3.19.2012

Le mystère d'une anglo-saxonne enterrée dans un lit avec une croix en or


C'est à Trumpington Meadows, dans la banlieue de Cambridge qu'a eu lieu cette extraordinaire découverte datant du 7ème siècle: elle offre un aperçu unique sur les origines de la chrétienté en Angleterre.


L'une des premières sépulture anglo-saxonnes chrétienne en Grande-Bretagne a été découverte dans un village près de Cambridge.
La tombe, d'une adolescente du milieu 7ème siècle après JC, combine deux éléments extrêmement rares: un lit funéraire et un artéfact des premiers chrétiens sous la forme d'une croix en or et grenat.
La jeune fille, âgée d'environ 16 ans, a été enterrée sur un lit ornemental (une pratique anglo-saxonne très limitée au milieu et à la fin du 7ème siècle) avec une croix pectorale chrétienne sur sa poitrine, qui avait probablement été cousue sur ses vêtements.

Façonnée en or et sertie de grenats découpés, il ne s'agit que de la cinquième croix en son genre à avoir été découverte; celle de cette tombe date des premières années de l'Église en Angleterre, probablement entre 650 et 680 de notre ère.  En 597 après JC, le pape saint Augustin envoyait en Angleterre une mission pour convertir les rois païens anglo-saxons.
L'utilisation des dernières techniques scientifiques pour analyser cette découverte exceptionnelle devrait permettre une meilleure compréhension de cette période charnière dans l'histoire britannique, et la propagation du christianisme dans l'est de l'Angleterre au cours de la période anglo-saxonne.

Était-ce une adolescente convertie au tout début du christianisme, un porte-étendard du nouveau Dieu ? "La conversion chrétienne a commencé dans les élites pour ensuite se répandre dans le peuple," explique le Dr Sam Lucy, un spécialiste du funéraire anglo-saxon de Newnham College à Cambridge.

"Pour être enterrée de façon aussi élaborée avec un artéfact aussi précieux, c'est que cette jeune fille était sans aucun doute d'un statut élevé, probablement de la noblesse ou même de la royauté. Cette croix était le genre de culture matérielle qui circulait au plus haut niveau de la société. Le meilleur exemple connu de croix pectorale est celle que l'on avait trouvé dans le cercueil de Saint-Cuthbert, aujourd'hui dans la cathédrale de Durham. Le fait que ce soit un lit funéraire est remarquable en soi, c'est le quinzième découvert au Royaume-Uni, et seulement le quatrième au cours des vingt dernières années; ajoutez à cela une croix chrétienne très bien faite et vous avez une découverte vraiment étonnante", comment Alison Dickens, qui a dirigé les fouilles de l'unité archéologique de l'Université.

Le lit se composait d'un cadre en bois maintenu ensemble par des crochets métalliques; il y avait des morceaux supplémentaires de boucles en métal pour fixer des lattes croisées afin de créer une base de lit suspendu, semblable aux lits modernes, mais avec un matelas de paille. Le corps a ensuite été placé sur le lit, qui était sans doute déjà dans la tombe.

Le Dr Richard Danse, un expert du vieil anglais à l'Université, a fait remarquer que le mot anglo-saxon «leger» peut signifier aussi bien «lit (bed)» que «tombe (grave)». Cependant, la raison pour laquelle seuls quelques individue ont été enterrés dans leurs lits reste un mystère. "Les lits funéraires n'ont jamais été très répandus, mais on constate une petite concentration autour de la région de Cambridge, une autre dans le Wessex, et un seul exemple, d'un statut très élevé, dans le Teeside", déclare le Dr Lucy. "Ces sépultures concernent principalement des femmes, et datent du milieu à la fin du 7 ème siècle. La plupart sont de rang élevé, comme l'indiquent les bijoux délicats ou l'enfouissement sous un tumulus. 
La construction de la croix de Trumpington en or et grenat tend aussi à être utilisée comme accessoire funéraire féminin, bien que le récent trésor du Staffordshire, ainsi que le bateau funéraire de Sutton Hoo, montrent que cet artéfact était également associé avec des armes de haut rang tout au long du 7 ème siècle. Il est intéressant de noter que les mêmes techniques décoratives se retrouvent à la fois dans les milieux ouvertement païens et ouvertement chrétiens."

La croix en elle-même, de 3 centimètres et demi de diamètre, est seulement la cinquième croix pectorale à avoir été découverte dans le Royaume-Uni. Les autres croix étaient des pendentifs conçus pour être accrochés à un collier, tandis que la croix de Trumpington a une boucle sur le dos de chaque bras, de sorte qu'elle pouvait être cousue directement sur les vêtements. "On peut dire, à partir de l'aspect brillant de trois de ces boucles, où elles ont frotté contre le tissu, et que cet objet était porté dans la vie quotidienne, probablement comme symbole de statut social ainsi que d'appartenance religieuse", ajoute Dickens.

Les fouilles de Trumpington Meadows, aux limites sud de la ville de Cambridge, ont mis au jour des résultats significatifs des âges néolithiques et du fer, ainsi que des artéfacts d'un lieu de vie de la période anglo-saxonne.
 La jeune fille chrétienne faisait partie d'un groupe très restreint de quatre tombes, avec un individu au sexe indéterminé, ayant la vingtaine, et deux autres femmes un peu plus jeunes. Les tombes sont considérées comme globalement contemporaine les unes avec les autres, même si l'équipe n'en est qu'au tout début de recherches.
Il va falloir dater au radiocarbone chacun des organes (pour établir la date de leur enterrement) et faire une analyse isotopique de leurs os et dents, pour déterminer à la fois leur régime alimentaire et, si possible, connaitre l'endroit où elles avaient vécu leur enfance.

L'analyse de la croix en or et grenat devrait également révéler des détails supplémentaires sur son lieu de fabrication; les grenats, au cours de cette période, ont été probablement importés de la mer Noire, voire d'Asie.
La tombe de l'adolescente contenait également d'autres éléments: un couteau en fer, une châtelaine (une chaîne accrochée à la ceinture) ainsi que quelques perles de verre qui semblent avoir été conservées dans un sac à main au bout de la chaîne.
Le textile préservé sur le couteau en fer et la chaîne offre la possibilité de reconstruire son costume funéraire. «La coutume des biens funéraires était chose courante pendant la période païenne, mais cela ne veut pas dire que les sépultures à Trumpington n'étaient pas chrétiennes», déclare le Dr Lucy.

"L'église n'a jamais émis aucune édits contre l'utilisation des biens dans les tombes, mais c'est quelque chose qui semble s'estomper au cours du 8 ème siècle, au moment où le christianisme est devenu la religion dominante. Il y a cependant, au cours de la seconde moitié du 7ème siècle, des gens clairement chrétiens qui faisaient encore usage d'une gamme limitée de produits au sein de leurs sépultures, dont le symbolisme est explicitement chrétien, telle que la croix ici. "

Le lit funéraire de Trumpington semble appartenir à cette transition entre les deux religions. Le site se trouve juste derrière l'église du village, et serait daté de 400 ans plus tard. Peut-être il y avait un monastère, voire même un couvent. C'est certainement quelque chose d'intéressant à approfondir.
Un petit nombre de structures associées à ces sépultures semblent représenter une partie d'un lieu de vie qui était utilisé au cours de cette période. Leur analyse devrait aider à déterminer la nature et la fonction de ces habitats.
L'étude initiale de la poterie a suggéré la présence de certaines importations de valeur, associées uniquement avec des centres ecclésiastiques de classe supérieure. Il pourrait même y avoir un lien possible avec la fondation du premier monastère d'Ely à peu près à la même période. St Æthelthryth (ou Etheldreda), fille du roi Anna d'Est Anglie, crée le monastère à Ely en 673 après JC.
Un cimetière découvert à Ely par le Cambrdge Archaeological Unit (CAU) en 2006 contenait également une tombe de la fin du 7ème siècle: il s'agissait d'une enfant de 10-12 ans, avec une croix délicate en pendentif; cette tombe pourrait avoir en lien avec le monastère.

Les parallèles entre ce site et celui de Trumpington sont curieux, et suggèrent une origine plus intéressante qu'à première vue pour ce village situé près de Cambridge.

Source:


Derniers articles sur l'Angleterre:

3.14.2012

Une statue en bois, une chapelle d'offrandes et des momies d'animaux découvertes à Abydos


Une statue de roi en bois, une chapelle à offrandes privée, un bâtiment monumental et des reste de plus de 80 momies d'animaux ont été trouvés par une équipe dirigée par l'Université de Toronto à Abydos, en Egypte.
Ces découvertes révèlent des informations étonnantes sur l'activité rituelle associée aux grands dieux.

La chapelle à offrandes intacte, du Moyen Empire (1850 avant JC), parmi des structures construites 400 à 800 plus tard. Photo: Mary-Ann Pouls Wegner

Le Professeur Mary-Ann Pouls Wegner du Département des civilisations du Proche et Moyen-Orient a présenté les résultats de son équipe lors d'une réunion récente de la Société pour l'étude des antiquités égyptiennes.

La statue est l'une des très rares statues royales en bois existantes; elle pourrait représenter la reine Hatchepsout. Elle a souvent été sculptée dans la pierre en tant qu'homme car le pharaon égyptien était censé être le fils du dieu Amon-Rê.
Mais cette statue a une petite taille et la mâchoire, délicate, dénote un aspect féminin de son physique. Elle a du servir à une procession cérémonielle au cours de laquelle les statues en bois des ancêtres royaux (les esprits des rois) et des dieux étaient menés dans un bateau-sanctuaire par des prêtres du temple d'Osiris vers son tombeau.
La procession faisait partie d'un festival célébrant la vie après la mort du dieu Osiris.

 La statue en bois découverte à Abydos

Les égyptiens, à tous les niveaux de la société, construisaient des chapelles et des monuments le long de la voie processionnelle; c'était un moyen d'assurer leur participation éternelle au festival et de s'identifier avec Osiris.
Il était cependant interdit de construire trop près de la route et les contrevenants se voyaient menacés de la peine de mort.
La chapelle d'offrandes mise au jour par l'équipe serait celle d'une personne de l'élite; elle remonte à environ 1990 - 1650 avant JC et se trouve à la limite de l'endroit où passait la route. "La chapelle d'offrandes prouve que les gens, sans doute ceux de l'élite, étaient en mesure de construire des monuments juste à côté de la voie processionnelle sous le Moyen Empire; et, qu'au moins une de ces chapelle a été épargnée dans cette agglomération de plus en plus densément peuplée; elle a même continué à recevoir des offrandes jusqu'à 800 ans après sa construction initiale" explique Pouls Wegner.

Une structure beaucoup plus grande a aussi été découverte: ce pourrait être un temple ou une chapelle royale de l'époque ramesside. Longtemps après sa construction initiale, la structure a été ré-utilisée comme dépôt pour les momies d'animaux.
Les chercheurs y ont constaté une masse d'ossements d'animaux et de fragments de lin. Deux chats, trois moutons ou chèvres, et au moins 83 chiens, chiots et adultes, ont été découverts.

Plusieurs de ces animaux avaient récupérés de leurs blessures, ce qui suggère qu'ils avaient été soignés avant d'être sacrifiés, sans doute pour le dieu chacal Oupouaout, qui était une divinité importante dans le festival d'Osiris en tant que leader de la procession et protecteur du cimetière.

Ces fouilles ont été effectuées en Egypte en Juin et Juillet 201.

Source:

Derniers articles sur l'Egypte:

3.12.2012

Découverte d'un cimetière d'esclaves à Sainte-Hélène


Les archéologues de l'Université de Bristol ont mis au jour un cimetière d'esclave unique sur l'île lointaine de l'Atlantique Sud: Sainte-Hélène.



La fouille, qui a eu lieu en prévention de la construction d'un nouvel aéroport sur l'île, a permis de mieux comprendre les conditions dramatiques des victimes de la traite négrière atlantique dans le Middle Passage (Passage du Milieu).

La petite île de Sainte-Hélène, à 1600 kilomètres au large de la côte sud-ouest de l'Afrique, a servi de lieu d'arrivée pour un grand nombre d'esclaves, capturés par la Royal Navy lors de la répression de la traite négrière entre 1840 et 1872.
Au cours de cette période, un total de près de 26.000 esclaves affranchis ont été amenés sur l'île, dont la plupart ont été débarqués dans un dépôt de la baie de Rupert.

Les conditions déplorables à bord des navires négriers ont fait que beaucoup n'ont pas survécu à leur voyage; de plus, la baie de Rupert, aride, sans ombre et toujours au vent, était mal placée pour servir d'hôpital et de camp de réfugiés pour un si grand nombre de personnes.

Au moins 5.000 d'entre elles sont susceptibles d'avoir été enterrées là-bas.

Une partie du cimetière a été étudiée entre 2006 et 2008 en prévision d'une nouvelle route qui devait traverser la vallée de Rupert pour fournir un accès à l'aéroport en projet.
Environ 325 corps, que ce soit dans des tombes individuelles, multiples ou dans des charniers, ont été découverts. Seules cinq personnes ont été enterrées dans des cercueils: un adolescent et quatre bébés ou nouveau-nés.
Les autres ont été placés directement dans des tombes peu profondes recouvertes à la hâte. Dans certains cas, les mères ont été enterrés avec leurs enfants présumés.

Aujourd'hui, les archéologues dirigés par le Dr Andrew Pearson du Département d'archéologie et d'anthropologie à l'Université de Bristol, publient pour la première fois les résultats de leurs découvertes et des analyses ultérieures des restes humains et des biens enterrés dans les tombes.

L'analyse ostéologique montre que 83% des corps étaient ceux d'enfants, d'adolescents ou de jeunes adultes (matériau de choix pour les marchands d'esclaves qui recherchaient des victimes avec une longue durée de vie potentielle).
Dans la plupart des cas, la cause réelle du décès n'est pas clair, mais cela n'est pas surprenant parce que les principales causes de mortalité à bord d'un navire négrier (telles que la déshydratation, la dysenterie et la variole) ne laissent aucune trace pathologique.
Néanmoins, le scorbut est largement répandu sur les squelettes; plusieurs montrent aussi des signes de violence et deux enfants plus âgés semblent avoir été abattu.

L'archéologie a pu montrer que ceux qui ont été enterrés dans le cimetière étaient plus que de simples victimes. Ce sont des gens issus d'une culture riche, avec un fort sentiment d'identité ethnique et personnelle.
Ainsi de nombreux exemples de modifications dentaires, obtenus par déchiquetage ou sculpture des dents de devant, ont été identifiés. Quelques-uns avaient également réussi à conserver des bijoux (perles et bracelets), en dépit du dépouillement physique qui avait lieu après leur capture, avant l'embarquement sur les navires négriers.

En plus d'un grand nombre de perles, les conditions d'enfouissement ont permis la survie de textiles, dont des rubans. Un certain nombre d'étiquettes métalliques qui identifiaient les esclaves par un nom ou un numéro ont également été trouvées sur les corps.

Pour le Dr Andrew Pearson, directeur du projet: "Les études de l'esclavage concernent un nombre inimaginable de personnes, et le travail se fait en général à un niveau impersonnel, négligeant les victimes individuelles. Dans la vallée de Rupert, cependant, l'archéologie nous amène face-à-face avec les conséquences humaines de la traite négrière."

Les objets provenant des fouilles sont actuellement étudiés à l'Université de Bristol et seront transférés à Liverpool pour une exposition au Musée international de l'esclavage en 2013 avant de retourner à Sainte-Hélène.
Les restes humains seront prochainement ré-inhumés à Sainte-Hélène.

La recherche a été financée par le Department for International Development (DFID) et le Leverhulme Trust.

Source:

3.07.2012

Ötzi aurait souffert de la maladie de Lyme

Les avancées scientifiques sont toujours de bonnes nouvelles pour l'archéologie: souvent elles permettent de nouvelles découvertes, mais surtout, et de plus en plus souvent, de nouvelles redécouvertes...

Ainsi, des chercheurs ont récemment réétudié la célèbre momie Otzi; vieille de 5300 ans, elle avait été découverte dans les Alpes orientales y a environ 20 ans.
D'après cette nouvelle étude, elle semblerait être le plus ancien cas connu de la maladie de Lyme d'après ce que révèle une nouvelle analyse génétique.

Le Dr. Eduard Egarter-Vigl, à gauche, et le Dr Albert Zink prélèvent un échantillon de l'Homme des glaces en Novembre 2010. Les tests ont montré, entre autres choses, qu'il était intolérant au lactose.

Dans le cadre de travaux sur le génome d'Ötzi, son modèle génétique complet, les scientifiques ont découvert du matériel génétique provenant de la bactérie responsable de la maladie de Lyme; elle se transmet par les tiques et provoque des éruptions cutanées et des symptômes semblables à la grippe, cela peut conduire à des problèmes cardiaques et du système nerveux.

La nouvelle analyse indique également qu'Ötzi était est intolérant au lactose, qu'il avait une prédisposition aux maladies cardiovasculaires, qu'il avait très probablement les yeux bruns et qu'il était du groupe sanguin O.

Pour séquencer son génome, les chercheurs ont prélevé un échantillon de l'os de la hanche. Ils ont alors cherché non seulement l'ADN humain, mais aussi celui d'autres organismes. C'est ainsi qu'ils ont trouvé des traces du microbe.
La bactérie appelée Borrelia burgdorferi est la seule connue pouvant causer la maladie de Lyme, a déclaré Albert Zink, chercheur et directeur de l'European Institute for Mummies and the Iceman à l'Académie européenne de Bolzano (EURAC) en Italie.
"Nos données mettent en évidence le premier cas documenté d'une infection B. burgdorferi dans l'humanité. A notre connaissance, aucun rapport de cas sur les autres borréliose (maladie de Lyme) est disponible pour les spécimens anciens ou historiques," ont écrit Zink et ses collègues dans un article publié dans la revue Nature Communications.


Les chercheurs ont aussi décodé l'ADN trouvé dans les noyaux des cellules de la momie des glaces, qui est hérité des deux parents. Ils ont trouvé qu'Ötzi appartenait à une lignée qui est maintenant rare, mais toujours présente dans certains endroits. "Cela signifie que ses ancêtres venaient à l'origine de l'Europe de l'Est et se sont dispersés sur une plus ou moins grande partie de l'Europe," a expliqué Zink. "Cette population originelle a été en quelque sorte remplacé par d'autres populations, mais elle est restée assez stables dans des régions éloignées comme la Sardaigne et la Corse."

Son intolérance au lactose n'est pas surprenante pour Zink, étant donné qu'au moment où Ötzi a vécu, les gens commençaient juste à s'installer et à devenir agriculteurs; la capacité pour les adultes à digérer le lait est venue au fil du temps.

L'équipe a également découvert qu'il avait une prédisposition génétique pour les maladies cardio-vasculaires; mais, en dépit des problèmes de santé dont il souffrait à environ 45 ans, il semble avoir connu une mort violente.
Les chercheurs estiment qu'une pointe de flèche en silex, tirée dans l'épaule gauche la probablement tué.

Source:
Derniers articles sur Ötzi:


3.05.2012

Les Néandertaliens européens étaient au bord de l'extinction avant même l'arrivée des hommes modernes

Les résultats d'une équipe internationale de chercheurs montrent que la plupart des néandertaliens d'Europe sont morts les après les autres il y a environ 50.000 ans.

 Dents d'un jeune garçon néandertalien découvertes dans l' Nord de l'Espagne.
 Credit: Centro de Evolución y Comportamiento Humanos (UCM-ISCIII)

L'ancien point de vue d'une Europe peuplée par une population stable de Néandertaliens pendant des centaines de milliers d'années jusqu'à l'arrivée de l'Homme Moderne doit donc être révisé.

Cette nouvelle perspective sur l'homme de Néandertal provient d'une étude d'ancien ADN publiée dans la revue Molecular Biology and Evolution.
Les résultats indiquent que la plupart des néandertaliens d'Europe sont morts il y a à peu près 50.000 ans. Après cela, un petit groupe de néandertaliens a recolonisé l'Europe centrale et occidentale, où ils ont survécu pendant encore 10.000 ans avant que les hommes modernes n'entrent en scène.

Cette étude est le résultat d'un projet international dirigé par des chercheurs suédois et espagnols à Uppsala, Stockholm et Madrid. "Le fait que les néandertaliens en Europe aient presque disparu, puis qu'ils ont remonté la pente, et que tout cela a eu lieu longtemps avant leur entrée en contact avec les hommes modernes a été une surprise totale pour nous. Cela indique que les néandertaliens ont pu être plus sensible aux changements climatiques qui ont eu lieu dans la dernière période glaciaire qu'on ne le pensait ", rapporte Love Dalén, professeur agrégée au Musée suédois d'histoire naturelle de Stockholm.

Dans le cadre de travaux sur l'ADN de fossiles néandertaliens dans le nord de l'Espagne, les chercheurs ont noté que la variation génétique des néandertaliens européens était très limitée au cours des dix mille dernières années avant que les néandertaliens ne disparaissent.
Pourtant, de plus anciens fossiles de néandertaliens européens, ainsi que des fossiles en provenance d'Asie, ont une variation génétique beaucoup  plus importante; c'est-à-dire celle que l'on pourrait attendre d'une espèce qui a été abondante dans une région sur une longue période de temps.
"Le niveau de la variation génétique chez les néandertaliens géologiquement plus anciens ainsi que chez les néandertaliens asiatiques était tout aussi grand que chez l'homme moderne en tant qu'espèce, tandis que la variation entre les néandertaliens européens plus tardifs n'était même pas aussi élevé que celle des hommes modernes en Islande", explique Anders Gøtherstrøm, professeur agrégé à l'Université d'Uppsala.

Les résultats présentés dans l'étude sont entièrement basés sur de l'ADN fortement dégradé; les analyses ont donc nécessité un laboratoire de pointe et des calculs informatiques. L'équipe de recherche a impliqué des experts d'un certain nombre de pays, dont des statisticiens, des experts sur le séquençage d'ADN moderne et des paléoanthropologues du Danemark, d'Espagne et des États-Unis.
Ce n'est que lorsque tous les membres de l'équipe de recherche internationale ont examiné les résultats qu'ils ont pu être certains que les données génétiques disponibles reflétaient une partie importante de la réalité jusqu'alors inconnue de l'histoire de Néandertal.

"Ce type d'étude interdisciplinaire est extrêmement précieuse dans la promotion de la recherche au sujet de notre histoire évolutive. L'ADN des populations préhistoriques a conduit à un certain nombre de conclusions inattendues ces dernières années, et il sera très intéressant de voir ce que d'autres découvertes vont donner dans les années à venir", conclu Juan Luis Arsuaga, professeur de paléontologie humaine à l'Université Complutense de Madrid.


Source:
Derniers articles sur Néandertal:




3.04.2012

UnivArchéo: le premier service public d’archéologie préventive universitaire en France

MAJ 09/04/17
UnivArchéo a été créé en novembre 2010 par une équipe d’historiens et d’archéologues du laboratoire TRAME de l’Université de Picardie Jules Verne.
Il s'agit du premier service public d’archéologie préventive de ce type en France à être rattaché à une Université.

UnivArchéo: le premier service public d’archéologie préventive universitaire en France

Depuis sa création, de nombreux travaux ont été réalisés sous forme de prestation de service. En tant que structure universitaire, les compétences d’UnivArchéo vont au-delà des seules fouilles archéologiques préventives. Les domaines d’interventions sont, entre autres :
  • L’archéologie du bâti (étude des bâtiments anciens en élévation)
  • La recherche historique
  • La topographie
  • L’étude du mobilier archéologique (céramique, métal, verre, os…)
  • La valorisation des sites historiques

En juillet 2011, l’Université de Picardie Jules Verne a reçu du ministère de la Culture et de la Communication un agrément pour les fouilles archéologiques médiévales, modernes et contemporaines.

Le premier chantier archéologique de grande envergure concerne l’ancien château de Démuin (Somme).

UnivArchéo est hébergé au Centre d'Archéologie et d'Histoire Médiévales (Equipe d’Accueil TRAME – EA 4284 : « Textes, Représentations, Archéologie, Autorité et MémoirE de l’antiquité à la renaissance »).
Le Professeur Philippe Racinet et le Maître de conférences François Blary en assurent la direction.

Liens:

2.29.2012

Les chasseurs de l'Age de Pierre auraient découvert l'Amerique !


De nouvelles preuves archéologiques suggèrent que l'Amérique a d'abord été découverte par des hommes de l'âge de pierre venant d'Europe; soit 10.000 ans avant que les ancêtres des Indiens d'Amérique, originaires de Sibérie, ne mettent les pieds dans le Nouveau Monde.


Une série remarquable de plusieurs dizaines d'outils de pierre de style européen, datant entre 19.000 et 26.000 ans, ont été découverts à six endroits différents le long de la côte Est américaine.
Trois de ces sites sont sur la péninsule de Delmarva, dans le Maryland, et ont été découverts par l'archéologue Darrin Lowery de l'Université du Delaware. Un autre se trouve en Pennsylvanie et un autre en Virginie.
Un sixième a été découvert par des pêcheurs draguant des pétoncles à 60 miles des côtes de Virginie sur ce qui, à l'époque préhistorique, était la terre ferme.

Ces nouvelles découvertes sont parmi les avancées les plus importantes en archéologie depuis plusieurs décennies; elles devraient nous permettre de mieux comprendre la dispersion de l'homme dans le monde. 

La similitude des outils de l'âge de pierre entre les côtes Est américaine et européennes avait déjà été remarquée. Mais tous ceux mis au jour, précédemment aux Etats-Unis, étaient âgés d'environ 15.000 ans; soit bien longtemps après l'âge de pierre en Europe (les cultures solutréennes de France et d'Iberie) où la fabrication de tels objets avait cessée.
La plupart des archéologues avait donc rejeté toute possibilité d'une connexion.

Comment les européens ont atteint l'Amérique (Source: Daily Mail)

Mais ces récentes découvertes ont donné des datations comprises en 26.000 et 19.000 ans; ces artéfacts sont donc contemporains avec le matériel pratiquement identique d'Europe occidentale.
Qui plus est, l'analyse chimique réalisée l'an dernier sur un couteau de pierre de style européen trouvé en Virginie en 1971 a révélé qu'il a été fait à partir de silex provenant de Françe.

Le Professeur Dennis Stanford, du Smithsonian Institution à Washington, DC, et le professeur Bruce Bradley, de l'Université d'Exeter, qui ont analysé l'ensemble des artéfacts, pensent que les gens de l'âge de pierre d'Europe occidentale ont migré vers l'Amérique du Nord, lors de la période glaciaire, en se déplaçant (sur la glace et/ou en bateau) le long de la partie gelée du Nord de l'Atlantique.

À l'apogée de l'ère glaciaire, environ cinq millions de kilomètres carrés de l'Atlantique Nord étaient recouverts de glace tout ou partie de l'année. Toutefois, de façon saisonnière, la zone où prenaient fin les glaces étaient extrêmement riches en ressources alimentaires: des phoques migrateurs, des oiseaux marins, des poissons et des pingouins de l'hémisphère Nord...
Stanford et Bradley ont longtemps soutenu que les hommes de l'âge de pierre étaient tout à fait capable de faire 2400 km sur la glace de l'Atlantique; mais jusqu'à présent il y avait relativement peu de preuves pour appuyer leur réflexion.
Mais les nouveaux indices provenant du Maryland, de Virginie et d'autres endroits de la côte Est américaine, ainsi que les tests chimiques sur le couteau en silex de Virginie, ont commencé à changer la vison des choses. Aujourd'hui, les archéologues commencent à enquêter sur une demi-douzaine de nouveaux sites dans le Tennessee, le Maryland et même au Texas.


Une petite fenêtre migratoire de 4500 ans pour les européens...

Un autre argument clé pour la théorie de Stanford et Bradley est l'absence totale de toute activité humaine dans le nord-est de la Sibérie et l'Alaska avant 15500 ans. Si des habitants du Maryland et de la côte Est étaient présents de 26.000 à 19.000 ans et venaient d'Asie, et non d'Europe, les artéfacts datant d'avant 19.000 ans, auraient dû aussi se retrouver dans les deux régions du Nord. Ce qui n'a pas été le cas.

Bien que les Européens Solutréens peuvent très bien avoir été les premiers Américains, ils avaient un inconvénient majeur par rapport aux Indiens originaires d'Asie qui sont arrivés dans le Nouveau Monde via le détroit de Béring ou le long de la chaîne des îles Aléoutiennes, après 15.500 ans.
En effet, les Solutréens ont eu seulement une fenêtre de 4500 années de période glaciaire pour mener à bien leur activité migratoire; les Indiens originaires d'Asie ont eu environ 15.000 ans pour le faire...

En raison de ces facteurs, les natifs américains d'origine européenne ont été soit partiellement absorbés par les nouveaux arrivants ou ont disparu progressivement en raison de la compétition pour les ressources.


La génétique pour confirmer la théorie.

Certains marqueurs génétiques des Européens occidentaux de l'âge de pierre n'existent tout simplement pas dans le nord-est de l'Asie; or, ils le sont en très petites quantités dans certains groupes indiens de l'Amérique du nord.
Des tests scientifiques sur de l'ancien ADN extrait de 8000 squelettes en Floride ont révélé un niveau élevé d'une clé d'un marqueur génétique probablement d'origine européenne.

Qui plus est, il existe un petit nombre de groupes amérindiens isolés dont les langues ne semblent être liées en aucune façon à des indiens d'Amérique originaires d'Asie.

Mais les preuves les plus tangibles sont susceptibles de venir de l'océan: la plupart des zones où les Solutréens auraient accosté sont maintenant jusqu'à 160 kilomètres au large. Le seul site sous-marin qui a été identifié (grâce à la pêches des pétoncles) est prêt à être examiné plus minutieusement cet été.


Source:

Derniers articles sur les Etats-Unis:



2.27.2012

Des plantes renaissent après 30000 ans dans le pergélisol


Les scientifiques en Russie ont fait pousser des plantes à partir de fruits stockés dans le pergélisol par des écureuils il y a plus de 30.000 ans. Le fruit a été trouvé sur les berges de la rivière Kolyma en Sibérie, un site reconnu pour ceux qui recherchent des os de mammouths.

 Les fruits ont donné des plantes vigoureuses, quoique légèrement différentes des espèces contemporaines.

L'équipe de l'Institut de biophysique cellulaire a fait pousser des plantes de Silene stenophylla (de la famille des caryophyllacées) à partir du fruit. A ce jour, il s'agit de la plus ancienne plante qui a été ramenée à la vie. Auparavant, ce sont des graines de palmiers-dattiers stockées depuis 2000 ans à Massada en Israël qui détenaient le record.

Le chef de l'équipe de recherche, le professeur David Gilichinsky (décédé quelques jours avant la publication des résultats) et ses collègues expliquent avoir trouvé environ 70 terriers d'écureuils dans les berges de la rivière.
"Tous les terriers ont été trouvés à des profondeurs de 20 à 40m à partir de la surface actuelle et se situaient dans les couches contenant des os de grands mammifères comme le mammouth, rhinocéros laineux, bisons, chevaux, cerfs, et d'autres représentants de la faune de l'âge des mammouths, ainsi que des restes de plantes," écrivent-ils. "La présence de morceaux de glace verticaux démontre que le sol a été en permanence gelé. En conséquence, les terriers fossiles et leur contenu n'ont jamais été décongelé."
Les écureuils semblent avoir caché leurs provisions dans la partie la plus froide de leur terrier, qui a ensuite gelé en permanence, sans doute en raison d'un refroidissement du climat local.


Le sucre comme conservateur.

De retour au laboratoire, près de Moscou, les tentatives de l'équipe pour faire germer les graines mûres ont échoué.
Finalement, ils ont pu y arriver en utilisant des éléments du fruit lui-même, le "tissu placentaire", en laboratoire. "C'est de loin l'exemple le plus extraordinaire de l'extrême longévité de plantes supérieures", a commenté Robin Probert, responsable de la conservation et de la technologie à la Millennium Seed Bank du Royaume Uni. "Je ne suis pas surpris de voir qu'il a été possible de trouver de la matière vivante aussi ancienne que cela, et c'est pour cela que nous sommes allés à la recherche, dans le pergélisol, de ces terriers de rongeurs fossilisés avec leurs réserves de graines. J'ai cependant été surpris que le matériel viable provienne du tissu placentaire plutôt que des graines mûres."

 La théorie de l'équipe russe est que les cellules des tissus sont pleines de saccharose qui a fourni la nourriture pour les plantes en croissance. Les sucres sont des conservateurs, ils font même l'objet de recherches comme moyen de garder les vaccins au frais dans les climats chauds d'Afrique.
Aussi, il se peut que les cellules riches en sucre aient été capables de survivre dans un état potentiellement viable sur une aussi longue période de temps.

La Silene stenophylla pousse encore aujourd'hui dans la toundra sibérienne, et, lorsque les chercheurs l'ont comparé avec ses cousines ​​ressuscitées, ils ont trouvé des différences subtiles dans la forme des pétales et le sexe des fleurs, pour des raisons qui ne sont pas encore évidentes.
Les scientifiques suggèrent dans leur document que des recherches de ce genre pourraient aider dans les études de l'évolution, et faire la lumière sur les conditions environnementales dans les derniers millénaires.

Mais la suggestion la plus séduisante est, qu'en utilisant ces mêmes techniques, il pourrait être possible de cultiver des plantes qui sont aujourd'hui éteintes.

Source:



Derniers articles sur la Russie:








2.22.2012

Jordanie: des constructions vieilles de 20000 ans

Une mission conjointe britannique, danoise, américaine et l'équipe jordanienne d'archéologues a découvert des structures de cabanes vieilles de 20.000 ans sur le site archéologique de Kharaneh IV dans l'est de la Jordanie.

Vue aérienne du site de Kharaneh IV (I. Ruben)

D'après l'Université de Cambridge , la découverte suggère que la zone était autrefois occupée de façon intensive et que les origines de l'architecture dans la région remontent à vingt millénaires, avant l'apparition de l'agriculture.

Un document, publié dans la revue PLoS ONE- (Twenty Thousand-Year-Old Huts at a Hunter-Gatherer Settlement in Eastern Jordan), décrit des huttes que les chasseurs-cueilleurs utilisaient comme résidence à long terme et suggère de nombreux comportements associés à des cultures et des communautés, comme un attachement croissant à un emplacement et un réseau social étendu qui existait jusqu'à 10.000 ans plus tôt.

"Ce que nous voyons sur le site de Kharaneh IV dans le désert jordanien est une énorme concentration de personnes en un seul endroit", a déclaré le Dr Jay Stock, du Département d'Archéologie et d'Anthropologie à l'Université de Cambridge, co-auteur du document, "les gens ont vécu ici pendant des périodes de temps considérables lorsque ces cabanes ont été construites. Ils ont échangé des objets avec d'autres groupes dans la région et même enterré leurs morts sur le site. Ces activités précèdent les installations associées à l'émergence de l'agriculture qui a remplacé la chasse et la cueillette. A Kharaneh IV, nous avons été en mesure de documenter un comportement similaire quelques 10.000 ans avant l'apparition de l'agriculture."

 Des constructions vieilles de 20000 ans (Lisa Maher)

Jusqu'à présent, les archéologues ont entièrement fouillé deux huttes, mais il peut y en avoir plusieurs autres cachées sous les sables du désert. "Elles ne sont pas grandes en tout cas; elles mesurent environ 2 à 3m de longueur maximum et ont été creusées dans le sol. Les murs et le toit étaient faits de broussailles, qui a ensuite brûlé et s'est effondré en laissant des marques colorées sombres ", a déclaré le Dr Tobias Richter de l'Université de Copenhague, l'un des co-directeurs du projet.

La datation au radiocarbone indique que ces refuges ont entre 19300 et 18600 années.
L'équipe a également découvert des centaines de milliers d'outils en pierre, des os d'animaux et des objets rares tels que des perles de coquillage, des os avec des lignes régulières incisées et un fragment de calcaire avec des motifs géométriques sculptés. "à l'intérieur des huttes, nous avons trouvé des tas de cornes de gazelles volontairement brûlées, des blocs de pigment d'ocre et une cache de centaines de coquillages percés," a déclaré le Dr Lisa Maher, de l'Université de Californie.

"Ces perles de coquillage ont été apportées sur le site depuis la mer Rouge et la Méditerranée à plus de 250 km, ce qui montre que les gens étaient bien reliés en réseaux sociaux et régionaux et qu'ils ont échangé des objets sur des distances considérables. Il ne parait pas très impressionnant pour un œil non averti, mais il s'agit d'un des sites paléolithiques les plus denses dans la région", a conclu le Dr Maher.

Source:

Derniers article sur la Jordanie:

2.20.2012

Du pollen fossilisé dévoile les secrets de l'ancien jardin royal de Ramat Rahel


Les chercheurs ont longtemps été fascinés par les secrets de Ramat Rahel, situé sur une colline au-dessus de Jérusalem. Il s'agit du seul palais connu datant du Royaume de Juda; des recherches ont également révélé un ancien jardin luxuriant.
Bien que les fouilles aient mis au jour le jardin avec un système d'irrigation sophistiqué, l'on ne pouvait imaginer à quoi devait ressembler le jardin d'origine en pleine floraison...jusqu'à aujourd'hui.

  Vue d'artiste du site de  Ramat Rahel.
 
En utilisant une technique unique pour séparer le pollen fossilisé des couches de plâtre trouvées dans les voies navigables du jardin, des chercheurs de l'Institut d'Archéologie Sonia et Marco Nadler de l'Université de Tel-Aviv ont été en mesure d'identifier ce qui poussait dans l'ancien jardin royal de Ramat Rahel.

Et, sur la base des indices archéologiques du jardin, ils ont pu reconstituer la disposition de celui-ci. Selon le professeur Lipschits Oded, le Dr Yuval Gadot, et le Dr Dafna Langgut, le jardin était composait de végétation locale, comme le figuier et la vigne, mais également d'une foule de plantes exotiques telles que les noyers persans et les cédrats.
Le cédrat, qui, apparemment, a émigré de l'Inde via la Perse, fait sa première apparition au Moyen-Orient moderne dans le jardin royal de Ramat Rahel.


L'enduit des piscines:  une "trappe à pollen" 

Une des caractéristiques uniques du jardin de Ramat Rahel est son système d'irrigation avancé.
Le périmètre du jardin est encore plus impressionnant, explique le Dr Gadot, parce qu'il n'y avait aucune source d'eau permanente sur le site. L'eau de pluie a été recueillie et distribuée efficacement partout dans le jardin avec des installations d'eau esthétiques incluant des piscines, des canaux souterrains, des tunnels, et des gouttières. Ces installations ont finalement permis aux scientifiques de découvrir ce qu'ils cherchaient.

Les premières tentatives pour éliminer les grains de pollen à partir du sol du site afin de reconstruire les composants botaniques du jardin ont été infructueuses; car le pollen s'était oxydé.
Mais après avoir remarqué que les canaux et les bassins eux-mêmes étaient enduits de plâtre, probablement en raison de travaux de rénovation, les chercheurs ont supposé que si le plâtre n'avait pas été renouvelé alors que le jardin était en fleur, le pollen avait pu se coller à du plâtre humide, agissant comme un " piège", et séché en son sein. Cette intuition s'est avérée être juste.

Alors que certaines couches de plâtre ne comprenait que de la végétation autochtone, l'une des couches, datée de la période perse (5e 4e siècles avant J.-C.), contenait des arbres fruitiers locaux, des plantes ornementales et des arbres importés de pays lointains.
«Il s'agit d'un assemblage de pollens tout à fait unique», a expliqué le Dr Langgut, expert du pollen. Parmi la végétation inhabituelle on retrouve le saule et le peuplier, ce qui nécessitait de l'irrigation afin qu'ils se développent dans le jardin, des plantes ornementales comme le myrte et les nénuphars, des arbres fruitiers indigènes, dont compris la vigne, le figuier commun, et l'olivier; mais aussi du cédrat importé, des noyers persans, du cèdre du Liban, et des bouleaux.
Les chercheurs supposent que ces espèces exotiques ont été importées par les autorités perses dirigeantes à partir de régions reculées de l'empire pour faire étalage de la puissance de leur administration impériale.

C'est la première fois que des éléments botaniques précis ont été reconstruits dans un ancien jardin royal. Les informations botaniques et archéologiques que les chercheurs ont recueilli les aideront à recréer le jardin afin que les visiteurs puissent bientôt découvrir l'opulence florale de Ramat Rahel.


Les origines de la tradition

Dans leurs migrations, les hommes ont dispersé les plantes et les animaux à travers le monde, principalement à des fins économiques, explique le Dr Gadot. En revanche, à Ramat Rahel, la royauté a conçu le jardin avec l'intention d'impressionner les visiteurs avec richesses et mondanités.
La décision d'importer divers arbres a eu un impact durable sur la région ainsi que sur le judaïsme, explique le professeur Lipschits. Le citronnier, par exemple, qui fait sa première apparition en Israël dans ce jardin, s'est frayé un chemin dans la tradition juive. Le cédrat, ou étrog, est l'une des quatre espèces de plantes utilisées à Souccot, et la première apparition de ces espèces était dans le jardin de Ramat Rahel.


Source:

Derniers article sur Israel:


2.18.2012

Importante découverte au temple Aztèque de Mexico


Un total de 23 plaques de pierres précolombiennes datant d'environ 550 ans ont été découvertes par des archéologues devant le Grand Temple de Tenochtitlan au centre-ville de Mexico. Des sculptures illustrant des mythes aztèques comme la naissance du dieu de la guerre Huitzilopochtli y sont reconnaissables.


Photo de l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH), montrant l'une des 23 pierres tombales (*) préhispaniques. Des serpents, des captifs, des ornements et des guerriers y sont gravés...

l'INAH a déclaré dans un communiqué que les sculptures sont faites sur des dalles en tezontle (roche volcanique); elles rapportent les origines mythologiques de l'ancienne culture Mexica ( ou Aztèque) à travers des représentations de serpents, de captifs, d'ornements, de guerriers et autres figures.

Ces restes précolombiens ont une grande valeur archéologique, car c'est la première fois que de telles pièces sont trouvées dans les lieux sacrés de Tenochtitlan et qu'elles peuvent être lues, précise l'archéologue Raul Barrera,  "comme un document iconographique racontant certains mythes de cette ancienne civilisation".


La naissance de Huitzilopochtli.

 Le Grand Temple était le centre le plus important de la vie religieuse des Mexicas. Construit dans ce qui est aujourd'hui la grande place de la capitale mexicaine connue sous le nom de Zocalo.

Les sculptures de pierre se concentrent sur les mythes de la naissance de Huitzilopochtli et le début de la guerre sainte.
Elles ont été placées face à ce qui était le centre du culte de Huitzilopochtli, ce qui signifie que, comme le dallage d'andésite rose et les dalles de basalte, elles remontent à la quatrième étape de la construction du Grand Temple (1440-1469).

D'après le mythe de la naissance de Huitzilopochtli, la déesse de la terre et de la fécondité, Coatlicue, a été fécondée par une plume qui entrait dans son ventre alors qu'elle balayait.
Mais sa grossesse a irrité ses 400 enfants, qui, poussés par la déesse Coyolxauhqui, décidèrent d'aller jusqu'à la montagne Coatepec où vivait Coatlicue pour la tuer.

C'est ce qu'ils firent, mais Huitzilopochtli sortit du ventre de sa mère en armes et tua ses frères et sœurs étoiles. Il coupa la tête de sa sœur Coyolxauhqui et la lança dans le ciel, où elle se transforma, donnant la lune.
 Vue de quelques unes des pierres sculptées.

L'Archéologue Lorena Vazquez Vallin, pour sa part, rapporte que l'une des autres images gravées sur les dalles de pierre représente un dard avec de la fumée sur les côtés, devant laquelle une pointe de flèche en obsidienne a été trouvé.

Une autre montre un guerrier étoile portant son chimalli (bouclier) dans une main et dans l'autre une arme de tir pour un jeu de fléchettes, la même que celle utilisée par Huitzilopochtli pour la conquête de Coyolxauhqui.

Une dalle de pierre sculptée représente aussi un personnage captif à genoux, les mains attachées derrière le dos. Une larme tombe de ses yeux et il pourrait parler, rapport Vazquez Vallin.

Source:

Derniers articles sur le Mexique:

Derniers articles sur les Aztèques:

(*): Contrairement à ce que laisse supposer le site Foxnews, il ne s'agit pas de pierres tombales mais des dalles scupltées comme le fait remarquer Cacalotl du site Mexique ancien. Voir: Nouvelles découvertes au Templo Mayor de Tenochtitlan






2.14.2012

Découverte des fondations d'une grande forteresse à Ashdod

L'Israel Antiquities Authority a rapporté qu'une équipe a découvert des restes de murs massifs de plus de 1m de large datant de la fin du VIIIe siècle et début du VIIe siècle avant notre ère.

 Des vestiges de murs massifs sur la Colline de Jonas (Sa'ar Ganor / Israel Antiquities Authority)

Le Dr. Dmitri Egorov de l'Autorité des Antiquités d'Israël pense que ces murs ont constitué la base d'un grand bâtiment lors de la période du Premier Temple.

La découverte de cette forteresse confirme l'existence de la vie sur la colline de Jonas au cours de la période du Premier Temple, et elle rejoint d'autres découvertes qui ont eu lieu près du site dans les années 1960.
Au cours de fouilles dirigées par Magen Broshi, du Département des Antiquités, qui avaient été réalisées avant la construction du phare d'Ashdod, des vestiges muraux similaires avaient été trouvés et dataient de la période du Premier Temple et de la période perse.

En outre, les archéologues ont découvert un ostracon araméen pourtant l'inscription "בעלצד תקלן דשנא" (une traduction contemporaine: Ba'altzad / Ba'altzar - un prénom, Taklan - shekels, et Dashna - un cadeau). Cela signifierait que la personne nommée Ba'altzad a donné une somme d'argent en cadeau à un lieu saint.

"Givat Yonah, qui s'élève à 50 m au dessus du niveau de la mer, est la plus haute colline d'Ashdod, d'où l'on peut apercevoir la mer, Tel-Mor (située dans l'estuaire de Nahal Lachish qui était probablement un ancien point d'ancrage) et Tel Ashdod ", a expliqué Sa'ar Ganor, l'archéologue du district d'Ashkelon de l'Autorité des Antiquités d'Israël.

En raison de son emplacement stratégique, il n'est pas surprenant d'y trouver les restes d'une forteresse qui dominait la région au cours de la période du Premier Temple.

Il y a deux possibilités concernant les personnes qui ont habité la forteresse à l'époque: soit elle était gérée par les Assyriens qui contrôlaient la région pendant l'Age du Fer; soit Josias, le roi de Juda, occupait le fort à l'époque. Il avait conquis le territoire des Assyriens et contrôlé Ashdod Yam au septième siècle avant notre ère.

Source:
Derniers articles sur Israel:



2.09.2012

L'origine d'un ancien outil de jade déconcerte les scientifiques


La découverte d'un outil vieux de 3.300 ans a conduit les chercheurs à la redécouverte d'un manuscrit «perdu» du 20e siècle et d'un morceau de terre "géochimiquement extraordinaire"...


Découvert sur l'île d'Emirau dans l'archipel Bismark (un groupe d'îles au large de la côte de la Nouvelle-Guinée), l'outil de pierre long de 5 centimètres a probablement été utilisé pour sculpter, ou creuser, le bois.

Il semble être tombé d'une maison sur pilotis, dans un enchevêtrement de récif corallien pour finalement être recouvert par des sables mouvants.

L'objet de jade pourrait avoir été conçu par le peuple Lapita, apparu dans le Pacifique il y a environ 3.300 ans. Il s'est ensuite propagé à travers le Pacifique jusqu'à Samoa en deux cents ans; à partir de là s'est formée la population ancestrale des Polynésiens.

Des outils de jade et des haches ont déjà été trouvés dans ces régions, mais ce qui est intéressant avec ​l'objet en question est que le type de jade dont il est fait semble provenir d'une région éloignée. Peut-être que les Lapita l'auraient rapporté de l'endroit d'où ils provient.


Les deux types de jade.

"Jade" est un terme général pour deux types de roches dures: la jadéite et la néphrite. Les deux types de pierres sont de couleur verdâtre, mais la néphrite est légèrement plus douce. Quant à la jadéite, elle est plus rare, la plupart du temps on la retrouve dans les cultures de l'Amérique centrale et au Mexique avant l'arrivée des Européens.

"Dans le Pacifique, la jadéite aussi ancienne que cet artéfact n'est connue que du Japon et est utilisée en Corée," explique  le chercheur George Harlow, de l'American Museum of Natural History à New York, "elle n'a jamais été mentionnée dans les données archéologiques de la Nouvelle-Guinée."

Des chercheurs de l'American Museum of Natural History ont étudié l'objet aux rayons-X à micro-diffraction, afin de trouver sa structure atomique, et ensuite, les minéraux dans la roche .
La composition minérale d'une roche varie en fonction de la nature des produits chimiques présents dans le sol lorsqu'elle se forme. Les signatures sont donc spécifiques et les chercheurs peuvent parfois identifier l'origine de ces roches.


L'examen de la pierre

"Lorsque nous avons regardé cet artéfact, il était très clair qu'il n'y avait pas grand-chose à apprendre de plus sur cette jadéite que tout le monde ne savait déjà," a dit Harlow.

Cette jadéite est différente des jadéites trouvées au Japon et en Corée à l'époque. Il lui manque certains éléments et en contient d'autres en quantités plus importantes; la pierre provient donc d'une autre source géologique, mais les chercheurs ne savent pas d'où. La seule correspondance chimique que les chercheurs connaissaient était un site en Basse Californie du Sud, au Mexique.

Cependant, les chercheurs ne pensent pas qu'il soit possible que des gens du néolithique aient pu traverser le Pacifique il y a des milliers d'années; pourtant, ils ne pouvaient trouver d'autres explications... Jusqu'à ce qu'ils tombent sur un manuscrit allemand inédit du 20e siècle.

L'auteur du manuscrit, C.E.A. Wichmann, avait recueilli quelques curieuses pierres en Indonésie en 1903, à environ 1000 kilomètres de l'endroit où l'outil de jade a été découvert. Et, il s'est avéré que les propriétés chimiques qu'il a rapporté sont très semblables à celle de l'artéfact.

Les chercheurs étudient actuellement ces échantillons pour voir si les techniques modernes peuvent prouver que l'outil est venu d'Indonésie.

La source de la jadéite, si elle est trouvée, serait «quelque chose d'extraordinaire sur un plan géochimique», écrivent les auteurs dans le document, qui sera publié dans un prochain numéro de l'European Journal of Mineralogy.

Source:
Dernier article sur la culture Lapita:

2.07.2012

Découverte d'une route à la citadelle de la Dynastie Ho

Des archéologues locaux ont annoncé la découverte d'un sentier de pierre datant du 14e siècle à la porte sud de la Citadelle de la  Dynastie Ho, un site du patrimoine mondial dans la province centrale de Thanh Hoa.

 Une partir du chemin de pierre de 2 kilomètres.


La voie, d'environ deux kilomètres de long, traverse la porte pour rejoindre les communes de Vinh Tien et Vinh Thanh.

Le Dr Tran Anh Dung, chef de l'équipe de fouilles de l'Institut d'Archéologie, a précisé que "la route déterrée est la plus belle route antique du Vietnam  jusqu'à présent."

Selon les registres historiques, l'empereur de la dynastie Ho, Ho Quy Ly (1336-1407), a utilisé la voie royale pour se rendre de la citadelle intérieure à la Montagne Don Son, où il organisait des cérémonies pour le ciel et la terre, priant pour la paix et la prospérité du pays et des habitants.

Le Dr Do Quang Trong, directeur du Centre de préservation de la Citadelle de la  Dynastie Ho, a déclaré qu'un projet de fouilles sur une zone de 1500 mètres carrés autour du site est prévu pour mettre à  jour la route d'origine de la citadelle. Les travaux d'excavation seront effectués sur chaque côté des portes et dans les structures à l'intérieur du palais. 

Le Conseil international des Monuments et des Sites (ICOMOS) a inclus l'entrée royale longue de 2 km dans la liste du patrimoine en tant que route la plus imposante et spectaculaire en Asie du Sud.


Trong a ajouté que le projet visait également à répondre à la question de savoir comment l'empereur voyageait dans et hors de sa citadelle et si elle était utilisée comme un simple bâtiment militaire ou une capitale royale par le passé.

En plus de cette voie en pierre, l'équipe de Dung a aussi mis au jour plusieurs objets: des anciennes armes en pierre et en fer, et des objets en céramique datant de la dynastie Lê (1428-1528).

La Citadelle de la  Dynastie Ho, située dans les deux communes de Vinh et Vinh Long Tien dans le district de Vinh Loc, a été construite en 1397 et a été reconnue par l'UNESCO comme site du patrimoine mondial culturel en Juin 2011.
En Septembre, un site rocheux d'environ 25 300 hectares, dans la zone montagneuse An Ton a été découvert comme étant le lieu d'origine des matériaux utilisés pour la construction de la citadelle, qui est à près de deux kilomètres.

Source:



2.06.2012

Un four Zapotèque de plus de 1300 ans découvert à Atzompa

Des archéologues mexicains ont découvert, dans la partie sud du pays, un four utilisé par les Zapotèques pour faire de la céramique il y a plus de 1300 ans.

Vue du four à céramique Zapotèque.

Le four précolombien a été découvert dans la zone archéologique d'Atzompa dans l'État d'Oaxaca, qui sera ouverte au public cette année, a déclaré l'INAH dans un communiqué.

Ce serait un des fours à céramique les mieux conservés à ce jour dans la région zapotèque, confirmant la longue tradition dans la fabrication de poterie à Oaxaca.

L'archéologue Jaime Vera, directeur des fouilles, a déclaré que le four "remonterait aux premières années de la colonie pré-colombienne de la région, en d'autres termes à plus de 1300 ans; cela en a été déduit à partir de la céramique qui y a été découverte."
Un autre élément qui permet de dater le four est la profondeur à laquelle il a été creusé: 2,2 mètres, soit bien au-dessous de la couche de stuc qui le recouvrait, ce qui correspond à l'époque déduite.
Cependant, Vera a précisé que d'autres études seront faites pour confirmer son ancienneté.

C'est au cours de travaux d'excavation entre Mars et Décembre 2011 que le four a été complètement dégagé, ce qui a permis d'observer ses principales caractéristiques: un mur d'adobe de forme cylindrique et des supports pour placer les objets à cuire (photo ci-dessus).
Le mur d'adobe mesure 2,1 mètres à partir de la surface jusqu'aux supports de cuissons disposés en lignes convergentes vers le centre; il y a également un évent d'aspiration dans la partie inférieure d'environ 20 centimètres de largeur.
D'après Vera, "alors que les fours d'aujourd'hui ne sont pas identiques dans les dimensions ou l'arrangement des supports, ils contiennent encore certains éléments de base et fonctionnent comme un espace de cuisson dédié à la céramique."

La zone archéologique d'Atzompa, d'environ 4 kilomètres carrés, était un petit village satellite de la ville zapotèque de Monte Albán au cours de la période classique tardive (650 avant JC à 900 avant JC), une période où la population s'étendait de plus en plus au-delà des limites de la cité.

Source:

Derniers articles sur le Mexique:

Derniers articles sur les Zapotèques: 

2.03.2012

Russie: découverte d'un piège à poissons de plus de 7500 ans


Une équipe internationale d'archéologues dirigée par le Conseil National de Recherche Espagnol (CSIC), a documenté une série de clôtures et de pièges à poissons vieux de plusieurs milliers d'années près de Moscou.

 Piège à poisson en bois trouvé sur le site de Zamostje 2

L'équipement découvert, le plus ancien en Europe, a une grande complexité technique. L'étude va révéler le rôle de la pêche dans les populations européennes au début de l'Holocène (il y a 10.000 ans), en particulier dans ces zones où les habitants ne pratiquaient pas l'agriculture jusqu'au début de l'âge du fer.

D'après Ignacio Clemente, chercheur du SCCI (Institució Milà I Fontanals) et directeur du projet: "On pensait, jusqu'à présent, que les groupes mésolithiques n'établissaient que des camps saisonniers. Or, d'après les résultats obtenus lors des fouilles, dans le Mésolithique et le Néolithique, le groupe ethnique qui a habité le bassin de la rivière Doubna, près de Moscou, avait des activités productives menées tout au long de l'année".

Selon Clémente et son équipe, au cours des périodes Néolithiques et Mésolithiques, les habitants de cette région, connue sous le nom de Zamostje 2, chassaient principalement en été et en hiver, pêchaient au printemps et au début de l'été et cueillaient des fruits sauvages en fin d'été et en automne. "Nous pensons que la pêche a joué un rôle clé dans l'économie de ces sociétés car il s'agissait d'un produit polyvalent, facile à entretenir, qui peut être séché, fumé et stocké pour une consommation ultérieure".


Une technologie avancée.

Au cours de ce projet, qui vient de s'achever après trois ans de travail, ont été trouvés les objets du quotidien (cuillères, assiettes, etc), des outils, des armes de chasse et de pêche, tous fabriqués avec du silex et d'autres pierres, des os et du bois. "L'équipement de pêche montre une technologie hautement développée pour la pratique de différentes techniques de pêche. Nous avons notamment découvert deux grands pièges en bois (des sortes de paniers tressés avec de la paille et du pin, utilisés pour la pêche) datant de 7500 années. Ce sont les plus anciens de cette région et, sans doute, les mieux conservés (il reste encore quelques cordages de maintient fabriqué à partir de fibres végétales)", explique le chercheur du SCCI.

En outre, les chercheurs ont trouvé des objets relatifs à la capture et la transformation du poisson, tels que des crochets, harpons, des poids, des flotteurs, des aiguilles pour la fabrication et la réparation des filets et des couteaux pour écaler et nettoyer le poisson.

 Outils du site Zamostje 2

Des débris organiques. 

Une des particularités du site de Zamostje 2 est la préservation de nombreux matériaux organiques comme le bois, les os, les feuilles, des excréments fossilisés, et en particulier des déchets de poisson.
Selon Clément, "il est très rare de trouver des sites avec autant de matières organiques préservées. Les restes ichthyologiques* que nous avons trouvé, nous donnent une idée du pourcentage auquel a contribué la protéine de poisson pour l'alimentation des hommes préhistoriques. Cela nous permet également de faire une analyse du point de vue de la classification des espèces, le nombre et la taille des prises et la saison de pêche, entre autres. Ces données sont essentielles pour évaluer le rôle joué par la pêche dans l'économie de ces groupes humains."

Le site archéologique a été découvert dans les années 80 pendant des travaux pour construire le canal à travers lequel circule la rivière Dubna, dans le bassin de la Volga-Oka.
Zamostje 2 dispose de quatre niveaux archéologiques: deux du Mésolithique (entre 7900 et 7100 ans) et deux du Néolithique (entre 6800 et 5500 ans).

Le projet, financé par le Ministère de la Science et de l'Innovation, a vu la participation de l'Institut de l'Histoire de la Culture Matérielle de l'Académie des Sciences de Russie, le Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, le Musée d'Etat de Serguiev Possad, l'Université Autonome de Barcelone et le Centre National de la Recherche Scientifique en France (CNRS).

* Ichthyologique: relatif à l'étude scientifique des poissons


Source:


Derniers articles sur la Russie: 

1.30.2012

Les Sumériens étaient-ils les premiers brasseurs ?

Des découvertes archéologiques concernant des tablettes cunéiformes ainsi que les restes de différents récipients datant de plus de 4000 ans montrent que, même à l'aube de la civilisation, le jus fermenté de céréales était très apprécié par les habitants de la Mésopotamie.

 Ancienne tablette de Mésopotamie (environ 3000 avant JC): elle contient une proto-écriture cunéiforme qui appartient au groupe des plus anciens documents écrits sur terre. Elle contient les ingrédients de base requis pour la production de produits céréaliers comme, par exemple, différents types de bière.

Cependant, outre les deux ingrédients de base, l'orge et l'amidonnier (une espèce de blé), la bière produite dans les pots en argile des Sumériens est entourée de mystère.
Car, malgré l'abondance des découvertes et des scribes qui mettent en avant un amour précoce des boissons de céréales fermentées, la reconstitution des anciennes méthodes de brassage est très difficile. C'est ce qu'a expliqué Peter Damerow (décédé en novembre 2011), chercheur en histoire de la science et de l'écriture cunéiforme à l'Institut Max Planck à Berlin. Dans un article scientifique il a examiné attentivement les technologies de brassage de la bière chez les Sumériens.
L'auteur a exprimé également de grands doutes quant à savoir si ce breuvage populaire dans l'antiquité était réellement de la bière.


De nombreuses données mais peu d'informations.

Bien que de nombreux textes cunéiformes vieux de plus de 4000 ans contiennent des enregistrements de livraisons d'amidonnier, d'orge et de malt aux brasseries, il n'y a guère d'informations sur les détails des processus de production, ni de recette à suivre .
D'après Damerow, les textes administratifs étaient plus susceptibles d'être écrit pour un public qui était déjà familier avec les détails de la brasserie... et n'étaient pas destinés à informer le lecteur d'aujourd'hui au sujet du processus.
Par ailleurs, les méthodes utilisées pour l'enregistrement de ces informations diffèrent selon les lieux et les périodes de temps.
Et enfin, les données et les calculs ne sont pas basés sur un système de numération cohérent. Au lieu de cela, les bureaucrates sumériens utilisaient des systèmes numériques différents selon la nature des objets devant être comptés ou mesurés.

Un doute est ainsi jeté sur la théorie populaire selon laquelle les brasseurs mésopotamiens émiettaient du pain plat à base d'orge ou de blé amidonnier dans leur purée. Le soi-disant "bappir" (sumérien pour "pain à la bière") n'est jamais comptabilisé comme du pain dans les textes administratifs, mais dans les unités de mesure, comme orge grossièrement moulue.

Damerow souligne également le degré élevé de standardisation: ce qui signifiait que les quantités de matières premières allouées aux brasseurs par l'administration centrale est resté exactement la même sur de longues périodes, parfois même des décennies.


L' Hymne à Ninkasi comme recette...

Pour Damerow, même l' "Hymne à Ninkasi", l'une des sources les plus importantes sur l'art ancien de la brasserie, ne fournit aucune information fiable sur les constituants et les étapes du processus de brassage.
 Ce texte lyrique de l'époque paléo-babylonienne vers 1800 avant JC est un poème mythologique ou une chanson qui glorifie le brassage de la bière.
Malgré la versification détaillée, Damerow pense que la description de la procédure de brassage n'est pas concluante. Elle ne donne qu'un aperçu incomplet des différentes étapes. Par exemple, il n'y a aucune indication sur le moment clé où la germination du grain a été interrompu. On ne peut que supposer que l'orge était mis en couches et que la germination était arrêtée par chauffage et séchage du grain dès que l'embryon de la racine avait la bonne taille. 

Par ailleurs, le contenu de l'hymne n'a pas permi à la Grande Expérience Bazi (Tall Bazi Experiment) d'être concluante: il s'agit d'une expérience de brassage qui a été effectuée par les archéologues de l'Université Ludwig Maximilian de Munich avec des experts du brassage du Center of Life and Food Sciences Weihenstephan de l'Université Technique de München. L'objectif était de reconstruire l'ancien processus de brassage.

En utilisant la pression à froid, les archéologues ont réussi à produire un breuvage d'orge et d'amidonnier et à ajuster le niveau d'alcool en changeant le pourcentage d'eau. Mais pour Damerow, ce résultat doit également être traité avec scepticisme. Rien ne suggère que le processus de production élaboré dans les conditions particulières de Tall Bazi n'ai été effectué de la même manière dans d'autres lieux en Mésopotamie, puisque les conditions locales varient considérablement.


Ces incertitudes conduisent à une question, que l'auteur juge «beaucoup plus fondamentale»: dans quelle mesure est-il possible de comparer des produits anciens avec les modernes ? 
 "Etant donné nos connaissances limitées sur les procédés de brassage sumériens, nous ne pouvons pas dire avec certitude si leur produit final contient même de l'alcool", écrit Damerow.

Il n'existe aucun moyen de vérifier si leur bière n'était pas plus semblable à la boisson de pain kvas d'Europe de l'Est que de la Pilsner, Altbier ou la bière de blé. Néanmoins, Damerow considère l'approche des scientifiques de l'expérience Grand Bazi comme étant un bon moyen de trouver des réponses aux questions sur l'histoire des débuts de l'art du brassage.

"Ces efforts de recherche interdisciplinaire pourraient bien conduire à une meilleure interprétation de l'hymne à Ninkasi que ceux actuellement acceptés parmi les spécialistes qui travaillent sur la littérature cunéiforme", conclu Damerow.

Source:


1.25.2012

Belize: des artéfacts Mayas découverts sous une avenue


Lors de la pose de nouveaux tuyaux et câbles sur l'avenue Burns à San Ignacio, dans l'ouest du Belize, des ouvriers ont trébuché sur une cache d'artéfacts mayas datant de plus de deux mille ans.


Les archéologues mettent à jour un squelette Maya trouvé sous l'avenue Burns, San Ignacio Belize. Image Credit Vanessa Chan.

 Le site Maya Cahal Pech se trouve non loin au Sud de San Ignacio. D'après le Directeur de l'Archéologie du Belize, le Dr Jaime Awe: "Ce que nous avons ici sont trois bocaux, ou ollas comme on les appelle en espagnol, et, par le style de ceux-ci, par la façon dont ils ont été faits, nous savons qu'ils datent de la fin Préclassique ou entre 300 avant JC à la naissance de Christ, il y a donc plus de 2000 ans. Le type d'artéfact que nous avons trouvé indique un ménage ordinaire, pas d'élite, ni de dirigeants qui eux vivaient plus près du centre de Cahal Pech. 
Un des aspects intéressant à propos des artéfacts découverts est que nous croyons qu'ils sont l'indice de quelques maisons d'anciens Mayas; elles se trouvaient là sur le chemin de Cahal Pech dont elles devaient faire partie. Peut-être, ces habitations ont-elles étaient recouvertes par des crues (de la rivière voisine Macal) et les habitants les ont abandonné pour se déplacer vers les hauteurs."

Récipient Maya découvert sous l'avenue Burns à San Ignacio, Belize. Image credit Belize Institute of Archaeology.


Source:

Derniers articles sur les Mayas: