10.16.2011

Un chercheur découvre un cercueil égyptien très rare dans un musée anglais


Un cercueil égyptien extrêmement rare appartenant probablement au fils d'un roi ou d'un très haut fonctionnaire, a été «découvert» au musée de Torquay par un archéologue de l'Université de Bristol.



Le Dr Aidan Dodson, chercheur principal au Département d'archéologie et d'anthropologie de l'Université de Bristol a fait la découverte alors qu'il travaillait sur un projet à long terme visant à cataloguer tous les cercueils égyptiens dans les musées provinciaux d'Angleterre et du Pays de Galle.


"j'ai réalisé que le cercueil avait quelque chose de vraiment spécial..."

Le Dr Dodson explique ainsi: "Quand je suis entré dans le musée de Torquay pour la première fois, j'ai réalisé que le cercueil avait quelque chose de vraiment spécial. Non seulement il était d'une conception dont il n'existe probablement qu'un seul autre exemple au Royaume-Uni, mais il était d'une qualité était exceptionnelle."

Le cercueil est taillé dans une pièce de bois de cèdre et est finement sculpté, incrusté et peint. Pour qu'un enfant ait eu quelque chose comme cela, il doit avoir eu des parents très important - peut-être même un roi et une reine. Malheureusement, la partie de l'inscription nommant le garçon et ses parents est tellement endommagée que l'on ne peut en être certain.


Un cercueil 1000 ans plus vieux que la momie à l'intérieur.

En effet, l'inscription avait été re-travaillée à un moment donné pour un nouveau propriétaire - un garçon momifié il y a 2500 ans, anonyme mais ayant reçu le nom de Psamtek par ses gardiens actuels. «Psamtek» a en fait près de 1.000 ans de moins que le cercueil lui-même.

Les secrets du jeune garçon momifié avaient été sondés au scanner à l'hôpital Torbay en 2006 afin de tenter de déterminer son âge et la cause du décès. Il avait été découvert qu'il avait entre trois et quatre ans, mais il n'y avait pas de signes évidents de la cause du décès.

«Psamtek», la seule momie humaine du comté, a capturé l'imagination de milliers de visiteurs curieux. Mais aujourd'hui, c'est son propre cercueil qui lui a volé la vedette, lorsque l'on s'est aperçu qu'il avait près de 1000 ans de plus que le corps qu'il contenait.

Une enquête plus approfondie a révélé qu'il a pu ainsi avoir été fait pour un jeune membre de la royauté plus d'un siècle avant l'époque du célèbre jeune roi Toutankhamon.


Fabriqué quelque part entre 1525 et 1470 avant JC.

Le conservateur du musée, Barry Chandler, a déclaré: "C'est une découverte extraordinaire et cela signifie que le cercueil est désormais la pièce la plus spectaculaire dans toute notre collection. C'est extrêmement rare - même le British Museum n'en possède pas de tel".

Le cercueil et son contenu ont été donnés au musée en 1956 par Lady Winnaretta Leeds, fille de l'héritier de la machine à coudre Singer à Paris. Fascinés par l'égyptologie, Lady Leeds a voyagé de nombreuses fois au Moyen-Orient. C'est durant une de ses visites dans les années 1920 qu'elle aurait acheté le cercueil et la momie.

M. Chandler a déclaré que le musée a toujours cru que le cercueil n'avait pas son contenu d'origine et qu'il avait été réutilisé: "Nous avons pensé que le cercueil pouvait avoir 200 ans ou plus, mais nous n'avons jamais réalisé qu'il avait réellement été fait entre le règne d'Ahmosis I et les premières années du règne de Thoutmosis III; donc quelque part entre 1525 et 1470 avant JC. Non seulement il a gagné énormément en âge, mais il revient à l'une des dynasties égyptiennes les plus célèbres."

Le cercueil est recouvert de lin imprégné de plâtre. Essentiellement peint en blanc, il a un visage peint en rouge - indiquant un mâle - et les yeux sont fabriqués à partir de verre volcanique et de calcaire montés en bronze. Plus bas, "parfaitement modélisés", les genoux sont une autre des caractéristiques qui indiquent que le cercueil doit avoir contenu à l'origine une personne importante - que ce soit l'enfant d'un pharaon ou la progéniture d'un haut fonctionnaire.

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10.12.2011

Une nouvelle technique pour dater la soie

Depuis des millénaires, les Chinois ont dévidé les cocons de vers à soie (Bombyx mori) afin de tisser de somptueux vêtements, des tentures, des tapis, des tapisseries et même des œuvres d'art en soie peinte.

Cocon de soie.

Aujourd'hui, pour la première fois, des scientifiques de l'Institut de Conservation du Musée Smithsonian ont développé une méthode rapide et fiable pour dater la soie.

Cette nouvelle technique, qui est basé sur la spectrométrie de masse d'électrophorèse capillaire, a un grand potentiel pour améliorer l'authentification et la datation d'inestimables objets de soie du musée, ainsi que d'autres collections du monde entier.

Cette méthode utilise la détérioration naturelle des acides aminés de la soie, un processus connu sous le nom de racémisation, afin de déterminer son âge. Avec le temps, l'abondance des acides aminés L utilisés dans la création de la protéine de soie diminuent tandis que l'abondance d'acides aminés D associés à la détérioration de la soie augmentent.
La mesure de ce rapport en constante évolution entre ces deux types d'acides aminés permet de révéler l'âge d'un échantillon de soie.

Les archéologues et les anthropologues médico-légaux ont utilisé ce procédé pendant des décennies pour dater les os, les coquillages et les dents; mais les techniques utilisées nécessitaient des échantillons importants, ce qui, pour les objets en soie, est presque impossibles à obtenir.

"Beaucoup de choses sont faites à base de protéines animales, comme la peau et les cheveux; et les protéines sont constituées d'acides aminés", explique le chercheur Mehdi Moini du Smithsonian, "les créatures vivantes construisent des protéines en utilisant des acides aminés spécifiques communément appelé acides aminés gauchers [L]. Quand un animal meurt, il ne peut plus remplacer les tissus des acides aminés gauchers, c'est alors que, la protéine se dégradant, ces acides aminés se transforment en droitiers [D]".

La mesure de ce rapport en constante évolution entre les acides aminés gauchers et les droitiers peut être utilisé comme une horloge scientifique permettant d'estimer l'âge de la soie.

Dans des environnements contrôlés tels que le stockage du musée, le processus de décomposition de la soie est relativement uniforme, rendant la mesure du rapport D / L plus fiable. L'équipe de l'Institut de Conservation du Musée Smithsonian a utilisé des échantillons de fibre tirés d'une série d'artefacts de soie déjà datés pour créer un graphique des ratios des acides aminés gauches et droits afin de permettre la datation d'autres tissus de soie.

Ces artefacts comprenaient un textile de soie de la période des Royaumes Combattants en Chine (475-221 avant J.-C.) du Metropolitan Museum of Art à New York, une tapisserie de soie (1540) de Fontainebleau du Kunsthistorisches Museum de Vienne en Autriche; un textile de soie d'Istanbul (1551-1599) du Musée du Textile de Washington, DC; une veste d'homme (1740) du Musée de la Ville de New York, et un drapeau de soie de la guerre mexicaine (1845-1846) au Musée national Smithsonian d'histoire américaine.

Auparavant, la datation de la soie était très spéculative et reposait surtout sur la connaissance historique du morceau de soie, ainsi que de ses caractéristiques physiques et chimiques.
La nouvelle technique prend environ 20 minutes, et nécessite la destruction d'environ 100 microgrammes de fibres de soie, ce qui est nettement préférable à la datation au C14 (carbone 14) qui nécessite la destruction du matériel.

Source:
  • Past Horizons: "Conservation team develops new technique for dating silk"

10.11.2011

Malte: Tal-Wej déclaré zone d'importance archéologique

MAJ 18/11/15
Le MEPA de Malte (Malta Environment & Planning Authority) a réservé une grande portion de terre, connue sous le nom de Tal-Wej  afin d'assurer une meilleure protection de la zone.
En effet, Tal-Wej, situé entre les villes de Mosta et Naxxar, est un paysage archéologique important pour Malte et offre un cadre contextuel vierge pour un grand nombre d'éléments archéologiques et historiques.

Les sites archéologiques et monuments comprennent des dolmens, des «ornières», des anciennes carrières, des puits, des chambres funéraires, des tranchées de vigne, une chapelle du 16ème siècle et deux cabanes à encorbellement.
Le dolmen de Wied Filep.

La zone de Tal-Wej est également protégée pour son patrimoine naturel car il est caractérisé par le paysage karstique et est dominé par un mélange de steppes rocheuses, et dans une moindre mesure, par l'habitat de garrigue .
Une des principales caractéristiques de Tal-Wej est le nombre de kamenitzas d'eau douce temporaires (cuvettes d'eau dans la roche).
L'objectif de ce programme est à la fois de protéger le paysage karstique de Tal-Wej, en tant que patrimoine naturel, et aussi d'agir comme un mécanisme de contrôle du développement en adéquation avec le plan de structure pour les îles maltaises (Structure Plan for the Maltese Islands).

C'est ainsi que la zone a été déclarée comme une aire d'importance archéologique (AAI: Aera of Archaeological Importance).

 Les fameuses ornières dans les environs de Nexxar.

Tous les éléments archéologiques dans le site sont programmés individuellement d'après leur importance.
Protéger à la fois l'environnement et l'archéologie devrait assurer un avenir pour cette région et cela montre, par ailleurs, que l'approche holistique est souvent la meilleure façon d'avancer.


Source:
  • Past Horizons: "Tal Wej declared an area of archaeological importance"

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10.10.2011

Mexico: une plateforme d'un temple Aztèque sous le Templo Mayor


Les archéologues ont découvert une plateforme cérémonielle aztèque circulaire parsemée de sculptures de têtes de serpents en pierre, à Mexico, sous les ruines du Templo Mayor. Cette nouvelle renforce les espoirs de trouver la tombe d'un empereur.

 Une figure en forme de tête de serpent décore la plate-forme nouvellement découverte sur le site archéologique du Templo Mayor à Mexico City

En effet, jusqu'à ce jour, aucune tombe de souverain aztèque n'a jamais été retrouvée; et les chercheurs tentent, depuis cinq ans, de trouver une tombe royale dans la région du Templo Mayor, un complexe de deux immenses pyramides et de nombreuses petites structures qui contenait le cœur cérémoniel et spirituel de l'empire pré-hispanique aztèque.

l'INAH (Institut national d'anthropologie et d'histoire) a déclaré que la plate-forme de pierre a environ 15 mètres de diamètre et a été probablement construite vers l'an 1469. Le site se trouve dans le centre de Mexico, qui a été construit par les conquérants espagnols au sommet de la capitale aztèque de Tenochtitlan.


L'histoire parle de dirigeants incinérés au pied du Templo Mayor.

Selon l'archéologue Raul Barrera, "Les documents historiques disent que les dirigeants ont été incinérés au pied du Templo Mayor, et l'on pense que c'est sur cette structure - les « cuauhxicalco »- que les dirigeants étaient incinérés".
C'est ce que disent les sources historiques qui se référent à des comptes rendus écrits par des prêtres catholiques qui ont accompagné les soldats espagnols lors de la conquête en 1521. "Bien sûr, maintenant nous devons trouver des preuves archéologiques pour corroborer cela." ajoute Barrera.

La plate-forme, qui est encore entrain d'être déterrée, a été progressivement mis au jour au cours des derniers mois. Elle est recouverte d'au moins 19 têtes de serpents, chacun d'environ cinquante centimètres de long.
Barrera a déclaré que les comptes-rendus de l'an 1500 suggèrent que la plate-forme a également été utilisée lors d'une cérémonie dans laquelle un prêtre aztèque serait descendu de la pyramide à proximité avec un serpent en papier qu'il aurait brûlé sur la plate-forme.
Les documents indiquent qu'il y avait un total de cinq de ces plates-formes dans le complexe du temple.
L'une d'elles a été trouvée il y a plusieurs années, mais elle était plus loin; or la plate-forme récemment découverte se situe au pied de la pyramide, un lieu rituellement plus important.


Des chambres souterraines mais pas de tombe.

En 1997, les archéologues avaient utilisé un géoradar sur un site très proche de l'endroit où la plate-forme de pierre a été trouvée: ils avaient détecté de possibles chambres souterraines qui auraient pu contenir les restes de l'empereur Ahuizotl, qui a gouverné les Aztèques lorsque Christophe Colomb débarqua dans le Nouveau mondiale.

Cependant, les fouilles avaient amené jusqu'à une sorte d'escalier débouchant plus bas sur beaucoup d'offrandes rituelles: des coquillages, des os d'animaux et des pots, mais pas de tombe.

Les archéologues s'accordent à penser qu'une telle découverte serait très significative: "Ce serait une découverte très importante pour l'archéologie aztèque," a déclaré Michael Smith, archéologue à l'Arizona State University qui n'est pas intervenu dans les fouilles, "ce serait extrêmement important, car l'on obtiendrait des informations directes sur la royauté, l'inhumation et l'empire qu'il est difficile de trouver autrement."
Il pense que l'équipe archéologique est tout proche de trouver une tombe royale aztèque.


Voyez aussi les photos des fouilles sur Les Découvertes Archéologiques en Images et l'article de Mexique Ancien: Découverte majeure au Grand Temple de Mexico-Tenochtitlan


Merci à Ely Capuano pour l'information sur cette découverte.

Source:

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10.07.2011

Salvador: une ancienne route Maya sous les cendres volcaniques


Une équipe de l'Université du Colorado à Boulder a dirigé les fouilles d'un village Maya au Salvador, enterré par une éruption volcanique il y a 1400 ans.
C'est de façon tout à fait inattendue qu'une ancienne route blanche qui semble conduire vers et à partir de la ville a été mise au jour.

Le Sacbé, montré ici avec un canal de drainage sur les plants de maïs à gauche a été conservé par les cendres sur la droite depuis environ 1400 ans; il s'agit du seul sacbé jamais découvert construit sans garnitures en pierre. (Crédit: Image Payson Sheets, Université du Colorado)

La route, en fait un sacbé (aussi appelé chemin blanc, il s'agit d'un chemin construit par les Mayas des Basses-Terres. Surélevé d'une cinquantaine de centimètres, entre deux murets remplis de cailloux, il est revêtu d'un mortier calcaire pour le protéger des intempéries.) fait environ 2 mètres de large.
"Elle est fabriquée à partir de cendres volcaniques blanches d'une éruption précédente qui a été tassée et  consolidée sur ses bords par la population qui y vivait dans les années 600 après JC", a expliqué le professeur Payson Sheets, qui a découvert le village enseveli de Ceren près de la ville de San Salvador en 1978.

Dans le Yucatan Maya, le sacbé relie entre eux les temples, les places et les villes. Celui du village enfoui de Ceren (il avait des canaux d'eau courante de chaque côté) est le premier jamais découvert sur un site archéologique Maya qui a été construit sans bordure en pavés.
La route a été découverte par hasard par l'équipe lorsqu'elle creusait un puits sous 17 mètres de cendres volcaniques afin d'analyser l'activité agricole dans les environs de Ceren, considéré comme le meilleur village préservé Maya en Amérique centrale.


Un chemin emprunté pour fuir l'éruption ?

Payson Sheets ajoute, "Jusqu'à notre découverte, ces routes n'étaient connus que dans la région du Yucatan, au Mexique et toutes ont été construites avec des garnitures en pierre, et elles sont généralement bien conservées. Nous savons, maintenant, qu'un sacbé peut aussi être construit sans pierre"
Afin de suivre la route, deux fosses test ont été creusées vers le nord et ont confirmé que le sacbé avait une longueur minimale de 45 mètres. Le sacbé semble se diriger vers deux structures cérémonielles de Ceren à moins de 100 mètres.

"Nous savons qu'il y avait une fête en cours lorsque l'éruption a frappé", a ajouté Sheets, "et nous n'avons trouvé aucune preuve de quiconque serait revenu chez lui car toutes les portes des foyers étaient fermées et ficelées. Nous pensons que les gens sont partis vers le Sud, peut-être sur le sacbé, parce que le danger était au nord. "

Des datations au radiocarbone de Ceren indiquent que l'éruption s'est produite à peu près en 630 après JC, et les chercheurs ont même mis en évidence le mois et l'heure de la journée où s'est abattu le nuage de cendres et de débris provenant du volcan Caldera Loma. L'éruption aurait eu lieu à peu près  vers 19 heures lors d'une soirée du mois d'août en raison de la maturité des tiges de maïs conservées dans les cendres.

À ce jour, aucun reste humain n'a été trouvé dans le village.

Les Sacbeob (le pluriel de Sacbé), avaient une forte connotation pratique, politique et spirituelle dans le Yucatan précolombien. Certains étaient assez long, jusqu'à 65km, tandis que d'autres avaient moins de 15 mètres. Grâce à la très bonne conservation de Ceren, les chercheurs on pu voir les marques des mains des agriculteurs qui réparaient les bords du sacbé.
Il se pourrait que le sacbé de Ceren conduise vers le centre Maya de San Andres à environ 5km au sud, mais il n'existe encore aucune preuve à ce jour.


Certains considèrent Ceren comme "la nouvelle Pompéi mondiale"

La préservation des matières organiques de Ceren est supérieure à Pompéi parce que ce sont des particules de cendres chaudes et humides qui ont recouvert le village et "emballé" les structures en toit de chaume, les jardins et les champs agricoles...
La préservation de Ceren est si grande que les chercheurs ont découvert des marques de doigt dans des bols en céramique, des empreintes de pieds dans les jardins...
Les chercheurs ont aussi trouvé les restes de souris qui vivaient dans les toits de chaume, et des entomologistes ont même été capables de discerner deux espèces de fourmis qui habitaient le village.

Près de 12 bâtiments ont été fouillés, y compris logements, entrepôts, ateliers, cuisines, édifices religieux et un sauna communautaire... Mais il reste des dizaines de structures non étudiées.
Sheets conclu ainsi: "Il y a bien plus d'un siècle de recherche qui reste à faire à Ceren - à certains égards, nous avons seulement gratté la surface."

L'équipe 2011 de Payson Sheets était composée de Christine Dixon, Alexandrie Halmbacher et Theresa Heindel, étudiantes de l'université du Colorado, du professeur David Lentz de l'Université de Cincinnati , Hoffer Christine étudiante de la même université et Céline Agneau de la Sorbonne à Paris et de 23 travailleurs locaux salvadoriens .

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10.05.2011

Quand les enfants apprenaient l'art rupestre il y a 13000 ans


Une conférence sur l'archéologie de l'enfance à l'université de Cambridge est entrain de révéler les dernières recherches sur l'art réalisé par de jeunes enfants dans l'une des plus célèbres grottes ornées préhistoriques en France: le complexe de cavernes à Rouffignac également connue comme la grotte des Cent Mammouths.

 Des recherches suggèrents que des oeuvres de ce genre ont été créés il y a 13.000 ans par les enfants dans des grottes en Dordogne. Photo: Université de Cambridge / PA


Artiste dès 3 ans.

L'archéologue Jess Cooney, de Cambridge,  explique comment la recherche méticuleuse a permis d'identifier à la fois l'âge et le sexe de l'enfant qui a créé une forme d'art simple appelée tracés digitaux, il y a environ 13.000 ans. Son travail révèle que certains des tracés étudiés ont été faits par un enfant de trois ans et l'artiste la plus prolifique était une fille de cinq ans.
Les archéologues avaient déjà réalisé que des enfants avaient produit quelques-uns des tracés lors d'une visite en 2006. Cependant, le travail de terrain effectué cette année par Cooney et le Dr Leslie Van Gelder de Walden University, montre à quel point ils étaient jeunes.

Chaque année des milliers de personnes visitent les grottes de Rouffignac en Dordogne pour y admirer l'art rupestre: des images éclatantes d'animaux dessinés sur les surfaces de profondes cavernes profondes à l'intérieur d'une colline.
Toutefois, les superbes dessins de mammouths, de rhinocéros et de chevaux ne représentent qu'une petite partie de l'art rupestre qui se trouve dans ce système  grottes (sur 8 kilomètres !).

Il y a aussi ces milliers de lignes qui parcourent les plafonds et les murs de nombreuses galeries et passages qui composent le complexe. Bien qu'impossible à dater avec précision, les images trouvées à l'intérieur des grottes de Rouffignac (en fait, un réseau créé par les systèmes fluviaux) sont susceptibles d'avoir au moins 13.000 ans.


Être enfant pendant la préhistoire.

Les grottes en elles-mêmes sont connues depuis le 16ème siècle: en 1575 François de Belleforest écrit sur ​​la peinture dans son livre La Cosmographie universelle de tout le monde.
Et, pendant des siècle, les visiteurs ont ajouté leurs propres graffitis créant un puzzle frustrant pour les archéologues. Il a fallu attendre 1956 pour que des experts se rendent compte que certains des ouvrages remontaient à la préhistoire. Les dessins ont fait l'objet d'études intensives depuis. Mais ce n'est que récemment que les archéologues ont tourné leur attention vers les tracés digitaux, moins spectaculaires, dont presque tous sont faites sans application de pigment.
Les indices suggèrent qu'ils datent de la même période que les animaux peints et gravés - une ère de chasseurs-cueilleurs de la culture connue sous le nom Magdalénien également impliqués dans l'art rupestre de Lascaux.

Cooney a montré, lors de la conférence, comment il a été possible de déterminer non seulement l'âge et le sexe de l'enfant qui a fait la marque mais aussi d'identifier les enfants par leur «signature». Elle a également soulevé des questions plus larges telles que qu'est-ce que cela signifie d'être un enfant dans la préhistoire ?
"C'est le genre de question que vous vous posez lorsque vous êtes profondément sous terre dans une grotte et que vous regardez, éclairé par le faisceau d'une lampe de poche, ces tracés effectués il y a des milliers d'années", a déclaré M. Cooney.


Une méthodologie précise pour déterminer l'âge et le sexe.

Pour mener à bien ses études, Cooney a utilisé une méthodologie développée par Van Gelder et feu le Dr Kevin Sharpe, qui se sont penchés ensemble sur les tracés digitaux dans la grotte de Rouffignac.

L'analyse statistique des milliers de largeurs de mains de personnes contemporaines, à la fois d'enfants et d'adultes, a jeté les bases pour l'identification des individus âgés de sept ans ou moins basé sur la largeur des trois doigts du milieu.
Cooney précise ainsi: «En 2006, Sharpe et Van Gelder avaient développé une technique pour déterminer l'âge et le sexe des enfants à partir des impressions des mains, grâce à ces tracés. Il s'agit d'une méthode étonnamment précise. En mesurant les tracés à Rouffignac avec et en les jumelant avec les données modernes, nous avons pu donner l'âge de l'enfant qui les a faites jusqu'à sept ans. De même, si nous avions un profil de doigt assez clair, nous avons su dire à 80 pour cent de précision si l'individu était de sexe féminin ou masculin. Cela fonctionne avec les enfants mais aussi les adultes. En utilisant la méthodologie, nous pouvons également identifier les marques faites par le même enfant »,

Les tracés faits par les enfants apparaissent dans chaque chambre à travers les grottes, même celles qui sont à  45 minutes de marche de l'entrée. Certains des tracés d'enfants sont hauts sur les murs, voire sur les plafonds, ils doivent avoir été portés ou étaient assis sur les épaules de quelqu'un. Les archéologues ont trouvé des marques faites par des enfants âgés entre trois et sept ans, et ils ont pu identifier quatre enfants distincts en faisant correspondre leurs marques.

"Le plus prolifique des enfants qui a fait des tractés était âgé d'environ cinq ans, et nous sommes presque certains que l'enfant en question était une fille. Sur quatre enfants, nous savons au moins que deux étaient des filles. L'une des cavernes est si riche en tracés d'enfants qu'on pense qu'elle devait être un espace spécialement pour eux " ajoute Cooney.

Les tracés digitaux sont visibles également dans d'autres grottes en France, Espagne, Nouvelle-Guinée et Australie. A ce jour, leur signification n'est pas encore connue.


Source:
  • University of Cambridge: "Prehistoric pre-school"
  • The Society for the Study of Childhood in the Past: Child Labour in the past

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10.04.2011

Aborigènes: quand une mèche de cheveux propose une nouvelle histoire

Une équipe internationale de chercheurs a, pour la première fois, reconstitué le génome humain d'un aborigène australien.

Avec le séquençage du génome, les chercheurs on démontré que les Australiens autochtones descendent directement d'une expansion précoce de l'homme vers l'Asie il y a quelque 70.000 ans; soit au moins 24.000 ans avant les mouvements de population qui ont donné naissance aux Européens et Asiatiques d'aujourd'hui.

 
Quand tout part d'une mèche de cheveux

Les résultats impliquent que les aborigènes Australiens sont en fait les descendants directs des premiers hommes arrivés en Australie il y a 50.000 ans.

L'étude provient d'une mèche de cheveux donnée à un anthropologue britannique par un autochtone de la région de Goldfields de l'Australie occidentale au début du 20e siècle. Cent ans plus tard, les chercheurs ont isolé l'ADN de cette même chevelure, elle aide à explorer la génétique des premiers Australiens et à fournir des indications sur la manière dont les hommes se sont dispersé à travers le monde. 

Le génome, n'a montré aucun apport génétique des Australiens européens modernes; il révèle que les ancêtres de l'homme aborigène se sont séparés des ancêtres des autres populations humaines il y a 64,000 à 75,000 ans.
Par conséquent, les aborigènes Australiens descendent directement des premiers explorateurs modernes: les hommes qui ont migré en Asie avant d'atteindre finalement l'Australie il y a 50.000 ans environ.

En montrant cela, l'étude établit que les aborigènes Australiens sont la population qui a eu la plus longue association avec la terre sur laquelle elle vit aujourd'hui.


L'étude devrait permettre de réinterpréter la préhistoire de notre espèce.

L'histoire des aborigènes Australiens joue un rôle clé dans la compréhension de la dispersion des premiers hommes qui ont quitter l'Afrique.

Des preuves archéologiques modernes établissaient déjà la présence humaine en Australie il y a environ 50.000 ans, mais cette étude ré-écrit l'histoire de leur voyage vers ce continent.

Auparavant, la théorie la plus largement acceptée était que tous les hommes modernes dérivaient d'une seule vague de migration (out-of-Africa) vers l'Europe, l'Asie et l'Australie. Dans ce modèle, les premiers Australiens auraient bifurqué à partir d'une population asiatique, déjà séparée des ancêtres des Européens.

Cependant, cette étude montre que lorsque les ancêtres des aborigènes australiens ont commencé leur voyage, les ancêtres des Asiatiques et des Européens ne s'étaient pas encore différenciés les uns des autres.

Une fois qu'ils l'ont fait, quelque 24.000 ans après que les premiers Australiens aient commencé leurs explorations, les Asiatiques et les ancêtres des Australiens restants se sont mélangés pendant une certain de temps.


Les premiers hommes sont des explorateurs

Le professeur Eske Willerslev de l'Université de Copenhague, qui a dirigé l'étude, explique ainsi: "Les aborigènes Australiens descendent des premiers explorateurs, alors que les ancêtres des Européens et des Asiatiques étaient encore quelque part en Afrique ou au Moyen-Orient, à explorer leur monde; les ancêtres des aborigènes australiens se sont ainsi propagés rapidement; ce sont les premiers hommes modernes à avoir traversé des territoires inconnus en Asie puis à avoir traversé la mer vers l'Australie. C'était un voyage vraiment extraordinaire qui doit avoir exigé des compétences de survie exceptionnelles."

L'étude a de larges implications pour la compréhension de la façon dont nos ancêtres se sont déplacés sur le globe.
Jusqu'ici, les génomes d'anciens hommes avaient été obtenus à partir de cheveux préservés uniquement à l'état congelé.

Les chercheurs viennent de démontrer que les cheveux conservés dans des conditions beaucoup moins idéales peuvent aussi être utilisés pour le séquençage du génome sans risque de contamination humaine moderne (ce qui est typique dans les anciens os et anciennes dents).

Grâce à l'analyse des collections de différents musées, les chercheurs peuvent maintenant étudier l'histoire génétique de nombreuses populations autochtones dans le monde.



Source:

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10.03.2011

Le Mur d'Antonin comble des lacunes d'histoire dans l'occupation romaine de la Grande Bretagne

MAJ 04/06/17
Le mur d'Antonin est l'un des monuments les plus énigmatiques de l'Empire romain. Situé en Ecosse, entre les estuaires de la Firth of Forth et Clyde, il a brièvement marqué le point le plus septentrional de l'empire romain entre les années 140 et 160 après JC.

Le mur d'Antonin a été construit au début du règne d'Antonin le Pieux, successeur d'Hadrien comme empereur; il a repoussé la frontière romaine au nord du mur d'Hadrien en vue de garantir une victoire militaire qui devait bon effet pour son retour à Rome.


Selon le directeur du Musée Hunterian, le professeur David Gaimster, "ce fut un acte de propagande par un empereur qui n'avait pas réellement en main le commandement militaire, et son succès a assuré sa position."

Aujourd'hui, des dalles finement sculptées du mur sont rassemblées pour la première fois et forment la pièce maîtresse d'une nouvelle galerie au Musée Hunterian à Glasgow.


Les soldats des légions II Augusta, VI Victrix and XX Valeria Victrix qui ont construit cet imposant mur de tourbe ont gravé et sculpté ces pierres commémorant les sections qu'ils avaient construit.


L'étude de ces dalles apportent des informations supplémentaires sur l'occupation romaine à cette époque.

Les sculptures sont, en général, plus élaborées et richement décorés que leurs homologues sur le mur d'Hadrien, on peut voir sur l'une d'elles la Victoire plaçant une couronne de laurier sur des légionnaires romains, sur d'autres des mascottes distinctives des soldats des légions: un sanglier courant pour le XX ; un Pégase et un capricorne pour le VI...

 Pierre sculptée de la XXème  légion

Les sculptures montrent aussi clairement le déplacement vers le nord comme une splendide victoire militaire: plusieurs dépeignent des Calédoniens piétinés par la cavalerie romaine, ou simplement accroupis en signe de soumission, liés et nus.

La pointe la plus septentrionale de l'empire est souvent imaginé comme une terre inhospitalière, une zone de barbarie pour ses occupants: mais cette image est loin de la vérité, selon Gaimster: "les occupants jouissaient d'un style de vie Méditerranéen aussi sophistiqué que n'importe quel légionnaire romain ailleurs dans l'empire".
Par exemple, il y avait des bains publics le long du mur, y compris dans ce qui est aujourd'hui la banlieue de Glasgow à Bearsden. Des recherches ont aussi montré que les occupants avaient un régime à base d'olives, de figues et de vin.

Toujours dans cette nouvelle galerie , se trouvent des fragments d'un mausolée richement décoré trouvés près de Kirkintilloch, avec sculptés, des personnages en toges couchés sur des canapés.

D'autres fragments d'objets précieux comprennent du verre, des intailles, des poteries Samian rouges pour manger, et des sandales en cuir pour adultes et enfants.

Des éléments laissent aussi penser qu'il y avait un mélange ethnique avec l'occupant romain. L'aristocratie indigène semblait jouir des biens de prestige du monde romain avant même que le secteur n'ait été annexé.

Seize des 19 dalles sont exposées. Les trois manquantes (l'une est au Musée National d'Edinburgh , l'autre à la galerie d'art Kelvingrove Glasgow, et la dernière a disparu dans l'incendie de Chicago 1896) sont représentés par des moulages.


Source:
  • Past Horizons: "Antonine wall fills gaps in story of roman occupation of Britain"

Lectures:

Articles sur le mur d'Hadrien:


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9.28.2011

Découverte de sorcières enterrées dans un cimetière en Toscane



Après la découverte en Irlande de deux squelettes avec une pierre dans la bouche, pour éviter qu'ils ne se relèvent de leur tombe comme des zombies (Irlande: deux squelettes du 8ème siècle découverts avec une pierre dans la bouche), ce sont aujourd'hui les restes de sorcières qui ont été mis au jour en Toscane.

Les archéologues on trouvé les restes vieux de 800 ans d'une femme qui a du être considérée comme une sorcière au Moyen Age; la femme avait sept clous dans sa mâchoire ainsi que 13 autres clous entourant son squelette.
La découverte a été faite lors d'une fouille sur un site surnommé le "cimetière des sorcières", après que le squelette d'une autre femme ait été retrouvé entouré de 17 dés (un jeu interdit aux femmes il ya 800 ans).
Les experts estiment que ces femmes devaient être âgées d'environ 25/30 ans; elles ont été enterrées dans une fosse peu profonde et déposées simplement à même le sol.

Le site se trouve à proximité de la mer à Piombino près de Lucca, dans la région de Toscane en Italie.
 
L'archéologue Alfonso Forgione, de l'Université de L'Aquila et directeur des fouilles, est convaincu que ces femmes étaient soupçonnées de sorcellerie en raison des circonstances dans lesquelles elles ont été enterrées: "c'est une découverte très rare et en même temps fascinante. Je n'ai jamais rien vu de tel auparavant. Je suis convaincu, à cause des clous trouvés dans la mâchoire et autour du squelette, que cette femme était une sorcière."

Elle fut enterrée dans la terre nue, non pas dans un cercueil et elle n'avait pas de linceul autour d'elle non plus, curieusement d'autres clous étaient autour d'elle. D'après Forgione, "cela indique que c'était une tentative pour s'assurer que la femme, même si elle était morte, ne revienne hanter les vivants; les gens du pays étaient sans aucun doute convaincu qu'elle était une sorcière aux pouvoirs maléfiques. 
Le deuxième squelette que nous avons trouvé a été enterré de façon similaire mais cette fois nous avons trouvé 17 dés autour d'elle - 17 est un nombre malchanceux en Italie et les dés étaient un jeu interdit aux femmes."
 Le second squelette avec des dés dans la bouche

La façon dont les corps ont été enterrés semblent indiquer une certaine forme de rituel exorciste. Des examens ultérieurs devraient permettre d'établir la cause de leur mort.

Cependant, les archéologues ont été incapables d'expliquer pourquoi ces femmes, si elles étaient des sorcières, ont été enterrées en terre consacrée; en effet, la zone se situe sue le site d'une église vieille de 800 ans.
Pour Forgione, "la seule explication possible est que peut-être ces deux femmes venaient de familles influentes et non pas de classe paysanne; ainsi en raison de leur classe, elles ont pu être enterrées terre chrétienne consacrée."


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9.27.2011

Fouilles sur les iles britanniques pour comprendre l'origine de la période néolithique


Les archéologues de l'Université de Liverpool sont entrain d'étudier trois groupes d'îles autour de la Grande-Bretagne afin de mieux comprendre pourquoi, vers 4000 avant JC, les hommes ont modifié leurs habitudes de vie en passant de chasseurs/cueilleurs à agriculteurs.



Certains spécialistes pensent que ce changement s'est produit en raison de colons venus du continent vers la Grande-Bretagne, apportant l'agriculture et la poterie avec eux, mais d'autres soutiennent que la population indigène de la Grande-Bretagne a adopté ce nouveau style de vie de manière progressive.


Une sédentarisation indigène ou importée ?

Afin de jeter un nouvel éclairage sur le débat, les archéologues, en collaboration avec l'Université de Southampton, sont entrain de fouiller trois groupes d'îles et vont produire des modèles océanographiques pour comprendre comment l'on pouvait naviguer dans cette cette zone en 4000 avant JC.

La finalité de l'étude est de répondre aux questions importantes concernant le processus et le calendrier de transition d'une société qui chassait les animaux sauvages à une société qui cultivait la terre.

De récentes découvertes archéologiques laissaient suggérer que la colonisation provenant du continent pourrait être une explication possible à ce changement d'habitudes de vie.
Il a été supposé que les premiers colons furent susceptibles d'être arrivés en voyageant à travers les voies maritimes occidentales. Cependant, il y a eu très peu de fouilles sur les îles autour de cette voie maritime pour prouver cette théorie. Les recherches antérieures ont eu tendance à se concentrer sur le continent plutôt que sur les voies maritimes.


Les fouilles des îles devraient apporter des éléments de réponse.

Le Dr Duncan Garrow, de la School of Archaeology, Classics and Egyptology de l'Université de Liverpool, explique ainsi: "Néolithique est un terme utilisé pour la période de notre passé où le passage de la chasse des animaux sauvages et de la cueillette des plantes pour un mode de vie agricole s'est produit. Ce changement a eu lieu à différents moments dans le monde entier, en commençant près de 10.000 avant JC au Moyen-Orient et autour de 4000 avant JC en Grande-Bretagne. Comment ce processus s'est déroulé, cependant, est encore très débattu. Les découvertes archéologiques (tels que les os de bétail de ferme à partir du 5e millénaire avant J.-C. et les poteries européennes) ainsi que les progrès dans les techniques de datation au radiocarbone ont donné une nouvelle vie à la théorie selon laquelle les colons européens se sont installés en Grande-Bretagne et ont amené les pratiques agricoles avec eux. 
Pour comprendre comment cela aurait pu être possible, cependant, nous devons détourner notre attention de la partie continentale et nous tourner vers les mers, plus précisément, les îles autour de la Grande-Bretagne."

Les fouilles sont effectuées sur les iles de la Manche (Channel Islands), l'île de Scilly et dans les Hébrides extérieures.
 L'équipe construit également une base de données des sites occupés au 5ème et 4ème siècle avant JC.  dans et autour de chaque groupe d'îles; elle va aussi commencer un programme de datation au radiocarbone pour comprendre la chronologie de l'activité dans les voies maritimes occidentales.

Le travail océanographique vise à explorer le contexte environnemental dans lequel cette transition a eu lieu et comment les activités maritimes ont influé sur les modes de vie des gens.
Les données environnementales devraient également être précieuses pour les océanographes et les géographes dans l'étude du changement de la mer au fil des siècles.


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9.25.2011

Les archéologues pensent avoir découvert un grand chantier naval près de Rome

Des archéologues de l'Université de Southampton et de la British School de Rome (BSR), menant un chantier de fouilles international à Portus, l'ancien port de Rome, croient avoir découvert un grand chantier de construction naval romain.

 Reconstitution en image de synthèse du chantier de construction naval. (Image: University of Southampton)

L'équipe, en collaboration avec la Superintendance archéologique italienne de Rome,  a découvert les restes d'une construction massive à proximité du bassin hexagonal ou «port», au centre du complexe portuaire.


Un des plus grands chantiers navals romain de Méditerranée ?

Simon Keay,  professeur de l'Université de Southampton et directeur du Projet Portus*, commente ainsi: "Au début, nous avons pensé que ce grand bâtiment rectangulaire avait été utilisé comme un entrepôt, mais nos dernières fouilles ont ramené de nouveaux éléments laissant supposer qu'il a pu être lié à la construction et l'entretien des navires. Peu de chantiers navals impériaux romains ont été découverts, et, si notre identification est correcte, ce serait le plus grand dans son genre en Italie, voire en Méditerranée."

On sait depuis longtemps que Portus était une porte d'entrée commerciale cruciale qui reliait Rome à la Méditerranée pendant toute la période impériale; l'équipe du Projet Portus* a donc fait des recherches sur l'importance du port sur un certain nombre d'années. Jusqu'à présent, aucun bâtiment de chantier naval de Rome n'a été identifié, en dehors d'un possible sur le Tibre près de Monte Testaccio, et un plus petit récemment identifié sur le port fluvial d'Ostie.


Un bâtiment plus grand qu'un terrain de football.

L'immense bâtiment découvert par l'équipe date du 2ème siècle après JC et aurait atteint 145 mètres de longueur et 60 mètres de largeur, une superficie plus grande qu'un terrain de football.
À certains endroits, son toit mesuré jusqu'à 15 mètres de haut, soit plus de trois fois la hauteur d'un bus à double étage !
De grands piliers en béton recouverts de briques mesuraient quelque trois mètres de large et sont toujours visibles à certains endroits; ils supportaient au moins huit travées parallèles avec des toits en bois.

Selon le professeur Keay, «Ce fut une vaste structure qui pourrait facilement avoir abrité du bois, des toiles et autres fournitures et aurait certainement été assez grand pour construire ou abriter des navires. L'échelle, la position et la nature unique du bâtiment nous amène à croire qu'il a joué un rôle clé dans les activités de construction navale».

Les fouilles menées par son équipe en 2009 s'étaient concentrées sur les restes d'un «Palais impérial» en forme d'amphithéâtre, qui se trouve à côté de ce bâtiment. Keay pense que l'ensemble formait un complexe clé où un fonctionnaire impérial a dû être chargé de coordonner les mouvements des navires et des cargaisons dans le port. En outre, il estime que ce chantier faisait partie intégrante de l'ensemble.
En effet, des inscriptions découvertes à Portus font allusion à l'existence d'une guilde de constructeurs ou d'un corpus fabrum navalium portensium dans le port.
En outre, une mosaïque, qui, avant d'être au musée du Vatican, ornait l'étage d'une villa sur l'ancienne Via Labicana (une route menant au sud-est de Rome), représente la façade d'un bâtiment similaire à celui de Portus; on peut voir clairement un navire dans chaque baie.

"La découverte de ce bâtiment a des implications majeures pour notre compréhension de l'importance du bassin hexagonal ou port à Portus et son rôle dans le schéma global du complexe portuaire", explique le professeur Keay, "nous devons souligner qu'il n'existe encore aucune preuve de rampes qui peuvent avoir été nécessaires au lancement des navires nouvellement construits dans les eaux du bassin hexagonal. Celles-ci peuvent se trouver sous le remblai du début 20ème siècle. La découverte de ces éléments prouverait notre hypothèse au-delà de tout doute raisonnable".


Un modèle informatique pour mieux appréhender la forme et la fonction de la structure.

Les géophysiciens à partir du Service de Prospection archéologique de Southampton et de la British School de Rome ont fait des relevés géophysiques de la zone autour du bâtiment pour obtenir des informations supplémentaires sur sa structure encore partiellement enfouie.
Les membres du groupe de recherche archéologique informatique de Southampton, dirigé par le Dr Graeme Earl, ont également créé une simulation graphique informatique, qui a fourni des données visuelles précieuses à la fois sur sa disposition et sa construction tout en donnant un aperçu de ce à quoi il devait ressembler.

L'équipe internationale planifie de prochaines fouilles à Portus pour en savoir davantage sur ce site fascinant, qui détient une énorme quantité d'informations sur les activités et le commerce de Rome.

Le bâtiment découvert par l'équipe a subi de nombreuses modifications depuis sa construction au moment de l'empereur Trajan (98-117 après JC). Les fouilles dans l'une des baies a révélé que son utilisation a changé au cours des siècles.
D'abord dans les années 90 avec la construction d'une série de cloisons intérieures, puis dans le 5ème siècle après JC lorsque des modifications ont été apportées pour permettre le stockage du grain.
Enfin, au 6ème siècle, les parties du bâtiment ont été systématiquement démolies, probablement comme mesure défensive au cours des guerres entre les Byzantins et les Ostrogoths (535-553 après JC).

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9.21.2011

Irlande: deux squelettes du 8ème siècle découverts avec une pierre dans la bouche

MAJ 11/07/16
Deux squelettes du début du Moyen Age ont été découverts récemment en Irlande avec de grosses pierres coincées dans leur bouche. D'après les archéologues, c'était pour éviter que les morts ne se relèvent de leur tombe comme des zombies.


Ces squelettes ont été mis au jour au cours d'une série de fouilles effectuées entre 2005 et 2009 à Kilteasheen, près du Loch Key en Irlande. L'équipe d'archéologues était dirigée par Chris Read, de l'Institut de Technologie de Sligo et Thomas Finan de l'Université de Saint-Louis.
Le projet a révélé un total de 137 squelettes, sur les quelques 3.000 squelettes que les archéologues supposent être encore enterrés sur le site depuis l'an 700 jusqu'à 1400.


La théorie des vampires se révèle être anachronique.

Les «sépultures déviantes» étaient composées de deux hommes qui ont été enterrés là à différents moments du 8ème siècle. L'un d'eux avait entre 40 et 60 ans, et l'autre était un jeune adulte, probablement entre 20 et 30 ans. Les deux hommes ont été mis côte à côte et chacun d'eux avait une pierre de la taille d'une balle de baseball dans la bouche.
"L'un d'eux était couché avec sa tête regardant vers le haut. Une grosse pierre noire avait été délibérément plongé dans sa bouche", a précisé Chris Read, " l'autre avait la tête tournée vers le côté et avait une pierre encore plus profondément enfoncée dans la bouche de telle sorte que les mâchoires en étaient presque disloquées".

Initialement, Read et ses collègues croyaient avoir trouvé un cimetière lié à la peste noire. Ces restes de personnes enterrées à la fin du Moyen Age avec des pierres coincées dans leurs bouches faisant allusion à un meurtre rituel de vampire.
En effet, on croyait que ces individus "vampires" répandaient la peste en mâchant leur linceul après leur mort. Avant que la théorie des germes ne fasse son apparition, on utilisait la technique de la pierre dans la bouche pour enrayer, croyait-on, la maladie.

Cependant, comme le phénomène "vampire" n'a pas émergé dans le folklore européen avant l'an 1500, les archéologues ont écarté cette théorie pour ces squelettes. Read suppose que "dans ce cas, les pierres dans la bouche pourraient avoir agi comme une barrière pour empêcher les revenants de revenir de leurs tombes".


Une pierre dans la bouche contre les "morts qui marchent"

Les revenants ou "morts qui marchent"  avaient tendance à être des gens qui vivaient comme des étrangers dans la société. Les deux hommes irlandais pourraient avoir été considérés comme des gens potentiellement dangereux, des ennemis, assassins, violeurs ou encore comme des individus ordinaires qui seraient décédés subitement d'une maladie étrange ou assassinés.

La communauté devait craindre que ces personnes ne reviennent à la vie pour harceler leurs proches ou des personnes contre lesquelles elles auraient eu une rancune. La bouche était considérée comme un élément clé de l'organisme pour une telle transformation: "elle était considérée comme le portail principal pour que l'âme quitte le corps après la mort. Parfois, l'âme pouvait revenir à l'organisme et le réanimer ou bien un mauvais esprit pourrait entrer dans le corps par la bouche et le ramener à la vie", explique Read.

Selon Kristina Killgrove, anthropologue biologiste à l'Université de Caroline du Nord, la datation de ces tombes est particulièrement intéressante car elle semble antérieure aux documents historiques sur les revenants. "Je suis également intrigué par le fait que les deux hommes n'est n'aient pas été enterrés dans le même laps de temps, mais ont néanmoins été enterrés côte à côte de cette manière non traditionnelle, ce qui suggère que ces sépultures n'étaient pas accidentelles".

Source:
  • Discovery News: "Did Zombies Roam Medieval Ireland?"
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9.20.2011

Un nouveau cercle de pierres bleues près de Stonehenge ?

 MAJ 06/06/14
Le Stonehenge Riverside Project suggère que le cercle de pierres bleues galloises se trouvant à l'extrémité sud de l'avenue pourrait bien avoir été ovale, et non rond.
Si cela se confirme, il ferait écho à la disposition en ovale des pierres bleues (Bluestones) au centre de Stonehenge

La nouvelle reconstruction numérique du monument suggérée par le Projet Stonehenge Riverside

Henry Rothwell, chef créateur chez Heritage Data Solutions, explique ainsi que "le modèle numérique a été créé dans le cadre d'une prochaine application Smartphone intitulée "Voyage à Stonehenge". Lorsque nous avons construit le premier modèle nous nous sommes retrouvés avec une représentation circulaire assez standard. Nous avons utilisé une photographie aérienne à basse altitude prise par Adam Stanford. Cela nous montrait toute l'étendue des fouilles, y compris les trous ayant contenu les pierres bleues (L'équipe du Stonehenge Riverside Project y avait placé des seaux renversés noirs). "

Cependant, en travaillant sur la reproduction, Adam a remarqué un autre seau retourné à l'extrême droite de l'image, qui avait été omis sur le modèle original.

Rothwell poursuit ainsi: "Initialement, nous avons essayé l'expansion de la circonférence du cercle pour le faire rentrer, mais cela ne fonctionnait pas; alors nous avons créé un ovale, ce qui cadrait parfaitement. C'est une configuration qui est très semblable à l'ovale des pierres bleues au centre de Stonehenge."
Si cette interprétation est correcte, cela ajoute une nouvelle donnée aux relations entre les monuments qui se trouvent à chaque extrémité de l'Avenue.


Ce qu'avaient montré les fouilles de 2009.

Les archéologues de l'Université de Sheffield et d'autres universités avaient déjà découvert ce cercle de pierres perdu à quelques centaines de mètres de Stonehenge, sur la rive ouest de la rivière Avon en 2009.
Les pierres ont été enlevées il y a des milliers d'années, mais la taille des trous dans lesquels elles se tenaient indiquent que ce fut un cercle de pierres bleues, apportées depuis les montagnes Preseli de Galles, à 240 kilomètres.
Les fouilles en Août-Septembre 2009 ont révélé neuf trous de pierres bleues et une partie d'un cercle de pierres classiques, probablement au nombre de 25.

Ce monument avait 10 mètres de diamètre et était entouré d'un henge: il s'agit d'une structure architecturale préhistorique presque circulaire ou ovale, délimitant une zone comprenant une limite de terrassement composée d'un fossé et d'un talus.

Ces  pierres dressées marquent l'avenue qui mène de la rivière Avon à Stonehenge: c'est une voie processionnelle, de 2,8 km de longueur, construite à la fin de l'âge de pierre (néolithique).

Le henge externe autour des pierres a été construite autour de 2400 avant JC, mais des pointes de flèches trouvées dans le cercle de pierres indiquent que les pierres ont été mis en place 500 ans plus tôt. Elles ont été traînées de Galles à Wiltshire il y a 5.000 ans.


Des liens avec Stonehenge qui se précisent.

Lorsque le cercle de pierres nouvellement découvert a été démonté par les gens du néolithique, il est possible qu'elles aient été traînées le long du parcours de l'avenue jusqu'à Stonehenge, afin d'être incorporées dans sa reconstruction vers 2500 avant JC.

Les archéologues savent que, après cette date, Stonehenge se composait d'environ 80 pierres galloises et 83 locales, les pierres sarsen.
Certaines des pierres bleues qui se trouvait autrefois au bord du fleuve sont probablement maintenant dressées dans le centre de Stonehenge.
Seul le programme de la datation au radiocarbone pourrait clarifier la séquence des événements.

La découverte de ce cercle de pierre pourrait bien être la confirmation de la théorie du Stonehenge Riverside Project, selon laquelle la rivière Avon relie le "domaine des vivants"  (marqué par des cercles de bois et des maisons en amont dans le village néolithique de Durrington Walls, découverts par le projet en 2005 ) au "domaine des morts"  que symbolise Stonehenge et ce nouveau cercle de pierre.

Il n'existe pas d'élément pouvant montrer que le cercle avait une orientation particulière ou même une entrée. La terre qui est tombée dans les trous où les pierres ont été enlevées était pleine de charbon, montrant que beaucoup de bois a été brûlé.
Pourtant, ce n'était pas un endroit où les gens vivaient: les poteries, les ossements d'animaux, les résidus alimentaires et les outils de silex utilisés dans la vie domestique pendant l'Age de pierre y sont absents.

La forme du Henge de pierres bleues est toujours ouverte pour les ré-interprétations, car l'ensemble du monument n'a pas été encore entièrement fouillé.


Source:
  • Past Horizons: "Bluestone Henge Twin ?"
Lien:

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9.19.2011

Alaska: de curieux disques d'argile découverts dans un parc national


Un ensemble curieux de disques d'argile préhistoriques ont été découverts dans le parc national de Noatak  au nord-ouest de l'Alaska.
Cette découverte a conduit les archéologues à penser qu'ils ont rencontré un nouvel aspect du passé de la région.

L'équipe, dirigée par Scott Shirar, un chercheur archéologue du Musée du Nord de l'Université d'Alaska, s'était dirigée vers Noatak pour enquêter sur une zone où des pétroglyphes sur des rochers et les restes de plusieurs habitats préhistoriques avaient été découverts le long du lac Feniak dans les années 1960 et 1970.

Lorsque les archéologues ont fait quelques petites fouilles sur le site, ils sont découverts ces quatre "disques". "Le premier ressemble à une petite pierre qui avait quelques marques sur elle", a dit Shirar dans un communiqué de l'université, "nous avons vraiment été intrigué lorsque nous avons trouvé le second avec un trou en son centre et des gravures plus complexes dessus. Nous avons alors réalisé que nous avions quelque chose d'unique."

Pétroglyphes sur un rocher

Pour l'instant l'hypothèse est que le site a été occupé à la fin de la Préhistoire, mais ce n'est qu'une petite superficie qui a été explorée pour le moment.
La signification exacte des pétroglyphes, ainsi que les dessins sur les disques d'argile, est encore inconnue, mais leur valeur est claire pour Shirar: "Ces objets et ces lieux avait clairement une signification particulière pour leurs fabricants. Ces découvertes sont un rappel tangible de la vie spirituelle riche et intellectuelle qu'ils ont pu avoir."

L'équipe a visité le site pour documenter l'art rupestre mais aussi pour creuser le sous-sol des habitats; ceci  afin de trouver des échantillons pour la datation au radiocarbone, tels que des os d'animaux ou d'autres matières organiques qui vont donner aux scientifiques une meilleure idée de l'épque à laquelle vivaient ces gens.

Bien que l'art rupestre préhistorique est commun dans des endroits comme le sud-ouest américain, il est extrêmement rare dans l'intérieur et le Nord de l'Alaska.

Alors que sur place, l'équipe de Shirar a travaillé pour documenter les pétroglyphes trouvés sur les rochers. Mareca Guthrie, la gestionnaire de la collection des beaux-arts du Musée du Nord de l'Université d'Alaska a rejoint l'expédition pour faire des croquis et prendre des tracés des rochers.

Source:


9.15.2011

Moyen Orient: comme à Nazca, des centaines de géoglyphes visibles du ciel


Ces structures s'étendent de la Syrie à l'Arabie saoudite, peuvent être vu en hauteur mais pas du sol, et sont quasiment inconnues du grand public.

Il s'agit de la version du Moyen-Orient des lignes de Nazca, des anciens géoglyphes ou dessins qui couvrent les déserts du sud du Pérou.


Des roues de pierre par centaines.

Grâce à la technologie des nouveaux satellites cartographes et d'un programme de photographie aérienne en Jordanie, les chercheurs en ont découvert un grand nombre comme jamais auparavant. Ils ont ainsi dépassé le millier.

Désigné par les archéologues comme des «roues», ces structures en pierre ont une grande variété de modèles, avec, comme base commune, un cercle avec des rayons à l'intérieur.
Les chercheurs estiment qu'elles remontent à l'Antiquité, il y a au moins 2.000 ans. Ces structures se retrouvent souvent dans des champs de lave et vont de 25 mètres à 70 mètres de diamètre.

"Rien qu'en Jordanie nous avons des structures en pierre qui sont beaucoup plus nombreuses que les lignes de Nazca, sur une zone bien plus vaste", a déclaré David Kennedy, un professeur de lettres classiques et d'histoire ancienne à l'Université d'Australie occidentale. Ses dernières recherches révèlent que ces roues font partie d'une variété de  paysages de pierres que l'on peut définir en 3 catégories:
- Les cerfs-volants (structures de pierre utilisées pour canaliser et tuer des animaux: voyez à ce sujet l'article du 21/04/11)
- Les pendentifs (lignes de cairns qui partent des sépultures),
- Les murs, les mystérieuses structures qui serpentent à travers le paysage jusqu'à plusieurs centaines de mètres et qui n'ont pas d'utilisation pratique apparente.


Des tracés repérés du ciel depuis les années 1920

Les études de son équipe font partie d'un projet à long terme de reconnaissance aérienne qui se penche sur les sites archéologiques à travers la Jordanie.
Kennedy et ses collègues sont perplexes quant à l'explication de l'utilité de ces structures et quant à leur signification.

D'abord spécialisé en archéologie romaine, Kennedy a été fasciné par ces structures lorsque, en tant qu'étudiant, il a lu les comptes rendus des pilotes de la Royal Air Force survolant ces régions dans les années 1920. En effet, en 1927, le Lieutenant Percy Maitland publie un compte rendu sur les ruines dans le journal Antiquity. Il a rapporté les rencontrer plus souvent dans les  "pays de lave" et a ajouté que les structures de pierre sont connues des bédouins comme les «œuvres des hommes vieux».

Kennedy et son équipe ont étudié les structures à l'aide de photographies aériennes et Google Earth , car ces "roues" sont difficiles à distinguer au niveau du sol. Les dessins on sûrement dû être plus clair lors de leur construction: "Les gens ont sans doute marché dessus pendant des siècles, des millénaires, sans avoir idée de ce que la forme avait pu être."


Des structures pour l'heure inexpliquées

Quel était leur utilité ? Jusqu'ici, aucune des roues n'a fait l'objet de fouilles, ce qui rend leur datation, et la compréhension de leur but, difficile.

Les archéologues qui les avaient étudié avant l'ère Google Earth ont supposé qu'elles pouvaient être les vestiges de maisons ou de cimetières. Mais Kennedy pense qu'aucune de ces explications n'est plausible: "Il semble y avoir une certaine continuité culturelle globale dans cette zone; ici les gens sentaient qu'il y avait un besoin de construire des structures qui étaient circulaires."
Certaines de ces roues ont été retrouvées isolées tandis que d'autres sont regroupées. À un endroit, près de l'oasis d'Azraq, des centaines d'entre elles peuvent être trouvées et rassemblées dans une douzaine de groupes. "Certaines de ces collections autour d'Azraq sont vraiment remarquables", ajoute Kennedy.

En Arabie saoudite, l'équipe a trouvé des styles de roues qui sont assez différentes: certaines structures sont même rectangulaires; d'autres sont circulaires, mais contiennent deux rayons formant une barre souvent alignée dans la direction du soleil levant et couchant.

En Jordanie et en Syrie, ces structures présentent des rayons plus nombreux et ne semblent pas être alignés sur des phénomènes astronomiques. "En regardant un grand nombre d'entre eux, sur un certain nombre d'années, je n'ai pas été frappé par un motif  se répétant dans la manière dont les rayons ont été aménagés", explique Kennedy.

Les chercheurs ont remarqué que les roues se retrouvent souvent au-dessus des structures en "cerfs-volants", qui peuvent remonter jusqu'à 9000, mais jamais l'inverse. Pour Kennedy, "Cela suggère que les roues sont plus récentes que les cerfs-volants".


Des roues ? que dis-je, des géoglyphes...

Amelia Sparavigna, professeur de physique au Politecnico di Torino en Italie, pense que ces structures peuvent être appelées géoglyphes de la même manière que les lignes de Nazca. «Si nous définissons un géoglyphe «comme un large signe sur le sol d'origine artificielle, les cercles de pierres sont donc des géoglyphes».
La fonction des roues peut aussi être mise en parallèle avec les dessins énigmatiques dans le désert de Nazca. "Si l'on considère, plus généralement, les cercles de pierres comme des lieux de culte des ancêtres, ou des lieux pour des rituels liés à des événements astronomiques ou saisonniers, ils pourraient avoir la même fonction  que les géoglyphes d'Amérique du Sud. La conception est différente, mais la fonction pourrait être le même, " ajoute-t-elle.

Pour l'heure, la signification de ces roues reste toujours un mystère.

Source:

Dernier article sur Nazca:

Article sur les structures en cerf-volants en Syrie:

9.14.2011

Une probable cité-état mise au jour dans la vallée du Jourdain


Les archéologues ont mis au jour les vestiges d'une cité-état qui pourrait élargir considérablement notre connaissance de la civilisation antique en Jordanie, dans les riches terres agricoles de la vallée du sud du Jourdain.



C'est à 14 km au nord-est de la mer Morte, dans la vallée méridionale du Jourdain, que se trouve cet immense tertre.
Les études et fouilles récentes ont révélé qu'il renfermait une longue histoire d'occupation humaine datant de l'époque islamique jusqu'à, au moins, la période chalcolithique (4500 - 3600 avant notre ère).

Parfois appelée la "Reine de la vallée du sud de la Jordanie", cette zone est la plus importante parmi un groupe de sites antiques qui, collectivement, parsèment cette vallée agricole et fertile.

L'ensemble est situé à cheval sur les anciennes routes commerciales et les sources d'eau, avec une vue imprenable sur la zone identifiée par un certain nombre de savants comme étant la plaine du Jourdain.
il n'est donc pas étonnant que l'on y retrouve les traces d'une grande ville antique.


Des murs de six mètres d'épaisseur...

Des fouilles archéologiques ont ainsi révélé que le site était ceinturé par un mur de 6 mètres d'épaisseur datant de l'Age du Bronze ancien (3600-2350 avant J.-C.), avec des remparts en argile et terre battue.

Au sommet du tertre ont été trouvées des ruines monumentales de l'Âge du Fer; elles sont aussi entourées de murs de trois mètres d'épaisseur.

Depuis 2005, le Dr Steven Collins et une équipe d'archéologues, d'étudiants et de bénévoles de l'Université Trinity Southwest, en collaboration avec le Département des Antiquités du Royaume hachémite de Jordanie, ont mené des fouilles à grande échelle sur le site de Tall el-Hammam.


Ces fouilles ont révélé, en plus des caractéristiques monumentales déjà mentionné, des fortifications rénovées datant de la période intermédiaire du bronze (2350 - 2000 avant notre ère).

Au Bronze Moyen (2000 - 1550 avant notre ère), ce sont des fortifications massives avec des massifs tabulaires jusqu'à 50 mètres d'épaisseur qui ont été mis à jour.

A l'âge du fer (1300 - 600 avant notre ère) ont été trouvées des ruines avec une passerelle cloisonnée et des tours, ainsi que des structures hellénistiques, romaines et byzantines incluant une somptueuse résidence, un aqueduc, un système d'eau ou de complexes de bain, et ce qui pourrait être les restes de garnisons militaires.

Le site (voir la butte immense ci-dessous), avec son emplacement stratégique et les anciennes villes des environs positionnées autour amène les archéologues à penser qu'il s'agit là de l'épicentre d'une grande cité-état complexe qui a prospéré au cours de l'âge du Bronze. Cette Cité-Etat devait avoir une influence décisive sur le commerce et peut-être aussi sur une large bande de la plaine du sud de la Jordanie.



Des fouilles révélant une mine d'informations

Les recherches ont apporté un trésor de nouvelles informations qui devraient faire la lumière sur cette zone qui a laissé aux archéologues des questions sans réponses pendant des années. Les fouilles de Tall el-Hammam apportent des éléments significatifs dans les carences en connaissances à la fois pour l'âge du bronze et aussi pour l'âge du fer dans le croissant fertile en Jordanie.

Ce qui distingue le plus ce site des autres du même genre, cependant, sont les remarquables points de concordance entre la ville antique et les changements climatiques survenus au cours de l'Age du Bronze; des modifications qui ont affecté de nombreuses civilisations florissantes ou villes de cette période.

En outre, et peut-être plus étonnant, est la soudaine destruction et disparition de cette cité-Etat à la fin de l'Age du Bronze Moyen, suivie par un écart de 500 à 700 l'année où le site et les villes satellites sont restées inoccupées alors que les villes de l'ouest, du nord et de l'est poursuivaient leur évolution dans l'Age du Bronze.

Pourquoi les "plaines bien arrosées du Jourdain" n'ont pas été réoccupées pendant tant de siècles demeure encore un mystère. Que les terres agricoles les plus productives dans la région, qui avaient soutenu des civilisations florissantes depuis au moins 3000 ans, puis qui ont soudainement été abandonnées sur une si longue période de temps, demande à ce que l'on fasse des recherches avancées sur ce site.

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