petits réservoirs et citernes s'étendent dans la zone résidentielle et dans les terres agricoles environnantes. Dunning explique qu'il s'agissait de la plus grande ville de la région au cours de la période préclassique, d'environ 800 avant JC jusqu'à 100 après JC, mais il ajoute qu'il y a des signes importants montrant que la ville a été abandonnée entre 100 et 300 après JC, probablement en raison de la sécheresse.

"Les Mayas on construit un escalier à l'entrée de la grotte dans laquelle nous avons dû ramper pour entrer et voir les stalagmites", précise Dunning, "comme il s'agit d'un climat saisonnier, les stalagmites agissent comme les cernes des arbres: en effet, elles ne poussent que pendant une partie de l'année où il y a de la pluie."
Le travail de terrain n'est pas évident: pour arriver dans le profondeurs de la grotte, il faut ramper à travers de longs tunnels étroits. Les expéditions estivales impliquent de travailler dans des endroits chauds: les températures humides peuvent s'élever jusqu'à 40°C. "La teneur en oxygène est si faible, que l'on ne peut même pas allumer une allumette", explique Dunning, "Nous avons trouvé toutes sortes de poteries brisées. Les Mayas sacrifiaient la poterie en mettant quelque chose à l'intérieur, afin de le tuer rituellement, pour le libérer de son essence, ou pour recevoir les bénédictions des dieux de la pluie."

Des restes humains et des animaux ont également été trouvés, mais les chercheurs ne savent pas encore si ces restes étaient des sacrifices ou des inhumations.

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4.19.2012

Découverte du plus ancien site agricole en Europe

Des recherches de l'Université de Cincinnati ont révélé des traces d'agriculture dans une ancienne zone humide. L'UC a collaboré avec la Southern Albania Neolithic Archaeological Project (SANAP) pour mener à bien cette étude.

Etudiants de l'UC travaillant sur le chantier de fouille.

Susan Allen, professeur au Département d'anthropologie de l'UC et qui co-dirige la SANAP, explique qu'elle et le co-directeur Ilirjan Gjipali, de l'Institut albanais d'archéologie, ont créé le projet afin de combler une lacune non seulement dans l'archéologie albanaise, mais dans l'archéologie en Europe de l'Est dans son ensemble, en concentrant l'attention sur la transition initiale vers l'agriculture dans la région.

"Pour l'Albanie, il y a eu une lacune importante dans la documentation du Néolithique ancien, la première phase de l'agriculture dans la région", explique Allen, "alors que plusieurs sites du Néolithique ancien ont été fouillés en Albanie dans les années 70 et 80, les restes végétaux et animaux (les clés pour explorer les débuts de l'agriculture) n'ont pas été récupérés sur les sites; de plus, ces sites n'ont pas été datés avec les techniques au radiocarbone. A cette époque (sous Enver Hoxha dirigeant communiste), l'Albanie était fermée aux collaborations externes et donc aux nouvelles méthodologies qui se répandaient partout ailleurs en Europe, tels que l'archéologie de l'environnement et la datation au radiocarbone. Le pays a commencé à former des liens plus étroits avec l'Occident après la mort de Hoxha en 1985 et la chute du communisme en 1989. Cela a ouvert la voie à des collaborations internationales telles que la SANAP, qui ont repoussé la chronologie du Néolithique ancien albanais et ont aidé à révéler la façon dont les premiers agriculteurs ont interagi avec le paysage. "

Les résultats montrent que Vashtëmi, située dans le sud Albanie, a été occupé en 6500 avant JC environ, ce qui en fait l'un des premiers sites agricole en Europe. La localisation des anciens sites tels que Vashtëmi, à proximité des zones humides laisse à penser que les premiers agriculteurs en Europe ont choisi d'établir des villages fermiers près de ressources abondantes.

Au cours de cette première phase de l'agriculture en Europe, celle-ci s'est faite à petite échelle et elle utilisait des plantes et animaux domestiqués du Proche-Orient.
A Vashtëmi, les chercheurs ont constaté que l'agriculture reposait sur les céréales: l'amidonnier, l'engrain et l'orge.
Concernant les animaux, il y avait des porcs, des bovins, des moutons ou des chèvres, des cerfs, des sangliers, des lapins, des tortues et plusieurs espèces de poissons et d'anguilles.

Ce qui semble évident, c'est que les premiers agriculteurs de la région ont ratissé large pour les ressources alimentaires, plutôt que de s'appuyer principalement sur les cultures et les animaux domestiques, comme on le suppose généralement.


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4.16.2012

Premières découvertes des sources du Bleu Maya précolombien

 Une fois de plus, la science et l'anthropologie se sont associées pour résoudre les questions relatives au fascinant pigment vivement coloré connu sous le nom de Bleu Maya.


Imperméable aux effets de l'altération chimique ou physique, le pigment était utilisé en poterie, en sculpture et pour les peintures murales en Méso-Amérique tout au long des périodes classiques et postclassiques (250-1520 Après JC).
Il a en outre joué un rôle central dans l'ancienne pratique religieuse Maya; cette peinture bleue inhabituelle était aussi utilisée pour enduire les victimes de sacrifices humains et les autels sur lesquels ils étaient sacrifiés.

Depuis quelque temps, les scientifiques savent que le Bleu Maya est formé par la combinaison chimique de l'indigo et de la palygorskite, une argile minérale (Voir l'article: Les secrets du Bleu Maya).

Mais ce n'est qu'aujourd'hui que les chercheurs ont établi un lien entre les savoirs des autochtones contemporains et les anciennes sources de la matière minérale.

Dans un article publié en ligne dans le Journal of Archaeological Science, des chercheurs du Wheaton College, du Field Museum of Natural History, du United States Geological Survey, de la California State University Long Beach et ​​du Smithsonian Institution, ont démontré que la palygorskite, composante de certains des échantillons de Bleu Maya, provenait des mines de deux endroits dans la péninsule mexicaine du nord du Yucatan.


Les recherche sur les sources de la palygorskite datent depuis la fin des années 1960. 

Grâce à une combinaison de la recherche ethnographique et des analyses minéralogiques, Dean E. Arnold, professeur d'anthropologie au Wheaton College, et maintenant conservateur adjoint d'anthropologie au Field Museum, avait découvert que la palygorskite était bien connue des potiers indigènes de Ticul dans le Yucatán.

Les Mayas contemporains utilisent la palygorskite comme un élément clé de la poterie. Elle est également prescrite à des fins médicinales. Les connaissances autochtones s'étendent en outre aux sources de la palygorskite: les potiers extraient le minerai dans deux mines du Yucatán, l'une à Sacalum et l'autre près de la ville de Ticul à un endroit appelé Yo 'Sah Kab.

Dans le cadre de ses recherches, Arnold avait remarqué que les poteries et les anciens sites de la période Classique Terminale (800-1000 Après JC) correspondaient aux sources modernes. Cela suggèrait que les mines étaient utilisées par les Mayas comme sources pour la palygorskite.


Deux sites identifiés dans le Yucatan.

Toutefois, d'autres tests ont été nécessaires pour relier les mines actuelles de façon convaincante avec les anciens Mayas. Entre 1965 et 1997, Dean Arnold et Bruce E. Bohor de l'United States Geological Survey ont recueilli 33 échantillons du minerai dans la région du Yucatán.
Après une analyse minéralogique, il a été possible de différencier des échantillons de palygorskite d'après leur composition, ce qui signifiait que la palygorskite dans les échantillons spécifiques de Bleu Maya pouvait être attribuée à des endroits spécifiques.

En 2008, Arnold et Bohor ont recueilli 167 échantillons de palygorskite supplémentaires dans cinq sites différents du Yucatan.
Les analyses de ces échantillons ont ensuite été comparées à des analyses du pigment Bleu Maya se trouvant sur de la poterie provenant de Chichén Itzá et Palenque au Yucatán.
L'analyse a confirmé que tous les échantillons de bleu Maya de l'ancien site maya de Chichén Itzá contenaient de la palygorskite de Sacalum, tandis que les échantillons Bleu Maya de Palenque pouvait provenir de Sacalum, Yo 'Sah Kab, ou d'une autre source inconnue.

"En utilisant des techniques chimiques avant-gardistes de sourcing, nous avons récupéré des données provenant de collections détenues dans Le Field Museum depuis plus de 100 ans", a rapporté le directeur et conservateur du Field Museum Ryan Williams, "les données issues de cette étude fournissent des preuves concluantes que Sacalum était la source de la palygorskite utilisée dans le Bleu Maya de Chichén Itzá,".

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4.12.2012

Une tombe sumérienne mise au jour en Irak


Une équipe d'archéologues italiens a découvert une tombe datant du troisième millénaire avant JC dans le sud de l'Irak qui fut le berceau de la civilisation sumérienne à l'âge du bronze.

Le site d'Abou Tbeirah dans le sud de l'Irak. Credit Photo: Italian Archaeological Mission in Iraq 

Le tombeau, mis au jour sur un site de 42 hectares à Abou Tbeirah, est situé à environ 20 kilomètres de la ville d'Ur. Cette découverte peut donner un aperçu de la civilisation sumérienne qui a prospéré dans le sud de la Mésopotamie de 4000 à 3100 avant JC et tombée autour de 2270 avant JC aux mains de l'empire Acadien.

Les Sumériens sont considérés comme la première civilisation de la région; ils furent les pionniers dans l'agriculture, l'industrie, le commerce, la métallurgie, le tissage et la poterie.

La tombe contenait les restes d'un jeune homme, qui pourrait avoir été roi, comme le suggère son costume agrémenté de perles de cornaline; ces pierres semi-précieuses étaient souvent utilisées au cours de l'Age du Bronze pour la fabrication de bijoux et dans les arts décoratifs, selon les archéologues.

"La richesse de la tenue est mise en évidence par trois perles de cornaline de la vallée de l'Indus", explique Franco d'Agostino, philologue italien et chef de l'équipe archéologique, il est aussi professeur à l'Université Sapienza de Rome.

Vue aérienne du site de 42 hectares d'Abou Tbeirah. Credit Photo: Italian Archaeological Mission in Iraq

Surnommée le "Tombeau du Petit Prince", la tombe est semblable à celles mises au jour dans le cimetière royal d'Ur et à celles de la ville religieuse de Nippour, situé à environ 200 kilomètres au nord d'Abou Tbeirah.
En outre, quatre vases de bronze, dont un en forme de bateau, et un poignard en bronze ont également été trouvés dans la tombe.

"L'étude de cette tombe nous a permis de faire l'hypothèse des étapes et des procédures suivies pour enterrer le cadavre. Jusqu'à présent, cela n'a jamais pu être décrit dans des fouilles en mésopotamie. Cette découverte devrait clarifier de nombreux aspects des pratiques funéraires de l'ancienne Mésopotamie," a ajouté d'Agostino.

Les problèmes de sécurité, à la suite de l'invasion américaine en Irak en 2003, ont longtemps maintenu les archéologues loin des sites de fouilles irakiens, qui sont pourtant riches en antiquités et en villes enfouies. Il s'agissait là de la première mission archéologique étrangère depuis 2003.

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4.10.2012

Australie: La mégafaune aurait disparu à cause des chasseurs et non pas du climat

Les premiers Australiens chassaient les kangourous géants, des rhinocéros de la taille de marsupiaux, des varans énormes et d'autres grands animaux; cette mégafaune est arrivée à extinction peu après leur arrivée dans le pays plus il y a plus de 40.000 ans indiquent de nouvelles recherches.

 Le Diprotodon optatum, un marsupial mega-herbivore connu aussi sous le nom de Géant de Wombat ou Rhinoceros Wombat, était long de trois mètres et haut de deux mètres. Ses parents survivant les plus proches sont le Wombat et le Koala. (dessin: Peter Murray)

 Une équipe de scientifiques provenant de six universités déclare avoir mis un terme au débat de longue date concernant la cause de la disparition soudaine de vertébrés géants de l'écosystème australien, et le changement radical du paysage qui a suivi.

Peu de temps après la disparition de cette mégafaune, il y a eu une évolution rapide de la végétation à travers l'Australie. Alors que le territoire était recouvert de forêts séparées par des zones de prairies ouvertes, elles auraient été rapidement étouffées par les forêts d'eucalyptus.

Le changement aurait été causé par une diminution de la consommation de cette matière végétale par les grands herbivores, ce qui a permis a la forêt de se propager, en outre, cela a également entraîné une accumulation de combustibles sec favorisant les feux de brousse.

Dans les 100.000 dernières années, bon nombre des plus grands animaux de la Terre se sont éteints. Les raisons restent sujettes à controverse.


Les spores de champignons à la base de la théorie.

Ces dernières années, certains scientifiques ont fait valoir que la perte d'habitat par le biais du changement climatique ou le feu avait été un coup fatal. Mais le dernier article, publié dans Science, réfute cette théorie. Le leader de cette étude Chris Johnson, de l'école de zoologie de l'Université de Tasmanie, a déclaré avoir résolu avec son équipe le mystère de la disparition de la mégafaune de l'Australie. Ils ont utilisé une méthode de suivi des grands herbivores dans le temps en comptant les spores de champignons dans leurs excréments.
Le Professeur Johnson a déclaré que les plus grands herbivores - "comme les Diprotodons, marsupiaux ressemblant à un Wombat et de la taille d'un rhinocéros, les kangourous géants, des Goanna plus grands que les dragons de Komodo actuels, une oie géante faisant deux fois la taille de l'émeu et beaucoup d'autres..." - ont produit de vastes quantités de fumier, habités par des champignons spéciaux.

"Les spores de ces champignons peuvent être conservés dans les sédiments dans les marais et les lacs", explique le professeur Johnson. "Comme ces sédiments s'accumulent au fil du temps, ils fournissent des données historiques concernant l'importance de l'abondance des herbivores dans l'environnement. Les particules de pollen et de charbon sont piégés dans les sédiments mêmes, de sorte qu'il est possible de faire correspondre l'histoire de l'abondance de grands herbivores avec des changements dans la végétation et avec le feu. Ensuite, la datation au radiocarbone peut être utilisée."

Le professeur Johnson précise que la recherche a porté en grande partie sur un marécage appelé cratère de Lynch dans le nord du Queensland, où l'enregistrement des sédiments remonte jusqu'à 130.000 ans. "Cela a montré que l'abondance des grands mammifères a été stable jusqu'à il y a 40.000 ans, quand leur nombre a soudainement chuté. Le changement climatique comme cause d'extinction est donc exclu: il y a eu plusieurs périodes de sécheresse avant l'extinction et cela n'a eu aucun effet sur leur abondance. Et quand les animaux ont disparu, le climat était stable. 
Le changement d'habitat n'aurait pas pu être responsable de la perte des grands marsupiaux, parce que les forêts herbeuses se sont étendues uniquement après que les spores aient brusquement diminué. Par contre, ces extinctions sont survenues très peu de temps après que des hommes soient arrivés dans la région; ils seraient donc à l'origine de leur brusque diminution. Notre étude n'a pas abordé directement la façon dont les gens ont causé l'extinction, mais le mécanisme le plus probable est la chasse."

Les résultats montrent également que les extinctions ont été rapidement suivie par des changements écologiques massifs.
Gavin Prideaux, maître de conférence en paléontologie des vertébrés à l'École des sciences biologiques à l'Université Flinders, pense que cette recherche est une contribution importante à la compréhension de ce qui s'est passé. La théorie désignant le changement climatique comme responsable de la disparition de cette mégafaune se trouverait invalidée.

D'après John Alroy, futur membre du département des sciences biologiques à la Faculté des sciences de l'Université Macquarie, cette nouvelle étude devrait clore le débat: "Les données clés sont les nouveaux spores, et en combinaison avec le charbon de bois et la forêt tropicale, les données polliniques racontent toute l'histoire. Il n'y a tout simplement aucun moyen raisonnable de discuter avec les conclusions des auteurs."


La théorie sujette à controverse

Cependant Judith Field, chercheur à la School of Biological, Earth and Environmental Sciences à l'Université de New South Wales, a déclaré que l'argument était caduque pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, l'affirmation des auteurs selon laquelle le climat était stable pendant la période en question: "le contraire est généralement admis", dit-elle
De plus, l'hypothèse non prouvée que la mégafaune étaient si abondante que leur disparition aurait déclenché un changement radical dans végétation: "Les faits montrent que la plupart de la mégafaune était éteinte près de 100.000 ans avant l'arrivée de l'homme et il n'y a aucune preuve pour quelque période que ce soir d'extinctions animales significatives."
Field a ajouté qu'il n'y avait aucune preuve provenant de sites archéologiques montrant que des êtres humains avaient chassé la mégafaune. En outre, le plus ancien témoignage de l'occupation humaine dans le nord du Queensland suggère que leurs populations étaient très restreintes.

Finalement, une chose est certaine: la controverse n'est pour l'heure pas en voie d'extinction...

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4.04.2012

L'Homme utilisait déjà le feu il y a un million d'années !

C'est une équipe dirigée par Francesco Berna, archéologue à l'Université de Boston, qui a fait la découverte dans la grotte de Wonderwerk, située dans la province de Northern Cape en Afrique du Sud.

 Vue de l'entré de la grotte de Wonderwerk

L'équipe a trouvé de la cendre d'herbe et de feuilles, ainsi que des fragments d'os à une profondeur de 30 mètres (soit environ un million d'années).
Wonderwerk est une des plus anciennes grottes connues pour avoir abrité des hominidés. Les données archéologiques montrent que la grotte a été utilisée depuis au moins deux millions d'années.

 La zone fouillée se trouve assez profondément dans la grotte pour être hors de portée des coups de foudre et a était testée négativement pour les excréments de chauves-souris (qui peuvent s'enflammer spontanément en quantités suffisantes), "Cela nous a amené à la conclusion que le feu a dû avoir été créé par des hominidés", explique Berna. "L'utilisation du feu n'a été confirmé que lorsque les sédiments ont été analysés à l'échelle microscopique. Il est possible que la raison pour laquelle nous n'avions pas encore décelé des indices de son utilisation vienne du fait que nous n'avons pas utilisé les méthodes appropriées", a-t-il poursuivi.
Les conclusions de Berna ont été publiées dans Proceedings of the National Academy of Sciences; bien que de nombreux archéologues sont d'accord pour dire que la découverte suggère que les hominidés ont utilisé le feu dans la grotte il y a un million d'années, il y a encore débat sur ​​le fait de savoir si ces hommes maîtrisaient suffisamment ou pas le feu pour cuire régulièrement.

 Vue de l'intérieur de la grotte de Wonderwerk

 "Je pense qu'il est probable que des hommes ont utilisé le feu à cet endroit, mais je ne pense pas que cela signifie que ces hominidés étaient des utilisateurs réguliers du feu. Pour pouvoir l'affirmer, nous aurions besoin de voir les foyers et les lieux d'utilisation du feu, et ce n'est pas le cas", explique Wil Roebroeks, archéologue à l'Université de Leiden aux Pays-Bas.

Les plus anciens sites où l'on suspecte l'utilisation du feu pour la cuisine se trouvent à Swartkrans en Afrique du Sud et à Gesher Benot Ya `aqov en Israël, datant respectivement de 1,5 million et 800.000 ans. Cependant, ils sont à l'air libre et pourraient bien avoir été induits par la foudre.
Le plus ancien cas connu de cuisson avéré est donc seulement de 400.000 ans; si celui de la grotte de Wonderwerk se confirme, le record sera plus que doublé.

Source:

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4.02.2012

Le mécanisme d'Anticythère révèle certains de ses secrets

Découverte en 1900 par des pêcheurs d'éponges, dans une épave près des côtes de l'île grecque d'Anticythère, et datée des alentours de 87 Avant J.C., cette machine de bronze, de forme circulaire, actuellement fragmentée en 3 parties, occupe le volume d'un petit boîtier haut de 21 cm, large de 16 et épais de 5. Elle est composée de 32 éléments dont une vingtaine de roues dentées.




Elle devait probablement être actionnée à la main ou par un système hydraulique. Son fonctionnement se base sur les mouvements différentiels des engrenages permettant de « calculer » la position des astres à un moment donné.

Elle semble être la première machine capable de restituer des données transformées après entrée d'autres données. De ce point de vue, elle peut être considérée comme une véritable machine à calculer.

Comme il était impossible de démonter le disque sans l’endommager gravement et que d’autre part les moyens classiques, tel que la radiographie s’avéraient inadaptés, pendant des décennies toute nouvelle étude du disque fut bloquée jusqu’à ce que, en 2000, l’astronome Mike Edmunds de l’Université de Cardiff, eut l’idée d’utiliser le scanner.
Malheureusement aucun scanner ne se révéla adapté à cet usage; si bien qu’en 2002, Edmunds se résolut à faire construire un appareil spécialement adapté: un scanner à rayons X (450 kilovolts) pesant plus de huit tonnes.
Cet appareil s’avère capable de reconstituer et produire des images tridimensionnelles avec une précision de 50 microns (Photos ci-dessous).

Les études vont confirmer que cet appareil servait bien à calculer la position de plusieurs planètes du système solaire; il reste donc une question essentielle: quel est l'auteur de cette machine complexe quand on sait que les grecs étaient peu portés sur les technologies ?

Les études, sont actuellement menées par:
Sources:
Quelques photos du mécanisme prises par le scanner:





Modélisation 3D du méchanisme d'Anticythère:



Petit documentaire Espagnol sur le mécanisme:



 Documentaire Arte paru le 01/04/2012:

Des squelettes de chiots et de corbeaux mis au jour à Tel-Haror

Des archéologues de l'Université de Harvard et le président de la Paleontological Research Corporation, le Dr Joel Klenck, rapportent que de récentes découvertes archéologiques montrent de nouveaux aspects des pratiques de culte des anciens habitants du Moyen Orient.


Vue des restes sacrificiels: Figurine d'argile non cuite (A), reste d'un corvidé désarticulé (B), dent de bétail (C), jeune chien (D). Credit: Paleontological Research Corporation


A Tel-Haror, un site comprenant des strates datant de la période du Bronze Moyen II (1,800-1,550 avant  JC), les archéologues dirigés par le professeur Eliezer Oren de l'Université Ben Gourion ont fouillé un ensemble de temples comprenant un "Migdal" ou temple en forme de tour.

Klenck a dirigé les fouilles et mises au jour des restes de squelettes de dizaines de jeunes chiens, de corbeaux et de corneilles dans divers états d'articulation.
En 2011, les données des os d'animaux ont été comparées avec l'ensemble des artéfacts du site comprenant des figurines de serpent, les bras levés d'une statuette et le dessin d'un pentagramme.
La plupart des chiots, des corbeaux et des corneilles entouraient un autel carré, avec une base de briques crues, à plusieurs mètres du sanctuaire principal.

Squelette du chiot (A) entouré de plâtre, et figurine d'argile non cuite (B) avec des fragments de poterie et d'os. Credit: Paleontological Research Corporation

Les populations de Tel-Haror enterraient des figurines d'argile à forme humaine, de petites bols en céramique et d'autres objets avec ces os de chiens et de corvidés.
D'après Klenck, "Plusieurs des squelettes d'animaux, plus complets, ont montré que les têtes de ces animaux ont été sévèrement tordus. Cela suggère que les habitants ont brisé le cou de certains de ces animaux avant de les enterrer dans le complexe de temples."


Un rite que peut éclairer certains textes anciens.

La signification cultuelle des raisons pour lesquelles les chiots, les corbeaux et les corneilles ont été utilisés est moins claire.
Klenck a noté plusieurs inscriptions qui pourraient faire la lumière sur les motivations idéologiques des habitants de Tel Haror.
Dans le conte d'Aqhat trouvé à Ougarit et datant du XIVe siècle avant J.-C., la tablette mentionne la divinité Baal découpant des vautours et les enterrant.
D'autres textes datant du dix-neuvième siècles avant Jésus-Christ mentionnent l'utilisation de chiens en conjonction avec les divinités de la guérison telles que Gula ou Ninisina en Mésopotamie, Asclépios en Grèce, Echmoun en Phénicie et Recheph-Mukal en Chypre phénicienne.

En outre, les textes hittites comme le Rituel de Tunnawi mentionnent des chiots dans les rituels de purification, de guérison et de conjuration des mauvais présages.
Au Xe siècle avant JC, les enterrements de chiens ont été trouvés dans une rampe menant à un temple à Isin en ancienne Babylonie.
Inversement, les anciens Israélites considéraient les chiens et les corvidés comme des êtres impurs et ces animaux étaient interdits dans leurs lieux sacrés. En outre, un texte dans le Tanakh déplore des rituels qui impliquent la rupture du cou d'un chien.

Klenck conclut: "Bien que nous ne pouvons que spéculer sur leurs motivations idéologiques, les chiots et les corvidés mis au jour au complexe de temples de l'âge du Bronze Moyen à Tel Haror ajoutent un nouvel éclairage sur les activités rituelles des anciens populations du Levant."


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