4.22.2020

Des pierres massives sur le site de la résidence d'un Shogun font allusion à un pouvoir important

Des pierres de jardin massives, dont la plus grande pèse 9.8 tonnes, ont été mises au jour dans la résidence d'une famille shogunate à l'époque de Muromachi (1336-1573). Les archéologues estiment que c'était une démonstration de leur immense pouvoir et influence.

Des pierres massives sur le site de la résidence d'un Shogun font allusion à un pouvoir important
Une pierre massive est mise au jour dans le jardin de l'ancienne résidence du shogunat Ashikaga pendant la période Muromachi (1336-1573). Cette photo a été prise dans le quartier Kamigyo de Kyoto. (Kenta Sujino)

L'Institut de Recherche Archéologique de la Ville de Kyoto a annoncé ces découvertes en début avril. Le site, situé dans le quartier Kamygio, s'appelle Muromachi-dono et est aussi connu sous le nom de "Hana no Gosho" (Palais des fleurs).

Les experts disent que les pierres déterrées, inhabituellement immense comparées avec celles trouvées dans d'autres sites de jardin des élites régnantes, étaient sans aucun doute destinés à montrer la grande puissance exercée par le shogun et sa famille.

Le complexe fut terminé en 1381 sous le commandement d'Ashikaga Yoshimitsu (1358-1408), le troisième shogun d'Ashikaga Shogunate. Il l'utilisa, ainsi que ses successeurs, comme résidence et quartier général.

On estime que le site couvrait environ 2.5 hectares, soit près de la moitié de la taille du gigantesque dôme de Tokyo.

La résidence est aussi dépeinte dans "Uesugi Rakuchu-Rakugai Zu", tableau qui est un trésor national.

 La résidence Muromachi-dono, au centre, est représentée dans «Uesugi Rakuchu-Rakugai Zu» (scènes dans et autour de la capitale), un trésor national. Le dessin aurait capturé la résidence du côté est et montre d'énormes pierres et un étang sur le côté gauche ainsi que le temple Shokokuji dans le coin droit. (Fourni par le musée Uesugi de la ville de Yonezawa dans la préfecture de Yamagata)


A cette époque, Kyoto était la capitale du Japon.


Les huit pierres ont été trouvées dans la partie sud-est du site et sont considérées comme une découverte particulièrement importante. Elles mesurent de 95 centimètres à 2.7 mètres. Sept d'entre elles sont situées l'une près de l'autre.

L'institut pense que les pierres ont été placées sous le règne du huitième shogun de l'époque Muromachi, Ashikaga Yoshimasa (1436-1490) d'après une analyse de la terre cuite extraite de la couche dans laquelle elles se trouvent. Il fut aussi impliqué dans la construction du fabuleux temple Ginkakuji de Kyoto (Pavilion d'Argent),

La résidence devait comprendre un groupe de constructions au nord et un jardin s'articulant autour d'un étang au sud. Lors des fouilles, les chercheurs ont aussi découvert que l'étang mesurait au moins 45 mètres du nord au sud et 60 mètres d'est en ouest.

"Ashikaga Yoshimasa n'avait jusqu'à présent pas été tenu en haute estime pour ses compétences politiques car il a déclenché la guerre d'Onin (1467-1477), qui a été suivie de la période des Royaumes combattants", dit Hisao Suzuki, professeur d'archéologie et d'histoire des jardins à l'Université Sangyo de Kyoto, "cette découverte montre qu'il excellait dans la promotion de la culture et des technologies d'ingénierie".

Les fouilles ont été effectuées de janvier à avril avant la construction d'un bâtiment. En raison de la récente pandémie, le site d'excavation sera remblayé et aucune séance d'information sur place à l'intention du public n'aura lieu.


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4.16.2020

Des archéologues proposent une explication pour les pierres sphériques préhistoriques

Des artéfacts en pierre laborieusement façonnés en forme de sphères faisaient partie de la vie quotidienne des premiers humains depuis plus de deux millions d'années.

Ils ont été mis au jour par des archéologues dans l'est de l'Afrique, berceau de l'humanité, et ils jonchent des sites préhistoriques à travers l'Eurasie depuis le Moyen-Orient jusqu'à la Chine et l'Inde.

Des archéologues proposent une explication pour les pierres sphériques préhistoriques
Pierres préhistoriques en forme de boule trouvées à la grotte de Qesem, près Tel Aviv. photo: Pavel Shrago

Cependant, les experts sont intrigués par leur fonction depuis les débuts de la recherche sur notre histoire évolutive.

Aujourd'hui, une équipe internationale d'archéologues menée par Ella Assaf, archéologue chercheuse de l'Université de Tel Aviv, a pu montrer que ces artéfacts énigmatiques étaient utilisés dans un but très précis: briser les os de gros animaux pour extraire la moelle nutritive à l'intérieur.

L'étude, publiée dans le journal Plos One, souligne comment une solution technologique qui a permis aux hominidés d'augmenter leur apport calorique a pu durer des centaines de milliers d'années et a continué d'être utilisé alors même que nos ancêtres développaient de nouvelles techniques et créaient des sociétés plus complexes.

Des archéologues proposent une explication pour les pierres sphériques préhistoriques
Un archéologue utilise la reproduction d'une pierre en forme de boule pour ouvrir un os d'animal. photo: Ella Assaf

Les chercheurs ont analysé ces pierres en forme de balle, aussi appelées sphéroïdes, trouvées dans la grotte de Qesem, un site préhistorique situé à l'est de Tel Aviv et qui fut habité il y a 400,000 ans jusqu'à il y a 200,000 ans.


La découverte d'une trentaine de ces pierres sphériques dans cette grotte particulière était un énigme dans une énigme pour les archéologues.


Non seulement la fonction de ces sphères est restée obscure, mais leur présence a été considérée comme anachronique, car ces artéfacts se trouvent généralement sur des sites beaucoup plus anciens.

La Grotte de Qesem a été découverte lors de travaux routiers en 2000. Depuis, des fouilles menées par les archéologues Avi Gopher et Ran Barkai de l'Université de Tel Aviv, ont permis de mettre au jour un trésor de centaines de milliers d'éclats d'outils et d'ossements d'animaux ainsi que 13 dents d'hominidés, appartenant au groupe non encore identifié qui vivait sur le site.

Qui qu'ils soient, ces lointains ancêtres des nôtres étaient relativement en avance sur leur temps dans la plupart des comportements dont ils faisaient preuve, disent les experts.

Les habitants de la grotte de Qesem (dont le nom moderne signifie «magie» en hébreu) ont été parmi les premiers hominidés à maîtriser le feu contrôlé pour cuisiner la viande, et ils ont aussi appris à conserver les aliments.


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4.06.2020

Des scientifiques identifient un cordage en tendon de 5 300 ans utilisé par Otzi, l'homme des glaces

Une longueur de corde trouvée près du corps d'Ötzi, l'homme des glaces, a été identifié comme étant une corde pour son arc en bois. Ce chasseur du néolithique avait été découvert enterré dans la glace dans les Dolomites.

Les experts ont longtemps supposé que les deux objets étaient liés, mais en définitive, la preuve a été apportée par une équipe de scientifiques suisses.

Des scientifiques identifient un cordage en tendon de 5 300 ans utilisé par Otzi, l'homme des glaces
Sur la gauche, la corde d'arc d'Ötzi. Photo: South Tyrol Museum of Archaeology 

La corde, qui a été trouvée au fond du carquois utilisé par l'homme des glaces il y a 5300 ans, est faite de tendon animal, un matériau idéal pour produire un arc solide et puissant. Elle mesure deux mètres, presque la même longueur que l'arc qui a été trouvé près du corps momifié du chasseur lorsqu'il a été découvert par deux randonneurs sur le glacier Schnalstal en 1991.

"Nous avions longtemps espéré que c'était le cas, et maintenant cela a finalement été confirmé par la science: la corde dans le carquois d'Ötzi est en effet une corde d'arc et elle s'adapte parfaitement au sien," rapporte le musée archéologique du Tyrol du Sud, où le corps momifié est conservé dans une chambre climatisée.

"On pensait auparavant que la corde était faite de matière végétale, mais des fibres de végétaux n'auraient pas résisté à la tension de l'arc et en tant que tels n'auraient pas été adaptés à une corde d'arc", ont déclaré des experts du musée de Bolzano.


La corde est la plus ancienne connue et la mieux conservée au monde.

Les scientifiques du Fonds national suisse ont également découvert que l'arc du chasseur de l'âge du cuivre avait été fraîchement coupé à partir d'un if. Ils ont aussi trouvé des marques laissées par une hache de guerre qui aurait été utilisée pour couper et façonner le bois.

"Alors que les flèches et les pointes de flèches sont des trouvailles relativement courantes dans le monde, des ensembles complets d'équipement de chasse composés d'arcs, de flèches et parfois même de carquois sont extrêmement rares et ne sont connus que des découvertes glaciaires de l'arc alpin", a déclaré l'équipe scientifique.

Les cordes d'arc préhistoriques sont parmi les découvertes les plus rares de toutes dans les fouilles archéologiques. "La corde contenue dans le carquois d'Ötzi est peut-être la plus ancienne corde d'arc préservée au monde", ont déclaré les experts, qui ont publié leurs recherches dans le Journal of Neolithic Archaeology.

Ils ont découvert que le carquois du chasseur était cousu dans la peau d’un chamois. Un rabat de cuir protégeait l'intérieur du carquois, qui contenait 14 flèches à la mort d'Ötzi. "En cas de nécessité, il pouvait être ouvert très rapidement et une flèche pouvait être tirée avec un seul mouvement du bras", ont déclaré les scientifiques.

La découverte d'Ötzi, dans un col de 3 210 mètres d'altitude à la frontière de l'Autriche et de l'Italie, a fait sensation. Une analyse approfondie de ses armes, de ses vêtements et de son corps (plus anciens que Stonehenge et les Pyramides) a énormément contribué à la compréhension de l'âge néolithique. 

Ötzi est mort après avoir été frappé dans le dos par une flèche, déclenchant un mystère de longue date quant à qui aurait pu vouloir le tuer et pourquoi. Son corps et ses affaires ont été superbement préservés par la neige et la glace des montagnes. On pense qu'il avait environ 45 ans lorsqu'il a été assassiné, un bel âge pour l'époque.


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3.31.2020

Néandertal consommait tout autant de fruits de mer que l'Homo Sapiens

Nos proches cousins évolutifs mangeaient des crustacés, des crabes, des poissons et autres nourritures marines le long de la côte atlantique de l'Europe, rapportent l'archéologue João Zilhão de l'Université de Barcelone et ses collègues.

Les néandertaliens consommaient un menu varié de fruits de mer et terrestres lorsqu'ils occupaient la grotte de Figueira Brava, sur la côte portugaise, pendant de longues périodes il y a 106 000 à 86 000 ans.

Les fouilles sur le site montrent pour la première fois que les néandertaliens correspondent à l'Homo sapiens de l'âge de pierre dans leur capacité à exploiter les fruits de mer riches en acides gras améliorant le cerveau, rapportent les scientifiques dans la revue Science du 27 mars: Last Interglacial Iberian Neandertals as fisher-hunter-gatherers.

Néandertal, pionnier de l’exploitation des ressources marines
Ressources marines de Figueira Brava : A. patelles, B. palourdes, C. tourteaux, D. vertèbre de dauphin, E. vertèbre de requin © A-C M. Nabais, D Antunes et al. 2000, E. J. P. Ruas

Cette découverte s'ajoute à la thèse controversée selon laquelle les néandertaliens se livraient à divers comportements traditionnellement considérés comme étant caractéristiques uniquement d' Homo sapiens, tels que la création d'art rupestre et d'ornements personnels élaborés.

L'activité balnéaire constatée à Figueira Brava repose également sur les preuves préliminaires d'une collecte de coquillages par Néandertal sur la plage et dans les eaux peu profondes de la Méditerranée.

Auparavant, d'autres fouilles avaient suggéré que les néandertaliens ramassaient occasionnellement des mollusques et des animaux marins, chassés ou récupérés, il y a environ 110 000 ans.

Mais des épisodes répétés de Néandertal récoltant à Figueira Brava sur une période d'environ 20 000 ans indiquent une activité côtière aussi étendue que celle d'Homo sapiens qui a récolté des coquillages à Pinnacle Point en Afrique du Sud entre 164 000 et 120 000 ans.


Les néandertaliens, une ancienne variante d'Homo sapiens ?


La collecte intensive de mollusques et de crustacés nécessite le suivi des marées et des saisons, "certainement l'une des caractéristiques de l'adaptabilité comportementale des premiers néandertaliens [en Europe] et des humains modernes en Afrique du Sud", explique l'archéologue Katerina Douka de la science de l'histoire de l'homme de l'Institut Max Planck. Elle n'a pas participé à la nouvelle étude.  

Zilhão considère les néandertaliens comme une ancienne variante d'Homo sapiens qui s'est développée en Europe et en Asie, et non pas une espèce distincte comme ils sont souvent présentés. "Les premiers Homo sapiens d'Europe, des gens que nous avons connus sous le nom de Néandertaliens, exploitaient les ressources marines au moins aussi intensément, sinon plus intensément, que les Sud-Africains de l'âge de pierre vivant dans des habitats et des circonstances comparables," dit-il:

Figueira Brava se trouve sur une bande côtière longue de 20 kilomètres aux pieds d'Arrábida, une chaîne de montagnes à 30 kilomètres au sud de Lisbonne. C'est le seul endroit sur la côte atlantique européenne où les rivages actuels et les anciens rivages maintenant sous-marins sont à de courtes distances, dit Zilhão.

C'est donc ici que les néandertaliens auraient attrapé des fruits de mer et les auraient ramenés dans des grottes voisines telles que Figueira Brava, plutôt que de manger immédiatement ce qu'ils avaient attrapé avant de faire un long voyage vers l'intérieur des terres.


Les fouilles qui se sont étalées de 2010 à 2013 ont permis la mise au jour de restes de nourritures marines remontant à un époque où Néandertal vivait en Europe et où l'Homo sapiens n'était pas encore présent.


Des analyses chimiques des sédiments et formations minérales de Figueira Brava ont apporté un âge estimatif pour les activités de Néandertal.

Les éléments du menu comprenaient des moules, des patelles, des anguilles et même des requins, qui ont pu être capturés dans des eaux peu profondes ou piégés dans de grandes piscines rocheuses par les marées montantes. Les autres aliments consommés par les néandertaliens de Figueira Brava comprenaient des tortues, des phoques, des canards, des oies, des cerfs rouges, des chevaux, des bouquetins, des bovins sauvages maintenant disparus appelés aurochs et des pignons de pin.

De nombreux outils de pierre et des débris de fabrication d'outils ont aussi été trouvés. Des morceaux de bois brûlés enfouis dans les sédiments provenaient de feux allumés intentionnellement, probablement pour la cuisson, se réchauffer ou les deux.

Les découvertes à Figueira Brava remettent ainsi en cause les affirmations antérieures selon lesquelles les visites en bord de mer de Néandertal étaient rares et imprévues, explique l'écologiste évolutionniste Clive Finlayson du Gibraltar National Museum, qui ne faisait pas partie de l'équipe de fouilles. "Les Néandertaliens étaient tout simplement humains", ajoute-t-il, faisant écho à l'argument de Zilhão.

Mais l'archéologue Manuel Will de l'Université de Tübingen en Allemagne n'est pas d'accord: "La nouvelle étude réduit l'écart entre Homo sapiens et les néandertaliens, mais ne le ferme pas," écrit-il. Prenant en compte près de 60 sites côtiers occupés par les néandertaliens ou Homo sapiens il y a environ 300 000 à 40 000 ans, Homo sapiens a exploité plus intensivement les ressources côtières, dit Will. Par exemple, des perles de coquillage, un ornement exigeant à fabriquer, ont été principalement trouvées sur les sites d'Homo sapiens.

Mais les perles de coquillage ne sont pas des signes d'une consommation intensive de fruits de mer, répond Zilhão. La rivière Klasies, un site côtier d'Homo sapiens en Afrique du Sud qui est particulièrement riche en restes de coquillages, n'a pas donné une seule perle de coquillage, dit-il. Le point clé est que la densité et la diversité des fruits de mer des néandertaliens à Figueira Brava sont égales ou supérieures à celles des sites sud-africains d'Homo sapiens.


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3.27.2020

Un étonnant trésor sous une synagogue en Pologne

Une remarquable réserve d'objets rituels juifs a été découverte par hasard dans le cadre d'une fouille archéologique dans une synagogue de Małopolska, en Pologne.

Il y avait pas moins de 350 objets dont certains remontant à la Première Guerre Mondiale.

Un étonnant trésor sous une synagogue en Pologne
Le coffre a été découvert par des archéologues creusant dans la synagogue (Photo: Michał Wojenka)

Les archéologues fouillant l'ancienne synagogue de Wieliczka, étaient en train de faire un trou d'essai lorsqu'ils ont découvert un fragment de bois en décomposition. Ils ont enlevé les couches de terre jusqu'à révéler le dessus d'une caisse en bois, haute de 80cm et longue de 130cm.

A l'intérieur, ils ont trouvé un trésor comprenant une couronne de Torah en argent, un yad (pointeur de lecture), une coupe en argent et cinq chandeliers. Ils ont également trouvé des fragments de chandeliers en laiton et quelques rimonims qui sont des objets ornementaux décorant le haut des poignées des rouleaux de la Torah.

Beverley Nenk, conservatrice des collections médiévales et judaïques au British Museum, a déclaré qu'il était très inhabituel de trouver un trésor de ce type enterré dans une synagogue: "S'il y a des inscriptions lisibles sur les pièces, elles pourront fournir des informations sur les dates et les personnes individuelles de la communauté, car les boucliers de la Torah, les yads et les rimonims sont souvent inscrits avec les noms des donateurs. J'espère que des travaux supplémentaires sur cette découverte étonnante donneront un aperçu de l'histoire et de la vie de la communauté juive perdue de Wieliczka."

La boîte contenait en outre 18 insignes de casquette portant les initiales de l'empereur austro-hongrois Franz Joseph, qui a régné de 1848 jusqu'à sa mort en 1916.

Michał Wojenka de l'Institut d'archéologie de l'Université Jagellonne, qui supervisait les fouilles, rapporte que: "Il s'agit d'un travail très préliminaire dans la synagogue de Wieliczka et il y a encore beaucoup de choses à faire, y compris la conservation des bâtiments et l'analyse des découvertes. La question la plus problématique est de savoir dans quelles circonstances le coffre a été enterré."

Le Dr Wojenka a ajouté que si le trou d'essai avait été creusé un peu plus loin, le trésor serait resté caché.

Selon le Musée de l'histoire des Juifs polonais, la synagogue a été construite vers 1750, bien que la date exacte de la construction ne soit pas connue.

Wieliczka a une présence juive depuis la fin de la période médiévale. Ils ont été bannis par plusieurs rois dans les années 1500, bien que de telles interdictions n'aient jamais été appliquées car les Juifs ont joué un rôle vital dans l'économie de la ville.

Des émeutes anti-juives ont été signalées en 1889 et 1906. En 1921, 1 135 Juifs vivaient à Wieliczka, bien que peu d'entre eux ayant survécu à l'Holocauste soient revenus après la Seconde Guerre Mondiale, ce qui signifie que la communauté n'a pas survécu.


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3.24.2020

Découverte d'une chapelle médiévale monumentale en Angleterre

Des archéologues ont aidé à découvrir les restes d'une chapelle perdue remontant au passé médiéval britannique.

Le personnel et les étudiants de l'Université Durham ont fait partie de l'équipe qui a fouillé la chapelle Bek du XIVe siècle au château d'Auckland dans le comté de Durham.

Découverte d'une chapelle médiévale monumentale en Angleterre
Le site d'une fouille archéologique de la chapelle de l'évêque Antony Bek au château d'Auckland. Photo: Durham University

Bien qu'elle soit plus grande que la chapelle du roi à Westminster (avec des morceaux de pierre sculptée pesant le même poids qu'une petite voiture), l'emplacement exact de cette chapelle est resté un mystère depuis sa destruction dans les années 1650, après la guerre civile anglaise.

La chapelle à deux étages fut construite au début des années 1300 pour l'évêque Antony Bek (prince évêque de Durham 1284-1310), un grand guerrier et l'un des hommes les plus puissants et les plus influents d'Europe à l'époque.

Sur une période de cinq mois, les archéologues ont ainsi révélé les fondations de la chapelle, notamment des murs mesurant 1,5 m d’épaisseur, 12 m de large et 40 m de long,  ainsi que des contreforts le long des côtés de la chapelle et même une partie du sol.

Les experts pensent que la taille, l'échelle et la décoration de la chapelle étaient à l'image du statut de l'évêque Bek, qui détenait des pouvoirs remarquables pour frapper la monnaie, lever des armées et même gouverner au nom du roi.

Dans les mois qui ont suivi la découverte de la chapelle, les archéologues ont travaillé avec un panel d’experts pour lui donner vie telle qu’elle aurait été au 14ème siècle.

Ils reviendront cet été pour poursuivre leurs fouilles où ils espèrent découvrir davantage le côté sud du bâtiment.

D'après le professeur Chris Gerrard du département d'archéologie de l'Université de Durham: "C'est de l'archéologie à son meilleur niveau. Des professionnels, des bénévoles et des étudiants de l'Université de Durham ont travaillé en équipe pour rassembler des indices à partir de documents et d'illustrations anciennes en utilisant les toutes dernières techniques d'enquête pour résoudre le mystère de l'endroit où se trouve cette énorme structure perdue. Nous avons vraiment hâte de revenir à Auckland en juin pour une nouvelle saison de fouilles."

Merci à Frédéric pour l'info !

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3.14.2020

Une nouvelle étude démystifie le mythe de la civilisation amérindienne perdue de Cahokia

À son apogée dans les années 1100, Cahokia, située dans ce qui est aujourd'hui le sud de l'Illinois, était le centre de la culture mississippienne et abritait des dizaines de milliers d'amérindiens qui cultivaient, pêchaient, faisaient du commerce et construisaient des monticules rituels géants.

Une nouvelle étude démystifie le mythe de la civilisation amérindienne perdue de Cahokia
Image de Cahokia Mounds Historic State Site. Peinture de William R. Iseminger.

Dans les années 1400, la cité avait été abandonnée en raison des inondations, des sécheresses, de la rareté des ressources et d'autres facteurs de dépeuplement. Mais, contrairement aux notions romancées de la civilisation perdue de Cahokia, l'exode a été de courte durée, d'après une nouvelle étude de l'UC Berkeley.

L'étude reprend le «mythe de l'Indien en voie de disparition» qui favorise le déclin et la disparition plutôt que la résilience et la persistance des amérindiens, a déclaré l'auteur principal A.J. White, un doctorant en anthropologie de l'UC Berkeley.

"On pourrait penser que la région de Cahokia était une ville fantôme au moment du contact avec les européen, sur la base des archives archéologiques" dit White, "cependant, nous avons pu reconstituer une présence des natifs américains dans la la région qui a persisté pendant des siècles".

L'archéologue de l'UC Berkeley, A.J. White, creusant des sédiments pour chercher d'anciens stanols fécaux. (Photo: Danielle McDonald)

Ces découvertes, publiées dans le journal American Antiquity, font valoir qu'une nouvelle vague d'amérindiens a repeuplé la région dans les années 1500 et y a maintenu une présence constante tout au long des années 1700, lorsque les migrations, la guerre, les maladies et les changements environnementaux ont entraîné une réduction de la population locale.


Des pollens fossiles, des restes d'anciens excréments et des charbons de bois ont été analysés


White et ses collègues chercheurs de l'Université d'état de Californie, Long Beach, de l'Université du Wisconsin-Madison et de l'Université Northeastern, ont analysé des pollens fossiles, les restes d'anciens excréments, des charbons de bois et d'autres indices pour reconstruire le style de vie post-mississippien.

Leurs preuves brossent un tableau de communautés construites autour de la culture du maïs, de la chasse au bison et peut-être même du brûlage contrôlé dans les prairies, ce qui est conforme aux pratiques d'un réseau de tribus connu sous le nom de Confédération de l'Illinois.

Carte de la culture mississippienne et des cultures associées. Carte de Herb Roe

Contrairement aux mississippiens qui étaient fermement enracinés dans la métropole de Cahokia, les membres de la tribu de la Confédération de l'Illinois ont erré plus loin, entretenant de petites fermes et jardins, chassant le gibier et se séparant en petits groupes lorsque les ressources se sont raréfiées.

Le pivot qui rassemble les preuves de leur présence dans la région était des «stanols fécaux» dérivés de déchets humains conservés profondément dans les sédiments sous le lac Horseshoe, le principal bassin versant de Cahokia. Les stanols fécaux sont des molécules organiques microscopiques produites dans notre intestin lorsque nous digérons les aliments, en particulier la viande. Ils sont excrétés dans nos excréments et peuvent être conservés dans des couches de sédiments pendant des centaines, voire des milliers d'années.

Comme les humains produisent des stanols fécaux en bien plus grandes quantités que les animaux, leurs niveaux peuvent être utilisés pour évaluer les changements majeurs dans la population d'une région.

Pour recueillir les preuves, White et ses collègues ont pagayé dans le lac Horseshoe, qui est adjacent au site historique de Cahokia Mounds, et ont déterré des carottes de boue à environ 3 mètres sous le lit du lac.


En mesurant les concentrations de stanols fécaux, ils ont pu mesurer les changements de population depuis la période du mississippien jusqu'au contact avec les européens.


Les données sur le stanol fécal ont également été mesurées dans la première étude de White sur les changements démographiques de la période mississippienne de Cahokia, publiée l'année dernière. Il a constaté que le changement climatique sous la forme d’inondations et de sécheresses consécutives jouait un rôle clé dans l’exode des habitants mississippien à Cahokia.

Mais alors que de nombreuses études se sont concentrées sur les raisons du déclin de Cahokia, peu se sont penchées sur la région après l'exode des mississippiens, dont la culture devrait s'étendre à travers le Midwest, le sud-est et l'est des États-Unis de 700 après JC jusqu'aux années 1500.

La dernière étude de White visait à combler ces lacunes dans l'histoire de la région de Cahokia: "Il y a très peu de preuves archéologiques pour une population indigène après Cahokia, mais nous avons pu combler les lacunes grâce à des données historiques, climatiques et écologiques, et le pivot a été la preuve fournie par le stanol fécal".

Dans l'ensemble, les résultats suggèrent que le déclin du Mississippien n'a pas marqué la fin d'une présence amérindienne dans la région de Cahokia, mais révèle plutôt une série complexe de migrations, de guerres et de changements écologiques dans les années 1500 et 1600, avant l'arrivée des européens.

"L'histoire de Cahokia était beaucoup plus complexe que, "Au revoir, les Amérindiens. Bonjour, Européens", et notre étude utilise des preuves innovantes et inhabituelles pour le prouver", a déclaré White.


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3.01.2020

Découverte d'un monastère anglo-saxon où a pu être couronné le premier roi d'Angleterre

Des restes récemment mis au jour proviendraient du monastère où le premier roi d'Angleterre, Edgar le Pacifique, fut couronné il y a plus de 1000 ans, d'après le Wessex Archaeology.

La preuve a émergé lors d'une fouille à la célèbre abbaye de Bath, avant les rénovations prévues. Lors des fouilles, les archéologues ont eu la surprise de trouver des indices d'architecture anglo-saxonne dans deux structures à côté de l'abbaye.

Cette abside excavée montre que, dans le passé, un monastère près de l'abbaye avait une structure anglo-saxonne. Photo: © Wessex Archaeology

Ce sont les premières constructions anglo-saxonnes connues dans tout Bath, une ville qui a été fondée par l'Empire romain et qui est connue pour ses sources thermales.

Les deux structures absidales (semi-circulaires), ou absides, ont été trouvées sous le niveau de la rue, sous ce qui constituait autrefois les cloîtres de la cathédrale du XIIe siècle construite sur des gisements romano-britanniques. La cathédrale est juste au sud de l'église abbatiale.

Après avoir trouvé ces structures en pierre, les archéologues ont utilisé la datation au radiocarbone sur du charbon de bois trouvé dans une partie du plâtre de l'une de ces absides. Le charbon de bois datait ainsi de 780-970 et 670-770, d'après le Wessex Archaeology.

Cette fenêtre temporelle suggère que l'abbaye faisait autrefois partie du monastère anglo-saxon où Edgar a été couronné, en 973.


"Lorsque vous trouvez quelque chose d'inhabituel, vous devez penser: Quelle est l'explication la plus plausible de ce que nous avons trouvé ?" a dit Cai Mason, agent principal de projet au Wessex Archaeology, "La plupart du temps, ce sera en effet l'explication, mais parfois cela ne fonctionne pas, ce qui vous fait vous demander: Avons-nous trouvé quelque chose de vraiment inhabituel ? Ceci, ainsi que les pierres et les sépultures saxonnes tardives trouvées à l'abbaye, fournissent une preuve de plus en plus forte que nous avons effectivement trouvé une partie du monastère anglo-saxon perdu de Bath, " où Edgar le Pacifique a été couronné.

La façade de l'abbaye de Bath. Photo: © Wessex Archaeology

Edgar, qui était déjà couronné roi de Mercie (royaume anglo-saxon en Angleterre) et de la Northumbrie, est devenu roi du Wessex et roi de facto de toute l'Angleterre à la mort de son frère Eadwig en 959. Il a choisi Bath comme lieu saint où il serait couronné, car elle avait une église célèbre et des connexions avec le Wessex et Mercia, selon Wessex Archaeology.

Certes, le père et le grand-père d'Edgar avaient également été reconnus comme rois d'Angleterre, mais Edgar a été le premier à être couronné lors d'une cérémonie qui, selon l'église, était la volonté de Dieu.


Il est possible, cependant, que ces structures anglo-saxonnes soient tout autre chose.


"Étant donné que la date potentielle de ces structures s'étend sur environ 200 ans, il existe plusieurs contextes possibles pour leur construction", a déclaré Bruce Eaton, chef de projet du Wessex Archaeology.

Bath est en effet connu pour sa riche histoire. En 577,  les païens saxons occidentaux ont vaincu les britanniques et ont repris un certain nombre de villes, y compris Bath. Plus tard, en 628, le roi Penda de Mercie y a battu les saxons occidentaux.

"Une possibilité, pour les deux structures aspidales, serait que le roi Offa de Mercie ait acquis le monastère en 781 après JC et crédité William de Malmesbury pour la construction de la célèbre église de Saint-Pierre. Il a probablement utilisé les pierres travaillées du complexe de bains romains qui s'effondrait à proximité," dit Eaton,"De vastes travaux de construction au cours de cette période sont également attestés par le successeur d'Offa, Ecgfrith, ayant l'infrastructure en place pour abriter la cour au monastère en 796 après JC. Cependant, cette phase énergique d'activité de construction correspond parfaitement à notre date la plus rapprochée possible pour le plâtrage, mais ce n'est certainement pas notre seul candidat".

Les archéologues ont noté qu'il était connu depuis longtemps qu'un monastère se trouvait sur ce site, mais "aucune trace de l'édifice ne reste au-dessus du sol aujourd'hui, il est donc étonnant que nous en ayons maintenant un aperçu réel et que nous puissions avoir une véritable idée de ce à quoi il ressemblait", a déclaré le révérend chanoine Guy Bridgewater de l'Abbaye de Bath.

Ces structures ont été découvertes dans le cadre du projet Footprint de l'abbaye, qui vise à construire de nouvelles installations, à restaurer le plancher qui s'effondre et à installer un système de chauffage écologique qui tire parti des sources thermales de Bath.

Sol carrelé mis au jour lors des fouilles. Photo: © Wessex Archaeology

D'autres découvertes avant le projet Footprint incluent un sol carrelé aux couleurs vives du 14ème siècle, situé dans ce qui aurait été la nef de la cathédrale médiévale, la zone centrale où la congrégation se réunissait, a rapporté Wessex Archaeology.

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