6.27.2013

Fouilles d'un fort romain frontalier en Angleterre


Situés près de la petite ville côtière de Maryport dans le nord-ouest de l'Angleterre, les vestiges de l'ancien fort romain d'Alauna ont d'abord été découverts par l'archéologue amateur Joseph Robinson à la fin du 19e siècle.

Parmi les artéfacts, il y avait un ensemble de 22 autels de pierre. Certains portaient des inscriptions racontant l'histoire des commandants romains successifs de l'un des postes les plus septentrionaux de la Rome impériale.


En 2011, une équipe d'archéologues et de bénévoles est retournée à l'endroit où les autels en pierre avaient été trouvés afin de découvrir plus d'indices sur l'aménagement du fort, sur son campement, et sur la vie des officiers et des soldats qui tenaient cette lointaine garnison.
J'y avais d'ailleurs consacré un article: Des fouilles à venir sur un important site Romain où furent trouvés 17 autels le long du mur d'Hadrien

Fouilles sur le site de Maryport. Courtesy Senhouse Museum Trust et Newcastle University

L'équipe d'archéologues est dirigée par le professeur Ian Haynes, de l'Université de Newcastle, et le directeur du site Tony Wilmott.

Haynes explique que "les fouilles de ces deux dernières années ont porté sur la zone dans laquelle les autels ont été découverts en 1870. Cette année, il y aura quelques travaux supplémentaires sur le site de 1870 et l'on débutera un nouveau projet, sur trois ans, se concentrant sur l'endroit où, en 1880, le directeur de la banque locale et l'archéologue amateur Joseph Robinson ont découvert d'autres autels et deux hypothétiques temples. Les photographies et autres documents des années 1880 indiquent que l'étude avait seulement mis au jour une partie du site et il est clair qu'il reste encore beaucoup à découvrir. "

En 2012, l'équipe a découvert un total de 63 fosses et des plans partiels de structures montrant des traces d'au moins deux phases de construction. Elle a aussi mis au jour le premier autel en pierre complet (avec inscription) depuis 1870, et un cimetière de la période romaine tardive ou du début médiéval.

Inscription sur un autel de pierre trouvé au cours des fouilles. Courtesy Senhouse Museum Trust et Newcastle University

L'inscription de l'autel témoignait de la consécration de Titus Attius Tutor, un commandant de la garnison qui a également servi dans des zones ou se situent actuellement l'Autriche, la Hongrie et la Roumanie.

Les découvertes provenant des tombes du cimetière comprenaient un collier en perles de verre, un bracelet, des perles en vrac et un fragment d'ancien textile.
La datation au radiocarbone du textile a indiqué que la laine dont il a été tissé provient probablement d'une tonte effectuée vers 240-340 après JC.


Les fosses ont une grande importance pour les archéologues.

Haynes et Wilmott rapportent que les "découvertes en 2011 ont clairement montré que les fameux autels de Maryport n'avaient pas été enterré dans un acte de piété, mais étaient dans les fosses, avec d'autres pierres, pour servir de ballast afin de soutenir des poutres. Nous voulions comprendre la ou les structures que ces poutres représentaient ".

Le fort romain et le lieu d'établissement civil à Maryport sont considérés comme ayant joué un rôle important dans les défenses côtières de la Rome impériale le long de la limite nord-ouest de l'Empire romain pendant plus de 300 ans.
Des levés géophysiques du site ont révélé qu'il était, selon Haynes et Wilmott, "extrêmement complexe et d'une taille considérable et qu'il est bien conservé".

Par ailleurs, l'étude des 23 autels romains (22, plus celui récemment découvert) qui, d'après les inscriptions, étaient consacrés à Jupiter et autres dieux romains par les commandants du fort, fournissent des informations précieuses sur l'armée romaine et ses pratiques religieuses.

"Dans certains cas", disent-ils, "l'histoire de leur carrière peuvent être établies à partir des inscriptions sur les autels, retraçant leurs mouvements à travers l'Empire romain lorsqu'ils se déplaçaient de poste en poste".

Fort Alauna, faisait parti de 30 autres forts qui s'étendaient le long de la frontière romaine sur 240 km dans le nord de l'Angleterre.

Ils complétaient le mur d'Hadrien, construit sous le règne de l'empereur Hadrien au 2ème siècle après JC. Le long du mur, il y avait 80 fortins et environ 160 tourelles, dont un fossé au nord et un terrassement défensif massif au sud.
Avec le mur d'Antonin en Ecosse et les limes germaniques, l'ensemble représentait la limite de l'Empire romain à son maximum d'extension au cours du 2ème siècle après JC.

Source:

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6.24.2013

Des escargots révèlent que les hommes ont migré de la France vers l'Irlande il y a 8000 ans


Une étude génétique des escargots, combinée à d'autres facteurs, suggère une migration des populations mésolithiques des Pyrénées vers l'Irlande.


Une récente étude de l'ADN mitochondrial a montré que l'escargot des bois nemoralis Cepaea, était curieusement commun seulement à l'Irlande et à la région des Pyrénées au sud de la France.
Cela a conduit les chercheurs à conclure la possibilité que les anciens peuples mésolithiques ont apporté la faune avec eux au cours d'une migration depuis la région française vers l'Irlande il y a environ 8.000 ans.

Cela entre en corrélation avec des analyses sur la génétique humaine et la colonisation de l'Irlande, selon l'étude publiée le 19 Juin 2013 dans la revue PLoS ONE par Angus Davison et ses collègues de l'Université de Nottingham, au Royaume-Uni.

Les points noirs montrent la répartition de l'escargot des bois nemoralis Cepaea


L'Irlande et cette région Française sont distantes de milliers centaines de kilomètres.

D'après Davison, "Il y a un schéma très clair, qui est difficile à expliquer sans intervention humaine. Si les escargots avaient naturellement colonisés l'Irlande, vous vous attendriez à trouver un même type génétique dans d'autres régions d'Europe, en particulier en Grande-Bretagne. Or, cela n'est pas le cas."

En outre, ajoute-t-il, "il y a des données du mésolithique ou de l'âge de pierre montrant que les hommes mangeaient des escargots dans les Pyrénées, et peut-être même les élevaient-ils. Les grandes routes du passé étaient les rivières et l'océan. Ainsi, la rivière (la Garonne) qui longe les Pyrénées était peut-être une ancienne route commerciale vers l'Atlantique. Peut-être sommes nous face à un très vieil héritage; et ce transport d'escargots (accidentel ou en tant que nourriture), montrerait que les hommes se sont rendus du Sud de la France vers l'Irlande il y a 8000 ans".

Lien vers l'étude complète:

Source:

6.20.2013

Mahendraparvata: une cité perdue découverte au Cambodge grâce au Lidar

Christophe Pottier, de l'EFEO (Ecole Français d'Extrème-Orient), m'a contacté au sujet de l'article ci-dessous, m'expliquant que ma source ne donnait qu'un faible aperçu de l'étendue de la découverte de cette étude archéologique beaucoup plus riche et complexe. J'ai donc refait un post à partir d'un article du Phnom Penh Post, bien plus complet et donnant une bien meilleure idée de l'intérêt de ces découvertes:
 

***   ***   ***

Les archéologues pensent avoir découvert, dans les jungles du Cambodge, une ancienne ville vieille de 1200 ans.
L'équipe a minutieusement épluché le terrain miné de la jungle recouvrant l'ancienne ville de Mahendraparvata.

Le Lidar révèle la cité, ses rues et ses canaux...

"C'est là que tout a commencé, donnant naissance à la civilisation angkorienne que tout le monde associe avec Angkor Wat,'' explique Damian Evans, directeur du Centre de Recherche Archéologique au Cambodge de l'Université de Sydney.
Ce complexe de temples hindou construit au 12ème siècle devient ainsi le plus grand monument religieux au monde.

"Avec cet instrument, nous avons vu immédiatement l'image de toute une ville dont personne ne connaissait l'existence, ce qui est tout simplement remarquable'', a ajouté Evans.
Cet «instrument» désigne une nouvelle technologie de balayage laser, aéroportée, appelé LIDAR. Sans cet appareil, la découverte de Mahendraparvata n'aurait pas eu lieu.

Cette technologie a également été largement utilisée à Stonehenge, ainsi que sur les sites mayas d'Amérique centrale.

Dans le cas de la Mahendraparvata, un hélicoptère a balayé une bande de terre dans les montagnes reculées de Phnom Kulen  qui étaient recouvertes de jungle depuis des siècles jusqu'à ce que des bûcherons se soient installés dans la région dans les années 1990.

Les fouilles des ruines sont en cours, et les archéologues ont découvert à ce jour près de 30 temples non comptabilisés antérieurement, ainsi que des restes d'anciens canaux, des digues et des routes vers la cité perdue.

Selon Evans, le site de Mahendraparvata serait antérieur aux célèbres ruines d'Angkor Wat, situées à environ 30 kilomètres, d'environ 350 ans.

Source:

Derniers articles sur le Cambodge:
Quelques découvertes avec le Lidar:

6.17.2013

400 espèces animales sacrifiées aux dieux à Tenochtitlan d'après les archéologues

Les archéologues mexicains ont identifié plus de 400 espèces animales dans quelque 60 offrandes faites aux dieux au Grand Temple (Templo Mayor) de Tenochtitlan , aujourd'hui Mexico.

Source: INAH


Ces offrandes comprenaient, entre autre, des mollusques, des poissons, des oiseaux, des reptiles et des mammifères, selon l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire, (INAH).

Norma Valentin Maldonado, biologiste à l'INAH, explique que les scientifiques ont trouvé "par exemple, des poissons de récifs coralliens de l'océan Atlantique, des reptiles, dont des crocodiles, des serpents et des tortues, ainsi que des oiseaux comme des toucans et des quetzals, et des grands mammifères des tropiques, comme le jaguar. Toute cette faune a été sacrifiée au dieu de la pluie Tlaloc et au dieu de la guerre, Huitzilopochtli, de la quatrième à la septième étape (1440-1520) de la construction du Templo Mayor. Les animaux sont toujours des espèces exotiques, d'une beauté spectaculaire, ou avec une peau rugueuse ou épineuse, et ils sont parfois dangereux ou venimeux".

Valentin estime que plusieurs des animaux ont fait l'objet d'une sorte d'ancienne taxidermie, où certains des os ont été laissés à l'intérieur pour maintenir la forme de la peau et l'empêcher de se déchirer.

Pour les grands mammifères, elle a dit que près de six loups, deux jaguars, 13 pumas et un seul os de la patte arrière d'un chat sauvage, ont été identifiés et étudiés.

Selon l'expert, "les mollusques ont la plus grande présence dans les offrandes Mexicas. Dans à peu près tous les sacrifices au moins l'un d'eux a été trouvé, de sorte que près de 300 espèces ont été signalés dans le Grand Temple, provenant à la fois des océans Pacifique et Atlantique. Par ordre d'abondance, viennent ensuite 60 espèces de poissons, principalement de récifs coralliens".


Source:

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6.13.2013

On mangeait du maïs au Pérou, il y a 5000 ans

Il y a quelques semaines, nous avons vu que l'engrais était utilisé en Suède il y a 5000 ans. A cette même période, du maïs était cultivé au Pérou.

Pendant des décennies, les archéologues ont eu du mal à comprendre l'émergence d'une civilisation distincte Sud américaine, au cours de la Période Archaïque (3000-1800 avant JC) au Pérou. L'une des questions persistantes était le rôle de l'agriculture, et en particulier du maïs, dans l'évolution des sociétés complexes et centralisées.

Jusqu'à présent, la théorie dominante supposait que les ressources marines, et non l'agriculture et le maïs, étaient le moteur économique du développement de la civilisation dans la région andine du Pérou.


L'agriculture, marqueur des grandes civilisations.

Aujourd'hui, les dernières recherches menées par Jonathan Haas, conservateur du Field Museum, apportent une nouvelle réponse à cette question. Et ce, grâce à l'analyse d'éléments microscopiques dans le sol, sur des outils de pierre, et dans les coprolithes d'anciens sites datés au carbone 14.

Après des années d'étude, Haas et ses collègues ont conclu que, au cours de la Période Archaïque, le maïs était en effet un élément principal dans l'alimentation des personnes vivant dans la région du Norte Chico du Pérou. C'était une région d'une floraison culturelle remarquable au 3ème millénaire avant J.-C.

"Ce nouvel ensemble de preuves démontre clairement que l'émergence de la civilisation en Amérique du Sud est en effet basée sur l'agriculture comme dans les autres grandes civilisations de Mésopotamie, d'Egypte, d'Inde et de Chine", a déclaré Haas.

Lui et son équipe se sont concentrés sur les sites dans les vallées désertiques de Pativilca et Fortaleza au nord de Lima, où de nombreuses preuves botaniques soulignent la production, la transformation et la consommation importante de maïs entre 3000 et 1800 avant JC.
Ils ont analysé un total de 13 sites.

Les deux sites les plus étudiés sont Caballete, composé de six grands monticules disposés en "U", et le site de Huaricanga, constitué d'un très grand monticule et de plusieurs monticules plus petites de chaque côté.

Un aperçu du site de Caballete depuis l'ouest. Crédit: Jonathan Haas.

Ce que nous apprend le pollen de maïs.

Les scientifiques ont ciblé plusieurs zones sur les sites: à savoir, les résidences, les fosses à ordures, les salles d'apparat et les campements.

Un total de 212 datations au radiocarbone ont été obtenues dans le cadre de ces fouilles.

Les restes macroscopiques de maïs (grains, feuilles, tiges et épis,) étaient rares. Cependant, l'équipe a examiné de plus près et a trouvé une abondance de preuves microscopiques de maïs sous différentes formes lors des fouilles.

Un des meilleurs marqueurs est l'abondance de pollen de maïs dans les échantillons de sols préhistoriques. Bien que le maïs soit cultivé dans la région aujourd'hui, ils ont pu contourner la contamination du maïs moderne: en effet les grains de pollen du maïs actuel sont plus grands et deviennent rouges foncés lorsqu'une teinture est appliquée.
En outre, les échantillons de sols modernes contiennent toujours du pollen de pin d'Australie (Casuarinaceae Casuarina), une plante qui est une espèce envahissante d'Australie et qui n'a jamais été trouvée dans les échantillons préhistoriques.

La majorité des échantillons de sols analysés provenaient de fosses à ordures liées à l'architecture résidentielle.
D'autres échantillons ont été prélevés dans des endroits tels que les planchers des chambres et les débris de construction.

Sur les 126 échantillons de sol analysés (sans compter les outils de pierre et les coprolithes), 61 contenaient des pollens de maïs. En fait, le maïs était le pollen le plus fréquent dans l'ensemble des échantillons, juste derrière le pollen de quenouille qui a des fleurs pollinisées par le vent.

Ceci est cohérent avec le pourcentage de pollen de maïs dans les analyses polliniques des sites dans d'autres parties du monde où le maïs est une culture importante et constitue la principale source de calories dans le régime alimentaire.

Haas et ses collègues ont également analysé les résidus sur les outils de pierre utilisés pour couper, racler, battre et meuler. Les outils ont été examinés afin de trouver des résidus de végétaux, en particulier des grains d'amidon et de phytolithes (microfossiles micrométriques de cellules végétales).

Sur les 14 outils de pierre analysés, 11 avaient des grains d'amidon de maïs sur les surfaces de travail et deux avaient des phytolithes de maïs.


Le maïs était une composante essentielle du régime alimentaire.

Les coprolithes (excréments minéralisés, fossilisés) apportent des informations directes sur l'alimentation préhistorique.
Parmi 62 coprolithes analysés de tous types (34 humains, 16 de chiens domestiqués, et d'autres de divers animaux), 43 contenaient des grains d'amidon de maïs, des phytolithes, ou d'autres restes.
Sur les 34 coprolithes humains, 23 (soit 68 pour cent) contenaient des traces évidentes de maïs.

Les coprolithes ont également montré que les poissons, principalement les anchois, étaient la principale source de protéine dans l'alimentation.

Les chercheurs en ont conclu que la prévalence du maïs dans de multiples contextes et dans plusieurs sites indique que cette plante a été largement cultivée dans la région et constitue une partie importante du régime alimentaire local (elle n'a pas été utilisée uniquement lors de cérémonies par exemple).

La recherche confirme, en fin de compte, l'importance de l'agriculture pour supporter une base économique solide afin de permettre l'essor de sociétés complexes et centralisées.

Tous les travaux botaniques menées sur ce projet ont été réalisés au Laboratorio de Palinología y Paleobotánica at the Universidad Peruana Cayetano Heredia, sous la direction de Luis Huamán.


Source:

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6.11.2013

Cahokia: de nouveaux indices sur la civilisation du Mississippi

À son apogée, Cahokia était l'épicentre de l'ancienne civilisation du Mississippi dans l'Illinois.

Avec une population de 20.000 habitants en 1250, Cahokia était plus grande que Londres à la même époque.

 Le tumulus des Moines à Cahokia. Credit wikimedia commons

Aujourd'hui, un groupe d'archéologues de l'Université de Bologne en Italie fouille les monticules, en essayant de comprendre comment les civilisations développent leur complexité politique.

"Je me suis toujours posé des questions sur ce lieu étrange qu'est Cahokia", a déclaré Davide Domenici, professeur à l'Université de Bologne. Il a étudié les monticules pendant ces trois dernières années.

"Habituellement, nous, archéologues, pensons que dans l'ancienne Amérique du Nord, il n'y avait que des sociétés relativement simples, mais Cahokia possédait une véritable complexité politique." ajoute-t-il.

***
(j'ouvre une parenthèse dans cet article: c'est la deuxième fois que l'on s'étonne de l'avancement de ces sociétés amérindiennes; il a quelques semaine je publiais un article sur Poverty Point où de grands monticules avaient été construits en moins de 90 jours par les amérindiens; les archéologues parlaient "d'un accomplissement incroyable pour ce que l’on croyait être une société mal organisée, composée de petites bandes dispersées d'amérindiens... ")
***


Les archéologues font attention à la façon dont ils parlent du contexte social de Cahokia.
Peu d'indications sur le site permettent aux chercheurs de classer la structure politique et sociale de la ville avec un quelconque degré de certitude: "Pouvons-nous appeler cela un Etat, ou une chefferie ? Nous ne savons pas comment l'appeler, nous ne savons pas ce que c'était", explique Domenici, "mais l'idée est d'étudier cette complexité, et peut-être les chemins menant à celle-ci car ils devaient être très différents de ceux que nous sommes habitués à voir dans d'autres parties du monde."

C'est à Cahokia que l'on retrouve les plus grands exemples de terrassement au nord du Mexique, où Domenici a déjà fait beaucoup de ses recherches.

A sa base, le tumulus des Moines, haut de 100 mètres, occupe plus de 14 hectares; il est plus grand que la Grande Pyramide de Gizeh, en Egypte.

En 2012, les archéologues italiens ont trouvé ce qu'ils croyaient être des bâtiments publics sur la place ouest du tumulus des Moines.

Cette année, les trous de poteaux qu'ils ont trouvé leur ont donné raison. Les élèves ont fait des découvertes sur un site que les chercheurs avaient délaissés dans les années 1960. Les poteaux qu'ils ont découvert sont les traces d'un mur ouest qui fermait une palissade.

Chaque structure identifiée est un nouvel élément permettant aux archéologues de cartographier et décrypter la construction de la civilisation de Cahokia...

Une vue d'artiste de ce à quoi pouvait ressembler Cahokia. Source: Université de Bologne

Source:

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6.06.2013

Huit bateaux préhistoriques découverts en Angleterre


Une flottille de huit bateaux préhistoriques, dont un de près de neuf mètres de long, a été découverte dans une carrière près de Peterborough sur le site de Much Farm.

Ils ont tous été coulés délibérément il y a plus de 3000 ans.

Il s'agit du plus grand groupe de bateaux de l'âge du bronze jamais trouvés sur un même site au Royaume-Uni, et la plupart d'entre eux sont étonnamment bien conservés.


 L'un des bateaux, découverts dans la carrière.

L'un d'eux est recouvert à l'intérieur et à l'extérieur de motifs décoratifs gravés (voir les photos). D'après le conservateur Ian Panter, c'est "comme s'ils avaient joué au morpion dessus".

Un autre a des poignées taillées dans le tronc de l'arbre pour le soulever hors de l'eau.

Un des bateaux flottait encore après 3000 ans, et un autre portait des traces de foyer sur le pont plat et large où les prises étaient probablement cuites.

Plusieurs d'entre eux portaient des signes d'anciennes réparations (comme des "rustines" d'argile...).

Ces bateaux ont été conservés dans la vase gorgée d'eau le long du lit d'un ruisseau desséché, un affluent de la rivière Nene, qui les a enterré profondément sous terre.

"Il y avait une grande effervescence sur le premier bateau", explique Panter, "et puis ils ont téléphoné au bureau en disant qu'ils en avaient trouvé un autre et puis un autre et un autre...".

Les bateaux ont été délibérément coulé dans le ruisseau, car les traverses fermant les poupes, avaient été enlevées. Les archéologues ont du mal à comprendre la signification de cette découverte.

Quelle que soit la raison de cette coutume de l'âge du bronze, elle a perduré pendant des siècles.

L'équipe de l'Unité archéologique de Cambridge (Cambridge Archaeological Unit) attend toujours les résultats des tests de datation au carbone 14. Mais elle estime que la date la plus ancienne des bateaux est environ 1600 avant JC et les plus récents, 600 ans plus tard.

Une offrande rituelle ?

Le ruisseau devait avoir une grande importance (peut-être était-il riche en poissons et anguilles) car, au cours des saisons précédentes, les archéologues ont trouvé des dépôts rituels de métallurgie, dont des pointes de lance.

Les bateaux eux-mêmes ont pu être des offrandes rituelles.
Ils peuvent aussi avoir été coulés pour des raisons plus pragmatiques, comme pour garder le bois gorgé d'eau et l'empêcher de se dessécher et de se fendre lorsqu'il n'est pas utilisé. Mais dans ce cas, il semble étrange qu'ils n'aient jamais été récupérés.

Certains de ces bateaux ont été fabriqués dans d'énormes tronc, dont un chêne qui devait avoir un tronc d'un mètre de diamètre et jusqu'à 20 mètres de hauteur.

Cela devait être un spécimen rare étant donné que le niveau des mers avait augmenté et que le terres se gorgeaient d'eau, modélant ainsi le paysage de Fenland en marais, ruisseaux et îles de gravier.

"Soit c'était le Triangle des Bermudes pour les bateaux de l'âge du bronze, soit il y a quelque chose ici que nous ne comprenons pas encore", estime Panter.

Selon Kerry Murrell, le directeur du site: "Certains montrent des signes de réparation et d'une longue utilisation; mais d'autres sont en si bon état, qu'ils donnent l'impression de pouvoir être utilisés de suite."


Un long traitement avant un exposition permanente.

Etant donné l'état exceptionnel de ces bateaux, ils ont pu être transportés entiers sur 3 kilomètres, dans des berceaux de bois, pour des travaux de conservation sur le site archéologique de Flag Fen.

"Ma première pensée a été de procéder de manière habituelle, c'est-à-dire de les découper en morceaux de taille plus gérable. Mais lorsque je les ai vu, je me suis dit que nous devions trouver une autre façon de faire" explique Panter, qui est expert en bois gorgé d'eau au York Archaeological Trust.

Au lieu de vivre comme des chasseurs et agriculteurs, ces gens sont devenus experts à la pêche: une trappe à anguille a ainsi été trouvée près des bateaux. Elle est d'ailleurs identique à celle utilisée par le dernier pêcheur d'anguilles traditionnel dans la région !

Les bateaux  vont être pulvérisés avec d'éliminer toutes les impuretés pouvant entraîner la décomposition. Ils seront ensuite imprégnés d'une cire synthétique, le polyéthylène glycol, avant d'être progressivement séchés au cours des deux prochaines années. Ils pourront alors être exposés définitivement.

Murrell est convaincu qu'il y a encore plus à découvrir dans la vase: "le ruisseau a continué en dehors des limites de la carrière, il est donc hors de notre site. Mais la prochaine personne qui aura la chance de faire des fouilles trouvera d'autres bateaux, je peux presque le garantir."

Vous pouvez voir quelques photos concernant cette découvertes sur Les Découvertes Archéologiques en Image


Source:

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6.04.2013

Un peuple tribal vivait dans la région de Vidarbha il y a 3000 ans en Inde

Après les sites d'Harappa et de Mohenjo-Daro au Pakistan, la région de Vidarbha en Inde peut maintenant se vanter d'avoir son propre monument archéologique d'importance.

Le site de Mali se situe à Tiroda Taluka dans le district de Gondia. Des restes d'une colonie tribale vieille de 3000 ans y ont été récemment découverts.

Cela pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour les amateurs d'histoire et désigner Vidarbha comme une attraction archéologique majeure, explique le directeur adjoint de l'archéologie, de la région de Nagpur, le Dr Madhukar Kathane.

Les restes de l'ancienne colonie tribale à Mali, avec les ustensiles et les armes qui y ont été découverts.

Une découverte importante.

Le travail sur cette expédition archéologique a commencé en Janvier 2013, explique le Dr Kathane, et il ajoute: "Les archéologues du Maharashtra sont très enthousiasmés par la découverte de cette colonie tribale. Nous avons trouvé des ustensiles du quotidien, des armes, des poteries et même un harpon."

Les habitants de cette colonie mégalithique étaient réunis en tribus, alors que les habitants de Harappa et Mohenjo-Daro étaient essentiellement des populations urbaines.


Attirer les touristes

Selon le Dr Kathane, ce site pourrait donner un coup de fouet au tourisme dans la région: "Près de Mali, nous avons également découvert le site d'un ancien temple à Nagra, il y a quelque temps, remontant au 8ème siècle après JC. Il est très proche de Nagzira, qui est une grande réserve sauvage de la région.".


Source:

6.03.2013

500ème billet ! Aujourd'hui, c'est vous qui découvrez ! (dernière mise à jour: 18/12/2013)

Voici donc mon 500ème post (ou billet ou article) depuis janvier 2007 !

Pour fêter l’événement, plutôt que de vous présenter une des très nombreuses actualités archéologiques qui attendent d'être traduites et publiées, je vous propose de participer à une "découverte" archéologique.


Je m'explique:

En Mai 2011, je publiais un article concernant un ancien pot romain criblé de Mystère. Le Musée d'archéologie d'Ontario l'avait retrouvé brisé en 180 morceaux méconnaissables dans une salle d'entrepôt.

Le vase mystérieux... Crédit: Photo Katie urbain / Musée d'archéologie de l'Ontario 


Une fois restauré, Katie Urban de ce même musée, a consulté différents spécialistes pour connaître l'origine et la fonction du vase. Personne n'avait pu lui donner de réponse.

Plus tard, en mars 2013, dans un tout autre domaine, je publiais un article sur des tessons de poterie révèlant l'ancienneté de la fabrication du fromage.

J'ai été frappé par la similarité entre les tessons de poterie étudiés par Bogucki et le vase du musée de l'Ontario, même si la provenance et la datation n'avaient rien à voir... (d'ailleurs en y regardant maintenant de plus près, avec l'échelle: on voit que les trous sont beaucoup plus petits et resserrés en ce qui concerne le tesson de poterie pour la fabrication du fromage).

Un des tessons de poterie provenant de récipient ayant servi à la fabrication du fromage.


J'ai donc écrit à Katie Urban en lui suggérant que le vase avait pu servir à la fabrication du fromage.

Quelques jours plus tard elle me répondait en m'expliquant que cette hypothèse avait été envisagée comme beaucoup d'autres. Cependant, elle m'expliquait que la meilleure façon de conforter l'une ou l'autre des théories était de découvrir un autre exemplaire de ce vase.

Vous voyez où je veux en venir: votre mission, si vous l'acceptez, est de retrouver un vase romain ressemblant à celui du Musée de l'Ontario.


Comment procéder ?

Si vous êtes simple amateur ou amatrice, faites selon vos moyens: vous pouvez faire des rechercher sur le net (images, galeries de musée, etc...), contacter des personnes de votre entourage ou encore faire simplement circuler l'information...

Si vous êtes dans le milieu universitaire, vous aurez avoir accès à d'autres réseaux (comme les bibliothèques universitaires).
Si vous êtes à l'aise avec l'anglais vous pouvez aussi contacter des spécialistes et leur poser la question (dans ce cas, l'article source peut vous aider à illustrer votre demande: http://www.livescience.com/15629-ancient-roman-artifact-mystery.html) .

Il n'y a pas de limite de temps: la recherche prendra fin lorsque le mystère sera résolu !

Tenez moi informé par mail si vous avez une piste. Je vous tiendrai régulièrement informé ci-dessous des avancées.

Bonnes recherches !


Mise à jour du 24/06/13:

Voici un récapitulatif des différentes pistes et hypothèses que vous avez proposé:

Tout d'abord, Marc Modolo m'a informé par mail "avoir trouvé un objet ressemblant au Musée archéologique de Tours, bien qu'il soit d'une autre époque, 12eme ou 13eme siècle,et il s'agit d'un encensoir":

On retrouve le thème de l'encensoir, mais le pot (dont on a pas la taille) est quand même très différent de celui qui nous intéresse.

Ensuite, les deux premiers commentaires ci-dessous proposent l'idée d'un récipient pour cuire à la vapeur ou pour conserver des aliments. C'est peut-être le plus probable en effet.
J'ai recherché le vase identique au Louvre mentionné dans le premier commentaire, et il s'agit peut-être de celui-ci:


La ressemblance est évidente, mais il s'agit d'un vase copte du 5ème-8ème siècle et les trous sont plus petits...

"K" propose le transport de reptiles en vue de cérémonies religieuses ou de préparations pharmaceutiques: ce sont des idées à prendre en compte; on ne peut ni les affirmer ni les confirmer pour le moment...

Le commentaire d'après suppose que les trous peuvent être des constellations: cela me parait difficile car ceux-ci semblent plus ou moins alignés... On peut retenir l'art divinatoire (mais pas shamanique !).

Philippe Rochette met à mal ma théorie sur le récipient servant à fabriquer le fromage, et à juste titre au vu de ses arguments. Il propose aussi l'idée de la cage pour animaux ou de diffuseur (parfum, encens).

Le dernier commentaire estime qu'il faudrait analyser un échantillon: c'est sûr, nous aurions la réponse de suite ! Mais je suppose qu'il y a un coût que le musée ne peut se permettre à l'heure actuelle.... Il nous faut donc continuer notre quête du vase identique... !


Mise à jour du 18/12/2013:

Hermione Mada via twitter et le troisième commentaire après Philippe Rochette , propose l'hypothèse du glirarium. C'était un récipient en terre cuite utilisé dans l'élevage du loir gris dans un but alimentaire; et il ressemble à ceci:

 Source: Wikipédia

La taille des trous semblent se rapprocher de notre vase mystère, ainsi que leur relatifs alignement horizontal et vertical. Ils sont cependant beaucoup moins nombreux....
En tout cas, on en revient à la cage pour animaux comme le suggérait Philippe Rochette..

Je vais recontacter Katie Urban d'ici le début janvier et lui rapporter l'ensemble de vos hypothèses. De son côté, il se peut qu'elle ait du nouveau et, si cela est le cas, je vous en ferait part !

5.31.2013

Le tombeau d'une princesse Scythe découvert au Kazakhstan


Les archéologues ont découvert au Kazakhstan l'ancienne tombe d'une jeune femme qui a acquis le surnom de "Princesse des Scythes."


C'est au cours de travaux de rénovation de routes que le tombeau élaboré a été découvert, précise le chef d'expédition Timur Smagulov
Il se trouve dans la région d'Urdzhar dans l'est du Kazakhstan.

Une équipe de professeurs et d'étudiants a été appelée pour enquêter, et le groupe a déterré un sarcophage en pierre contenant le corps d'une jeune fille.

La "princesse des Scythes" était clairement un personnage important, à en juger par les trésors enterrés avec elle, notamment une coiffe en or ornée de figures d'animaux et garnie de pointes de flèches.

Cette coiffe est semblable à celle portée par "L'Homme d'Or", la plus célèbre découverte archéologique du Kazakhstan. Il s'agissait d'un prince guerrier Scythe inhumé avec quelque 4.000 ornements d'or.
Ce type de coiffure faisait partie du vêtement cérémoniel que les dirigeants des Scythes (qui habitaient la steppe eurasienne dans l'Antiquité) utilisaient pour défiler, explique Smagulov.

"Il est tout à fait possible que la femme enterrée était la fille d'un roi de la tribu Saka Tigrakhuda", ajoute-t-il.

La tombe, qui contenait aussi de la céramique et les os d'un mouton sacrifié, pourrait dater du 4ème ou 3ème siècle avant JC, la même période que le site funéraire de "L'Homme d'Or".

Ces incroyables découvertes archéologiques ne sont pas nouvelles au Kazakhstan: en 2010, les archéologues avaient découvert la tombe d'un ancien guerrier Scythe plaqué en or, surnommé "le Seigneur Soleil". Son torse était entièrement recouvert d'or.


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5.29.2013

Près de 5.000 peintures rupestres pré-hispaniques découvertes à Burgos au Mexique

Les anthropologues de l'INAH au Mexique ont annoncé la découverte de près de 5000 peintures rupestres dans la Sierra de San Carlos dans l'État de Tamaulipas.

 Photo: INAH

Les peintures rupestres auraient été faites par des groupes de chasseurs-cueilleurs pré-hispaniques qui parcouraient la région.

Elles sont réparties dans 11 différents sites autour de la ville de Burgos, qui se trouve à 160 kilomètres au sud de la frontière américano-mexicaine.

Ces peintures racontent l'histoire de la vie nomade dominée par la chasse, la pêche et la cueillette.
Les dessins contiennent aussi des symboles représentant une activité religieuse liée à des événements astronomiques.

Les chercheurs ont noté que les peintures montrent la flore et la faune locale, comprenant des images de cerfs et de lézards.

Une des images découvertes est une ancienne arme atlatl (un propulseur). Ce type d'arme a été développé au Paléolithique supérieur, il y a environ 20.000 ans.

 Photo d'un propulseur ou atlatl.

Les images sont en pigments rouges, jaunes, noirs et blancs. Elles ont des caractéristiques anthropomorphes, zoomorphes, astronomiques et abstraites, selon Gustavo Ramirez de l'INAH.

Les composantes culturelles des dessins seront étudiés à travers les 11 sites à Burgos.

L'INAH a étudié et catalogué cette découverte incroyable au cours des deux dernières années. Des échantillons de pigments sont à l'étude pour aider à déterminer la date de ces peintures.

Avant la découverte de ces peintures rupestres, il n'y avait aucune trace d'une ancienne société occupant la région. Cela devrait permettre aux anthropologues mexicains d'en apprendre davantage sur les premières civilisations qui ont occupé le pays.

Source:
Latino Daily News: "Nearly 5,000 Pre-Hispanic Cave Paintings Found in Tamaulipas, Mexico"

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5.28.2013

Seibal apporte de nouvelles informations sur les origines de la civilisation Maya


La civilisation Maya, bien connue pour ses temples raffinés, son système d'écriture sophistiqué, ses développements mathématiques et astronomiques, reste un mystère quant à ses origines.

 Structure d'un ancien habitat trouvé à Seibal, Guatemala.


Une nouvelle étude de l'Université de l'Arizona publiée dans la revue Science conteste les deux théories actuelles sur la façon dont cette civilisation a débuté.
Elle suggère que ses origines sont plus complexes qu'on ne le pensait précédemment.


Deux camps opposés en ce qui concerne les origines de la civilisation Maya.

Le premier camp estime qu'elle s'est développée presque entièrement toute seule dans les jungles de ce qui est maintenant le Guatemala et le sud du Mexique.

Le second estime que la civilisation Maya s'est développée grâce aux influences directes de l'ancienne civilisation Olmèque et de son centre La Venta.

Il est probable qu'aucune de ces théories ne raconte l'histoire complète, selon les conclusions d'une équipe d'archéologues dirigée par les époux anthropologues Takeshi Inomata et Daniela Triadan.

"Nous avons mis l'accent sur les débuts de cette civilisation et sur son remarquable développement", a déclaré Inomata, professeur d'anthropologie à l'UC et auteur principal de l'étude.


Seibal antérieur à La Venta.

Dans leurs fouilles à Seibal, un ancien site Maya au Guatemala, les chercheurs ont constaté que le site était antérieur de 200 ans à La Venta; ce qui suggère que La Venta n'a pas pu avoir une influence prédominante sur les premiers développements de la civilisation Maya.
Cela ne veut pas dire non plus que la civilisation maya est plus ancienne que la civilisation Olmèque (les olmèques ont un autre centre antérieur à celui de La Venta) ni que la civilisation Maya s'est entièrement développée indépendamment, affirment les chercheurs.

Ce que cela indique, disent-ils, est que Seibal et La Venta ont probablement participé à un changement culturel plus large qui a eu lieu dans la période comprise entre 1,150-800 avant JC.

"Nous estimons que le début de la culture Maya est beaucoup plus complexe que nous ne le pensions", a déclaré Victor Castillo, étudiant diplômé et co-auteur de l'article avec Inomata et Triadan, "nous percevons l'origine de la civilisation Maya comme un développement endogène, mais il est probable que ce soit une influence extérieure qui a déclenché la complexité sociale de la civilisation Maya. Nous pensons que ce n'est pas vraiment tout noir ou tout blanc".


Un changement socio-culturel beaucoup plus large.

On ne peut nier des similitudes frappantes entre Seibal et La Venta, comme des pratiques rituelles similaires et la présence d'une architecture similaire: à savoir les pyramides qui sont devenues la marque de la civilisation méso-américaine, mais qui n'existaient pas sur le site Olmèque antérieur de San Lorenzo.

Cependant, les chercheurs ne pensent pas que l'on soit dans la cas d'un site imitant l'autre. Au contraire, ils soupçonnent que Seibal et La Venta faisaient parti d'un déplacement géographique d'une plus grande portée culturelle qui a eu lieu autour de 1000 avant JC, à l'époque où le centre Olmèque passait de San Lorenzo à La Venta.

"Fondamentalement, il y avait un changement social majeur qui se produisait depuis les basses terres mayas du sud jusqu'à, probablement, la côte du Chiapas et le sud de la côte du golfe. Le site de Seibal était une composante de ce changement social plus large", explique Inomata, "l'émergence d'une nouvelle forme de société (avec une nouvelle architecture, de nouveaux rituels) est véritablement devenue le fondement important pour toutes les civilisations mésoaméricaines à venir."

L'article paru dans Science, intitulé "Early Ceremonial Constructions at Ceibal, Guatemala, and the Origins of Lowland Maya Civilization," («Premières constructions cérémonielles à Seibal, au Guatemala et les origines de la civilisation Maya des Basses Terres»), repose sur sept années de fouilles à Seibal.


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5.24.2013

Poverty Point: de grands monticules construits en moins de 90 jours par les amérindiens


Le site de Poverty Point, en Louisiane, a été nominé en ce début d'année pour figurer sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESO.

Il est décrit comme l’un des plus grands exploits de construction, au monde, par une civilisation archaïque de chasseurs-cueilleurs.

De nouvelles recherches ont apporté des preuves irréfutables que l’un des massifs monticules de terre de Poverty Point a été construit en moins de 90 jours, voir peut-être en seulement 30 jours.

Il s'agit d'un accomplissement incroyable pour ce que l’on croyait être une société mal organisée, composée de petites bandes dispersées d'amérindiens...

Les co-auteurs de l'étude, Anthony Ortmann (debout) et T.R. Kidder (au centre) évaluent les fouilles du tertre A à Poverty Point. Photo: WUSTL


"Ce qui est extraordinaire dans cette étude c'est qu’elle montre que les premiers chasseurs-cueilleurs américains n’étaient pas aussi simplistes que nous avons tendance à l'imaginer", explique le co-auteur TR Kidder, professeur et directeur de l’Anthropologie des Arts et des Sciences à l’Université Washington à St. Louis, "nos résultats vont à l’encontre de ce qui a longtemps été considéré comme le consensus académique sur les sociétés de chasseurs-cueilleurs, à savoir qu’ils n’ont pas l’organisation politique nécessaire pour rassembler autant de gens afin de réaliser un projet de main-d’œuvre dans un délai aussi court. ”

Co-écrit par Anthony Ortmann, professeur adjoint des sciences de la terre à Murray State University, l’étude propose une analyse détaillée de la façon dont l'énorme monticule a été construit il y a quelques 3200 ans le long d’un bayou du Mississippi.

Sur la base de plus d’une décennie de fouilles, de carottages et d'analyses sédimentaires sophistiquées, l’apport clé de l’étude est que le monticule A de Poverty Point a été construit en un temps très court.
En effet, un examen exhaustif ne révèle aucun signe de pluie ou d’érosion au cours de sa construction.

"Nous parlons d’une région du nord de Louisiane qui a tendance à être très pluvieuse", explique Kidder. "Même dans une année très sèche, il semble très peu probable que cette situation puisse durer plus de 90 jours sans recevoir un certain niveau significatif de précipitations. Pourtant, le sol de ces monticules ne montre aucun signe d’érosion ayant eu lieu pendant la période de construction. De plus, rien n'indique une sécheresse dans la région à ce moment là."


Une partie de Poverty Point, le monticule A, est considéré comme la touche finale de ce site tentaculaire de 283 hectares.


Le site comprend cinq tertres plus petits et une série de six formes concentriques, comme des digues en forme de C, qui s’élèvent en formation parallèle autour d’une petite place le long de la rivière.

Au moment de sa construction, Poverty Point était un des plus grands chantiers de terrassement en Amérique du Nord.

Construit sur le bord ouest du complexe, le Monticule A couvre environ 50.000 mètres carrés à sa base et s’élève à 22 mètres au-dessus de la rivière. Sa construction a nécessité 238.500 mètres cubes (environ huit millions de paniers boisseau) de terre rapportée de différents endroits à proximité du site.

Il faudrait aujourd'hui, un gros camion benne et 31.217 chargements pour déplacer le même volume. "Les monticules de Poverty Point ont été construits par des gens qui n’avaient pas d'animaux de trait, ni de brouettes ou outils sophistiqués pour déplacer la terre", explique Kidder, "Il est probable que ces monticules ont été construits en utilisant le système de chaîne humaine, avec des milliers de gens se passant la terre mise dans une certaine forme de conteneur brut, comme un panier tressé, un sac de cuir ou un plateau en bois."

Pour compléter cette tâche en 90 jours, l’étude estime qu’il a du falloir l'équivalent de quelque 3.000 travailleurs.
En supposant que chacun d'entre eux été accompagné d’au moins deux autres membres de sa famille, une femme et un enfant, la communauté rassemblée pour la construction devait comprendre presque 9.000 personnes, suggère l’étude.

"Étant donné qu'une bande de 25-30 personnes est considérée comme très importante pour la plupart des chasseurs-cueilleurs, il est vraiment étonnant que cette ancienne société puisse avoir réuni un groupe de près de 10.000 personnes, tout en trouvant un moyen de les nourrir et de construire ce monticule en quelques mois", a dit Kidder.


Les tests confirment que le site a d’abord été défriché pour la construction par la combustion et rapidement recouvert d’une fine couche de limon argileux.
Un mélange de terres plus lourdes a ensuite été amené et déchargé en petits tas adjacents, construisant peu à peu le monticule couche après couche.

Comme le fait remarquer Kidder, les théories antérieures sur la construction de la plupart des monticules de terre dans le monde antique ont laissé entendre qu’ils ont été montés lentement sur une période de plusieurs centaines d’années. Cela impliquait de petites contributions de différentes personnes d'une société sur plusieurs générations.

Bien que cela puisse être le cas pour d’autres structures en terre, à Poverty Point, l'étude du Monticule A contredit cette théorie.

Kidder explique qu'à Saint-Louis, juste en face de la rivière Mississippi, repose l’une des anciennes structures de terre les plus connues d'Amérique, le tumulus des Moines à Cahokia.
Il note que le monticule a été construit de nombreux siècles après ceux de Poverty point par une civilisation qui était davantage tributaire de l’agriculture, bien loin du groupe de chasseurs-cueilleurs qui a construit Poverty Point.

Et pourtant, le Monticule A est beaucoup plus grand que n’importe quel autre tertre trouvé en Amérique du Nord. Seul le tumulus des Moines le dépasse.

«Nous avons pris conscience que le tissu social de ces sociétés devait être beaucoup plus fort et plus complexe que nous ne le supposions. Ces résultats contredisent la croyance populaire selon laquelle les personnes pré-agricoles étaient socialement, politiquement et économiquement simples et incapables de s’organiser en grands groupes pour créer une architecture complexe ou se livrer à ce qu’on appelle un comportement social complexe», explique Kidder, «le modèle dominant du chasseur-cueilleur ayant une vie désagréable, brutale et courte est en contradiction avec notre travail. Ces personnes pratiquaient un rituel ou une religion sophistiquée qui impliquait la construction de ces monticules monumentaux».


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5.23.2013

A-t-on découvert la Cité d'Or perdue, Ciudad Blanca, au Honduras ?


La cité d'or perdue, Ciudad Blanca, aurait été découverte dans la région de Mosquitia au Honduras. Cela mettrait fin à un mystère qui a maintenant près de 500 ans...

Le nom de Ciudad Blanca signifie ville blanche. Les légendes sur cette ancienne ville auraient été rapportées par le conquistador Cortez au roi Charles V dans une lettre écrite en 1526.
Ses récits font état d'une grande ville prospère rempli d'ornements d'or.

D'après la légende aztèque, la ville était le berceau de leur dieu serpent à plumes, Quetzalcoatl.

Les archéologues et les historiens recherchent cette ville depuis l'époque de la lettre de Cortez... sans succès.

Exemple de modélisation numérique des élévations de terrain relevées par le Lidar dans la région de Mosquitia. On aperçoit un ensemble de monticules et des fondations après avoir enlevé la végétation dans l'image du dessus. Source: UTL


Cette dernière recherche de Ciudad Blanca a utilisé une technologie connue sous le nom de lidar ou télédétection par laser. Cette méthode de cartographie utilise un avion volant à basse altitude pour analyser une zone sur sa trajectoire de vol.
Les cartes produites par cette méthode permettent de mesurer une élévation de seulement 10 centimètres.

La végétation a ensuite été retirée de la carte par modélisation 3D, révélant des structures artificielles qui ont été rapidement repérées par Bill Carter de l'Université de Houston.

Selon Stephen Leisz de l'American Geophysical Union, "nous utilisons le lidar pour repérer les structures humaines en recherchant des formes et des rectangles linéaires. La nature ne fonctionne pas avec des lignes droites."

Steven Elkins et Bill Benenson ont eu l'idée de rechercher la cité perdue suite à de récents éléments suggérant que des villes très développées avaient existé dans cette forêt tropicale.

Christopher Fisher, professeur au Colorado State University, qui a dirigé la recherche, a adopté une approche prudente: "nous ne pourrons jamais dire s'il s'agit de Ciudad Blanca, ou même si la ville légendaire a jamais existé, mais nous pouvons clairement voir dans les données qu'il y avait une région densément peuplée avec un environnement modifié par l'homme".

Une partie de leur travail a été filmée et devrait faire l'objet d'un documentaire.

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5.20.2013

L'engrais était déjà utilisé il y a 5000 ans


Des chercheurs de l'Université de Göteborg ont passé de nombreuses années à étudier les vestiges d'une communauté de l'âge de pierre sur le site de Karleby près de la ville de Falköping, en Suède.

Actuellement, ils cherchent à montrer que les engrais étaient déjà utilisées au cours de l'âge de pierre scandinave. Les résultats de leurs premières analyses semblent apporter cette confirmation.


 Photo: university of Gothenburg

En utilisant des restes de céréales et d'autres plantes et à l'aide de certaines techniques d'analyse très avancées, les deux chercheurs et archéologues Tony Axelsson et Karl-Göran Sjögren ont pu identifier des composantes de l'alimentation de leurs ancêtres de l'âge de pierre.

«Notre première tâche était de trouver des macro-fossiles, comme d'anciennes graines de mauvaises herbes ou des morceaux de grains. Par l'analyse macro-fossile, nous pouvons apprendre beaucoup de choses sur l'agriculture de l'âge de pierre et sur l'importance de la relation entre l'agriculture et l'élevage du bétail», explique Axelsson.

Un autre objectif a été de recueillir les os d'animaux, c'est-à-dire des restes de nourriture vieux de 5000 ans. Les chercheurs savent que des fragments d'os de bovins, de porcs et de moutons peuvent être trouvés sur le site. «En étudiant les niveaux d'isotopes dans les os, nous pouvons par exemple savoir où les animaux ont été élevés, ce qui peut donner des informations importantes au sujet de leur rôle dans le commerce», dit Sjögren.

Les résultats des premières analyses de céréales montrent que l'orge et le blé étaient cultivés sur le site. Les analyses révèlent des niveaux élevés de l'isotope N15 (azote 15). Cela voudrait dire que des engrais étaient utilisés dans la région de Karleby il y a déjà 5000 ans.

«Nous allons poursuivre nos analyses à la fois sur le terrain et en laboratoire, et espérons trouver plus de macro-fossiles. J'espère que nous trouverons des graines de mauvaises herbes, car elles peuvent aider à confirmer que les engrais ont été effectivement utilisés», explique Axelsson.


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5.16.2013

Des plaques en cuivre et des pièces d'or trouvées dans le temple de Pranaveswara

C'est au cours de travaux de restauration du temple de Pranaveswara que l'Archaeological Survey of India (ASI) a fait une découverte apportant des informations sur les dynasties qui ont régné dans l'état de Karnataka.

 Plaques de cuivre de Sankama, 1180 après JC, dynastie de Kalachuri. Photo: Sreenivasa Rao /ASI. 
 
Les experts ont ainsi trouvé deux ensembles de chartes en plaques de cuivre et huit pièces d'or dans le temple de Pranaveswara à Talagunda.

Alors que les plaques de cuivre, datées du 12ème siècle après JC, appartiennent à la dynastie Kalachuri, les pièces d'or ont été émises par la dynastie des Gangas, qui régnaient dans l'État à partir du 4ème siècle de notre ère jusqu'au 12 siècle.

Les pièces d'or appartiennent à la variété "Ane Gadyana", dépeignant des éléphants sur l'avers et des dessins floraux sur le revers. Elles pèsent environ quatre grammes chacune (autant qu'une pièce de 10 centimes d'Euro).
Trois d'entre elles ont été frappées sous le dirigeant Ganga Sivamara-I (années de règne: 679-726 après JC).

L'une des trois pièces d'or "Ane Gadyana" frappée sous Sivamara I, découverte en Février 2013. Photo: Sreenivasa Rao /ASI. 

L'ASI a trouvé le filon en creusant un puits d'essai dans le coin sud-est du maha mandapa (salle à colonnes) du temple. Les fondations de ce dernier s'étaient enfoncées et la nature du sol a dû être étudiée.

Les pièces ont été "très bien faites et sont typiques des Gangas de l'Ouest", a déclaré l'archéologue surintendant de l'ASI, M. Nambirajan.

Pour l'archéologue TM Keshava c'est "la première fois que huit pièces d'or ont été trouvées à l'intérieur du Karnataka et elles appartiennent à la période des Gangas, dont le centre politique était à Talakadu. Elles sont parmi les plus beaux spécimens de pièces d'or et certaines portent la légende "Si Ma" dans l'écriture Brahmi du sud".

Le temple date de la dynastie Kadamba de Banavasi, qui a régné du 4ème au 6ème siècle après JC. Toutefois, il y a des vestiges de la dynastie Satavahana, ramenant son ancienneté au 2e siècle de notre ère.
Le temple est simple dans son schéma et son élévation. Il dispose d'un sanctuaire carré, qui abrite une Shivalinga (une pierre sacrée représentant Shiva).

Etant donné que ses fondations se sont enfoncées, faisant pencher les murs, il était nécessaire de démonter et remonter l'ensemble. Comme la structure est située dans une zone de fortes précipitations, la nature du sol et ses fondations ont dû être étudiées. Pour cela, l'ASI a creusé quelques puits d'essai.


Sceau Kalachuri. Photo: Sreenivasa Rao /ASI.

La charte en plaques de cuivre comprend cinq feuilles, de 28 cm de long et 14 cm de large. Elles sont maintenues ensemble par un sceau royal gravé d'un taureau couché (photo ci-dessus).
Les plaques portent des inscriptions en sanscrit et l'écriture est en devanagari.

L'autre ensemble a trois feuilles, de 24,5 cm de long et 13 cm de large, avec l'emblème d'un Varâha (sanglier) sur l'anneau.

D'après le Dr. Nambirajan, ces plaques de cuivre ont enregistré les dons et cadeaux de terres à des brahmanes versés dans la littérature védique.

"La découverte de ces plaques est importante car elle nous fournissent davantage de données sur les dirigeants Kalachurya et nous donnent des données fiables sur la bataille entre les Kalachurya et les Hoysalas", a déclaré M. Keshava.

L'ASI envisage de fouiller un grand monticule près du temple qui pourrait receler des vestiges de l'ancienne ville de Kadambas.

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5.13.2013

De mystérieuses sphères trouvées à Teotihucan par Tlaloc II-TC


Après la découverte, le mois dernier, de chambres sous la pyramide du serpent à plumes, le petit robot Tlaloc II-TC a trouvé des centaines de sphères mystérieuses dans ce même tunnel à Teotihuacan.

DMC, INAH/M. Marat

Les sphères énigmatiques "ressemblent à des sphères jaunes, mais nous ne connaissons pas leur signification. C'est une découverte sans précédent", a déclaré Jorge Zavala, un archéologue de l'INAH.

Les ruines méso-américaines de Teotihuacan, un site du patrimoine mondial, représentent l'un des plus grands centres urbains du monde antique.
Construite autour de 100 avant JC, la ville remplie de pyramides comptait plus de 100.000 habitants à son apogée, mais elle a été abandonnée pour des raisons mystérieuses autour de 700 après JC, bien avant l'arrivée des Aztèques vers 1300.

L'exploration du tunnel, qui a été délibérément rempli de débris et de ruines par les habitants de Teotihuacan, a nécessité plusieurs années de travail préliminaire. "Enfin, il y a quelques mois, nous avons trouvé deux chambres latérales à 72 et 74 mètres de l'entrée. Nous les avons appelées Chambre Nord et Chambre Sud", explique l'archéologue Sergio Gómez Chávez, directeur du Projet Tlalocan.

Les archéologues ont ensuite exploré le tunnel avec le robot télécommandé, Tlâloc II-TC, qui porte une caméra infrarouge et un scanner laser pour donner une visualisation 3D des espaces sous le temple. "Le robot a pu entrer dans la partie du tunnel qui n'a pas encore été fouillé et a trouvé trois chambres entre 100 et 110 mètres de l'entrée", a ajouté Gómez Chávez.

Les sphères mystérieuses se trouvent dans les chambres nord et sud. Allant de 4 à 12.5cm, les objets ont une base d'argile et sont recouverts d'un matériau jaune appelé jarosite. "Ce matériau est formé par l'oxydation de la pyrite, qui est un minerai métallique", a précisé Gómez Chávez, "cela signifie que dans les temps préhispaniques ils devaient ressembler à des sphères métalliques. Il y a des centaines de ces artéfacts dans la chambre sud."

D'après George Cowgill, professeur à l'Arizona State University et auteur de plusieurs publications sur Teotihuacan, les sphères sont une découverte fascinante: "La pyrite a certainement été utilisée par les Teotihuacanos et d'autres sociétés mésoaméricaines anciennes. À l'origine les sphères devaient avoir beaucoup d'éclat. Elles sont uniques, et je n'ai aucune idée de leur signification."

Même les murs et le plafond des deux chambres étaient recouverts d'une poudre minérale composée de magnétite, pyrite et d'hématite qui devait donner un éclat particulier à l'endroit.

"Nous pensons que des gens de haut rang, des prêtres ou même des souverains, sont descendus dans le tunnel pour y accomplir des rituels", estime Gómez Chávez.
En effet, les archéologues ont trouvé de nombreuses offrandes, dont des poteries et des masques en bois incrustés de cristal de roche, de jade et de quartz. L'ensemble est daté d'environ 100 ans après JC.

Gómez Chávez et son équipe attendent maintenant avec impatience la prochaine phase du projet: l'exploration de la dernière partie du tunnel et des trois chambres que les archéologues ont vu à travers les caméras du robot.

"Après presque deux millénaires, le tunnel est en parfait état", a déclaré Ng "TC" Tze Chuen, un chercheur indépendant qui a travaillé sur la conception du robot Tlaloc II-TC.
Ng, qui a aussi aidé à créer le robot Djedi qui a exploré Grande Pyramide d'Egypte en 2010, estime que le tunnel du Mexique pourrait conduire à l'une des découvertes archéologiques les plus importantes dans Teotihuacan.

Selon Gómez Chávez, le tunnel a été fermé deux fois par le peuple de Teotihuacan. Des murs épais, érigés pour bloquer l'accès, ont été démolis il y a environ 1.800 ans, afin de déposer une chose très importante dans la chambre centrale à la fin du tunnel.

"Peut-être en ce lieu," espère-t-il, "allons-nous retrouver les restes de ceux qui ont régné sur Teotihuacan."

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