Des fouilles archéologiques récentes menées au cœur de Skien, en Norvège, ont permis une découverte majeure : un ensemble de trois tonneaux en chêne bien conservés, associés à des matériaux de construction.
Les fouilles de Torggata, réalisées dans le cadre des travaux municipaux de modernisation des infrastructures d'eau et d'assainissement, constituent la première intervention archéologique d'envergure dans la ville depuis les années 1970 et ont apporté de précieuses informations sur le développement des établissements humains au sein de la ville actuelle, du haut Moyen Âge au début de l'époque moderne.
Image Credit : NIKU
L'analyse stratigraphique indique que les tonneaux ont été déposés dans un contexte datant du XVIIᵉ siècle, bien que les couches culturelles sous-jacentes remontent au IXᵉ siècle.
Ces dépôts plus anciens confortent l'hypothèse d'un établissement portuaire émergent, lié aux réseaux commerciaux régionaux de pierres à aiguiser originaires d'Eidsborg. L'ensemble de tonneaux, quant à lui, offre un éclairage plus précis sur les pratiques de construction urbaine du début de l'époque moderne.
Les tonneaux ont été découverts in situ, à proximité d'un imposant pilon en bois, le tout enchâssé dans une matrice à forte concentration de chaux. Les observations micromorphologiques et les prélèvements effectués ont révélé des séquences de dépôt distinctes à l'intérieur des barils : des résidus de chaux compactés à la base et des débris de démolition en surface. Cette stratification suggère fortement des cycles d'utilisation répétés, compatibles avec le stockage et la manipulation de la chaux éteinte (hydroxyde de calcium), un composant fondamental de la production de mortier à l'époque historique.
L'enfouissement intentionnel des barils est interprété comme une adaptation fonctionnelle aux conditions environnementales. Le stockage souterrain aurait assuré la stabilité thermique, empêchant le gel et préservant la réactivité chimique de la chaux avant son mélange avec des agrégats tels que le sable et l'eau. Les dépôts résiduels de chaux à la base de chaque baril indiquent une extraction incomplète lors de leur utilisation, formant progressivement des couches successives au fil du temps.
Du point de vue de l'archéologie de la construction, cet ensemble fournit une preuve matérielle directe des stratégies de gestion des matériaux dans un contexte urbain scandinave du début de l'époque moderne. Le mortier de chaux était essentiel à la fois pour la liaison des maçonneries et la finition des surfaces, et sa présence ici pourrait être corrélée aux phases documentées de reconstruction après un incendie dans le centre historique de Skien. Le pilon associé facilite les activités de traitement et de préparation sur place.
L'état de conservation des éléments en bois est remarquable, probablement grâce aux conditions d'enfouissement anaérobies et au milieu alcalin créé par la chaux environnante. Ces facteurs ont permis une intégrité structurelle exceptionnellement élevée, ouvrant la voie à leur conservation et à leur future reconstruction.
Au-delà de son importance matérielle, la fouille a également démontré l'intérêt d'intégrer la sensibilisation du public au travail scientifique de terrain. Bien que l'accès au site ait été physiquement restreint, la diffusion des informations par le biais des médias numériques et des visites commentées a favorisé l'implication de la communauté.
À mesure que les fouilles progressent dans les zones adjacentes de Torggata et Telemarksgata, l'analyse continue de ces découvertes devrait permettre d'affiner la compréhension des processus d'urbanisation de Skien et des cadres technologiques qui sous-tendent son environnement bâti.
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