5.06.2008

Mexique: le tournesol cultivé plus tôt qu'on ne le croyait



Les chercheurs de l'Université de Cincinnati et de l'Université de l'Etat de Floride ont montré que le tournesol était domestiqué au Mexique 4000 ans avant ce qui avait été précédemment estimé.

D'après David Lentz, pendant longtemps, on pensait que le tournesol était cultivé uniquement en Amérique du Nord est. Hors, il apparait que cette plante a été cultivée au Mexique.
Cette découverte suggère donc qu'il y a pu avoir des échanges culturels entre ces deux zones géographiques en des temps très anciens.

Plus qu'une simple question de fierté sur quelle partie de l'Amérique peut prétendre à la paternité d'une fleur, le débat se centre surtout sur la période où le tournesol a pu être cultivé et par quelle civilisation...
En tout cas, il existe aujourd'hui des preuves solides que deux événements similaires ont eu lieu à des milliers d'années et des centaines de kilomètres de distance...

Lentz et ses collègues ont rassemblés des données archéologiques, linguistiques, ethnographiques et ethnohistoriques prouvant que le tournesol était entré dans la culture mexicaine 2600 avant JC; sa culture était très répandue au Mexique et s'étendait jusqu'au Salvador.
Enfin, il était bien connu des Aztèques, et est toujours utilisé, aujourd'hui, par les cultures traditionnelles d'Amérique centrale.

Mais, l'inconnue réside dans le fait qu'on ne sait pas si la culture du tournesol Mexicain et d'Amérique du Nord sont liés.

Les preuves archéologiques du tournesol au Mexique ont été rares, probablement pour un certain nombre de raisons.
Tout d'abord, il n'a pas été propice à des dépôts dans des sites archéologiques du fait de son utilisation. Ensuite, les conditions climatiques, en particulier dans la région néotropicale, ont de mauvaises propriétés pour la préservation des plantes. Enfin, les stratégies de recherche archéologique dans de nombreux domaines de la Méso-Amérique se sont concentrées davantage sur l'architecture monumentale que sur l'évolution agricole.
Si, vous n'êtes pas chercheur, vous avez peu de chance de trouver quelque chose !

En fait, les graines de tournesol (akène) ont été retrouvées au Mexique dans des situations où la conservation était particulièrement bonne.
L'utilisation de la spectrométrie de masse par accélérateur a permis de dater des graines à plus de 2600 avant JC.

Les Otomi, l'un des groupes indigènes mexicains interrogés, utilise le nom "dä nukhä", qui se traduit par "grande fleur qui ressemble au dieu-soleil", une référence au culte solaire pré-colombien.
Le tournesol est encore couramment utilisé comme ornement dans leurs églises.

"Lorsqu'on les interroge sur les tournesols, les personnes les de la culture Nahuas de la culture au Mexique, les descendants des Aztèques, nous ont donné un indice pour faciliter l'interprétation de textes historiques», annonce Lentz. “
"Le Nahuas moderne utilise deux mots pour le tournesol:« chimalxochitl », qui signifie« bouclier fleur "ou" chimalacatl », qui signifie« bouclier roseau », qui est également une référence à sa tige creuse et large. Ces termes nous ont conduit à des tournesol en références à la liste des chroniques au début du 16 siècle, de la société aztèque, le Codex de Florence, écrit par Fray Bernardino de Sahagun.
Dans le Codex de Florence, le tournesol est décrit dans le cadre d'une offre au dieu Soleil ", Huitzilopochtli."

Les chercheurs soulignent que le tournesol, associé au culte solaire et à la guerre, au Mexique, a pu conduire à sa suppression après la conquête espagnole.
"Le tournesol passait pour être un puissant aphrodisiaque, ce qui pourrait avoir également contribué à ce qu'il soit interdit par les prêtres Espagnols», ajoute Lentz.

"Au-delà de la reconnaissance des grandes cultures de ces premiéres populations, il y a de véritables leçons que nous pouvons apprendre d'eux. Comme nous traitons aujourd'hui des questions de réchauffement de la planète et que nous évaluons et examinons les cultures pour survivre et prospérer dans les climats chauds; les anciens Aztèques ont peut-être de précieuses leçons à nous apporter."

Ceux qui ont travaillé sur le projet:
McMicken College of Arts & Sciences:
David Lentz (mailto:david.lentz@uc.edu) professeur de sciences biologiques et directeur exécutif du Centre pour les études.





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